La CGT appelle à voter contre Nicolas Sarkozy

La CGT appelle à voter contre Nicolas Sarkozy

La CGT prend position dans la campagne présidentielle en appelant à ne  pas réélire Nicolas Sarkozy, dont le maintien au pouvoir, estime le  syndicat, « ouvrirait, à coup sûr, une nouvelle séquence de lourds reculs  sociaux ».

La CGT appelle à voter contre Nicolas Sarkozy dans ARTICLES chomeurscgt_0-300x150

L’élection présidentielle, les 22 avril et 6 mai prochains, « est un rendez-vous important pour l’expression démocratique » et, « à ce titre, « la CGT ne saurait être neutre, surtout au regard de la gravité  de la situation », peut-on lire dans une déclaration adoptée mardi à  l’unanimité à Montreuil (Seine-Saint-Denis) par la commission exécutive  confédérale. « Au vu du bilan et des projets du président de la République, sa  réélection ouvrirait, à coup sûr, une nouvelle séquence de lourds reculs  sociaux« , souligne la confédération, première organisation syndicale en  termes d’audience en France.

« Derrière ses discours sur la « moralisation du capitalisme » ou la  « revalorisation du travail », l’essentiel de son action a consisté à  favoriser les actionnaires et les plus riches. Ses choix contribuent à  faire payer la crise aux salariés qui n’en sont pas responsables »,  estime le syndicat. Pour la CGT, « l’élection présidentielle doit créer un nouveau  contexte plus favorable aux revendications et au progrès social« . Le syndicat ajoute que le Front national, qui capte une bonne  part du vote ouvrier, « ne peut ouvrir une perspective de sortie de la  crise ».

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, avait déjà affirmé qu’il voterait contre Nicolas Sarkozy à la présidentielle, tout en soulignant que la centrale ne donnait pas de consigne de vote en faveur d’un candidat.

 



Le 18 mars, le cortège sera festif et combatif (FRONT de LUTTES)

Le 18 mars, le cortège sera festif et combatif

18 mars, reprenons la Bastille, J-5. François Delapierre, directeur de campagne de Jean Luc Mélenchon, explique comment se présentera le cortège de la marche du 18 mars. Il sera à la fois festif et composé de travailleurs, notamment d’entreprises en lutte.

« On veut que cette journée soit un rassemblement joyeux, le symbole d’une nouvelle impulsion. Pas simplement un meeting, mais une marche dans laquelle chacun fera partie de l’évènement. On veut donner la voix aux invisible, faire surgir dans le cortège le peuple français, à majorité composé d’employés et d’ouvriers. C’est pourquoi on voudrait que chacun vienne en tenue de travail, avec sa pancarte et ses revendications, son mot d’ordre ou son slogan propre. Que toutes les pancartes du cortège forment comme un grand cahier de doléances.

Le 18 mars, le cortège sera festif et combatif  (FRONT de LUTTES) dans ARTICLES delapLe cortège partira avant 14h de la Place de la Nation. La tête sera prise par les employés en lutte de Fralib, avec leur éléphant. En papier-mâché le pachyderme, la location d’un tel animal coûte très cher et le service d’ordre n’était pas trop d’accord. Dans le cortège, on trouvera aussi des travailleurs de nombreuses entreprises dans lesquelles Jean-Luc Mélenchon est allé soutenir les luttes. Ils viendront à leur tour pour le Front de Gauche. Il y aura outre les Fralib les Petroplus, des travailleurs d’Arcelor Mittal, Arkema, M-Real, Paris-Normandie, des 3 Suisses, de Paru-vendu, d’ERDF ou encore des postiers de Nanterre.
Les militants du Front de Gauche pourront rejoindre les cortèges thématiques : sur l’écologie, l’égalité, la culture… Les Assemblées citoyennes auront également leur espace.

Mais comme je vous le disais, le cortège se veut aussi festif. Il y aura un camion-scène de théâtre, où des comédiens diront des textes qui formeront comme un débat d’assemblée nationale constituante. C’est dans la thématique puisque l’évènement du 18 mars sera tourné sur le thème de la VIème République. Un autre camion-scène portera des groupes de musique, puisque déjà plusieurs artistes ont confirmé leur présence : la Chanson du Dimanche, Ridan, Agnès Bihl et d’autres encore. Un autre camion servira à distribuer du matériel militant. On avait aussi envisagé un camion sur lequel diverses personnalités du Front de Gauche se succèderaient pour faire des discours, mais on a préféré abandonner l’idée.
A savoir aussi, le syndicat Solidaires aura un point fixe le long du cortège. Mais il y aura sûrement des drapeaux des autres centrales syndicales dans la manifestation. »



Espagne : répétition générale avant la grève du 29 mars

Espagne : répétition générale
avant la grève du 29 mars

Espagne : répétition générale avant la grève du 29 mars  dans ARTICLES drapeaux-portugal-6-212x300                                                           Espagne :
répétition générale avant la grève du 29 mars

Un million d’Espagnols ont manifesté dimanche contre la réforme du marché du travail et
les coupes dans les budgets publics.

Pour la seconde fois en moins d’un mois, les rues espagnoles ont tonné contre la
réforme du marché du travail. Dimanche, plus d’un million de personnes ont
manifesté dans les principales villes contre le décret pourri « decretazo » du
gouvernement de droite de Mariano Rajoy. Ils étaient déjà aussi nombreux à
défiler le 19 février, à l’initiative des deux principales confédérations, les
Commissions ouvrières (CCOO) et l’Union générale des travailleurs (UGT).

Ces deux démonstrations de force ils étaient 500 000 à Madrid et 450 000 à Barcelone,
selon les syndicats, 30 000 dans la capitale et 17 000 en Catalogne, d’après la
police, servent de baromètre avant la grève générale du 29. Les syndicats ne
mâchent pas leurs mots contre une réforme qu’ils jugent « inutile, inefficace
et injuste ».

Adopté le 10 février, sans aucune concertation au préalable, le decretazo libéralise en
effet le licenciement. Les syndicats estiment qu’il risque d’accentuer encore
l’actuelle récession, en aggravant le chômage alors que le pays compte 5,4
millions de sans-emploi. « Cette réforme imposée met un terme au droit du
travail, en le remplaçant par de l’arbitraire patronal sans limite, dénonce le
secrétaire général des CCOO, Ignacio Fernandez Toxo, elle facilite les
licenciements et leur coût.

Elle ne réduit pas les modalités d’embauche mais, au contraire, elle les précarise, en
introduisant des discriminations. Elle casse la négociation collective et
ouvre, pour la première fois, les portes du licenciement dans les
administrations publiques. » Pour le dirigeant syndical, la journée du 29 mars
en appellera d’autres si « le gouvernement ne rectifie pas » sa position.

Son homologue de l’UGT, Candido Mendez, a quant à lui plaidé pour une mobilisation
qui mette un terme « à la profonde régression sociale », en raison de la
destruction des droits des travailleurs, et des coupes dans les dépenses
publiques. « Nous ne pouvons tolérer que l’on profite de manière immorale de la
crise économique pour en finir avec tout », a-t-il critiqué. Dans la ligne de
mire des syndicats : la politique d’austérité à l’œuvre depuis deux ans pour
ramener le déficit public de 8,51 % du PIB fin 2011 à 5,8 % fin 2012.

Cathy Ceibe
L’Humanité



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Déclaration de la CGT

Changer de politique, conquérir la justice sociale

mardi 13 mars 2012

Les salariés, retraités et privés d’emploi, comme l’ensemble des citoyens, femmes et hommes, sont appelés à participer à l’élection présidentielle les 22 avril et 6 mai prochains.

C’est un rendez-vous important pour l’expression démocratique. A ce titre, la CGT ne saurait être neutre, surtout au regard de la gravité de la situation.

Après des décennies de creusement des inégalités, la répartition des richesses doit désormais  privilégier les  revenus des salariés, des  retraités, les  minima sociaux et la protection sociale. Elle doit être réorientée vers l’efficacité économique et sociale.

La première des insécurités est bien sociale. Elle est aussi la conséquence de choix politiques.

Face à la mainmise des marchés financiers sur l’ensemble de l’économie et sur les choix de société il faut combattre la spéculation, mettre en place des dispositifs pour financer des activités créatrices d’emploi, investir dans une véritable politique industrielle et développer les services publics prenant en compte l’impératif de développement humain durable.

Face aux pouvoirs des actionnaires devenus exorbitants, il faut donner plus de droits d’intervention aux salariés dans les entreprises et au-delà.

A tous les niveaux, entreprises grandes ou petites, territoires, filières d’activité, Etat et collectivités … la démocratie sociale doit être une priorité.

La CGT réaffirme ses dix exigences pour sortir de la crise :
• Revaloriser les salaires, les pensions et les minima sociaux (SMIC à 1700€)
• Contrôler les aides publiques aux entreprises
• Contraindre les entreprises à des alternatives aux licenciements
• Supprimer les exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires
• Stopper les suppressions d’emplois
• Développer les politiques publiques et les moyens des services publics
• Réformer la fiscalité en profondeur
• Créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédits à taux réduits pour l’investissement productif
• Taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux
• Mettre en place un fond européen de solidarité sociale et de développement économique

En aucun cas le projet de l’extrême droite  ne peut ouvrir une perspective de sortie de la crise. La CGT renouvelle son opposition aux idées véhiculées  par le Front National et banalisées par d’autres, qui cherche à exploiter les peurs et les désarrois sociaux pour s’enfermer dans une société en repli identitaire, liberticide, discriminatoire et raciste.

Le changement de politique pour conquérir la justice sociale, aider au « vivre ensemble » devient incontournable.

Au vu du bilan et des projets du Président de la République, sa réélection ouvrirait, à coup sûr, une nouvelle séquence de lourds reculs sociaux.

Derrière ses  discours sur la « moralisation  du  capitalisme » ou la « revalorisation du travail », l’essentiel de son action a consisté à favoriser les  actionnaires et les plus  riches.

Ses choix contribuent à faire payer la crise aux salariés qui n’en sont pas responsables.

Il a choisi de ne pas répondre aux grandes mobilisations nationales de 2009 pour « une autre répartition des richesses », préférant satisfaire les revendications patronales.

En 2010, c’est par le passage en force qu’il a imposé le recul de l’âge de départ en retraite aux millions de manifestants. Le système des retraites est fragilisé, les droits pour des millions de salariés en sont affectés.

Il a érigé le pouvoir personnel en méthode de gouvernement.

Le Président de la République est à l’origine d’un nouveau traité européen qui généralise l’austérité. C’est une  nouvelle arme pour amplifier les attaques contre le code du travail, les droits et budgets sociaux, les droits des privés d’emploi, les retraites, les services publics…

Son programme pour demain rejoint les exigences du MEDEF. Ce serait plus d’austérité pour les  salariés et les retraités, l’accroissement des inégalités entre les femmes et les hommes, une culpabilisation éhontée des privés d’emploi, la stigmatisation des travailleurs migrants et immigrés, la mise en cause du rôle des organisations syndicales considérées comme obstacles à ses projets. La société française vivrait des clivages plus violents encore et s’enfoncerait encore plus dans la crise.

L’élection présidentielle doit créer un nouveau contexte plus favorable aux revendications et au progrès social.

Affirmer sa citoyenneté, c’est aller voter, c’est aussi se syndiquer. Adhérer à la CGT c’est prendre sa place  dans le syndicat qui agit au quotidien pour le progrès et la justice sociale.

Les salariés ont besoin d’une présence plus importante du syndicalisme pour créer le rapport de force nécessaire et organiser les luttes pour la prise en compte leurs revendications en toutes circonstances.

Montreuil, le 13 mars 2012
Adoptée à l’unanimité par la Commission Exécutive Confédérale

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 dans ARTICLES paris-normandie-300x59logo21 dans ARTICLES

Paris Normandie : assemblée générale des équipes de presse quotidienne le 15 mars à 12 heures !

Le rendez-vous incontournable de la solidarité active

Rien n’est plus urgent, en tant que syndicalistes de la presse et du papier, que de se rendre à Rouen le 15 mars à midi, 1, rue des Pélissiers, Déville-les-Rouen.

Hersant veut utiliser la confusion de la campagne électorale pour emporter à l’arraché les licenciements qu’il prépare avec la Voix du Nord à Paris Normandie, la Presse havraise, L’union de Rems, Nice Matin et La Provence.

Sa misérable ruse de guerre consiste à déposer le bilan de Paris Normandie, après avoir liquider plus de 2 200 emplois à la Comareg et Hebdo Print.

L’Etat, bonne fille, paiera, se dit-il. Et de forcer le pas pour qu’avant le 11 avril, en passant par l’annonce des destructions d’emplois le 14 mars au comité d’entreprise, il puisse liquider l’affaire avant le premier tour de la présidentielle au tribunal de commerce !

En homme d’affaires qui renie la presse, il nous inflige l’humiliation du passage par un tribunal de commerce, compétent en matière de litige entre boutiquiers

Les équipes syndicales Filpac CGT ne laisseront pas faire

le mauvais coup de la période électorale !

Le rendez-vous du 15 mars a pour objet, outre le débat général dans la presse, de déterminer ensemble, collectivement, comme il sied à la Filpac CGT, des mesures à prendre pour que toute une profession se porte garante de l’existence de la presse normande, de ses emplois.

Il s’agit bien de préparer l’action pour que cette misérable opération de dépôt de bilan devienne une farce, qu’elle soit balayée par une mobilisation générale telle que tous les patrons concernés, et ils le sont tous, le gouvernement et les organisations syndicales traitent par la négociation nationale le sort des titres GHM et leurs emplois.

Paris Normandie, L’Union de Reims, Nice Matin, La Provence, sont entre les mains des personnels, de leurs organisations syndicales. De l’ampleur de la mobilisation dépend le sort de ces titres.

Le 15 mars, les équipes syndicales Filpac CGT, par définition solidaires, en débattront.


« Contre les syndicats, contre les chômeurs, contre les immigrés »

« Contre les syndicats, contre les chômeurs, contre les immigrés » De Villepinte, le candidat des riches appelle à l’offensive contre l’emploi de tous au nom du bloc Medef-droite-extrême droite

 

Les beaux quartiers s’y étaient donné rendez-vous, dans le hangar de Villepinte. Pour entendre leur chef leur promettre que leurs profits seraient garantis par un gouvernement de combat. Il n’a pas lésiné !

Contre les syndicats, comme pendant son quinquennat

« Les blocages viennent de certains corps intermédiaires qui ont intérêt à l’immobilisme. Ils viennent de certains syndicats, de certaines organisations, de certains corps intermédiaires qui ont intérêt à l’immobilisme, qui ont interêt au conservatisme, par crainte d’un monde nouveau qui menacerait leur influence. C’est la vérité et comme toute vérité, elle mérite d’être dite. »

Le président qui a refusé la moindre négociation d’importance passe désormais à une vitesse supérieure, celle de l’affrontement direct. En cela, il obéit au mot d’ordre du patronat, la filiale du MEDEF, la CGPME en particulier, aux anathèmes du Front national, et à la campagne quotidienne de la droite contre les grèves, avec comme fer de lance le journal de Dassault, le Figaro.

Contre les salariés : les accords compétitivité-emploi

Ces accords compétitivité-emploi sont une invention du Medef et de l’UIMM.

Ils « permettent aux chefs d’entreprise et aux salariés de discuter librement », jugeant que la loi « ne peut pas tout prévoir » … « Je souhaite que dans l’entreprise, les accords compétitivité-emploi permettent aux chefs d’entreprise et aux salariés de discuter librement » , a souligné le candidat du patronat.

Il s’agit de détruire la moindre référence au Code du travail, et remettre entre les mains des seuls chefs d’entreprise le niveau des salaires, le temps et l’organisation du travail. Exit les acquis des conventions collectives, le droit individuel du salarié sur son propre contrat de travail.

« Contre les chômeurs, des boulots à un euro, comme en Allemagne »

Il n’a jamais été question de créer des emplois, de traiter le chômage, pendant sa présidence et donc pendant ce meeting devant des figurants UMP en délire.

« J’ai promis que chaque chômeur aurait un droit à une formation quel que soit son âge, quel que soit son statut, parce qu’à 57 ans on est pas fichu, a-t-il assuré. Mais je dis avec la même force que celui qu’on aura formé sera obligé d’accepter l’offre d’emploi qui lui sera proposée. »

Finies les lois sociales.

« Dans le monde qui est le nôtre, la loi ne peut plus tout prévoir, tout organiser, tout régler et surtout tout empêcher dans l’entreprise », a ajouté le président-candidat. « Il faut de la liberté, du pragmatisme, de la souplesse, de la responsabilité », a-t-il insisté.

Tout chômeur devra donc ramper vers n’importe quel emploi à n’importe quel tarif, n’importe où, pour un boulot même pas rémunérateur, déterminé par le seul besoin des patrons.

C’est le but réel du matraquage sur le modèle allemand, qui prévoit pareil dispositif, qui a converti les chômeurs en travailleurs pauvres.

Contre les immigrés, un mur et des barbelés

Nicolas Sarkozy a estimé que les accords de Schengen, qui assurent la libre circulation des citoyens communautaires, devaient être « révisés ».

« Les accords de Schengen ne permettent plus de répondre à la gravité de la situation. Ils doivent être révisés. Il faut mettre en oeuvre pour Schengen une réforme aussi structurelle que celle que nous venons de mettre en oeuvre pour l’euro », a lancé le président-candidat, pour qui « on ne doit pas laisser la gestion des flux migratoires entre les seules mains des technocrates et des tribunaux ».

L’accord idéologique avec le Front national a cette fonction de fournir au gouvernement de combat qu’il aspire à diriger une idéologie raciste. En ciblant l’immigration, il espère atténuer le choc de la fin du contrat de travail et l’utilisation des chômeurs comme des immigrés de l’intérieur, courant à leur corps défendant après n’importe quel travail, de préférence plusieurs travaux. Ce qui serait leur ciment, c’est la haine de l’immigré.

Sarkozy, ancré entre le patronat, les privilèges des riches et le racisme organisé en Front national, mérite d’être battu le plus sévèrement possible.


Paris Normandie – motion de soutien du collectif papetier normand Filpac CGT

SParis Normandie - motion de soutien du collectif papetier normand Filpac CGT dans ARTICLES 11logo2 dans ARTICLESolidarité du
collectif Filpac CGT papetier normand
 

Le collectif normand FILPAC CGT dans sa globalité soutient l’action des
camarades de Paris-Normandie et
sera solidaire avec eux.

 Nous n’acceptons pas la suppression des emplois

 au profit des
actionnaires et de la bourse.

 Nous, salariés des entreprises de SCA Le Theil, UPM Chapelle Darblay, Europac
Rouen, Kimberly Clark, M Real Alizay, Georgia-Pacific serons à vos côtés.

 Tous ensemble, nous refusons le fatalisme.

 Tous ensemble dans la lutte de masse et de classe pour que plus un seul
emploi ne soit perdu, quel que soit le secteur !

Une fois de plus, le collectif normand FILPAC CGT est avec vous et vous
pouvez compter sur nous pour les luttes à venir pour obtenir satisfaction.

 

Votre lutte sera celle de toute la FILPAC CGT.

 


Retraites complémentaires

 

Il y a danger pour la revalorisation des points

jeudi 1er mars 2012, par  F. Dayan

C’est le 9 mars prochain que doit se tenir la réunion du conseil d’administration de l’Arrco qui aura à statuer définitivement sur le niveau de la revalorisation des pensions Arrco pour 2012 au 1er avril.

Cette revalorisation correspond selon l’accord du 18 mars 2011 (que la CGT n’a pas signé) à l’évolution du salaire moyen moins 1,5 point sans pouvoir être inférieure à l’augmentation des prix.
Cette revalorisation s’effectue sur la base des prévisions d’inflation et d’évolution du salaire moyen présentées dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).
Il y a naturellement des écarts entre les prévisions et les valeurs constatées une fois l’année écoulée. Un rattrapage est donc effectué l’année N+1.

L’accord du 18 mars n’évoquant pas ce rattrapage (mais ne l’interdisant pas), le Medef envisagerait de s’y soustraire, au moins partiellement, au motif que celui-ci s’élèverait à +0,55 % (en moyenne annuelle), ce qui représenterait pour l’Arrco 245 millions d’euros.
Le Medef a demandé la constitution d’un groupe de travail afin de statuer, lors du prochain CA de l’Arrco le 9 mars prochain, sur le niveau de la revalorisation et contre toute attente, plusieurs des autres organisations syndicales ont accepté. Rappelons que la prise en compte du rattrapage avait conduit à une revalorisation supplémentaire de +0,26 % en 2011.

Sans le rattrapage, la revalorisation au 1er avril 2012 s’élèverait à 1,56 % (2,3 % avec le rattrapage).

Il y a donc danger immédiat sur le pouvoir d’achat de plus de 11 millions de retraités, mais également pour les futurs retraités, c’est-à-dire tous les actifs. En effet, si on ne rattrape pas d’une année sur l’autre, ou plus exactement si le rattrapage ne s’effectue que lorsqu’il est défavorable (c’est ce qui se passerait sans la pression des retraités et des salariés), la valeur du point va voir son évolution sérieusement ralentie… N’oublions pas que c’est cette valeur qui permet de calculer les pensions de retraite aujourd’hui tout comme demain.


Retraites complémentaires

 

Il y a danger pour la revalorisation des points

jeudi 1er mars 2012, par  F. Dayan

C’est le 9 mars prochain que doit se tenir la réunion du conseil d’administration de l’Arrco qui aura à statuer définitivement sur le niveau de la revalorisation des pensions Arrco pour 2012 au 1er avril.

Cette revalorisation correspond selon l’accord du 18 mars 2011 (que la CGT n’a pas signé) à l’évolution du salaire moyen moins 1,5 point sans pouvoir être inférieure à l’augmentation des prix.
Cette revalorisation s’effectue sur la base des prévisions d’inflation et d’évolution du salaire moyen présentées dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS).
Il y a naturellement des écarts entre les prévisions et les valeurs constatées une fois l’année écoulée. Un rattrapage est donc effectué l’année N+1.

L’accord du 18 mars n’évoquant pas ce rattrapage (mais ne l’interdisant pas), le Medef envisagerait de s’y soustraire, au moins partiellement, au motif que celui-ci s’élèverait à +0,55 % (en moyenne annuelle), ce qui représenterait pour l’Arrco 245 millions d’euros.
Le Medef a demandé la constitution d’un groupe de travail afin de statuer, lors du prochain CA de l’Arrco le 9 mars prochain, sur le niveau de la revalorisation et contre toute attente, plusieurs des autres organisations syndicales ont accepté. Rappelons que la prise en compte du rattrapage avait conduit à une revalorisation supplémentaire de +0,26 % en 2011.

Sans le rattrapage, la revalorisation au 1er avril 2012 s’élèverait à 1,56 % (2,3 % avec le rattrapage).

Il y a donc danger immédiat sur le pouvoir d’achat de plus de 11 millions de retraités, mais également pour les futurs retraités, c’est-à-dire tous les actifs. En effet, si on ne rattrape pas d’une année sur l’autre, ou plus exactement si le rattrapage ne s’effectue que lorsqu’il est défavorable (c’est ce qui se passerait sans la pression des retraités et des salariés), la valeur du point va voir son évolution sérieusement ralentie… N’oublions pas que c’est cette valeur qui permet de calculer les pensions de retraite aujourd’hui tout comme demain.


Venez au meeting, le 24 février, au journal Paris Normandie

 

                               
 

Paris-Normandie

« et la presse havraise »

au bûcher ?
Venez au meeting, le 24 février, au journal Paris Normandie dans ARTICLES cgt
Sur la place du « vieux » marché !

 

Le Groupe Hersant Média
(GHM) déserte t-il la Normandie ?

Rossel et le groupe La
Voix y débarque ?

Pour l’indépendance de
l’information, de la presse, de la défense des emplois…

Venez au meeting,

le 24 février, au journal à 12 heures

33, rue des
Grosses-Pierres

76250 DEVILLE-LES-ROUEN


suicide collectif !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

M Real – Le vote des salariés de l’usine autorise les syndicats à débloquer le plan social pour lancer ensuite le projet de réindustrialisation de l’entreprise (Paris Normandie)

vendredi 17 février 2012

M-real : c’est oui à 97,7 % !

Deux solutions s’offraient aux salariés de M-real : engager des procédures pour invalider le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

Ou accepter le plan social lors du comité d’entreprise du 7 mars et chercher des sociétés susceptibles de réindustrialiser le site après fermeture.

A 97,7 %, les 267 votants se sont exprimés pour la seconde solution. « Au moins, à M-real, on a le sens du référendum ! » , plaisante Thierry Philippot, en référence aux récentes propositions du chef de l’état. Le délégué syndical ne s’étonne pas du taux de participation (87 %) : « Ici, les salariés se sentent toujours concernés, même lors des élections professionnelles. Ils ont pris une sage décision, qui ouvre la porte à la réindustrialisation. »

Lancement de la fermeture du site

Ce vote autorise donc les représentants syndicaux de l’usine papetière à donner un avis sur le plan social, qui lance la fermeture du site. En gardant l’ambition de redémarrer l’activité avec un repreneur. « La principale crainte des salariés est une mise en liquidation judiciaire de l’entreprise avant la fin du PSE » , confie Eric Lardeur (CFE-CGC).

« On va toucher de grosses sommes d’argent, mais tant qu’on ne l’a pas dans la poche, le PDG peut tout remettre en question. On l’a vu chez Molex et Malaucene où les patrons ont mis l’entreprise en liquidation judiciaire et tout le monde n’a pas touché l’argent du PSE » , détaille le syndicaliste.

« Mais ce vote ne sera valide que si le PDG, Mikko Helander, respecte ses engagements – tels que le versement par anticipation des primes – et les rédige par écrit » , prévient Thierry Philippot qui se réserve le droit d’engager une procédure au tribunal dans le cas contraire.

« Nous avons des éléments qui démontrent que la situation économique a été créée de toutes pièces. Nous sommes devenus un centre de coût pour l’ensemble du groupe. Nous absorbons des factures astronomiques et n’avons aucun pouvoir de décision. Vous connaissez beaucoup d’usines qui perdent 30 millions d’euros par an ? »

« On arrive au bout du tunnel »

Hier midi, les leaders syndicaux sont sortis déçus de leur entrevue en préfecture avec le ministre Bruno Le Maire. « On s’attendait à une annonce, mais il n’y en a pas eu. Il nous a assuré que l’Etat s’engageait à mettre tous les moyens pour trouver des repreneurs tant sur la chaudière que la machine de pâte à papier. Mais les candidats au rachat ne veulent pas d’une machine à papier sans chaudière. Il faut faire une offre groupée, car ce qui rapporte le plus, c’est la vente d’énergie verte.  C’est clairement le projet d’Activa Pro, mais aussi de Double A » , éclaire Thierry Philippot.

Quoi qu’il en soit, le vote dépouillé hier est déterminant pour l’avenir de M-real. La rencontre à Evreux entre Mikko Helander et le préfet le 29 février devrait l’être tout autant. Un virage s’amorce pour cette entreprise lancée en 1954, et qui a compté jusqu’à 800 salariés. « On arrive au bout du tunnel » , assure Thierry Philippot.


À croire que tout ce monde-là a travaillé en cordée, le Medef en étant toutefois l’éclaireur et le chef.

À croire que tout ce monde-là a travaillé en cordée, le Medef en étant toutefois l’éclaireur et le chef. dans ARTICLES sarkozy-parisot-300x103

À croire que tout ce monde-là a travaillé en cordée, le Medef en étant toutefois l’éclaireur et le chef.

En passant sa commande ou plutôt sa feuille de route pour l’élection présidentielle de 2007, le Medef avait baptisé son programme « Besoin d’air », madame Parisot expliquant que les entreprises « avaient besoin de respirer ». Pour l’élection de 2012, vingt-quatre heures avant la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy, il a rebaptisé son programme « Besoin d’aire », avec un « e ». Subtil non ? Les communicants qui entourent la présidente du Medef ont sacrément dû se creuser la tête et se mettre le cerveau à l’envers pour trouver une idée comme ça. En oubliant peut-être, pour rester dans la note subtile, que si l’aire est un lieu où l’on bat le blé, c’est aussi celui où nichent les rapaces. C’est mauvais, d’accord. « Besoin d’aire », a donc expliqué madame Parisot, au cas où on aurait un peu de mal à comprendre, « parce que les entreprises ont besoin de nouveaux horizons, de nouvelles frontières, besoin de conquérir ».

Bref. Il y a des moments où l’hilarité le dispute à la consternation. Sur le fond, et là ça ne fait plus rire, la présidente du Medef avait promis des surprises. Désolé. C’est raté, sauf à considérer comme une surprise le fait que le programme du Medef est le même, en tous points, que celui esquissé il y a une dizaine de jours à la télévision par Nicolas Sarkozy et conforme aux grands axes de la politique mise en œuvre en France comme en Europe par le couple Sarkozy-Merkel. C’est du copié-collé. À la veille de la déclaration de candidature du sortant, le Medef trace la voie. À croire que tout ce monde-là a travaillé en cordée, le patronat en étant toutefois l’éclaireur et le chef.

Qu’on en juge. Sur l’Europe, la « top priorité »,
le Medef veut une gouvernance économique 
et « l’adoption rapide d’une règle d’or ». Pour redresser les finances, la réduction des dépenses plutôt que la hausse des prélèvements. Le reste est à l’avenant. Non-remplacement de deux fonctionnaires sur trois dans la fonction publique d’État, un sur deux dans les collectivités locales. Dans les entreprises, une baisse des cotisations salariés compensée par la hausse de la CSG et une baisse des cotisations employeurs compensée par une augmentation de la TVA que le document ne se donne même pas la peine d’appeler « sociale ». On peut allonger la liste : « management » pour l’hôpital et l’éducation nationale, « règle d’or » pour l’assurance maladie, durcissement de l’indemnisation du chômage placée sous conditions, accord collectif et contrat pour la durée du travail… Enfin, on citera cette lecture anticipatrice de ce que Nicolas Sarkozy a mis sous le terme de compétitivité, emploi : « Il convient de revoir la définition du licenciement économique pour qu’elle englobe l’amélioration de la compétitivité. Car autoriser ces licenciements uniquement en cas de difficulté pour maintenir la compétitivité est insuffisant. » En clair on peut licencier sans autre forme de procès en tous temps et en tous lieux.

Il ne faut pas s’y tromper. C’est une offensive d’une ampleur inégalée contre le monde du travail et Nicolas Sarkozy est bien le candidat du Medef, quitte à jouer pour cela et avec le plus froid cynisme et la démagogie d’extrême droite sur les chômeurs, les immigrés. Au fond, le titre du programme est parfaitement explicite. Il s’agit d’éradiquer tout ce qui peut faire obstacle à la marchandisation de l’économie et de la vie sociale. C’est cette politique qui nous a menés dans la situation où nous sommes, à la merci des marchés financiers. Le Medef et son candidat veulent l’amplifier. Jeu de mots ou pas, c’est bien un pacte des rapaces


Jours de carence maladie

Jours de carence maladie

Les syndicats exigent le retrait de la mesure

Communiqué commun du 14 février 2012

Jours de carence maladie dans ARTICLES logos_SP-300x48

Le gouvernement a, malgré l’opposition unanime des organisations syndicales mises devant le fait accompli, décidé l’instauration d’une journée de carence dans la Fonction publique. Elle s’applique au 1er janvier 2012 pour les agents publics, les fonctionnaires et agents non titulaires de droit public, placés en congé de maladie ordinaire.

Dès l’annonce de cette mesure, nos organisations l’ont dénoncée et demandé son retrait.

En effet, cette disposition va pénaliser durement les agents de la Fonction publique contraints à congés maladie sur prescription médicale. Ils subiront de fait, une baisse de salaires comme s’ils étaient « coupables d’être malades ». Cette nouvelle amputation de leur pouvoir d’achat viendra s’ajouter à celles, déjà sans précédent, dues au gel de la valeur du point, à l’augmentation des cotisations pour les pensions…

Il s’agit bien d’une nouvelle atteinte au statut des fonctionnaires, garant de l’égalité de traitement et d’une volonté de stigmatiser les agents de la fonction publique dont l’engagement professionnel permet de faire vivre le service public dans des conditions pourtant parfois difficiles.

Si le gouvernement entend réduire les congés de maladie, nos organisations considèrent qu’il lui faudrait plutôt agir sur les conditions de travail et le renforcement de la médecine de prévention dans le cadre, notamment, de la médecine du travail.

Les organisations CFTC, CFDT, CGC, CGT, FSU, Solidaires et UNSA demandent solennellement au gouvernement de renoncer à cette mesure autant injuste qu’inefficace.


Entre Nicolas Sarkozy et le Medef, l’amour dure toujours

Entre Nicolas Sarkozy et le Medef, l'amour dure toujours dans ARTICLES parisot_medef_saluant-3-3af0f1-300x200

Le programme de Sarkozy rédigé par Laurence Parisot !

Entre Nicolas Sarkozy et le Medef, l’amour dure toujours

 

Laurence Parisot, présidente du MEDEF a présenté mardi 14 février  sa « contribution » au débat présidentiel.

 

Elle ferait une porte-parole zélée du candidat Sarkozy. A moins que Sarkozy ne soit à l’inverse le porte-parole docile de Mme Parisot. La présidente du MEDEF soutient l’austérité et appelle à continuer l’agression contre le service public : nouvelles coupes pour atteindre l’excédent budgétaire en 2016, « règle d’or budgétaire au niveau constitutionnel« ,  « intensification » des suppressions de postes dans la fonction publique…

 

Au niveau social, le MEDEF exige un véritable massacre à la tronçonneuse contre les droits des salariés. C’est là encore la copie conforme des propositions de Sarkozy : fin de la durée légale du travail renvoyée à la négociation individuelle, nouvelle contre-réforme des retraites etc…

 

Je me réjouis de cette entrée en campagne du MEDEF. Au moins les Français peuvent voir qui dirige vraiment l’UMP. Ils pourront balayer cette oligarchie !

 

–> Le nouveau duo Parisot-Sarkozy se relance. Vingt-quatre heures avant le locataire de l’Elysée, la patrone du MEDEF a aimablement listé ses nouvelles consignes lors d’une conférénce de presse ce mardi. Plus la peine d’en faire des tonnes comme il y a cinq ans, les duettistes repassent à l’attaque ensemble. Ainsi, la patrone des patrons revendique:

  1. des Etats-Unis d’Europe à la mode ultralibérale, avec règle d’or budgétaire pour tout le monde
  2. une cure d’amaigrissement renforcé de la Fonction publique avec deux départs sur trois non remplacés au lieu d’un sur deux actuellement
  3. des cadeaux aux entreprises avec la baisse des cotisations salariales et la  flexibilité renforcée du marché du travail
  4. la réduction de la protection sociale via une réforme (appauvrissement) du financement de l’assurance maladie et un débat (sic) sur un « nouvel âge de départ à la retraite« 

–> Le MEDEF en rêvait, Sarkozy  l’a fait. Retour sur 5 ans de cadeaux au patronat: règle d’or, dynamitage de l’ISF et Bouclier fiscal, haro sur les fonctionnaires, la Sécu en toutes franchises, pas de quartier pour les retraites, travailler peu pour gagner tout et TVA sociale

–> Sarkozy, candidat depuis 2007. Distancé dans les sondages, Nicolas Sarkozy est contraint d’annoncer précipitamment sa candidature. Redevenu hyper-candidat, il axera sa campagne sur des « propositions chocs », répondant aux désirs patronaux.

–> Un président placé sous « perspective négative ». La possible dégradation de la note de la France par l’agence Moody’s est un nouveau camouflet pour Sarkozy.


Hausse en moyenne de 2,1% de l’impôt sur le revenu en 2012 selon la CGT

Hausse en moyenne de 2,1% de l’impôt sur le revenu en 2012 selon la CGT

Les Français vont voir le montant de leur impôt sur le revenu augmenter cette année du fait du gel du barème de cet impôt décidé par  le gouvernement, qui va se traduire par une hausse moyenne de 2,1% pour  l’ensemble des foyers fiscaux, a indiqué la CGT qui vient de  publier l’édition 2012 de « VO Impôts ».

Hausse en moyenne de 2,1% de l'impôt sur le revenu en 2012 selon la CGT dans ARTICLES vo_2012« Nous avions alerté de cette hausse, liée à l’effet mécanique de la  non revalorisation du barème, lorsque la mesure avait été annoncée » dans  le cadre du plan d’austérité de novembre dernier, a affirmé le  secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, lors d’un point de  presse. Le gel du barème au niveau de 2011, sans tenir  compte de l’inflation, a été adopté dans le cadre du plan de rigueur  annoncé par le gouvernement le 7 novembre et voté par l’Assemblée en  décembre.

Alors que la réforme fiscale est l’un des thèmes du  débat présidentiel, Bernard Thibault a indiqué que sa centrale était  favorable à une « réforme globale » de la fiscalité, pour aller dans le  sens d’ »une plus grande justice fiscale ». La CGT est favorable à un accroissement de la part  de l’impôt sur le revenu –seul impôt progressif et donc « juste  socialement »– et la réduction de celle de la TVA, impôt « dégressif ». Le  gouvernement, souligne-t-il, agit à l’inverse puisque l’Assemblée est  en train d’adopter la TVA sociale portant le taux de 19,6% à 21,2%.

Dans le cadre d’une réforme globale, la CGT prône  notamment la mise en place de taux élevés de l’IR pour faire davantage  participer les hauts revenus, et « la limitation des niches fiscales ». Par ailleurs, elle est favorable à ce que tous les  citoyens soient soumis à l’IR, « dès le premier euro gagné », souligne  Alexandre Derigny, secrétaire de la fédération CGT des finances, alors  qu’aujourd’hui un Français sur deux est exonéré de cet impôt. Les foyers modestes y gagneraient, souligne ce  responsable CGT, par une baisse de la TVA, dont le taux serait ramené à  15% alors que les produits de première nécessité en seraient exemptés.

Quant à une réforme du quotient familial –thème  abordé par le candidat du PS François Hollande–, le débat est en cours à  la CGT. « A titre personnel », Alexandre Derigny estime que, dans le cadre d’une  réforme globale, le quotient familial doit être revu, car il « favorise  les contribuables les plus aisés et n’a aucun intérêt pour les plus  modestes ».

 

  • À lire :

Déclaration commune CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA

 

Réunion intersyndicale du 9 février 2012

 

En Europe, le chômage frappe un grand nombre de salariés, particulièrement les jeunes et les femmes. De très nombreux salariés voient leur pouvoir d’achat fortement amputé. Les inégalités se creusent.

En France, la situation de l’emploi continue de se dégrader, l’augmentation de la TVA ne fera qu’aggraver les inégalités.

Face à ces situations économiques et sociales qui se dégradent et avec le durcissement de l’austérité comme seule réponse de la part des dirigeants européens, la Confédération européenne des syndicats (CES) appelle à une journée d’action européenne le 29 février, à la veille du Conseil européen. Dans ce cadre, les organisations syndicales CFDT, CGT,  FSU, Solidaires, UNSA se mobiliseront partout en France pour que le travail et la justice sociale soient au centre des priorités politiques.

Les mesures d’austérité ne sont pas la réponse à la crise, au contraire, elles produisent d’énormes dégâts sociaux. On ne peut pas continuer à imposer des mesures qui ne marchent pas, qui enfoncent les pays dans la crise et appauvrissent de plus en plus de salariés, chômeurs et retraités.

Le projet de traité,  élaboré  sans véritable débat démocratique, qui sera à l’ordre du jour du Sommet européen de mars 2012 renforcerait l’austérité. Son principal objectif est de réduire au maximum les déficits publics quels qu’en soient les impacts sociaux. Il ne relancerait pas  la croissance et ne résoudrait pas la crise de la dette souveraine.

Le besoin de gouvernance économique est utilisé dans beaucoup de pays pour justifier la mise en cause des systèmes de relations sociales et de négociations collectives, pour imposer une pression à la baisse sur les salaires, pour affaiblir la protection sociale, le droit de grève et privatiser les services publics.

Parce qu’il est contraire à l’Europe sociale que nous voulons, avec la CES, nous nous opposons à ce projet de traité. Nous avons besoin d’une nouvelle politique monétaire économique et sociale dans le cadre d’une gouvernance économique forte de la zone euro qui donne priorité aux politiques en faveur de la création d’emplois de qualité.

Pour une Europe sociale fondée sur la solidarité, la justice et la cohésion sociale, les organisations syndicales CGT, FSU, Solidaires, UNSA s’engagent dans cette mobilisation en y impliquant largement tous les salariés, partout dans les entreprises et les administrations. Elles appellent à faire du 29 février une puissante journée d’actions passant notamment par des rassemblements et des manifestations  interprofessionnelles.

(NB : La CFDT décidera lors de son conseil national des 14 et 15 février les modalités de son engagement dans cette mobilisation.)

 


« Nicolas Sarkozy vient d’annoncer un troisième plan d’austérité » (réactions)

La prestation télévisée de Nicolas Sarkozy, durant une heure et sur six chaînes ce dimanche soir, aura au moins connu un premier résultat: l’union de la gauche contre ces annonces effectuées en direct. « Plan d’austérité », « saignée », « mensonge éhonté », les qualificatifs ne manquent pas, du Front de gauche, aux socialistes en passant par les écologistes, pour rejeter les mesures annoncées par le futur candidat de l’UMP. Extraits:

 

Jean-Luc Mélenchon (candidat du Front de gauche à la présidentielle): « Nicolas Sarkozy vient d’annoncer un troisième plan d’austérité. Standard and Poor’s a été obéie. Cela va saigner. La ponction annoncée pour servir la finance sera supportée à 85% par les ménages. Le capital y contribuera six fois moins. J’annonce même qu’il n’y contribuera pas du tout. Car les mesures qui frappent le peuple s’appliqueront tout de suite, tandis que celles qui toucheraient le capital sont reportées au lendemain de l’élection. Des milliers de jeunes seront poussés hors de l’école pour aller en apprentissage. Terrible nouvelle, les salaires et le temps de travail seront négociés dans l’entreprise et la loi n’y pourra rien. Enfin le logement sera de nouveau dérégulé, soit disant pour baisser les loyers. Jusqu’au bout, le président sortant aura cherché à enfumer les Français. »

 

Pierre Laurent (PCF): « Je suis scandalisé par les annonces de Nicolas Sarkozy ce soir. Au terme d’un quinquennat qui a poussé le pays dans la récession et saccagé l’emploi industriel, il décide, à quelques semaines des élections, deux énormes nouveaux cadeaux au patronat. Premier cadeau : un allègement de 13 milliards d’euros de cotisations sociales patronales essentiellement payé par une hausse de la TVA, autrement dit un coup de poignard dans le pouvoir d’achat populaire.

Second cadeau: la possibilité pour le patronat d’échapper à toute durée légale du temps de travail par le biais d’accord dit de compétitivité. Tout le reste est à l’avenant : matraquage mensonger sur le coût du travail, règle d’or pour les collectivités locales, nouvelle mesure de déréglementation du marché immobilier sous prétexte de crise du logement. Tout cela n’est que l’énième et dernier coup de force présidentiel. Les privilégiés et les financiers auront été servis jusqu’au bout. Les salariés n’ont plus rien à attendre de ce pouvoir. C’est maintenant à la gauche de construire une alternative solide et le Front de gauche va y consacrer toutes ses forces. »

 

Parti communiste français: « Dans une posture de père protecteur et suprême, le Président de la République s’est livré – simultanément sur six chaînes de télévision – à un nouveau numéro de mensonge éhonté. Nicolas Sarkozy a répété ses habituelles contre-vérités pour tenter de faire avaler à nos concitoyennes et concitoyens une saignée supplémentaire de leur pouvoir d’achat par le biais de 1,6 point supplémentaire de TVA, soit une hausse de 8,2 % de l’impôt le plus injuste qui soit.

Contrairement à ce que prétend le chef de l’Etat, le coût du travail dans l’industrie française est strictement équivalent à ce qu’il est en Allemagne. Dans l’industrie automobile, il est même inférieur de 25% à ce qu’il est outre-Rhin. Le coût et la durée légale du travail ne sont pas la cause du chômage. Pas plus qu’une nouvelle baisse des cotisations patronales n’est la garantie d’une relance de l’emploi. Bien au contraire! Les cotisations patronales n’ont cessé de diminuer et le chômage a constamment grimpé pour atteindre son plus haut niveau depuis douze ans. Les recettes préconisées par le chef de l’Etat, y compris l’instauration d’une « règle d’or »  pour conforter l’étau des marchés financiers, sont tout aussi injustes socialement qu’elles seront inefficaces économiquement. La relance dont a besoin notre pays, passe par une augmentation des salaires et des minimas sociaux. Elle nécessite aussi l’interdiction des licenciements dans toute entreprise qui fait des profits.

Ses quelques incantations sur le logement ou sur l’avenir des jeunes, ne peuvent faire oublier que le chef de l’Etat a doublé le volume des niches fiscales au cours du quinquennat. Cette année encore, les plus fortunés gagneront deux milliards grâce à sa réforme de l’ISF. Ce soir, Nicolas Sarkozy s’est présenté pour ce qu’il est, le défenseur des actionnaires et des plus fortunés. C’est bien d’une politique radicalement différente, marquée par une nouvelle répartition des richesses en faveur du travail, dont ont besoin nos concitoyennes et concitoyens. »

 

François Rebsamen (sénateur PS ): « Nicolas Sarkozy a tenté en vain, ce soir, d’endosser les habits du Capitaine courage, mais il faisait plutôt penser aux médecins de Molière qui, à force de saignées, achevaient le malade qu’ils étaient censés guérir. (…) Ces mesures ficelées à la hâte, prises à deux mois de la fin de son quinquennat, sont le signe de l’affolement d’un président aux abois. L’exercice médiatique de ce soir n’est rien d’autre qu’une fuite en avant. Elle est pathétique pour le président candidat, dangereuse pour la France et dramatique pour les Français. »

 

Najat Vallaud-Belkacem, (porte-parole de campagne de François Hollande):  »Ce soir, au cours d’un grand show médiatique, le candidat-président Sarkozy n’a cessé de renier ses engagements de 2007. Le Président « qui n’a pas été élu pour augmenter les impôts » va assommer les Français avec une augmentation de la TVA de 13 milliards d’euros (+1,6 point, à 21,2%). Le « Président du pouvoir d’achat » a annoncé une baisse de 1,6% du pouvoir d’achat de tous les Français. Le Président qui promettait que « plus aucun Français ne dormirait dans la rue » d’ici la fin du quinquennat s’est enfin décidé à se pencher sur la grave question du logement, à 3 mois de la fin de son quinquennat.

Le tour de passe-passe du prestidigitateur Sarkozy ne trompera personne. Les 400 millions d’euros promis lors du sommet social ne font pas le poids face à l’amputation du pouvoir d’achat décrété avec la TVA antisociale. En augmentant de 13 milliards d’euros la TVA tout en promettant 400 millions d’euros pour les demandeurs d’emploi Nicolas Sarkozy s’apprête à  prendre aux salariés 32 fois ce qu’il leur donne. »

 

Cécile Duflot, secrétaire nationale d’Europe écologie les Verts (EELV). « Ce président fait de la communication et des annonces parce qu’il est impuissant, il est sans doute terrorisé à l’idée de l’élection et du coup il nous met dans une situation où il risque de fragiliser encore davantage nos protections sociales. C’est évidement un candidat, un candidat angoissé. (…) Comme il a peur qu’on ne le regarde pas, il oblige quasiment les Français qui voudront allument leur télévision ce soir à écouter ce qu’il a à dire. »

 


Emplois industriels et réindustrialisation

Emplois industriels et réindustrialisation

La CGT lance une campagne    Emplois industriels et réindustrialisation  dans ARTICLES cgtvidecgtvide dans ARTICLEScgtvidecgtvide

La CGT lance une nouvelle campagne pour l’emploi industriel et la réindustrialisation qui va se traduire concrètement par un diagnostic de la situation de désindustrialisation sans précédent que connait le pays.

Mohamed Oussedik, dirigeant national de la CGT a présenté cette nouvelle campagne lors d’une conférence de presse le 16 janvier 2012.

Un bilan assez catastrophique :
- En cinq ans, l’emploi industriel a reculé de 300 000 emplois en induit,
- L’emploi industriel représentait 30% en 1960 et il représente plus que 11% aujourd’hui,
- Le niveau de la production industrielle en 2011 n’a toujours pas atteint celui de 1997,
- L’industrie manufacturière ne représente plus que 10% de l’économie totale,
- La balance commerciale du secteur industriel manufacturière est déficitaire de 50 milliards d’euros alors qu’elle va dépasser les 150 milliards d’excédents en Allemagne.

Par nos propositions, en rupture avec les mesures prises ces dernières années et qui ont conduit à creuser les déficits, à l’explosion du chômage total et à celui des séniors et des jeunes, à l’appauvrissement des ménages et des territoires, à la déqualification de l’économie française.

Par des mobilisations avec déjà le 18 janvier et ses suites dans les entreprises bien sûr comme ARCELOR, GOOD YEAR, PETROPLUS, M’REAL, FONDERIE DU POITOU, FRALIB mais aussi dans les régions et nationalement en mars prochain.

Nous publierons dès le mois de février notre livre CGT pour l’emploi industriel et la réindustrialisation. Les faux débats autour du label « Made in France », du prétendu coût du travail trop élevé, des salariés qui ne travaillent pas assez en comparaison de leurs homologues européens et allemands, d’un code du travail trop rigide rendent indispensable que les salariés avec la CGT s’expriment pour rétablir la vérité, arrêter la spirale infernale, austérité, chômage et porter nos propositions, seules alternatives à la réindustrialisation, à l’emploi et à la croissance.

Nos propositions reprennent les 5 axes que nous avions proposés lors des états généraux de l’industrie et que nous avons tenté de concrétiser à la Conférence Nationale de l’Industrie et dans les 12 Comités Stratégiques de Filières.

Force est de constater que le rapport qui sortira des travaux de la CNI ne font que reprendre les revendications patronales notamment celle du MEDEF. Si c’était le cas, alors la CNI n’aurait plus de raison d’être car elle se détournerait de ses principales missions : Un rapport annuel objectif sur l’état de l’industrie et les préconisations pour développer l’industrie et l’emploi industriel.

Nos propositions vont du financement de l’industrie à une meilleure évaluation des fonds publics, de nouveaux droits d’intervention sur les choix stratégiques d’entreprises pour les salariés.

Dans une période de crise comme celle que nous traversons, il est urgent de rompre avec les politiques qui nous y ont menés : baisse des salaires, attaques contre les services publics, la protection sociale, dérégulation et encouragement à la spéculation financière.

Standard & Poors dans son argumentation explique les dégradations des notes des pays de la zone euro, dont la France, par les dangers des mesures d’austérité prises en Europe. Alors que tout justifie une relance de la croissance par plus de salaire et de pouvoir d’achat, le pouvoir actuel prépare de nouvelles taxes et de nouvelles mesures d’austérité. Alors que tout justifie plus de sécurité pour les salariés, le patronat plaide pour un contrat emploi contre baisse des salaires, emploi contre temps de travail.

La CGT loin de nier la crise actuelle a fait des propositions concernant le chômage partiel, propositions rejetées par le patronat. L’irresponsabilité du MEDEF dans cette période est lourde de conséquences pour les millions de salariés, de chômeurs et leurs familles, pour des milliers d’entreprises également.

Alors que le MEDEF et le pouvoir portent largement la responsabilité des crises successives, ce sont les salariés, les chômeurs et les retraités qui sont appelés une fois de plus à payer l’addition sociale.

Dès le 18 janvier 2012, nous les appelons à s’inviter dans cette campagne par la mobilisation.

Le 18 janvier, c’est aussi le jour du sommet anticrise, social, etc. Les mesures annoncées et les pistes laissent entrevoir un sommet accélérateur de la crise.

Les mesures préconisées sont loin de répondre aux attentes des salariés de l’industrie et les autres. Les salariés qui vivent mal la stigmatisation dont ils sont l’objet en permanence, le mal au travail.

C’est pourquoi la CGT revendique que le travail soit au cœur des politiques publiques, que les investissements soient orientés vers l’amélioration des conditions de travail, et la reconnaissance de la pénibilité par la prévention et par les départs anticipés en retraite.

Le 31 janvier 2012 au Zénith de Paris, la CGT lancera sa campagne pour les retraites à 60 ans et la reconnaissance de la pénibilité.

 L’affaiblissement de l’industrie est l’un des facteurs clés de la dégradation de la note de la France estime l’organisation syndicale. Deux ans après la tenue des états généraux, la CGT fait cinq propositions et prépare un livre blanc.

C’est entouré de « capitaines » de fédérations de l’industrie CGT, tels Virginie Gensel (mines-énergie), Carlos Moreira (industries chimiques), Philippe Martinez (travailleurs de la métallurgie), que Bernard Thibault s’est présenté devant la presse, hier à Montreuil, au siège du syndicat. Il s’agissait de lancer « une nouvelle campagne pour l’emploi industriel et la réindustrialisation ». Il fut bien difficile de concentrer les échanges sur ces thèmes dans le contexte du sommet prévu à l’Élysée mercredi prochain sur fond de chantage aux droits sociaux pour cause de triple A perdu. « L’emploi industriel et sa dégradation font pourtant partie des causes de la dégradation de la note de la France et de l’état de crise », a relevé Virginie Gensel. « Il faut savoir que la France paye pour être notée », a même souligné le secrétaire national de la CGT, après que fut démontré, par Mohammed Oussedik, responsable confédéral des questions industrielles, que la France paye surtout les mesures politiques prises ces dernières années, « qui ont conduit à creuser les déficits, à l’explosion globale du chômage – à celui des seniors et des jeunes en particulier –, à l’appauvrissement des ménages et des territoires, à la déqualification de l’économie française ».

Avec encore 300 000 pertes d’emplois directs et induits enregistrées ces cinq dernières années, l’industrie ne représente plus en France que 11 % des emplois aujourd’hui, contre 30 % en 1960. « Un bilan catastrophique » et qui ne cesse de s’alourdir malgré les promesses faites par l’État et le gouvernement à la suite des états généraux de l’industrie, en février 2010.

 « Rupture » avec les prétentions patronales

Deux ans après, et devançant le prochain rapport de la Conférence nationale de l’industrie (CNI), mandatée par les ministres de l’Industrie et du Travail pour faire des propositions visant à « gagner de la compétitivité dans les entreprises », la CGT réactive cinq axes de propositions « en rupture » avec les revendications patronales et notamment celles du Medef, qui, elles, semblent être tout à fait entendues, écoutées et mises en œuvre. Parmi ces propositions : favoriser l’investissement, les emplois qualifiés, la formation, la recherche en lien avec les enjeux environnementaux ; créer un pôle public financier et un livret d’épargne industrie (en réorientant une partie des placements de l’assurance-vie dont le montant atteignait 1 600 milliards en 2010) ; évaluer les aides, les subventions publiques, les mesures fiscales dérogatoires appliquées aux entreprises et contractualiser ces mesures en y intégrant l’emploi, les salaires et en fléchant précisément ces mesures (exemple : le crédit impôt recherche doit être réellement affecté à la recherche et à son application en territoire) ; donner les moyens à la puissance publique de reprendre la main en matière de politique industrielle par les fonds publics qu’elle octroie et par les normes qu’elle édicte ; mettre en place un droit suspensif pour les CE sur les licenciements ; combattre la mise en concurrence des salariés (sous-traitants, donneurs d’ordres) à l’intérieur des filières industrielles ; mettre en place une Sécurité sociale professionnelle ; faire du CDI le seul contrat professionnel pour les salariés…

À l’appui de sa campagne, la CGT publiera, en février, un livre blanc élaboré à partir d’un diagnostic étayé de données régionales, nationales et internationales sur les causes du recul de l’industrie manufacturière. « Des initiatives auront lieu en région autour de ces questions » à partir de mars, a indiqué Bernard Thibault. Propositions et mobilisation ! Outre la journée interprofessionnelle d’action du 18 janvier et ses suites dans les entreprises, la CGT relancera sa campagne pour la retraite à 60 ans et la reconnaissance de la pénibilité au Zénith de Paris, le 31 janvier.

Marges en hausse, baisse des investissements

Les pertes d’emplois directs et induits 
dans l’industrie, évaluées à « 300 000 sur ces cinq dernières années » par la CGT, affectent tous les secteurs, y compris ceux de la recherche et du développement. Preuve que quand la production s’en va, tout s’en va. Y compris les clients ! L’industrie française, et en particulier l’automobile, se trouve aujourd’hui « particulièrement exposée face à la concurrence mondiale », parce qu’elle « n’a pas su investir et monter en gamme », accuse Mohammed Oussedik, responsable confédéral des questions de l’industrie. Pas su, pas voulu orienter les profits vers l’investissement. Car profits il y a : « Les taux de marge étaient de 23 % en 1980, ils ont atteint 31 % en 2010. » Mais, selon le syndicaliste « la part des investissements a diminué sur la même période, passant de 19 à 18,5 % ». Entrent dans l’investissement : la recherche-développement, mais aussi l’emploi et la formation qualifiante, 
ce qui engendre notamment une perte de savoir-faire réelle dans certains secteurs.

 
 
 

 


La politique peut-elle changer le travail ?

La politique peut-elle changer le travail ?

 

Pendant que François Hollande propose un « droit d’expression » pour les salariés, le Front de gauche défend des « droits suspensifs d’intervention » dans les entreprises.

Lors du colloque organisé, lundi, au Théâtre du Rond-Point, à Paris, Cécile Duflot, Marine Le Pen, Pierre Laurent et François Hollande ont été invités par Radio France à commenter son enquête choc sur le travail (lire l’Humanité d’hier). De quoi éclairer crûment les options en présence face à la gangrène du profit. Derrière une dénonciation de la « financiarisation », la candidate du FN tombe immédiatement dans la critique des 35 heures et d’une « société utopique où le travail serait aliénation » – au même endroit, Laurence Parisot parlera, elle, de « souffrance » à propos des 35 heures. Sur le fond, Marine Le Pen n’a pas grand-chose à dire ; elle préconise d’octroyer 10 % des actions des entreprises aux salariés et de mutualiser les offres de stages dans les écoles de commerce pour que ceux qui n’ont « pas de relations » ne soient pas pénalisés.

À gauche, Cécile Duflot (EELV) défend une réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires « sans passage par la loi » et, en matière de financement du syndicalisme, elle propose la mise en place d’un système de « chèque syndical » pour tous les salariés. Regrettant une « dégradation » de l’engagement des jeunes dans l’entreprise – « cette génération paraît moins motivée » –, François Hollande revendique un « droit d’expression » à travers un « questionnaire anonyme généralisé » sur les conditions de travail et le fonctionnement de la chaîne hiérarchique. Le candidat socialiste reprend une idée de Nicole Notat, qui dirige une agence de notation spécialisée en « responsabilité sociale » : « Créer une notation sociale des entreprises, ça permettrait de donner une bonne information aux actionnaires… » Au nom du Front de gauche, Pierre Laurent se place au niveau des enjeux de civilisation, désignant comme « ennemie » la « logique de compétitivité » : « C’est une exigence de transformation de toute la société qui s’exprime à travers le travail », avance le secrétaire national du PCF. Pour lui, il faut dépasser la « conception marchandisée du salariat » et repenser l’activité dans sa pleine acception, mais l’urgence pour le Front de gauche sera d’accorder des « droits suspensifs aux salariés afin de leur permettre d’intervenir efficacement dans les entreprises ».

Sur le travail, Défiance à l’égard des politiques

« Les politiques, quand ils parlent sans notes, c’est vers l’emploi qu’ils vont, jamais vers le travail », constate François Chérèque (CFDT). D’après l’enquête auprès des auditeurs de Radio France, la crise dans le travail se double d’une crise de confiance à l’égard de la politique et, dans une moindre mesure, du syndicalisme : plus de 80 % des enquêtés ne font pas confiance aux politiques pour « améliorer les conditions de travail », et ils sont moins de 40 % à penser que les syndicats peuvent « poser les bonnes questions sur le travail ».

 


La CGT sur le «Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire»

La CGT sur le «Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire» dans ARTICLES imagesLa CGT sur le «Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire»

Déclaration de la CES

Adoptée par le Comité de direction de la CES le 25 janvier 2012

Les 8 et 9 décembre 2011, le Conseil européen a décidé de s’engager dans un accord international visant à renforcer la discipline budgétaire. Les gouvernements ont estimé que le renforcement des obligations budgétaires ferait reprendre confiance aux marchés et sauverait l’euro. La décision a été suivie par des négociations intenses et semi-secrètes afin de parvenir à un accord pour la fin du mois de janvier 2012. Le processus de négociation a ignoré le contrôle démocratique qui devrait normalement caractériser toute réforme de l’Union, notamment en n’impliquant pas pleinement le Parlement européen. La CES déplore ce processus non démocratique et ses conséquences non démocratiques au niveau national.

Les dirigeants européens ont tort de croire qu’un nouveau traité restaurera la croissance et résoudra la crise de la dette souveraine sans le renforcement de la démocratie au niveau européen – avec notamment une participation totale des partenaires sociaux aux niveaux européen et national – ni sans nouveaux engagements spécifiques sur les euro-obligations et la taxe sur les transactions financières. Les nouvelles règles en matière de gouvernance économique ne devraient pas être dissimulées derrière des questions techniques par les dirigeants européens.

La CES s’oppose à ce nouveau traité. Bien que nous soyons en faveur de règles communes et d’une gouvernance économique, nous ne pouvons soutenir ces règles. Nous sommes convaincus que les propositions du traité affaibliront l’Europe au lieu de la renforcer. Le nouveau traité réduira le soutien de la population pour l’intégration européenne, ralentira la croissance et augmentera le taux de chômage.

1) Sans investissements durables pour la croissance, les mesures d’austérité ne résoudront pas la crise de l’euro et de l’emploi, elles ne rassureront pas non plus les marchés financiers.

2) Entériner dans les constitutions ou législations nationales un respect strict des règles de déficit public ne fera qu’aggraver la crise actuelle.

3) Pour revenir à des comptes publics équilibrés, il est nécessaire d’adopter une approche à long terme comprenant des politiques fiscales justes, une taxe sur les transactions financières, une lutte contre la fraude et l’évasion fiscales, une mise en commun partielle de la dette, une intervention adéquate de la Banque centrale européenne (BCE) et un contrôle rigoureux du secteur financier.

4) Le besoin de gouvernance économique est utilisé comme un moyen de restreindre les mécanismes et les résultats des négociations, d’attaquer les systèmes de relations sociales, et d’imposer une pression à la baisse sur les niveaux de salaires négociés par convention collective ; d’affaiblir la protection sociale et le droit de grève, et de privatiser les services publics. La CES résiste activement à ces attaques qui, les unes après les autres, risquent de démanteler un modèle social unique au monde. Les initiatives allemandes telles que l’Agenda 2010 et l’augmentation de l’âge de la retraite, qui se sont avérées mauvaises et dommageables au niveau social, ne devraient pas être imposées aux autres pays européens.

5) Afin de faire de l’intégration européenne une réussite, elle doit être un projet positif qui apporte un progrès social et des emplois plus nombreux et meilleurs. C’est pourquoi la CES réitère sa demande pour qu’un Protocole social soit intégré aux traités européens.

Le nouveau traité ne fait que stipuler la même chose : l’austérité et la discipline budgétaire. Il obligera les États membres à mener des politiques fiscales procycliques préjudiciables, qui donnent la priorité absolue aux règles économiques rigides à une époque où la plupart des économies sont toujours faibles et où le taux de chômage atteint des niveaux intolérablement élevés. Cela engendrera une pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail, un contrôle et des sanctions. Les gouvernements qui ne parviennent pas à se conformer au pacte budgétaire seront traduits devant la Cour de justice européenne, qui pourra imposer des sanctions.

Le nouveau traité ne répondra pas au problème clé de la zone euro : en dehors de la BCE, il n’existe aucune institution qui dispose de suffisamment de liquidités pour arrêter une obligation dirigée sur des membres individuels de la zone euro, avec une obligation qui déborde et contamine le reste de la zone. Contrairement aux banques, les gouvernements de la zone euro ne disposent pas de « prêteur de dernier ressort » pour mettre fin au comportement grégaire irrationnel, mais auto-réalisateur du secteur financier.

En outre, la mise en œuvre pratique de ce nouveau traité pose plusieurs problèmes. La façon dont le déficit « structurel » sera défini n’est pas claire. Il en va de même pour le taux d’intérêt et le taux de croissance potentiel qui seront utilisés pour calculer la viabilité budgétaire à moyen terme.

L’Europe a besoin d’une union économique différente avec une forte dimension sociale basée sur les principes suivants :

• Un mandat plus clair pour la BCE. L’objectif de la BCE devrait être de promouvoir la stabilité des prix, le plein emploi et la convergence des conditions financières des États membres. La BCE ne devrait pas seulement avoir la possibilité, mais aussi l’obligation d’agir comme un « prêteur et acheteur de dernier ressort » pour la dette souveraine.
• Une mise en commun partielle de la dette au travers des euro-obligations.
• Une clause de sauvegarde salariale qui impose le respect total de l’autonomie des partenaires sociaux pour négocier collectivement et éviter que le pacte social s’immisce dans le domaine des salaires, des systèmes de négociation collective, d’action et d’organisation collective. Les salaires ne représentent pas un frein à l’économie, mais en sont le moteur.
• Des dispositions pour protéger la croissance : l’exclusion des investissements publics qui soutiennent la croissance de la « règle d’équilibre budgétaire », la sauvegarde du secteur des recettes publiques en s’engageant pour lutter contre la concurrence, la fraude et l’évasion fiscales, un rôle structurel pour le dialogue social européen pour éviter une mise en œuvre aveugle des règles économiques rigides qui nuiraient à l’économie.
• Un Protocole de progrès social doit être joint aux traités européens pour garantir le respect des droits sociaux fondamentaux.



Chiffres du chômage : nouveau record en décembre

Le chômage a poursuivi sa hausse en décembre en France pour atteindre son plus haut niveau depuis septembre 1999, selon les chiffres publiés mercredi par le ministère du Travail et Pôle Emploi.

Le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A (ceux n’ayant exercé aucune activité) a augmenté de 29.700 (+1,0%) le mois dernier en France métropolitaine pour s’établir à 2.874.500. Sur un an, la hausse est de 5,6%.

En ajoutant les personnes exerçant une activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 0,6%, soit 25.900 personnes de plus, pour atteindre 4.270.700. Sur un an, la hausse est de 5,6%.

Avec les départements d’Outre-mer, le nombre de demandeurs d’emploi s’établit à 4.537.800, un chiffre sensible à trois mois de l’élection présidentielle. La hausse a été particulièrement vigoureuse pour les personnes âgées de plus de 50 ans et, dans une moindre mesure, pour les moins de 25 ans.

En catégorie A, le nombre de demandeurs âgés de moins de 25 ans a ainsi progressé de 1,3% (+2,8% sur un an) contre 0,7% pour les 25-49 ans (+3,2% sur un an) et 2,0% pour les plus de 50 ans (+16,0% sur un an). En catégories A, B et C, ce nombre a augmenté de 0,5% pour les moins de 25 ans (+2,5% sur un an), de 0,4% pour les 25-49 ans (+3,5% sur un an) et de 1,5% pour les 50 ans et plus (+15,5% sur un an). Le nombre des chômeurs de longue durée (inscrits depuis un an ou plus) augmente autant que celui des autres demandeurs d’emploi, soit +0,6% pour les catégories A, B et C (+6,2% sur un an) contre +0,6% (+5,2% sur un an).

En parallèle, le nombre des offres a baissé de 5,5% en métropole. L’Insee a annoncé le 1er décembre que le taux de chômage au sens du Bureau international du Travail (BIT) avait augmenté de 0,2 point au troisième trimestre à 9,3% en métropole (9,7% en incluant les départements d’outre-mer). Dans sa note de conjoncture publiée le 15 décembre, l’institut de la statistique estimait que le taux de chômage pourrait dépasser 10% sur la totalité du territoire d’ici juin 2012

En 2011, les demandeurs d’emplois sans activité sont 152.000 de plus qu’en 2010. Il faut en ajouter 225.200 de plus en comptant ceux qui ont exercé une activité réduite sur l’année.


Reconquête Retraite

Le meeting national organisé par la CGT au Zénith de Paris le 31 janvier sur le droit à la retraite à 60 ans et la reconnaissance de la pénibilité s’anonce comme un événement d’ampleur exceptionnelle. La CGT « va jouer à guichet fermé ». Les quelques 6000 places sont d’ores et déjà retenues et de nombreuses organisations de la CGT, dans les départements ou dans des entreprises ont prévu des retransmissions du meeting en direct ou en différé.

 

Reprères revendicatifs CGT : Droit à la retraite

La CGT propose : Le droit à une retraite pour tous les salariés, dès l’âge de 60 ans avec les moyens de vivre dignement.

Conquérir un haut niveau de droits à la retraite nécessite :

- un accroissement de la part des richesses créées par le travail, consacrées à leur financement ;
- de renouveler le contrat entre les générations, garantissant, dans le cadre de la répartition, le droit à une retraite pour tous les salariés dès 60 ans, avec un revenu de remplacement qui permette de vivre dignement ;
- un taux de remplacement au minimum de 75 %, et en aucun cas inférieur au SMIC, pour une carrière complète de travail, doit être assuré quel que soit le régime de retraite et reposer sur l’ensemble de la rémunération ;
- l’évolution de la pension doit être indexée sur le salaire moyen ;
- la décision du départ en retraite doit rester le choix individuel du salarié ;
- un droit à départ à taux plein anticipé en retraite pour les salariés ayant exercé des travaux pénibles et astreignants doit être reconnu dans tous les régimes ;
- le droit au départ à la retraite à taux plein, anticipé, pour les personnes en situation de handicap, doit être amélioré ;
- la garantie et la pérennisation du système solidaire de retraite fondé sur la répartition passent par le financement nécessaire à chaque régime.

Ce qui existe aujourd’hui

Jusqu’à la fin des années 80, la construction de notre système de retraite s’est faite progressivement avec des objectifs, porteur de valeurs : progrès, solidarité, démocratie et transformation sociale.

La retraite a permis progressivement d’assurer un niveau de vie moyen des retraités à parité avec celui des actifs. La pauvreté chez les retraités a pu ainsi être massivement réduite. Les dernières réformes risquent d’inverser cette évolution.

Des éléments de solidarité importants ont été introduits au fur et à mesure dans nos régimes de retraite avec l’objectif de réduction des inégalités (droits familiaux, périodes de maladie, de chômage…).

Notre système de retraite avec différents régimes regroupe un ensemble de droits couvrant l’ensemble du salariat.

Mais les mesures et réformes successives depuis la fin des années 80 ont programmé dans le temps une redoutable baisse du niveau des retraites à leur liquidation et tout au long de leur perception dont on constate de plus en plus les effets :
- désindexation des pensions de retraite par rapport aux salaires. L’effet négatif cumulé dans le temps est conséquent : perte de 20 % sur dix ans.

Ce mode d’indexation rompt la solidarité entre actifs et retraités, les pensions des retraités n’étant plus de fait réellement revalorisées ;
- révision de tous les paramètres de calcul du montant de la retraite. Cela a été d’abord appliqué dans le régime général avec le passage des dix meilleures années de salaire aux vingt-cinq meilleures et le passage de 37,5 annuités à 40 pour accéder au taux plein.

La réforme de 2003 a confirmé cette logique et a étendu le passage de 37,5 annuités à 40 pour les fonctionnaires en 2008 puis dans les autres régimes spéciaux.

En 2012, le nombre d’annuités sera porté à 41, soit 164 trimestres, pour l’ensemble des salariés du privé et es fonctionnaires, à 165 trimestres en 2013, à 166 en 2015 ; la réforme Fillon prévoit la poursuite de cet allongement au moins jusqu’en 2020.

Avec la baisse du montant des pensions la loi Fillon organise la réduction des éléments de solidarité de nos régimes et la promotion de systèmes de retraite par capitalisation.

L’application de ces réformes a creusé les inégalités ; les salariés précaires, notamment les femmes en sont particulièrement victimes. Elles valident deux fois moins souvent que les hommes une carrière complète et perçoivent en droits propres 42 % de moins que les hommes.

La loi de novembre 2010 va aggraver la situation, ajoutant à l’allongement de la durée exigée pour l’obtention du taux plein, le report de l’âge d’ouverture du droit à retraite ainsi que celui de la retraite sans décote qui passent respectivement à 62 et 67 ans.

De plus, la loi prévoit d’organiser, à partir du premier semestre 2013, une réflexion sur les objectifs et les caractéristiques d’une réforme systémique avec pour thèmes les régimes universels par points ou en comptes notionnels. Une telle réforme porterait le coup de grâce à tous les régimes de retraite solidaires fondés sur la répartition.

Parce qu’elle remet en cause les fondements de la loi du 23 mars 2006 qui prévoyait la suppression des écarts de rémunération entre femmes et hommes à dater du 31 décembre 2010, cette loi sera doublement pénalisante pour les femmes déjà lourdement affectées par l’allongement de la durée exigée pour le taux plein.

Les moyens pour y parvenir

La qualité de la vie en retraite dépend de la qualité de la vie au travail.

Le droit à la retraite doit être solidement articulé au droit au travail et au salaire ; il doit donc être en lien étroit avec la bataille revendicative sur la sécurité sociale professionnelle, l’emploi, les salaires et le bien être au travail.

Montant de la retraite
Revoir les paramètres de calcul

Les salaires à retenir et la base des droits :
- dans le régime général, le calcul de la pension doit se faire sur les dix meilleures années. Ce qui exclura une grande partie d’années de plus bas salaire, de précarité, chômage, maladie… ;
- dans la fonction publique : 75 % du dernier indice. Celui-ci doit être réévalué avec l’intégration des primes ayant caractère de complément salarial dans le traitement indiciaire ;
- pour l’ensemble des régimes :
- l’indexation des salaires retenus pour le droit à retraite doit se faire sur l’évolution des salaires,
- l’ensemble des rémunérations (toutes les primes, l’intéressement, la participation…) doit être soumis à cotisation et constituer des droits pour la retraite,
- les périodes d’arrêts de travail pour maternité, accident de travail et maladie professionnelle doivent être considérées comme périodes travaillées avec la prise en compte du salaire qui aurait dû être versé,
- pension de réversion à hauteur de 75 % de la ou des pensions du conjoint décédé sans condition d’âge,
- la revalorisation des pensions doit se faire sur la même base que l’évolution du salaire moyen. Cela permet d’assurer la solidarité intergénérationnelle en faisant profiter les retraités autant que les actifs, des gains de productivité. C’est aussi le seul moyen d’empêcher un décrochage du niveau de vie des retraités,
- les droits familiaux doivent être renforcés tant que subsisteront les inégalités entre les femmes et les hommes.

La durée de cotisation exigée pour percevoir le taux plein de pension doit tenir compte :
- de la réalité des durées d’activité profes-sionnelle (actuellement celle-ci se situe en moyenne autour de 36 ans) ;
- des périodes d’études après 18 ans, celles-ci doivent être validées par une cotisation forfaitaire (comme pour l’assurance maladie) ;
- des périodes de première recherche d’emploi, validation dès l’inscription à Pôle emploi. Ceci doit permettre à la grande majorité des salariés du public, comme du privé, d’obtenir une retraite à taux plein à 60 ans.

Àge de la retraite
L’âge de 60 ans doit bien demeurer le repère collectif associé au droit à la retraite.

Mais la date de départ en retraite doit rester le choix du salarié. Cela nécessite que soit assurée la garantie de l’emploi à tous les salariés (du public comme du privé).

Un véritable choix suppose également des revenus en activité comme en retraite corrects, et des conditions de travail décentes.

Les départs anticipés en retraite doivent être confortés ou reconnus dans chacun des régimes pour les salariés ayant été exposés aux conditions de travail pénibles, insalubres ou à risques, afin de tendre à l’égalité d’espérance de vie en retraite.

Financement de la retraite
Les repères revendicatifs sur le financement de la protection sociale (1) sont transversaux et concernent intégralement la retraite. Ils sont à décliner pour l’ensemble des régimes de retraite ; en même temps doivent être abordées les mesures qui permettront le mieux d’assurer la solidarité à l’intérieur de chaque génération au travail. La cotisation doit rester le fondement de notre système par répartition à la fois contributif et solidaire.

Maison commune des régimes de retraites

La Maison commune des régimes de retraites a pour objectif d’instaurer une véritable solidarité des régimes dans le but de promouvoir pour toutes et tous des droits de haut niveau.

La Maison commune devra être placée sous la responsabilité de représentants élus des actifs et retraités des régimes affiliés.

La compensation et les problématiques communes aux différents régimes, par exemple celles des polypensionnés, seraient de sa compétence.

 

 
 
 

COLLOQUE « LE FRONT NATIONAL DEMASQUE PAR L’HISTOIRE »

COLLOQUE « LE FRONT NATIONAL DEMASQUE PAR L’HISTOIRE »
Intervention de Bernard THIBAULT, Secrétaire général de la CGT
19 janvier 2012

Mesdames, Messieurs, Chers Amis, Chers Camarades,

Je voudrais tout d’abord vous remercier d’avoir répondu si nombreux et participé aussi activement, remercier l’ensemble des intervenants pour leurs exposés, c’est avec plaisir que nous relirons vos interventions, et féliciter l’Institut d’Histoire Sociale d’avoir organisé cette rencontre de haute qualité. Nous marquons un peu avant l’heure, ensemble, de bonne manière, l’anniversaire de l’Institut.

 

L’extrême droite française, actuellement représentée par le Front national et en quelque sorte incarnée par Marine Le Pen, constitue une mouvance politique délétère pour le monde du travail, et je reviendrais brièvement sur la démonstration que nous en avons faite. L’histoire comme science sociale est une dimension fondamentale de la culture et je redis que la critique historique est une ressource précieuse pour notre combat actuel. Cela est vrai aussi pour le sujet qui nous intéresse aujourd’hui.

Il est légitime de se demander pourquoila CGTestime nécessaire de faire ainsi le procès d’un courant d’opinion important susceptible de recueillir de nombreux suffrages.

Une remarque au passage s’agissant du supposé vote ouvrier estimé dans les enquêtes d’opinion et les commentaires qui les entourent. Depuis plusieurs semaines, s’installe l’affirmation d’ouvriers globalement acquis au vote FN. Ce n’est pas le cas. Les enquêtes d’opinion à ce stade disent surtout que, pour l’instant, la moitié des ouvriers n’est pas décidée à voter, ce qui n’est pas du tout la même chose.

Cette bataille idéologique s’illustre par cette affirmation ressassée selon laquelle le FN fédèrera naturellement, mécaniquement, le vote des mécontents ou oubliés.

 

Dans une déclaration de juillet 2001, réaffirmée par tous ses congrès, la CGTa clairement balisé ce que devait être son rapport à la politique et aux partis qui l’animent. Nous y indiquions que « Notre conviction de la nécessité d’une démarche indépendante vis-à-vis du patronat, des gouvernements, des institutions européennes et internationales, des partis, ne signifie pas pour autant notre indifférence au contexte politique. Il signifie encore moins notre désintérêt à l’égard de l’intervention des partis dans le débat démocratique, sur la forme et sur le fond ». Nous y précisions que « nous avons conscience que ce qui est communément appelé « la crise du politique » ne peut pas être sans conséquences sur la réflexion et l’action syndicales », et que par conséquent, « constater une certaine prise de distance entre les citoyens et la représentation politique ne veut pas dire s’en satisfaire, et encore moins prétendre combler un vide en sortant de notre rôle ».

Tous les ingrédients sont là pour justifier que le Front national fasse de notre part l’objet d’une analyse critique rigoureuse et d’une contre-offensive vigoureuse. Ce parti puise son influence dans la persistance de la « crise du politique » et l’accentuation de cette distance entre les citoyens et la représentation politique. Simultanément, en focalisant son programme sur de fausses explications de la crise, en agressant les syndicats qui défendent les revendications des salariés et des retraités (nous l’avons vécu entre autres en 2010 lorsque nous avons été qualifiés d’« émeutiers » lors des manifestations et grèves contre la réforme des retraites de Nicolas Sarkozy), le FN exonère les vrais responsables et éloigne celles et ceux qu’il séduit des solutions réelles.

Toutes les occasions doivent être saisies pour réaffirmer qu’il n’y a aucune place, ni dans notre point de vue, ni dans notre pratique, pour le racisme, la xénophobie, l’autoritarisme, la morgue ou l’étroitesse chauvine. Mais l’histoire nous montre aussi qu’au-delà de ces traits hideux de l’extrême droite, sa force d’attraction tient surtout à sa capacité à s’emparer des problèmes sociaux pour les instrumentaliser et les mettre au service de sa stratégie.

A chaque fois, l’extrême droite a surfé sur les peurs de couches sociales malmenées par les mutations sociales qu’imposaient les marchés et la concurrence. D’abord, les paysans avec Dorgères et ses « chemises vertes », les couches moyennes et les Croix de Feu dans la crise de 1929, les artisans et commerçants avec Poujade (et Jean Marie Le Pen qui, déjà, avait à l’époque été élu à l’Assemblée Nationale sous cette étiquette).

C’est bien l’absence de perspectives concrètes pour d’importantes couches de la population qui est à l’origine de cette instrumentalisation et non une conversion à priori pour l’idéologie fascisante, ce qui n’exclut pas qu’il y ait bel et bien des adeptes des thèses fascisantes au FN. L’extrême droite est parvenue ces dernières années à leurrer une partie de l’opinion avec un discours politique prenant notamment comme cible la mondialisation, l’immigration et l’insécurité. Nous devons en avoir conscience et militer en conséquence. Les effets délétères des campagnes de Sarkozy sur l’immigration, la sécurité, le droit d’asile et l’identité nationale ont renforcé les peurs collectives. Nous en mesurons aujourd’hui les dégâts. Le discours du FN est une imposture et donc un déni de démocratie mais il serait cependant illusoire de penser venir à bout du problème par des postures simplement moralisantes.

Comme l’a récemment analysé la CGT, la banalisation du Front national dans le paysage politique français et de ses émules au plan européen, est « portée par la conjonction d’enjeux lourds pour penser le présent et l’avenir, tels que l’absence d’alternatives et de réponses à la crise systémique et la globalisation économique qui isolent et enferment l’Europe ; l’impuissance à faire une place à la jeunesse dans un contexte de vieillissement démographique ; la crise du travail, des finances publiques qui privent les Etats des moyens pour assurer la justice sociale,

garantir l’égalité entre les individus par une Sécurité Sociale, des Services Publics, l’égal accès des droits de tous pour tous ».

Une part importante de la population salariée ou retraitée peine à maintenir la tête hors de l’eau ou a déjà perdu pied. Pour beaucoup d’autres, la peur du déclassement, du chômage et de la précarité, en même temps qu’elle représente le frein principal à l’investissement dans le changement de leur vie professionnelle, est devenu l’aliment permanent du potentiel de séduction de l’idéologie frontiste. Le vote FN est sans doute d’abord de la colère qui n’a pas trouvé à s’exprimer positivement. C’est le détournement d’une aspiration à voir la politique reprendre les commandes. Voilà pourquoi celle-ci constitue une menace directe contre l’efficacité de notre combat pour l’unité et la solidarité entre tous les salariés.

Le sentiment s’installe chez beaucoup de salariés qu’ils n’auraient plus d’avenir. Ceux qui sont particulièrement visés sont les plus jeunes, sortis du système scolaire sans diplômes et sans qualifications, les ouvriers, ceux qui vivent les situations les plus difficiles, les plus instables, les moins considérées socialement, nourrissant la désespérance, terreau favorable aux manipulations populistes.

Si le travail demeure bien la valeur de référence des couches populaires, le rapport du salarié au travail s’est lui profondément dégradé. Le statut social qu’il procurait s’est effondré.

Pour preuve, les travailleurs sont ramenés à la notion terrible de « ressources humaines » , voire pire de « capital humain ». Pensons aux millions de personnes qui ne peuvent accéder au travail. Pensons ensuite aux millions d’autres qui souffrent dans l’exercice quotidien de leur activité pour un salaire qui permet tout juste de survivre.

Il y a bien sûr des millions de salariés qui sont heureux de travailler mais qui se heurtent malgré tout chaque jour aux contraintes que fait peser la logique de la rentabilité, accrue par la financiarisation. Les notions de « sureffectifs » puis celle des fameux « licenciements boursiers » qui se sont imposées témoignent d’une approche du travail réduite à une variable d’ajustement.

Le statut du travail est aujourd’hui fort mal en point. C’est même une dimension majeure de la crise. Depuis au moins 25 ans, pour augmenter la rentabilité d’un capital en suraccumulation, les entreprises ont mis une pression sans précédent sur les besoins sociaux et les conditions de travail, elles ont dévalorisé les qualifications, développé la précarité.

La Sécuritésociale professionnelle est la base concrète sur laquelle le salarié pourra s’appuyer pour garantir sa place dans la production, dans la répartition des richesses et dans la société elle-même.

Nous avons besoin d’une convergence de réformes et d’actions qui donneront consistance à une nouvelle logique économique. Il s’agit de redonner sens au travail et à la production de richesses.

La réponse à la crise du système capitaliste n’est pas l’émergence d’un pouvoir autoritaire avec une cheftaine à sa tête. Comme nous l’enseigne l’histoire, c’est

illusoire et dangereux. L’alternative est l’ouverture d’un nouveau chantier démocratique qui permettra de reconstituer les solidarités en faisant reculer les contraintes imposées par les institutions financières aux citoyens et aux salariés.

La question de la démocratie dans la société et l’économie se pose d’une manière très différente d’il y a 40 ans. Mesurons les changements majeurs qui ont affecté la société : le retrait des politiques publiques au profit des logiques de la concurrence ; le poids devenu exorbitant des actionnaires qui a rompu l’équilibre antérieur entre salariés et gestionnaires ; l’évolution des structures de production qui ont intégré la firme classique dans des réseaux et un espace international non régulé. La recherche de la rentabilité s’est imposée comme logique quasi exclusive dans un champ économique élargi soumis à une concurrence sans garde-fous.

Comme nous l’avons entendu cet après-midi, le Front national s’est donné l’objectif de capter durablement la confiance d’une partie importante des salariés les plus modestes qui sont aussi les plus exposés au durcissement de l’exploitation du travail et les plus assujettis à la précarité de l’emploi. Pour y parvenir, il n’hésite pas à maquiller ou à transfigurer certains des registres idéologiques traditionnels de l’extrême droite française. Le passage d’une forme brute et brutale de racisme à une forme plus policée de protection ethnicisée de l’identité nationale en est un des aspects, le trait le plus saisissant étant sa récupération intégriste de la laïcité en vue de diaboliser les immigrés de culture islamique.

Je saisis cette occasion pour attirer l’attention sur le caractère ambigu du concept d’identité. Ambigu parce que, s’il peut être légitimement invoqué pour exiger d’être reconnu dans son existence et ses droits, il est le plus souvent utilisé et même instrumentalisé pour construire un mur entre soi et les autres. Je citerai volontiers ici deux écrivains antillais, Glissant et Chamoiseau : « Changer en échangeant revient à s’enrichir au haut sens du terme et non à se perdre. Il en est ainsi pour un individu comme pour une nation » ; « Aucune culture, aucune civilisation n’atteint à la plénitude sans relation aux autres ».

Je raisonnerais de même en ce qui concerne l’identité dela CGT. Celle-cine résulte pas de l’attachement à un corpus transmis de génération à génération par un rituel d’initiation : c’est une culture vivante qui se régénère dans le terreau de la réflexion, dans le feu de l’action et dans la confrontation des points de vue et des expériences.

La CGTse réclame de l’internationalisme, de la solidarité entre travailleurs de toutes origines, d’une vision du monde structurée par le clivage de classe et non par celui des frontières nationales. Nous pouvons être fiers d’être le syndicat qui a porté à sa direction Henri Krasucki, métallo né en Pologne, déporté par les nazis et les collaborationnistes de l’extrême droite française pour actes de résistance dans son pays d’accueil. Nous pouvons être fiers d’être le syndicat qui a compté parmi ses membres Missak Manouchian, métallo arménien né en Turquie, mort avec ses camarades immigrés de l’Affiche rouge pour libérerla Francede l’oppression nazie. Nous pouvons être fiers et nous revendiquons d’être un syndicat qui a toujours organisé les travailleurs migrants, qui a toujours compté dans ses rangs des salariés venus de tous les continents.

La CGTest le syndicat de tous les salariés et c’est pour cela qu’elle défend les intérêts des travailleurs sans-papiers. Le refus de régulariser les travailleurs sans-papiers, leur maintien dans une zone de non droit, est un facteur d’abaissement des salaires et garanties collectives de tous les salariés. L’existence d’un nombre important de travailleurs sans-papiers est avant tout une arme aux mains des patrons pour faire fructifier leur taux de profit. La réponse n’est pas leur expulsion mais la reconnaissance de leurs droits. Le principe de la préférence nationale, la stigmatisation systématique des immigrés sont un puissant outil de division des salariés et donc d’affaiblissement du rapport de force indispensable face au patronat, notamment dans un pays encore marqué par son histoire coloniale. Ils ont pour objet de dresser les salariés les uns contre les autres, et de réduire leurs capacités de rassemblement et d’intervention pour peser sur les choix économiques et sociaux. Ils visent à cibler une partie de la population pour détourner l’attention de la véritable question, à savoir l’inégale répartition des richesses produites par le travail.

Il n’est donc pas envisageable, qu’au nom de la liberté d’opinion dansla CGT, celle-ci puisse être représentée, à quelque niveau que ce soit, par des militants revendiquant publiquement leur adhésion au concept de « préférence nationale ».

J’en profite à ce propos pour vous informer qu’après avoir affirmé vouloir faire condamnerla CGTen justice pour discrimination politique en Moselle, le FN ne cesse de faire durer la procédure, pronostiquant sans doute l’échec de sa démarche.

Si nous n’avons nulle intention de stigmatiser des salariés séduits par le discours du FN, nous avons la ferme volonté de discuter avec eux de la vraie nature de ce parti et de ses objectifs, et de les convaincre de la nocivité de ses projets. Nous ne pourrons le faire que si nous réussissons aussi le redéploiement dela CGTvers les salariés précaires et les victimes de discrimination pour combattre plus efficacement des politiques qui plombent le mouvement revendicatif et bafouent nos droits sociaux.

Nous réussirons d’autant mieux si nous progressons dans notre capacité d’organiser des luttes collectives et solidaires entre travailleurs à une échelle interprofessionnelle. C’est une réponse à l’opposé d’un syndicalisme corporatiste dans sa version frontiste.

L’éclairage historique, ou mieux encore l’élucidation historique de la continuité et du transformisme de l’extrême droite française, est bien de nature à mettre en évidence qu’ils sont ancrés profondément dans le terreau du nationalisme. Celui-ci asphyxie l’inspiration et le potentiel libérateurs d’une nation dès lors qu’il se cramponne à une vision fixiste des civilisations et des mœurs démentie par l’histoire ancienne comme par l’histoire immédiate, se refuse à reconnaître la coexistence de courants de civilisation différenciés mais aptes aux métissages. Il veut ignorer l’interpénétration des échanges et des politiques en Europe et le besoin de solidarités de luttes en Europe et à travers le monde.

L’Europe est entrée dans une profonde crise institutionnelle et politique. Il ne s’agit pas de se replier chacun chez soi comme le propose le FN mais de combattre pour que l’Europe soit un espace de progrès social pour tous.

Nous récusons le pacte de compétitivité dit « Euro+ » qui met en concurrence les travailleurs européens et a pour premier objectif de garantir les créances des banques. Ce pacte imposé aux peuples engage sur la voie de l’austérité à partir de procédures anti-démocratiques.

L’Europe ne peut être un consortium de gouvernements ignorant les exigences démocratiques. Elle doit écouter les citoyens. L’Union doit devenir un moyen pour maîtriser les flux financiers et réorienter la mondialisation. Elle doit reconnaître le principe de salaires minima, la sécurité de l’emploi, l’amélioration des conditions de travail, l’existence des services publics.

Nous ne sommes pas les seuls syndicats confrontés à l’influence de l’extrême droite : Italie, Belgique, Hongrie, Pays-Bas et tant d’autres, l’expérience montre qu’il ne faut pas faire le dos rond mais affronter les situations, savoir démasquer la démagogie, voire les usurpations d’identité dans le discours.

 

Marine Le Pen a qualifié la « TVA sociale » de Nicolas Sarkozy de « TVA patronale », c’était le titre d’une brochure économique dela CGTen mai 2007. Il y a au FN des militants qui passent du temps à s’inspirer des messages syndicaux pour rendre l’extrême droite présentable. Pouvoir d’achat, restructurations, délocalisations, dégradation de l’emploi, retraites, services publics, tous ces problèmes perdurent. Ils exigent à tous les niveaux une vigilance de tous les instants, une défense pied à pied dans le cadre des solidarités professionnelles et territoriales, une mobilisation syndicale organisée, orientée vers des mesures immédiates s’inscrivant dans une vision d’avenir et une vision solidaire.

Le syndicalisme ne doit pas se tenir à l’écart des débats qui d’ores et déjà participent aux futures échéances électorales.

La CGTavait déjà dit lors du conflit des retraites en 2010 que l’exécutif aurait à payer le prix de son autoritarisme et du refus de prendre en compte l’avis ultra majoritaire des salariés. Les questionnements actuels sur le contenu de la prochaine présidentielle attestent que beaucoup des démarches politiques telles qu’elles sont pour l’instant exposées sont loin de répondre aux défis de l’heure. Les questions sociales, notamment celle du travail, les problèmes du financement, de l’impôt, du crédit sont incontournables, et il y en a bien d’autres.

Si l’on veut contrer l’influence du FN, à notre place d’organisation syndicale, il faut mettre la question du travail au centre de notre réflexion, valoriser notre bataille pour un nouveau statut du travail dont la sécurité sociale professionnelle.

Il faut développer nos capacités d’action collective dans le contexte d’aujourd’hui.

Le recul du niveau de vie, l’austérité sans fin, la déconstruction des systèmes sociaux sont présentés comme les seules perspectives crédibles, suscitant un peu partout réactions, révoltes, résistance. Nous entrons dans une nouvelle période. Les enjeux sociaux et les enjeux démocratiques sont de plus en plus fortement imbriqués. On avancera ou on reculera sur les deux terrains. Le choix est entre recul social et autoritarisme d’un côté ou progrès et démocratie de l’autre.

Si le syndicalisme apparaît comme le « dernier rempart » face aux mises en causes, aux reculs sociaux, il apparaît aussi comme l’une des principales forces pour faire barrage aux mises en cause de la démocratie.La CGTa  toujours tenu sa place sur ce terrain. Elle ne se dérobera pas.

Je ne doute pas que nous avons trouvé aujourd’hui, les uns et les autres, beaucoup de matière pour nos activités respectives, et ce grâce à l’Institut d’Histoire sociale.


Mélenchon et Thibault prêts à lutter contre le « sommet anti-social »

Le sommet social de mercredi convoqué par Nicolas Sarkozy ne passera pas comme une lettre à la poste. Invité ce mardi au siège de campagne du Front de gauche, Bernard Thibault est tombé d’accord avec ses hôtes Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent pour prôner d’autres solutions à la crise que les remèdes d’austérité libérale que s’apprête à asséner le chef de l’Etat à l’issue de son sommet « anti-social » de mercredi

Le candidat du Front de gauche s’est dit « très ému et honoré » que la CGT « ait eu l’élégance de venir à notre siège de campagne », soulignant que cette rencontre avait pour intention de « démonter la comédie qu’a préparée le chef de l’Etat avec son soi-disant sommet social » qui va « tourner en eau de boudin ». Conclusion: ce sera « encore plus d’austérité », a-t-il dit, qualifiant Nicolas Sarkozy d’ »homme aux abois qui gesticule comme quelqu’un en train de se noyer ».

A ses côtés, Bernard Thibault a salué « l’honnêteté intellectuelle de Jean-Luc ». Il a rappelé « l’aspiration très répandue dans nos rangs à un changement de président de la République et à un changement de comportement des élus politiques à l’égard du fait syndical » au regard de la manière dont s’est préparé ce sommet qui s’annonce « anti-social ».

Thibault: « Mercredi, j’y vais à l’offensive »

Mais, mercredi à l’Elysée, « j’y vais à l’offensive », a assuré le responsable cégétiste, déplorant que le président « ne retienne que les revendications patronales ». « Ils ont justifié des plans de rigueur au motif de vouloir conserver les 3 A » et maintenant que la note a été dégradée, ils vont « nous expliquer qu’il va falloir » continuer, a-t-il dit, appelant à manifester mercredi. Le leader de la CGT a dénoncé l’ »attitude schizophrène du gouvernement » face au triple A, jugeant que « la conclusion est la même à chaque fois, plus d’austérité pour les salariés ». « S’il y a des économies à faire, je suggèrerai peut-être demain d’arrêter les subventions de l’Etat aux agences de notation! ».

D’accord pour le SMIC à 1700 euros

Le candidat à la présidentielle a noté plusieurs « convergences » avec le secrétaire général de la CGT, notamment sur le « danger » de « renversement de la hiérarchie des normes, qui mettrait non pas la loi ni la convention collective au-dessus de tout, mais l’accord individuel ou d’entreprise »: « Ce serait un renversement inouï dans lequel les salariés seraient broyés ».

Nous avons aussi une « perception commune du danger de récession que comporte la politique du gouvernement » qui se refuse à augmenter les salaires, nécessaire à la « relance de l’activité », a souligné M. Mélenchon, se félicitant d’avoir dans son programme des mesures « empruntées » à la CGT, comme le « salaire minimum à 1.700 euros ». Enfin, comme une pique à François Hollande, il a dit leur « accord absolu » sur le « retour de plein droit à la retraite à 60 ans ».


Sommet sur l’emploi le 18 janvier 2012

La CGT propose une
mobilisation interprofessionnelle

Le Président de la République convoque le 18 janvier un sommet social sur l’emploi. Sans doute conscient des effets très négatifs des chiffres du chômage et de la précarité sur le comportement des électeurs, Nicolas Sarkozy redécouvre subitement les vertus du « dialogue social ».

Quelques semaines après avoir conclu avec Angela Merkel un accord européen accentuant l’austérité et la régression sociale pour tous les salariés en Europe, il est fort probable qu’une nouvelle offensive contre les droits sociaux soit à l’ordre du jour.
Les organisations patronales s’organisent en conséquence. Loin de tirer les vrais enseignements sur les origines de la crise, elles ambitionnent d’en tirer parti pour obtenir la remise en cause des principes fondamentaux du droit social. Ainsi gouvernement et patronat s’entendent pour viser :
- les bases du financement de la Sécurité sociale ;
- davantage de flexibilité dans les horaires de travail ;
- des mesures fiscales et financières pour alléger le « coût du travail » (suppression des prestations familiales, du versement transport à la charge des entreprises et exonérations des cotisations sur salaires jusqu’à 3 fois le Smic) ;
- une hausse de la CSG, de la TVA ;
- assouplissement de certaines règles en matière d’hygiène et de sécurité ;
- la baisse des salaires, en proposant des accords « maintien d’emploi si baisse de salaire ».

Pour la CGT ce serait donnant/perdant pour les salariés.

La CGT considère indispensable de poursuivre l’information et la mobilisation des salariés pour la satisfaction de leurs revendications, notamment sur les salaires et l’emploi.

Elle appelle l’ensemble des organisations de la CGT, ses militants, à prendre des initiatives et des dispositions pour faire du 18 janvier prochain, jour du sommet à l’Elysée, une journée de mobilisation interprofessionnelle.

Face au chantage sur les droits sociaux, la CGT réaffirme ses dix exigences pour une autre répartition des richesses créées :

1. Revaloriser les salaires, les pensions et les minima sociaux, faire respecter l’égalité salariale femmes/hommes.
2. Contrôler les aides publiques aux entreprises.
3. Contraindre les entreprises à des alternatives aux licenciements.
4. Supprimer des exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires.
5. Stopper les suppressions d’emplois.
6. Développer les politiques publiques et les moyens des services publics.
7. Réformer la fiscalité en profondeur.
8. Créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédits à taux réduits.
9. Taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux.
10. Mettre en place un fond européen de solidarité sociale et de développement économique.

 

 

 
 
 

Sommet sur l’emploi le 18 janvier 2012

La CGT propose une
mobilisation interprofessionnelle

Le Président de la République convoque le 18 janvier un sommet social sur l’emploi. Sans doute conscient des effets très négatifs des chiffres du chômage et de la précarité sur le comportement des électeurs, Nicolas Sarkozy redécouvre subitement les vertus du « dialogue social ».

Quelques semaines après avoir conclu avec Angela Merkel un accord européen accentuant l’austérité et la régression sociale pour tous les salariés en Europe, il est fort probable qu’une nouvelle offensive contre les droits sociaux soit à l’ordre du jour.
Les organisations patronales s’organisent en conséquence. Loin de tirer les vrais enseignements sur les origines de la crise, elles ambitionnent d’en tirer parti pour obtenir la remise en cause des principes fondamentaux du droit social. Ainsi gouvernement et patronat s’entendent pour viser :
- les bases du financement de la Sécurité sociale ;
- davantage de flexibilité dans les horaires de travail ;
- des mesures fiscales et financières pour alléger le « coût du travail » (suppression des prestations familiales, du versement transport à la charge des entreprises et exonérations des cotisations sur salaires jusqu’à 3 fois le Smic) ;
- une hausse de la CSG, de la TVA ;
- assouplissement de certaines règles en matière d’hygiène et de sécurité ;
- la baisse des salaires, en proposant des accords « maintien d’emploi si baisse de salaire ».

Pour la CGT ce serait donnant/perdant pour les salariés.

La CGT considère indispensable de poursuivre l’information et la mobilisation des salariés pour la satisfaction de leurs revendications, notamment sur les salaires et l’emploi.

Elle appelle l’ensemble des organisations de la CGT, ses militants, à prendre des initiatives et des dispositions pour faire du 18 janvier prochain, jour du sommet à l’Elysée, une journée de mobilisation interprofessionnelle.

Face au chantage sur les droits sociaux, la CGT réaffirme ses dix exigences pour une autre répartition des richesses créées :

1. Revaloriser les salaires, les pensions et les minima sociaux, faire respecter l’égalité salariale femmes/hommes.
2. Contrôler les aides publiques aux entreprises.
3. Contraindre les entreprises à des alternatives aux licenciements.
4. Supprimer des exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires.
5. Stopper les suppressions d’emplois.
6. Développer les politiques publiques et les moyens des services publics.
7. Réformer la fiscalité en profondeur.
8. Créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédits à taux réduits.
9. Taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux.
10. Mettre en place un fond européen de solidarité sociale et de développement économique.

 

 
 
 

 


Chômage : «courage fuyons!» est le maître mot du gouvernement

En novembre, 51 800 personnes supplémentaires se sont inscrites à Pôle emploi, portant le nombre total des privés et demandeurs d’emploi à 4244 800, soit une hausse de 5,6% sur un an. C’est le niveau le plus élevé depuis douze ans.

N’est-ce pas pourtant le ministre du travail qui avait promis  de faire passer ce taux sous la barre des 9% à la fin 2011 en prenant appui sur le « grand emprunt » de Nicolas Sarkozy ?

Alors que les experts s’attendent à un résultat « catastrophique » pour

2012 avec un taux de chômage qui pourrait être compris entre 10,4% et 10,7%, le gouvernement s’empresse de mettre son échec sur le compte du « ralentissement de la croissance ».

« Courage fuyons » est bien le maître mot de ce gouvernement.

Pour la préservation du « AAA » l’Élysée et Matignon multiplient les plans d’austérité qui, faisant reculer la demande et la croissance jusqu’à la récession, enveniment le chômage, creusent les déficits et les dettes publics avec un gâchis monstrueux de l’argent des contribuables.

En plus de sa visée évidemment électoraliste, le sommet social du 18 janvier prochain voulu par le chef de l’État aura pour but de redoubler dans les allègements de cotisations sociales patronales et d’engager une baisse des salaires nets. Au nom de la sauvegarde de leur emploi et sous pretexte de compétitivité, les travailleurs seront soumis au chantage pour consentir des sacrifices de  rémunération.

Plutôt que de s’attaquer au coût du travail, le gouvernement ferait mieux de combattre les 318 milliards d’euros versés par les sociétés non financières en intérêt aux banques et en dividendes aux actionnaires en 2010.

Moduler l’impôt sur les sociétés et le taux des cotisations sociales afin d’inciter les entreprises à développer la valeur ajoutée, les formations, les salaires et l’emploi, en pénalisant les entreprises qui délocalisent, développent leurs placements financiers, ou se servent des nouvelles technologies pour supprimer des emplois et dégrader les conditions de travail. De nouveaux pouvoirs de contrôle et de décision doivent être donnés aux CE et aux délégués du personnel.

Il faut créer les conditions pour imposer aux banques le financement, à des taux d’intérêt faibles de projets porteurs d’un renforcement de l’emploi, de la qualification et du potentiel de création de valeur ajoutée dans les territoires.

Cela peut se faire au niveau local, avec des Fonds publics régionaux et au niveau national, avec un pôle financier public, et européen, qui permettrait une réorientation de la politique monétaire de la BCE maitrisable par les parlements européen et nationaux .


Oui, produire français

Oui, produire français dans ARTICLES humanite2010logoOui, produire français

Produire français, ce n’est pas se positionner, à coups de bas salaires et de dérégulation, sur des marchés éphémères à haut taux de profit.

Le « produire français » de Nicolas Sarkozy visitant les skis Rossignol, au sujet desquels on évitera 
tout jeu de mots facile sur le chant 
des oiseaux, serait, selon l’expression 
de Claire Chazal sur TF1 le soir même, «repris par d’autres candidats». Singulier maniement des temps 
qui amène le téléspectateur à penser que ceux qui ont évoqué le sujet avant le chef de l’État ne font que reprendre son propos. On pourrait du reste rappeler 
à ce sujet que «Produisons français» fut, dès le début 
des années quatre-vingt, un axe majeur des propositions du PCF, objet pour cette raison de procès à répétition 
en chauvinisme, xénophobie, obsessions patriotardes 
et condamné définitivement en tant qu’analphabète 
de la mondialisation. À cette même époque, du reste, 
des entreprises comme Rossignol et bien d’autres 
étaient vantées pour leur présence sur le marché mondial, leur capacité d’adaptation et la pertinence de leurs délocalisations.

À en rester aux propos du chef de l’État, 
il est vrai qu’il s’agit bien de produire français avant d’acheter français – comme le claironne le FN 
en en faisant une des facettes de «la préférence nationale». Pour acheter, il faut produire, et il ne s’agit pas là de repli ou de protectionnisme mais de la nécessité 
pour le pays de restaurer une vraie capacité industrielle, terriblement compromise. Là encore, les discours n’ont pas manqué qui exaltaient le tertiaire et les services comme les nouveaux secteurs porteurs, 
et particulièrement 
en termes de croissance financière et de niches de profit. Il est vrai aussi que Nicolas Sarkozy, lorsqu’il n’était que ministre 
des Finances, fut l’auteur de quelques beaux discours sur la production nationale, à l’intention des salariés d’Alstom, d’entreprises comme Facom, qui, depuis, 
a délocalisé, de Sediver, qui a été liquidée. C’est que 
les discours sont une chose, mais que les chiffres sont têtus. L’industrie ne représente plus en France 
que 13 % de la création de richesses contre     18 % 
au début de la décennie. En trente ans, la France 
est passée de 5,3 millions d’emplois industriels 
à 3,4 millions. L’an dernier, alors que Nicolas Sarkozy 
est au pouvoir depuis 2007, 72 000 emplois ont encore été supprimés.

En réalité, il n’est que de lire par exemple 
le Figaro d’hier pour percevoir les limites des propos 
du chef de l’État, pour ne pas dire la démagogie. Ainsi, écrit son éditorialiste, il revient aux politiques « de créer un environnement propice à la création d’emplois» et, 
de ce point de vue, «nous sommes encore loin du compte. Entre le poids excessif des charges sociales, la rigidité dissuasive de la législation du travail et une instabilité fiscale chronique, beaucoup reste à faire pour la promotion 
du made in France ». En d’autres termes, pour le journal de la droite il faut toujours aller plus loin dans le sens 
des politiques qui ont failli. Mais produire français, 
ce n’est pas se positionner, à coups de bas salaires 
et de dérégulation, sur des marchés éphémères à haut taux de profit et âprement disputés. C’est reconstituer 
un véritable appareil productif, un maillage de PME 
et de grandes entreprises en coopération, c’est une politique sélective du crédit allant à la création d’emplois, une politique ambitieuse de recherche fondamentale 
et appliquée ayant d’autres objectifs que le profit à court terme, c’est une politique de formation et de qualification et donc de hausse de salaires. Bref. Le contraire 
de la politique d’austérité de Nicolas Sarkozy.


La France n’est pas au bord de la faillite

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Les pistes du Conseil économique, social et environnemental pour restaurer la confiance.

Dégager l’économie de l’emprise des marchés financiers et « replacer la confiance au cœur du pacte républicain » est devenu une constante des rapports et des avis portés par le Conseil économique, social et environnemental. L’assemblée examine aujourd’hui en séance plénière son rapport annuel sur « l’État de la France ». En près de 200 pages, le Cese prend le contre-pied de la morosité ambiante, soutient que la France possède de nombreux atouts et se propose d’évoquer quelques « futurs souhaitables ». Partant du principe que la crise économique qui sévit depuis 2008 est « globale et systémique », qu’elle se double d’une « crise écologique », le Cese en appelle moins à colmater les brèches qu’à repenser un modèle de développement et de régulation. « Comme toute crise, ce contexte ouvre des opportunités », suggère l’avis.

Le rapport prend le contre-pied du scénario catastrophe que nous impose le gouvernement sur la dette publique. Comparées à l’ensemble du patrimoine de la France et des Français, estimé à 20 000 milliards d’euros, les dettes pèsent pour 4 000 milliards. La seule question qui vaille est donc de s’interroger « sur la répartition de ces moyens et sur leur utilisation pour préparer l’avenir », estime le Cese. « Il n’est plus possible de proposer un projet collectif pour la France sans donner l’assurance concrète que le fardeau sera supporté équitablement », suggère André-Jean Guérin, rapporteur du projet d’avis. Des services publics, une démographie dynamique, un territoire diversifié, un réseau d’infrastructures développé, des entreprises performantes, une activité culturelle reconnue ou encore « une longue tradition d’accueil de populations immigrées » sont autant d’atouts sur lesquels s’appuyer pour « rééquilibrer nos finances publiques sans sacrifier l’essentiel de l’action de l’État ».


Des milliers de manifestants dans la rue contre la super austérité

aaaaaaaa.bmpDes milliers de manifestants dans la rue contre la super austérité

 

Plusieurs milliers de manifestants CGT, FSU, CFDT, Unsa et Solidaires ont quitté la place Saint-Augustin (siège de l’agence Moody’s) à Paris en direction du pont de la Concorde où ils devaient rejoindre le rassemblement intersyndical contre l’austérité.

« Non à l’austérité: une seule règle d’or, augmenter les salaires et développer l’emploi », affirmait la banderole en tête du cortège, auquel participait le candidat Front de gauche à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon. Nadine Prigent, secrétaire confédéral CGT, a estimé devant la presse qu’il existait « un climat revendicatif qui peut-être ne se voit pas, mais existe ». Sans faire de bilan de la journée d’action organisée dans tout le pays contre le plan d’austérité du gouvernement, elle a assuré qu’ »il y avait beaucoup de luttes locales sur les salaires et les suppressions d’emploi ». « Que les entreprises aillent bien ou pas, on continue les plans de suppressions d’emplois. La crise est un alibi », a-t-elle dénoncé.

Les principales déclarations des leaders syndicaux

  • Bernard Thibault (CGT): « Lundi 19 décembre, on fait le point sur la situation. Nous allons proposer que le prochain sommet convoqué par le président de la République soit une opportunité pour de nouveau organiser des mobilisations. Trop c’est trop, en France comme dans les autres pays européens. La mobilisation pourrait être plus importante, nous sommes les premiers à le reconnaître, mais je pense que nous sommes aussi dans une séquence où les salariés sont fatigués de protester et de ne pas être entendus. Beaucoup s’en remettent aux bulletins de vote au mois de mai. Ce n’est pas en abandonnant nos droits sociaux qu’on va trouver une solution à la crise. »
  • François Chérèque (CFDT): « Notre rôle d’organisation syndicale est d’être présent pour dire au gouvernement qu’il doit trouver d’autres moyens pour gérer les dépenses publiques. Les cinq organisations syndicales ont fait des propositions communes: il faut supprimer les allègements de fiscalité sur les heures supplémentaires, le bouclier fiscal, la niche Coppé. Il faut créer une nouvelle tranche d’impôts, il faut utiliser ces moyens pour soutenir les salariés et développer le chômage partiel et les contrats aidés ».
  • Bernadette Groison (FSU): On est là pour dire les plans d’austérité, ça suffit; ce ne peut pas être que les salariés qui paient les efforts à faire face à la crise. Les solutions portent sur la nécessité de trouver de nouvelles recettes: il faut oser parler fiscalité, il faut oser parler de l’impôt ».
  • Jean Grosset (Unsa): « L’essentiel était de faire une journée de diffusion d’information auprès de milliers de salariés, d’indiquer notre désaccord et de rester mobilisés ». Il a souhaité que l’intersyndicale définisse « des revendications communes » en vue du sommet social sur l’emploi voulu par le président Nicolas Sarkozy.


Attaques contre les comités d’entreprise

Quand on veut tuer son chien… »

Les CE sont régulièrement l’objet de campagnes mettant en cause leur gestion et discréditant leurs élus. Pourtant, ils doivent répondre, avec toujours moins de moyens, aux attentes et aux besoins d’un monde du travail dont le visage a changé. Ce climat de suspicion généralisée envers les CE est injuste et injustifié.

Un article de Michel Scheidt publié dans la Nouvelle Vie Ouvrière Hors Série spéciale sur les 65 ans des comités d’entreprise

Plusieurs grands comités d’entreprise du secteur public et du secteur privé, notamment ceux gérés par des élus CGT, sont régulièrement la cible de campagnes mettant en cause leur gestion. Leurs besoins de financement, leurs choix, leurs interventions dans le débat public comme dans l’énergie et le transport ferroviaire, tout est prétexte à dénigrement des élus sur le thème de la malhonnêteté et de l’incompétence. Les contrôles légitimes auxquels ils sont soumis sont utilisés pour tenter de les discréditer. Les attaques récurrentes sur leur gestion et leur probité sont maintenant prétextes pour réformer en profondeur ces institutions créées il y a 65 ans par le Conseil national de la Résistance (CNR). La ficelle est un peu grosse. Comme dit l’adage, « quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage » ! D’où ce climat de suspicion généralisée. Au lieu de hurler avec la meute, mieux vaut, nous semble-t-il, valoriser un bilan dont ses artisans peuvent être fiers et regarder les raisons objectives des difficultés de bon nombre de CE et avancer des propositions constructives qui ne dénaturent pas la raison d’être de ces institutions plébiscitées par près 11 millions de salariés (un actif sur deux) auxquels s’ajoutent leurs familles.

Personne ne peut nier l’impact sur les CE d’un contexte économique plombé par une stratégie d’entreprise dont le seul cap est celui de la rentabilité et de la baisse des coûts. Une logique de la terre brûlée qui, à proportion des suppressions d’emplois, laisse exsangues leurs budgets.

Que ce soit pour leur fonctionnement (base légale de 0,2 % de la masse salariale) ou pour la gestion des activités sociales et culturelles (ASC).

Être élu aujourd’hui dans un CE, c’est un peu se retrouver dans la situation d’un VRP multicartes ou d’un robot ménager multifonctions… Il faut être à la fois, gestionnaire, juriste, économiste, expert comptable, assistante sociale, chef du personnel, GO de vacances, père Noël… et aussi, et surtout, syndicaliste avisé !

Des budgets plombés

Tous les élus le disent. Ils doivent déployer des trésors d’ingéniosité et un investissement de chaque instant pour faire face à la multiplicité et à la diversité de leurs missions. Il est injuste et vain de jeter l’opprobre sur les 32 000 CE et leurs dizaines de milliers d’élus (on compte en moyenne cinq élus titulaires et autant de suppléants par CE). Des élus qui font ce qu’ils peuvent avec les moyens dont ils disposent (chaque CE aurait un budget moyen annuel de 150 euros par salarié, soit 10 euros par mois…) pour répondre aux attentes et aux besoins des salariés qui subissent de plein fouet les conséquences de la crise et qui sollicitent davantage, non seulement les activités culturelles mais aussi les actions sociales des CE (logement, prêts, bons d’achats…).

Les situations sont forcément différentes selon la taille de l’entreprise, le niveau des salaires, la présence ou non d’un ou de syndicats, ou les choix des élus… Mais globalement, la tendance lourde est la même : ce qui contraint les budgets des CE, gros ou plus petits, c’est d’abord la réduction et/ou l’insuffisance des moyens dont ils disposent pour assurer leurs missions. Mais ce sont aussi les comportements et les velléités patronales visant à affaiblir le rôle et les prérogatives des institutions représentatives du personnel. Notamment sur la question des stratégies économiques. Des budgets forcément revus à la baisse du fait d’une logique de compétitivité entraînant des restructurations, des suppressions d’emplois, des bas salaires… C’est là qu’il faut chercher la source des difficultés des CE.

Exigence de démocratie sociale

Ceci expliquant cela, le Medef ne fait plus mystère de sa volonté de réforme. Le gouvernement a inscrit cette question dans son agenda social. Différents rapports « d’experts » (Attali, Virville, Barthélemy…) préconisent peu ou prou, la fusion de différentes IRP. C’est-à-dire, de nouvelles coupes sombres dans les compétences, les droits et les moyens, de nouveaux reculs pour l’expression et la défense des salariés. Les CE, notamment les plus grands d’entre eux, sont une pièce maîtresse du système social de notre pays. Ils ont marqué positivement le paysage social dans de nombreux domaines comme ceux de la prévoyance et de la santé, de la formation, du tourisme social, de la culture. Ils sont devenus aussi des outils efficaces aux mains des salariés pour intervenir sur les gestions des entreprises. Il y aurait au contraire beaucoup à faire pour conforter l’existence et l’avenir des comités d’entreprises. Les salariés et les syndicats le disent : le contexte exige plus de démocratie sociale, plus de droits et de moyens pour intervenir par exemple dans le domaine économique et développer leurs activités sociales et leurs actions solidaires pour l’ensemble des salariés travaillant pour l’entreprise donneuse d’ordres. Y compris en direction des salariés des petites et moyennes entreprises. Ces salariés représentent plus de la moitié du salariat et sont exclus de l’accès à des droits fondamentaux comme les vacances, la culture ou le sport. Plus de la moitié du monde du travail qui est privée également de moyens d’informations sur les questions économiques, sociales et professionnelles de leur branche et de leur entreprise. Ces salariés sont aussi dépourvus, la plupart du temps, de toute présence syndicale. Une discrimination inacceptable à laquelle il faut mettre un terme. C’est tout simplement une question de justice sociale.

Le débat est lancé

Cette année, les CE ont 65 ans (la loi modifiant les ordonnances de 1945 est adoptée définitivement le 16 mai 1946 par l’Assemblée nationale constituante). La NVO a décidé à cette occasion de porter, avec ce numéro exceptionnel, les propositions de la CGT pour que les CE, mais aussi les autres institutions représentatives des salariés, disposent d’autres droits pour améliorer la réponse aux besoins de tous les salariés. Ce faisant, le magazine de la CGT assume une mission naturelle, en lien avec les décisions du 49e congrès confédéral, la mise en place d’une commission confédérale « élus et mandatés » et la réflexion qu’elle génère pour toute la CGT. Ce journal est un outil destiné à donner aux élus et mandatés les éléments de réflexion et de compréhension pour un exercice de leurs mandats plus clair et plus efficace. Un numéro qui doit être une référence et un trait d’union entre le militant qui a accepté un mandat syndical et la CGT qui doit pouvoir l’accompagner tout au long de son parcours militant dans sa ou ses responsabilités.

Justement, en 2012, la CGT va organiser une rencontre nationale des élus et mandatés. Une étape essentielle pour tisser les liens nécessaires et rompre l’isolement dans lequel se trouvent trop souvent les élus et mandatés… Un moment privilégié pour redonner toute leur place aux centaines de milliers de femmes et d’hommes, militantes et militants de la CGT dans la démarche de leur organisation syndicale. Juste avant deux rendez-vous de 2012 et 2013 : les élections générales de représentativité dans les TPE et PME, et le 50e congrès confédéral.


    Les vraies raisons de la campagne contre les comités d’entreprise

    images.jpgLes vraies raisons de la campagne contre les comités d’entreprise

    mardi 13 décembre 2011

    Administrateur de la CGT, Michel Doneddu répond à l’offensive contre les comités d’entreprise déclenchée après la publication du rapport de la Cour des comptes sur le CE de la RATP.

    La publication d’un rapport de la Cour des comptes sur le comité d’entreprise de la RATP donne lieu à une violente campagne de presse donnant à croire que les comités d’entreprise (CE) disposeraient et gaspilleraient d’énormes masses d’argent, et qu’il s’agirait là, comme l’écrit le Figaro, d’une « manne financière mise à disposition des syndicats ». Quelle est votre réaction ?

    Michel Doneddu : Je m’inscris en faux contre l’idée que les financements des CE seraient une manne donnée aux syndicats. Les CE ont deux budgets. L’un, correspondant à 0,2 % de la masse salariale, représente le budget de fonctionnement du CE, et lui permet d’assurer son rôle de contrôle économique de l’entreprise.

    C’est avec ce budget que les élus du personnel peuvent notamment nommer des experts pour vérifier les comptes de l’entreprise, en cas de restructuration par exemple. Il y a depuis longtemps une campagne patronale visant à remettre en cause ce budget de fonctionnement, précisément pour porter atteinte à cette liberté des élus de faire appel à un expert.

    L’autre budget des CE finance leurs activités sociales, et il est aussi stigmatisé…

    Michel Doneddu : Certains voudraient que ces activités rentrent dans le marché. C’est le sens de la campagne du Figaro affirmant que des CE ont des budgets trop importants, et qu’il n’est pas normal que cela soit géré par des élus des salariés. Sous-entendu, mieux vaudrait que cela soit géré directement par les employeurs qui feraient appel à des sociétés de prestataires de services.

    On abandonnerait alors toute notion de tourisme social, de droits aux colonies de vacances pour les enfants des salariés, etc. Rappelons que le financement des CE est un salaire socialisé qui n’est donc pas versé directement aux salariés, mais sous une forme collective. Il est tout de même normal que ce salaire socialisé soit géré par les représentants du personnel, et non par leur employeur.

    La gestion des CE souffre-t-elle d’un manque de contrôle ? Pour éviter tout risque, faudrait-il, comme le réclame le PDG de la RATP, séparer budget de fonctionnement et budget social ?

    Michel Doneddu : Mais il y a déjà un devoir de séparation des deux budgets ! À l’inverse, nous avons eu des propositions de droite, visant à fondre ces budgets, en espérant qu’ainsi soit limitée la mise en oeuvre des fonctions économiques du CE. Nous nous battons, à la CGT, pour maintenir ces deux budgets distincts. Pour les grands CE, nous nous prononçons en faveur de la mise en place d’un contrôle par un commissaire aux comptes.

    C’est d’ailleurs en discussion en ce moment avec les pouvoirs publics. Nous ne revendiquons donc pas un contrôle par la direction de l’entreprise : c’est aux salariés, pas au patron, de manifester, au moment des élections du CE, des choix d’orientation, de reconnaissance de la qualité de la gestion ou pas. Il faut absolument garantir l’indépendance des élus vis-à-vis de l’employeur, sinon leur rôle de contrôle économique n’est plus possible.

    La question du financement des syndicats est remise sur le tapis, en mettant en doute sa sincérité, sa légalité, en avançant des chiffres énormes (jusqu’à 4 milliards d’euros) d’argent qui tomberait de l’État dans la caisse des syndicats.

    Michel Doneddu : C’est totalement fantaisiste. La CGT a publié, le 2 novembre, ses comptes certifiés par un commissaire aux comptes. Il en ressort que les cotisations représentent 73 % de l’ensemble des recettes, et les recettes externes, 27 %.

    On a publié aussi le nombre de salariés employés à la confédération : sur 161 personnes, il y a 27 détachés de la fonction publique et de grandes entreprises publiques. Arrêtons de dire qu’il y a des milliers et des milliers de fonctionnaires qui font du syndicalisme et qui seraient mis à disposition par la fonction publique !

    En revanche, on nous demande de siéger dans plus de 400 organismes, institutions, et nous n’avons aucun moyen pour faire ça. Tandis que la représentation du patronat dans ces instances, elle, se fait avec des salariés, des cadres ou dirigeants, payés par les entreprises et mis à disposition du Medef. Il y a une inégalité fondamentale dans le paritarisme, qui est passée complètement sous silence.

    Un salarié sur deux sans comité d’entreprise

    C’est une réalité jetée aux oubliettes par ceux qui se posent en défenseurs de la morale dans les comités d’entreprise : près d’un salarié sur deux (45 %) ne bénéficie pas du droit à un CE. Celui-ci est restreint, selon la loi, aux entreprises de plus de 50 salariés. « La question que nous posons, ce n’est pas de remettre en question les droits existants, en matière de budget d’activités sociales ou de fonctionnement, mais d’élargir le droit des CE à tous les salariés », souligne Michel Doneddu. Rien ne justifie que les travailleurs des PME de moins de 50 salariés ne bénéficient ni d’un droit de regard sur la marche de leur entreprise ni d’activités sociales. Lors de la réforme de la représentativité syndicale, en 2008, la CGT avait proposé la mise en place d’un « comité interentreprises », pour les PME et TPE, à l’échelle d’un site ou d’une branche, capable d’assurer une mutualisation des activités sociales et des fonctions économiques. Une proposition bloquée par la CGPME, relayée par les députés UMP.

    L’Humanité Quotidienne


    Face à l’austérité, les syndicats protestent et proposent (La Croix)

    Face à l’austérité, les syndicats protestent et proposent (La Croix)

    La CFDT, la CGT, la FSU, Solidaires et l’Unsa mobilisent aujourd’hui contre l’austérité. Les syndicats montent au créneau contre les mesures de rigueur, qu’ils jugent socialement préjudiciables et économiquement inefficaces. Ils tentent aussi, en ordre dispersé, d’élaborer des réponses à la crise.

    Ce ne sera pas la foule des grands soirs. Pour protester « fermement contre les plans d’austérité », cinq organisations syndicales (CFDT, CGT, FSU, Solidaires, Unsa) se mobilisent aujourd’hui, via une campagne de tracts très discrète. La plupart du temps, ils se contenteront d’un rassemblement devant un lieu symbolique, comme l’Assemblée nationale à Paris ou la préfecture à Marseille. Soit une mobilisation un cran en dessous de l’action du 11 octobre dernier contre l’austérité, qui avait déjà peu fédéré.

    La crise de la dette, qui a déjà valu deux plans d’austérité depuis l’été et pourrait obliger l’exécutif à de nouveaux ajustements, aurait-elle calmé les ardeurs des syndicats ? De fait, si le camp CGT-Solidaires-FSU a réussi à imposer le principe d’une journée d’action contre l’austérité, qu’il voudrait rééditer en janvier, le jour du sommet social sur l’emploi, cette mobilisation a été réduite à son expression minimale par la CFDT et l’Unsa. Et si la CFTC et la CFE-CGC se tiennent à l’écart de cet appel commun, qu’elles trouvent peu opportun, à l’inverse, Force ouvrière aurait préféré une grève générale de vingt-quatre heures.

    Traditionnellement divisé entre les partisans de la construction d’un rapport de force et ceux qui pensent qu’on obtient plus en négociant, l’échiquier syndical français semble aujourd’hui figé dans la prudence. Pas facile, en effet, de mobiliser après l’échec de la très massive, mais finalement vaine, mobilisation contre la réforme des retraites, et avant une élection présidentielle qui pourrait changer les décideurs. Et pourtant, impossible de ne rien faire face à une crise qu’on pressent d’une ampleur inédite.

    Du coup, les syndicats se sont entendus pour faire passer au moins un message qu’ils partagent tous. Il s’agit, a indiqué Bernard Thibault, le patron de la CGT, hier sur RMC, de « dire aux élus : non, vous faites fausse route », car « ces mesures antisociales non seulement ne vont pas résoudre la crise, mais elles vont amplifier les facteurs nous menant à une récession » .

    S’ils ne minimisent plus la gravité de la crise de la dette, les syndicats estiment en effet que, pour en sortir, il ne suffit pas de faire des économies, qui ne permettront pas d’éliminer tous les déficits accumulés depuis des années.

    Pour redresser le tir, pensent-ils, il faut relancer la croissance et, pour doper la croissance, il faut pratiquer une politique de relance, privilégiant l’investissement et la consommation pour faire redémarrer l’économie, et donc les rentrées fiscales et sociales.

    Du coup, ils s’accordent à penser qu ’« il faut mettre fin à la défiscalisation des heures supplémentaires, défavorable à l’emploi, inégalitaire et coûteuse (4 milliards d’euros) », « faire contribuer les hauts revenus par la création d’une tranche supplémentaire », ou encore « conditionner les aides aux entreprises à leur politique sociale. »

    Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT) viennent de cosigner avec six autres syndicalistes européens un texte où ils plaident pour une « gouvernance économique forte de la zone euro » .

    Mais la convergence de propositions s’arrête là. Car les priorités divergent. À la CFDT, qui avait réclamé dès août un sommet social sur l’emploi, François Chérèque met le paquet sur le soutien à l’emploi, réclamant notamment une extension du chômage partiel. À Force ouvrière, on insiste sur le fait que « si la dette pèse aujourd’hui 85 % du PIB, c’est la résultante de choix fiscaux depuis vingt ans », résume le secrétaire confédéral Pascal Pavageau, qui réclame une remise à plat des niches fiscales « pour libérer les moyens de faire un plan de relance » .

    À la CGT, explique la secrétaire confédérale Nadine Prigent, « nous avons mis la revalorisation salariale en tête de nos dix priorités car nous considérons que, même en période de crise, il faut rester ambitieux sur les salaires si on veut relancer la consommation. »

    Ce soir, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC participeront à une table ronde avec trois organisations patronales (Medef, UPA, CGPME) sur le thème « Compétitivité : agir ensemble, quelles priorités » . Dans un diagnostic commun inédit, ces acteurs syndicaux et patronaux évoquent la nécessité de repenser la part de l’impôt et des cotisations sociales dans le financement de la protection sociale. Une idée qui déplaît à la CGT, pour qui « le travail doit rester au cœur du financement de la Sécu » .

    Bref, si les propositions existent, c’est peu dire que le chemin pour aboutir à une plate-forme commune est encore long.


    L’Europe perdue…

    L’Europe perdue…

    S’il était imposé 
aux peuples, 
le pacte conçu par l’axe Berlin-Paris consacrerait l’Europe « austéritaire ».

    « Et si le pire était derrière nous ? » Depuis l’accord conclu par 
le Conseil européen, vendredi 
à Bruxelles, quelques commentateurs 
de la médiacratie n’hésitent pas à prendre leurs désirs pour des réalités. Ainsi donc, à l’issue du seizième sommet « de la dernière chance » depuis le début de la crise, les Européens pourraient pousser un « ouf » de soulagement… La bonne blague ! Même Angela Merkel, à qui l’on prête l’hégémonie morale sinon technique de l’accord, ne le cache pas : « On ne réglera pas la crise en un seul sommet. » Une conviction bien pertinente. Car si le pacte intergouvernemental imposé par l’axe Berlin-Paris devait aboutir dans quelques semaines, avec son ultrarigueur budgétaire et un rôle de pare-feu accru confié au FMI, autant dire qu’il signerait une nouvelle victoire des marchés sur les peuples tout en consacrant l’Europe « austéritaire » qui nous conduit tout droit à la catastrophe. Vingt ans après la signature 
de Maastricht, le « traité » de Bruxelles graverait dans 
le marbre l’union économique. Pas n’importe laquelle : celle de la génuflexion devant les dictateurs de la finance !

    L’enjeu est absolument majeur. Tandis que 
les puissants de ce monde œuvrent activement dans l’ombre pour reféodaliser les États-nations 
et anéantir définitivement ce qu’il reste des souverainetés populaires, l’OPA hostile des financiers sur 
les démocraties est d’autant plus insupportable que 
la Sainte-Alliance entre Merkel et Sarkozy contre les peuples ne vise précisément qu’à « rassurer les marchés », comme s’il s’agissait désormais de l’unique pierre philosophale de toute vision politique au XXIe siècle ! « Merkozy », ce couple infernal issu de l’ordo-libéralisme, mettra tout en œuvre pour passer outre l’anticonstitutionnalité de leurs propositions, en France comme en Allemagne. 
Leur ligne de conduite ? L’opacité. Leur stratégie ? Un 18 brumaire à l’échelle de l’UE. Leur but ? L’inégalité. Et leur principale victime ? L’Europe, dont le rêve se meurt. Soumis au diktat de l’internationale de la finance qui installe son propre personnel à la tête des gouvernements, bientôt les Européens eux-mêmes en détesteront jusqu’à l’idée. L’Europe risque de tout perdre, mais sachez-le. Nous n’avons pas à nous excuser d’avoir eu mille fois raisons depuis l’acte unique, comme nous avions aussi raison, en 2005, d’anticiper les conséquences dramatiques du traité constitutionnel, ripoliné en traité de Lisbonne. Et cette fois encore, nous n’avons pas tort d’affirmer avec force que les décisions prises vendredi à Bruxelles ne vont pas résoudre la crise : elles vont l’aggraver ! La négation de l’opposition capital-travail est une impasse tragique – les socialistes feraient bien d’y réfléchir – et l’austérité constitutionnalisée va plonger les peuples dans la misère, risquant de déboucher sur une crise sociale aux multiples scénarios. Récession économique 
se conjugue souvent avec régression démocratique…

    Petit rappel pour l’histoire. En 1945, la France affichait une dette de 145 % de son PIB. Moins de trente ans plus tard, notre nation s’enorgueillissait d’en avoir remboursé le dernier franc. Cet effort sans précédent fut possible par une politique de croissance soutenue, par le lancement de grands programmes industriels et infrastructurels, par le rôle pivot et actif de 
la Banque de France, etc. Précisons que cette ambition ne se réalisa pas par la réduction des prestations sociales mais au contraire par leur généralisation, arrachée de hautes luttes ! Et l’on voudrait aujourd’hui nous faire avaler l’inflexibilité de la BCE, la poursuite de la libéralisation sauvage et des privatisations, voire l’inéluctabilité de notre déclin social ? Qu’on se le dise. Il n’en est pas question !


    Assurance maladie, la Sécu atteinte dans ses principes fondateurs

    amages.jpgLa Sécu atteinte dans ses principes fondateurs

    En décidant, dans le PLFSS 2012, de baisser les indemnités journalières pour les salariés au-delà de 2 500 euros brut, le gouvernement attaque le principe de la couverture universelle.

    Rectifié, considérablement amendé, sur le fond, par le Sénat, le projet de budget 2012 de la Sécurité sociale (PLFSS) a donc finalement été voté, mardi, sans gloire, par la seule majorité UMP de l’Assemblée nationale. À l’image de l’ensemble du bilan social du mandat de Sarkozy, ce PLFSS peut être gravé dans le marbre au titre de ses entorses aux principes fondamentaux de la protection sociale. Sous le prétexte de la dette, le gouvernement Fillon a osé remettre en cause le principe même de la couverture du salarié, en termes de garantie de revenus, face à l’aléa maladie. Après les déclarations odieuses du ministre Wauquiez estimant qu’il fallait faire sentir aux salariés ce qu’ils coûtent lorsqu’ils tombent malades, et après avoir renoncé à instaurer un quatrième jour de carence, le gouvernement et sa majorité ont décidé de diminuer le montant des indemnités journalières (IJ). En pratique, les IJ versées, à raison de 50 % du salaire comme le prévoit la loi depuis l’ordonnance de 1945 instituant la Sécu, ne le seraient plus que pour les salaires jusqu’à 1,8 smic, soit 2 500 euros brut. Au-delà de ce plafond, les salariés malades ne seront plus indemnisés. Pour la première fois, les indemnités maladie sont ainsi soumises à une condition de ressources. Avec cette mesure, les salariés malades seront privés de 150 millions d’euros d’indemnisation.

    Cette nouvelle injustice a été vigoureusement condamnée par la gauche, les syndicats et nombre d’associations, dénonçant une « taxe supplémentaire » sur les malades. Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a tenté d’en minimiser la gravité en affirmant que les salariés touchés « sont dans les plus grandes entreprises », lesquelles bénéficient d’une convention collective ou d’un contrat de prévoyance qui complète le remboursement des arrêts maladie. Outre que cette couverture n’est pas systématique, ce transfert de responsabilité n’efface pas « l’atteinte au principe fondateur de la Sécu qui veut que chacun cotise selon ses moyens et reçoive selon ses besoins », souligne la Fnath (accidentés de la vie). Avec la taxe sur les mutuelles santé, la désindexation des allocations familiales, l’accélération de l’application de la réforme des retraites, entre autres, ce PLFSS est bien, comme l’a dénoncé le député PCF Roland Muzeau, « le témoin de l’entreprise de démantèlement de notre système de protection sociale ».

    Le prix des errances du gouvernement

    « Une fois encore, ce sont les salariés qui vont trinquer pour payer les errances de la politique économique du gouvernement », a déclaré
le chef de file des députés communistes, Roland Muzeau, « très en colère » contre la baisse des indemnités journalières. Relevant la multitude « des dispositions qui tombent sur la tête des classes moyennes », il a rappelé qu’elles auraient pu être évitées si les propositions faites 
pour financer autrement la Sécu avaient 
été prises en considération : taxation 
des retraites chapeaux, des bonus, 
des stock-options, fin de la défiscalisation 
des heures supplémentaires…


    De quel droit diminuent-ils les indémnités des arrêts maladie ? (CGT)

    12.jpgDe quel droit diminuent-ils les indémnités des arrêts maladie ? (CGT)

    Voilà qu’hier 29 novembre, à la nuit tombante, l’UMP se serait mise d’accord avec elle-même pour diminuer les indemnités des arrêts maladie !
    Une formation de circonstance, où seraient mêlés ministres, députés et conseillers présidentiels de différentes sensibilités du parti sarkozyste (du centre libéral à l’extrême droite… libérale), ont estimé que :
    -    les indemnités versées au titre d’arrêt maladie seront réduites au-delà de 1,8 SMIC, soit 2457 euros.
    -    Au-delà de 2457 euros (et non plus le plafond de la Sécu, 2946 euros), ce sera 250 euros de moins.
    -    Comment ?  1229 euros, soit 50% du salaire brut calculé sur 2457 euros, c’est moins que 1473 euros, soit 50% sur le plafond de la Sécu.

    •    Mais quelle est donc leur compétence ? De quelle légitimité disposent-ils pour s’en prendre au socle social ?
    De quel droit ces gens-là se permettent-ils de porter atteinte au principe fondateur de la Sécurité sociale, l’égalité de traitement ? Qui les a fait rois, ces ministres UMP, ces députés UMP, ce président UMP, pour s’en prendre à la sécurité sociale ? Quel est donc l’argument justifiant le partage du salariat en deux ?
    Pour 150 millions d’économie ? Mais 150 millions d’euros, c’est le salaire annuel de tous les PDG des principales banques et assurances ! C’est la moitié du prix de l’Airbus présidentiel, dans lequel Sarkozy s’est fait construire une baignoire !

    •    Flagrant délit d’entreprise de destruction massive
    La Sécurité sociale est affaire de cotisations salariales et patronales. Mais la parti unique au pouvoir a décidé que « nous vivons au dessus de nos moyens », et donc que « nous n’avons plus les moyens de notre protection sociale ».
    Depuis des semaines les experts en science libérale et leurs oracles nichés dans les rédactions des médias (Nicolas Baverez, Yves de Kerdrel, et autres affidés de l’Institut Montaigne et du Medef) nous répètent : La sécu, c’est fini, Mââme Michu, vous êtes trop malade, vous vous gavez de médicaments… Qui sait si vous ne fraudez pas… » Même Mme Michu est coupable.

    •    Le bulldozer libéral est en route, bien décidé au cœur de la crise d’éradiquer le système social du pays. Avant le printemps, s’il le faut.
    -    La réforme des retraites est avancée, donc alourdie
    -    La casse du principe égalitaire de l’arrêt maladie
    -    Le tout s’ajoutant aux déremboursements, franchises diverses
    -    Sur fond de surtaxation des mutuelles complémentaires santé
    Le bilan pour le patronat, le gouvernement, et leurs amis de Neuilly n’est pas si mauvais.


    Sommet social de janvier. Une nouvelle phase de déréglementation

    cgtvide.jpgnew0361.gifLa Cgt appelle les salariés à se mobiliser dès le 13 décembre

    Ville : ROUEN
    Lieu : Manifestation Cours Clemenceau Meeting à 12h00 devant la Préfecture
    Heure : 10h30. Manifestation Cours Clemenceau
    Organisation : CGT, FSU, UNSA, FO

    La Cgt appelle les salariés à se mobiliser dès le 13 décembre

    Dans son discours prononcé à Toulon hier, Nicolas Sarkozy a annoncé un somment réunissant syndicats et employeurs sur l’emploi en janvier.

    Le cadre dans lequel s’inscrit cette annonce est limpide. Il tente de sauver une construction financiaro-économique qui apparaît à bout de souffle. Sa dénonciation de la financiarisation ne s’accompagne d’aucune critique des stratégies des banques. Au contraire, il dédouane banquiers et assureurs, avoue son impuissance à modifier le rôle de la BCE.

    La question d’un partage plus juste et plus efficace des richesses n’est pas posée. Le cœur du système est protégé. Les détenteurs de capitaux peuvent dormir tranquilles.

    Loin de répondre à l’aspiration commune d’une Europe sociale défendue par les syndicats européens, Nicolas Sarkozy préconise plus de discipline budgétaire, c’est-à-dire plus d’austérité pour les peuples pendant que les marchés et la spéculation continuent de dicter leur loi.

    Ainsi, après avoir brocardé une nouvelle fois les 35 heures et la retraite à 60 ans devant une salle acquise à sa cause, le président de la République a demandé à nouveau des « efforts » aux salariés. Le président de la République prône « la levée des tabous qui freinent la compétitivité des entreprises françaises ».

    En fait, à l’image des autres gouvernements européens qui s’efforcent de laminer les droits et conventions collectives qui protègent les salariés, le président de la République entend convoquer les syndicats en janvier pour imposer une nouvelle phase de déréglementation sociale.

    Ainsi, le MEDEF préconise un transfert de 80 milliards de cotisations sociales sur le contribuable et le consommateur. Le discours présidentiel marque un assentiment à ce nouvel allègement massif du « coût du travail » au profit des actionnaires.

    Parallèlement, le MEDEF revendique « la fin de la durée légale du temps de travail ». L’affirmation du président de la République indiquant « il vaut mieux travailler plus que de gagner moins » sonne comme un accord avec les revendications patronales.

    A l’évidence, en l’absence de mobilisation forte des salariés, ce sont les revendications patronales qui seront au menu des discussions.

    Il faut agir. C’est pourquoi la CGT appelle ses organisations à renforcer la préparation unitaire de la journée d’action du 13 décembre pour que les salariés se fassent entendre des décideurs par des rassemblements et des manifestations.


    Communiqué des organisations syndicales,Un temps fort de mobilisations.

    Un temps fort de mobilisations
    le 13 décembre

    Ville : ROUEN
    Lieu : Manifestation Cours Clemenceau Meeting à 12h00 devant la Préfecture
    Heure : 10h30
    Organisation : CGT, FSU, UNSA, FO

    Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA, dénoncent fermement les plans d’austérité et de rigueur décidés et imposés par le gouvernement.

    L’austérité en France et en Europe n’est pas la solution à la crise. Au contraire, elle risque d’entraîner la récession.

    Le gouvernement décide de mesures dans le domaine social sans rencontrer ni entendre les organisations syndicales. Il fait porter les efforts sur les salariés, ce qui creuse les inégalités et plonge des milliers de familles dans les difficultés sociales

    Après la taxe sur les complémentaires, les déremboursements, l’instauration de forfaits et franchises, les ponctions sur le budget de l’assurance maladie, la diminution des prestations sociales, le gouvernement s’en prend aux salariés malades, potentiellement « fraudeurs » et « responsables des déficits publics », en instaurant un jour de carence de plus dans le privé et un dans la Fonction publique et en tentant d’opposer les uns aux autres.

    Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA décident d’agir ensemble pour s’opposer à ces mesures et obtenir d’autres solutions. Avec un appel commun, elles s’adresseront aux salariés pour interpeller le gouvernement, les élus et les responsables d’entreprises dans la période du 1er au 15 décembre. Dans ce cadre, le 13 décembre sera un temps fort de mobilisations interprofessionnelles, notamment avec des rassemblements.

    Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA, se retrouveront rapidement après le 15 décembre, afin d’en tirer le bilan et d’envisager, ensemble, de nouvelles initiatives en janvier.


    Le prix du gaz devrait à nouveau flamber

    gazhausse.jpgLe prix du gaz devrait à nouveau flamber

    La décision du Conseil d’État de suspendre l’application du gel des tarifs du gaz de GDF Suez, à la suite d’une saisine en référé par des concurrents du géant gazier français, risque d’avoir pour conséquence une augmentation de la facture de près de 10 millions de ménages.

    Alors que le ministre de l’Energie, Eric Besson, avait assuré la semaine dernière qu’il n’y aurait pas d’augmentation des prix du gaz d’ici les élections présidentielles, le juge des référés du Conseil d’État vient de prendre une décision contraire en demandant la suspension de l’application de l’arrêté du 29 septembre 2011 qui gèle les tarifs réglementés de vente de gaz pour les particuliers. Dans sa décision publiée lundi, la plus haute juridiction administrative relève notamment un « doute sérieux sur la légalité » de la décision du gouvernement, à qui elle donne un délai d’un mois pour se prononcer à nouveau sur les tarifs reglementés.

    Les juges administratifs étaient saisis par des concurrents de GDF Suez, comme Poweo, Direct Energie ou Altergaz regroupés au sein de l’association Anode, qui contestent le gel des prix du gaz pour les particuliers décidé par le gouvernement. Selon Anode, l’arrêté n’a pas appliqué la formule de calcul du tarif qui aurait mécaniquement conduit à une augmentation des tarifs pour le consommateur. Dans un communiqué, le Conseil d’Etat leur donne raison, soulignant qu’un « gel durable des tarifs réglementés de GDF Suez est de nature à créer un phénomène de ciseau tarifaire selon lequel les coûts complets de ces opérateurs seraient supérieurs aux tarifs réglementés de GDF Suez ». Ce gel est surtout de nature à affecter leurs marges. De son côté, GDF Suez, qui estime son manque à gagner à 400 millions d’euros au deuxième semestre, a lui aussi attaqué l’arrêté de l’Etat devant le Conseil d’Etat.

    Conséquence, ce sont près de 10 millions de Français qui pourraient voir ainsi leur facture de gaz augmenter en ce début d’hiver… En effet, selon la Commission de régulation de l’Energie (CRE), qui contrôle le calcul des prix de l’énergie, les prix auraient dû augmenter « de 8,8% à 10% ».


    Nouvelle tête et nouveaux objectifs à Pôle Emploi

    Le bureau de l’Unédic a validé ce lundi une nouvelle feuille de route pour ces trois prochaines années et nouveau dirigent pour Pôle emploi. Les nouvelles priorités : l’accompagnement des chômeurs dans la recherche d’emploi, la décentralisation et la baisse des coûts.

    Le bureau de l’Unedic a validé le nouveau cahier des charges du service public de l’emploi, qui doit ensuite passer devant le conseil d’administration de Pôle emploi à la fin de la semaine. Dans un même temps, Jean Bassères, 51 ans, verra sa candidature à la tête de l’agence soumise à ce même CA. Il devrait ainsi remplacer à partir de janvier Christian Charpy, l’artisan de la fusion ANPE-Assedic, dont le mandat s’achève.

    Trois nouveaux « objectifs » ont été redéfinis, par de superbes éléments de langage : à commencer par une « personnalisation de l’offre de services », avec un accompagnement selon les besoins, très divers d’un demandeur d’emploi à l’autre. Le deuxième maître-mot est décentralisation – après la première phase de trois ans qui a demandé à l’inverse « un pilotage resserré » – pour donner plus d’autonomie au service public de l’emploi. Le troisième est appelé « poursuite des efforts de rationalisation » et « l’optimisation des moyens » voulue avec la fusion de l’ANPE, qui accompagnait les chômeurs, et des Assedic, qui assuraient l’indemnisation.

    Autrement dit : plus de pression, plus d’autonomie (« débrouillez-vous »), et encore moins de moyens. L’Etat continuera d’apporter 1,36 milliard d’euros au budget de Pôle emploi et l’Unedic de verser « 10% de l’assiette des contributions encaissées », comme les cotisations d’assurance chômage, soit plus de 3,024 milliards pour 2012, selon le texte de la convention.  Ce ne sera pas suffisant, selon des prévisions révélées en septembre, le budget de Pôle emploi devait frôler 125 millions d’euros de pertes cette année, après plus de 185 millions en 2010. Le SNU (principal syndicat à Pôle emploi) rend l’Etat responsable de ce trou financier en raison de divers transferts de charges non financés et de choix « politiques ». Et la hausse constante du chômage ne devrait pas aider cette « optimisation des moyens » (lire là dessus : Pôle emploi au bord de l’explosion).

    Pour les chômeurs, le délai de quatre mois entre l’entretien d’inscription et le contact suivant pourra être fortement raccourci pour les personnes les plus éloignées de l’emploi, qui se verront proposer un entretien mensuel.  Par ailleurs, un bilan approfondi devra être fait au 9ème mois avec tous les demandeurs d’emploi pour « prévenir le chômage de longue durée ».


    Hausse du chômage, c’est encore les précaires qui trinquent

    C’est un nouveau record : le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, à savoir ceux n’ayant exercé aucune activité au cours du mois, a augmenté de 34400 (+1,2%) en France métropolitaine le mois dernier pour s’établir à 2814900. Ce sont avant tout les contrats précaires et les plus de 50 ans qui en pâtissent.

    A ces 34400 nouveaux chômeurs, il faut ajouter les personnes exerçant une activité réduite (catégories B et C), dont le nombre de demandeurs d’emploi signe une progression de 0,4%, soit 17.200 personnes de plus en un mois, pour atteindre 4.193.000. En rythme annuel, la hausse pour ces trois catégories confondues est de 5,2%. Avec les départements d’outre-mer, ce nombre s’établit à 4.459.400. La hausse est constante depuis le mois de mai dernier.
    Depuis le début de cette année, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a progressé de 91.500 et ceux ayant une activité réduite de 147.500.

    Dans l’Humanité du mardi 29 novembre, retrouvez toutes nos analyses sur l’état de l’emploi en France, sur la croissance, mais aussi les idées des salariés d’Arkema et Fralib pour sauvegarder l’emploi industriel.

    La CFDT analyse cette augmentation ainsi : « La hausse du chômage touche d’abord les salariés qui ont des contrats précaires » et « des secteurs qui avaient été épargnés en 2008 et 2009 – services à la personne, banques, secteurs associatifs- sont désormais concernés ». Pour le syndicat, il est urgent d’agir. Dans son communiqué, Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT chargé de l’emploi interpelle Xavier Bertrand, ministre du Travail : il faut « une réaction à la mesure de la situation: mise en place d’un plan de soutien à l’emploi, avec des dispositifs de chômage partiel, de formation et de cellule de reclassement, pour les salariés menacés, en particulier les plus précaires ». « Ces mesures pourraient être financées par les 4 milliards d’euros que rapporterait la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires ».
    La CFDT préconise aussi « un soutien spécifique à l’emploi des jeunes » et appelle le gouvernement à abonder par un « financement conséquent » les mesures prises au printemps dernier par les syndicats et le patronat qui ont « débloqué plus de 200 millions d’euros » en faveur de l’emploi des jeunes.

    Pour Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière (LO) à la présidentielle le gouvernement est « un sinistre pompier pyromane » qui mène une politique d’austérité alors que le nombre de demandeurs d’emploi a encore augmenté en octobre. « Chaque semaine, des grandes entreprises annoncent de nouveaux plans de licenciement. Et face à la crise, le gouvernement n’en a eu que pour les capitalistes, sous forme de subventions, d’avantages fiscaux et de suppressions de charges. En revanche, les travailleurs n’ont eu droit qu’à l’austérité »


    Interview de Bernard Thibault – « Le président de la République dessine une mise en pièce de la Sécu

    thibault3.jpgInterview de Bernard Thibault – « Le président de la République dessine une mise en pièce de la Sécu ! »

    jeudi 24 novembre 2011

    Interview de Bernard Thibault

    « La dette, un alibi facile pour justifier les régressions »

    « Le président de la République dessine une mise en pièce de la Sécu », affirme le secrétaire général de la CGT. Il appelle les salariés à exercer leurs droits de citoyens et à être aussi les acteurs des mobilisations syndicales.

    L’Humanité : L’intersyndicale vient de décider une campagne d’information du 1er au 15 décembre avec un temps fort de rassemblements le 13. Est-ce que ce n’est pas insuffisant au regard des mesures prises par le gouvernement ?

    Bernard Thibault. Il est indispensable que les syndicats, les salariés apparaissent dans une démarche unie pour contester les mesures d’austérité décidées d’autorité par le gouvernement. Des pans entiers du contrat social sont aujourd’hui remis en cause de façon unilatérale.

    C’est grave pour la démocratie. On constate qu’en Grèce ou en Italie, c’est sous la pression des agences de notation que se fait la désignation des chefs d’état. Il y a besoin d’une opération vérité. Non seulement ces mesures ne sont en aucun cas susceptibles de nous faire sortir de la crise, mais elles ne vont qu’amplifier les risques d’une récession.

    Les ripostes syndicales s’organisent le 24 novembre au Portugal et en Bulgarie, le 30 novembre en Grande-Bretagne, le 2 décembre en Belgique

    Peut-on lutter contre les agences de notation ?

    Bernard Thibault. Ce n’est pas un phénomène naturel qui conduit les agences de notation à faire la pluie et le beau temps. Les chefs d’état l’ont organisé. Il y a une hypocrisie de la part de Nicolas Sarkozy qui tantôt dit pis que pendre de ces agences, annonce la fin du capitalisme financier et la disparition des paradis fiscaux dès 2009, pour aujourd’hui développer une argumentation opposée : il faudrait s’agenouiller devant ces agences qui seraient les révélateurs de la bonne santé de l’économie. En réalité, elles sont les révélateurs d’une économie spéculative au service des investisseurs internationaux et de leurs actionnaires.

    Est-ce que les salariés sont prêts à se mobiliser ?

    Bernard Thibault. Ils s’interrogent sur ce que l’on peut faire pour arrêter cette spirale insupportable. Il y a des échéances électorales qui peuvent laisser croire que tout va se trancher à cette occasion. Ce sera naturellement un moment important.

    Mais compte tenu de ce à quoi nous sommes confrontés, il faut dire les choses clairement : quelles que soient les majorités politiques, la pression des agences de notation ne va pas disparaître ; l’exigence de rentabilité financière qui règne dans les entreprises, le chantage des marchés à la réduction des dépenses publiques qui minent le contrat social ne vont pas s’arrêter en mai 2012.

    Les salariés doivent se mobiliser.

    Le 13 décembre est conçu pour cela. Le président de la République dessine une mise en pièces de la Sécurité sociale. J’alerte sur la portée de l’offensive en cours pour changer les mécanismes de financement de la Sécurité sociale : ce fameux transfert des cotisations sur l’impôt revendiqué par le Medef et relayé par Nicolas Sarkozy est un anéantissement des principes de base de la Sécurité sociale. Notre pays a les moyens de s’extraire de la pression des marchés financiers. Nous préconisons la mise en place d’un pôle financier public dont une des vocations serait d’assurer les besoins des pays.

    Vous critiquez les mesures d’austérité mais il faudra bien résoudre le problème de la dette.

    Bernard Thibault. Désormais, la dette sert d’alibi facile pour justifier toutes les régressions. Le président de la République a prononcé début novembre, à Strasbourg, une phrase révélatrice de sa démarche : « La crise va créer beaucoup de souffrances mais ce peut être une opportunité pour notre pays de prendre des mesures qu’il n’aurait jamais acceptées. »

    D’où cette volonté de noircir le tableau.

    Si Nicolas Sarkozy veut chasser les principaux voleurs et fraudeurs de notre pays, la CGT sera à ses côtés et peut lui désigner quelques cibles. Déjà en 2006, l’UMP analysait que 10 à 12 % des entreprises étaient en infraction par rapport à leurs obligations vis-à-vis de la Sécurité sociale, que 5 à 7 % des salariés n’étaient pas déclarés par les entreprises.

    Le travail dissimulé représente toujours entre 8 et 15 milliards d’euros de vol de la Sécu, la sous-déclaration des accidents du travail et maladies professionnelles 1 milliard. 80 % des fraudes sont l’œuvre d’établissements de santé et de certains professionnels, pas des assurés.

    On supprime des postes de fonctionnaires chargés de faire reculer la fraude fiscale qui représente 45 à 50 milliards d’euros Au nom des déficits, on s’attaque au noyau dur du contrat social : la Sécurité sociale, les retraites, le temps de travail.

    Vous parlez de « mise en pièces de la Sécurité sociale » à propos de la réforme annoncée de son financement. En quoi, selon vous, passer à un financement par l’impôt est-il si dangereux ?

    Bernard Thibault. Il y aura une croissance des dépenses de santé dans notre pays, c’est inévitable. La consommation de soins et de biens médicaux est passée de 98 milliards en 1995 à 175 milliards en 2009.

    L’augmentation de la population, l’espérance de vie qui augmente et les progrès qui permettent de soigner des pathologies qu’on ne pouvait pas soigner hier expliquent cette croissance.

    L’un des enjeux majeurs, c’est de savoir si nous allons conforter un système collectif et solidaire pour prendre en charge ces besoins de santé au sein de la Sécu ou si la santé de chacun dépendra un peu plus de l’épaisseur de son portefeuille pour se payer son assurance.

    La revendication du patronat de transférer une part des ressources de la Sécurité sociale vers l’impôt, tout comme l’annonce d’un haut conseil du financement de la protection sociale pour préparer l’instauration d’une TVA dite sociale ou anti-délocalisation, minerait le système solidaire.

    Mais la France a-t-elle les moyens d’assurer cette protection sociale de haut niveau ?

    Bernard Thibault. Si on rapporte l’augmentation des dépenses de santé au PIB, c’est-à-dire aux richesses créées dans le pays, cela représentait 10,4 % en 1995 et 11,7 % en 2009. Il y a un choix de société à faire mais on ne peut pas dire que la France n’a plus les moyens. Les cotisations sont une part du salaire, un salaire socialisé. Elles n’appartiennent pas au patronat.

    Mais est-il interdit de penser qu’il y a des économies à faire sur les dépenses publiques ?

    Bernard Thibault. On peut trouver de nouvelles ressources par des réformes fiscales et la création d’emplois pour permettre aux besoins sociaux d’être satisfaits. 172 milliards d’euros par an d’argent public distribués aux entreprises par l’état et les collectivités locales sans outils d’évaluation de leur pertinence. PSA, Montupet ont reçu des aides publiques et détruisent des emplois. Il y a des dépenses publiques à remettre en cause.

    Les revendications patronales sont formulées au nom de la compétitivité vis-à-vis de l’Allemagne notamment

    Bernard Thibault. Dans tous les pays, c’est toujours au nom de l’emploi qu’on justifie la mise en cause des droits des salariés, et pourtant le chômage et la précarité progressent partout. Depuis de longs mois la CGT se bat contre le sabotage de notre potentiel industriel.

    La balance commerciale dans l’industrie pour 2010 était en déficit de 66 milliards d’euros alors qu’elle était en équilibre il y a une dizaine d’années. On est dans le rouge. En comparaison, celle de l’Allemagne est excédentaire de 154 milliards d’euros. L’Allemagne pratique des salaires supérieurs à la France et pour un temps de travail inférieur.

    IG Metal vient de signer pour une augmentation de 3,8 % des salaires pour les métallurgistes ouest-allemands. Ce n’est donc pas le coût du travail qui est en cause. Le problème est d’abord l’absence de politique industrielle structurée pour inverser la tendance. C’est aussi le sous-investissement.

    L’an dernier, les entreprises industrielles et de services (hors les banques et assurances) ont injecté 180 milliards d’euros en investissements. C’est inférieur à la somme des dividendes versés aux actionnaires, 210 milliards d’euros. Voilà le malaise.

    Ce que vous proposez prend à contre-pied ce qui se fait en Europe. Est-ce crédible ?

    Bernard Thibault. L’Europe est dans une impasse politique majeure. Elle est dans l’incapacité de dessiner un avenir mobilisateur du point de vue social du fait des choix actuels. Le marché européen devait produire un espace de progrès social.

    Ce constat est révolu. Cela s’est accompagné d’une offensive sur les services publics au nom de la concurrence libre et non faussée érigée en dogme. Les syndicats en Europe ont d’ailleurs décidé d’une journée d’action le 30 novembre pour défendre les services publics. Il ne sera pas praticable de rester dans cette logique où le marché est l’unique fin et moyen de cette construction européenne. Si on est incapable de redonner une dimension sociale à l’Europe, seuls ceux qui prônent le repli nationaliste en maniant racisme et xénophobie se feront de plus en plus entendre. Les tensions seront immenses

    Cela vous inquiète ?

    Bernard Thibault. Oui. On a fait l’Europe pour vivre dans un continent fait d’harmonie et de solidarité, nous a-t-on dit. Ce n’est pas cela qui inspire les gouvernements et les institutions européennes. Quel écart entre l’affirmation d’une « union » européenne et le spectacle stupéfiant à l’occasion du G20 où deux chefs d’état dictent la conduite à tenir à d’autres chefs d’état !

    L’Europe est un espace où on se livre à une guerre économique. Elle ne sera pas viable.

    Il n’y a jamais eu autant de manifestations, de mouvements de grève dans tous les pays européens que ces derniers mois. Il y a un divorce de plus en plus important entre la représentation politique et les aspirations sociales.

    Voir l’arrivée de l’extrême droite dans un gouvernement comme en Grèce au titre de l’union nationale, c’est une banalisation inquiétante.

    l faut un réel débat sur les politiques à mener, qui impliquent les peuples, et pas seulement sur la couleur politique des majorités au pouvoir. Et ceux qui pensent résoudre cela en transférant plus de pouvoir à un échelon européen prennent le risque d’une implosion de l’Europe.

    Est-ce que la proximité des élections du printemps prochain ne crée pas un climat d’attente chez les salariés, peu propice à l’action syndicale ?

    Bernard Thibault. Ce serait une erreur de considérer que seule la consultation électorale va régler tous les problèmes. Regardons comment procèdent les employeurs : ils sont toujours très offensifs en période électorale pour faire en sorte que tous les candidats intègrent leurs revendications.

    Si les salariés s’en remettaient aux candidats, quels qu’ils soient, dans une forte délégation de pouvoir, ils seraient très largement déçus. Les solutions à la crise dépendent de réformes structurelles qui appellent l’intervention des salariés. Elles ne seront pas obtenues sans rapport de forces.

    Ce sont les agences de notation qui convoquent les conseils des ministres pour leur dicter des mesures d’austérité. Ce chantage ne va pas disparaître avec un changement de président de la République. Ce qui ne veut pas dire qu’il y aura dans les prochains mois une incitation de la CGT à conserver le même président !

    Ces idées, vous voulez les mettre dans le débat électoral ?

    Bernard Thibault. Oui, par la mobilisation. J’ai évoqué le 30 novembre à propos des services publics. Nous allons relayer l’appel intersyndical et appeler à la mobilisation et aux rassemblements du 13 décembre.

    Nous relançons notre action sur le développement industriel avec des initiatives de nos régions au moment où il y a beaucoup de conflits avec des occupations d’entreprise pour empêcher les coups portés à notre potentiel industriel. Nous allons également tenir un grand meeting national le 31 janvier pour rappeler les revendications sur les retraites.

    Des millions de salariés se sont mobilisés en 2010 pour la retraite à 60 ans, la reconnaissance de la pénibilité, le système par répartition et de nouvelles ressources pour le financer. Le combat continue.

    Nous dialoguons avec les partis et les candidats qui voudront discuter avec nous, mais c’est surtout vers les salariés que nous allons nous tourner pour qu’ils exercent leurs droits de citoyens, en connaissant les analyses de la CGT, et qu’ils soient aussi acteurs dans un rapport de forces syndical pour défendre les revendications.

    Que pensez-vous du climat dans le monde du travail ? Il semble pesant, il y a beaucoup de souffrances.

    Bernard Thibault. Un climat très anxiogène est entretenu. On voudrait accréditer l’idée qu’il n’y a pas d’alternative à la précarité sociale, qu’il faut s’agenouiller devant des organismes qui n’ont rien de démocratique.

    Cela questionne sur les mécanismes du vivre ensemble, de la démocratie. On ne sait plus où sont les centres de décision. Cela pèse sur le climat, il ne faut pas s’en désoler mais travailler à des alternatives, et la CGT est parmi les acteurs qui défendent des alternatives.

    Les salariés ont tout à perdre à rester spectateurs. On ne leur a jamais rien accordé, c’est la logique du capitalisme. A chaque fois qu’il y a eu des progrès sociaux, en France et dans le monde, il a fallu les arracher par l’action syndicale.

    Entretien réalisé par Olivier Mayer pour L’Humanité quotidienne du 24 novembre 2011


    Projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2012 : Le Sénat refuse la rigueur (CGT)

    Projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2012 : Le Sénat refuse la rigueur (CGT)

     

    En première lecture, le Sénat avait considérablement modifié le projet de loi de financement de la sécurité sociale voté à l’assemblée nationale, notamment en prévoyant l’ajout de 5 milliards d’euros de recettes et en supprimant les mesures socialement les plus injustes.

    Le gouvernement, soutenu en cela par les députés UMP, ont fait le choix de supprimer toutes les avancées obtenues par le Sénat, préférant se priver de mesures de financement pérenne et reposant sur le principe d’une meilleure répartition des richesses au bénéfice de mesures insuffisantes. Mais surtout, ces mesures portent essentiellement sur les ménages et les salariés, à l’image du gel des prestations familiales, de l’accélération de la contre-réforme des retraites et de la hausse de la CSG.

    Le Sénat, en adoptant une motion soumise à l’Assemblée Nationale,  et rejetant de fait le PLFSS, a envoyé un signal fort au gouvernement, lui signifiant qu’il refusait les mesures de rigueur qu’il comporte.

    Sans aucune illusion sur le prochain vote de l’Assemblée Nationale,  La CGT se félicite toutefois de la décision de la majorité des sénatrices et sénateurs, qui renvoie aux députes de la majorité présidentielle, la responsabilité d’engager un plan de rigueur sociale pouvant conduire à terme à une véritable récession et pour le moins à la poursuite de la politique d’affaiblissement de la sécurité sociale, tournant ainsi le dos au programme national de la résistance.

    La CGT affirme que d’autres choix sont possibles pour le financement de la Protection Sociale, et appelle les salariés à participer massivement aux manifestations et rassemblements interprofessionnels le 13 décembre 2011 organisés par l’intersyndicale CGT, CFDT, FSU, UNSA et Solidaires.


    IL FAUDRA BIEN CHOISIR EN 2012

     L’UMP repart à la chasse aux 35 heures

    Très inspirée par les revendications du Medef, la droite veut permettre aux branches de déroger à la durée de travail hebdomadaire.

    «Avec la crise, la sortie des 35 heures est inéluctable », promet Jean-François Copé, le secrétaire 
général du parti présidentiel dans un entretien paru hier matin dans la Voix du Nord. C’est un très vieux dada du Medef que l’UMP a décidé d’enfourcher pour faire moderne dans la campagne électorale : la négociation par branche du temps de travail. Depuis des lustres, Ernest-Antoine Seillière puis Laurence Parisot bataillent pour remplacer la durée légale – les 35 heures par semaine – par une durée conventionnelle dérogatoire selon les secteurs d’activité.

    Du « Parisot » pur jus!

    « Tout le monde ne chausse pas du 35 ! » clamait le patronat à la fin des années 1990. Pour le Medef d’hier et d’aujourd’hui, le temps de travail doit être fixé « par branche ou par entreprise ». D’après Nathalie Kosciusko-Morizet, mardi matin sur LCI, l’UMP proposera l’ouverture d’accords de branches dans les secteurs où les 35 heures « posent durablement des problèmes, en dépit des assouplissements que nous avons faits ». Il s’agirait, selon les sarkozystes, d’« inciter les employeurs et les employés à ouvrir des négociations sur le temps de travail, sans remettre en cause la durée légale du travail de 35 heures » et de le faire « dès 2012 » au niveau des branches « ou, à défaut, des entreprises », dans le secteur privé. Du Parisot pur jus !

    Posture plus idéologique que jamais

    Avec la présentation, mardi soir, de son programme économique et social pour 2012, la droite revient à la charge, dans une posture plus idéologique que jamais, puisque, au pouvoir 
depuis bientôt dix ans, elle a déjà passablement « aménagé » les textes et « expérimenté » des régimes dérogatoires sur les contingents d’heures supplémentaires conventionnels. La loi Bertrand d’août 2008, qui maintient encore la durée légale de 35 heures, donne quasiment toute latitude aux entreprises pour augmenter et organiser le temps de travail.


    Disparition d’Oswald Calvetti Une figure de la bataille des retraites

     Oswald Calvetti Une figure de la bataille des retraites

    Oswald Calvetti, militant communiste, ouvrier papetier devenu dirigeant de la CGT, spécialiste de la question des retraites, est décédé vendredi.

    «Les travailleurs n’auront pas une retraite à soixante ans au rabais », proclamait Oswald Calvetti au printemps de 1983. Les négociations étaient alors très serrées entre syndicats, gouvernement, patronat. Le CNPF, l’ancêtre du Medef, manœuvrait, se battant pied à pied contre la mise en œuvre de l’une des promesses phares du candidat Mitterrand devenu président de la République.

    Oswald Calvetti, en tant que secrétaire confédéral de la CGT, était pour le syndicat au premier plan de cette bataille emblématique. Il vient de décéder à quatre-vingt-six ans. Né en 1925 dans une famille de communistes italiens qui avait dû fuir le fascisme, il travaille, une fois le certificat d’études obtenu, dans la papeterie de Fontaine-de-Vaucluse où ses parents sont ouvriers. C’est alors qu’il adhère aux Jeunesses communistes et rejoint la Résistance dans les rangs des FTP. En 1945, il est de nouveau ouvrier papetier et assume très vite des responsabilités syndicales et politiques à la CGT et au PCF. En 1948, il est secrétaire du comité d’entreprise des Papeteries Navarre puis secrétaire du groupement intersyndical du groupe, qui compte huit usines et 14 000 ouvriers. Au cours des années qui suivent, il marque de son empreinte le syndicalisme de ce secteur, au plan national comme au plan international. C’est à son initiative que se constitue le comité Hastingn qui réunit dans une sorte d’internationale du papier-carton des syndicalistes anglais, suédois, norvégiens, canadiens, japonais. Et en 1967, en créant l’Union des fédérations du livre et du papier-carton, il lance les jalons de ce qui deviendra vingt ans plus tard la Fédération des travailleurs des industries du livre, du papier et de la communication CGT dont il devient l’un des principaux dirigeants.

    Au niveau confédéral de la CGT, Oswald Calvetti participe aux côtés d’Henri Krasucki à la mise en place, de 1969 à 1985, du secteur de la politique revendicative de la CGT. Administrateur de l’Association générale de retraite par répartition en 1952, il devient un spécialiste du dossier des retraites. Il est délégué par la CGT au Conseil économique et social de la CEE de 1969 à 1973 puis siège, en France, au Conseil économique et social de 1973 à 1989. Et il devient vice-président de l’Unedic en 1975, avant d’être de 1985 à 1992 président de l’union confédérale des retraités CGT.

    Oswald Calvetti a été membre du comité central du PCF de 1954 à 1972.

    Ses obsèques ont lieu aujourd’hui à 14 h 30 à Lagnes dans le Vaucluse. Et un hommage public lui sera rendu dans la salle municipale de La Grange.

    Jacqueline Sellem


    notre syndicat FILPAC CGT vous informe du décés de notre camarade, Oswald Calvetti.

    Chers amis et camarades,

    Oswald Calvetti s’est éteint le 18 novembre

    C’est avec beaucoup d’émotion que je vous transmets cette triste nouvelle,

     

    Marie Hélène son épouse a indiqué que ses obsèques auraient lieu mercredi 23 novembre .

     UNE CÉRÉMONIE d’HOMMAGE EST ORGANISÉE À LAGNES (84800),

    MERCREDI 23 NOVEMBRE A 15 HEURES

    SALLE MUNICIPALE LAGRANGE ( à coté de la Mairie ) à LAGNES  84800.

    Comment te dire notre tristesse de te voir partir… tu reste unique et incomparable. A toi Oswald on doit tout et la nécessité de ta présence existe à un degré que l’on est seul capable de mesurer.
    nos pensées vont a la famille en ce moment difficile.

    Né le 6 août 1925 à Saint-Saturnin-lès-Avignon (Vaucluse) ; ouvrier papetier à l’usine de Galas dans le Vaucluse ; dirigeant du syndicalisme CGT du papier et du livre ; membre du comité central du Parti communiste français (1954-1974) ; membre du Conseil économique et social.

    Le grand-père paternel d’Oswald Calvetti, militant socialiste italien, ayant été menacé par le fascisme, prit le chemin de l’exil, bientôt imité par ses cinq enfants. La famille travailla à Saint-Saturnin-lès-Avignon puis à la papeterie de Fontaine-de-Vaucluse. Fils d’un couple d’ouvriers papetiers, Oswald Calvetti connaissait l’italien. Son père comme sa mère (née Gaspari) étaient communistes. Titulaire du certificat d’études primaires, le jeune Calvetti fréquenta le lycée d’Isle-sur-Sorgue pendant un an et demi, puis, en raison de la guerre, se fit embaucher dans la papeterie où travaillaient ses parents.

    Membre des Jeunesses communistes depuis 1944, Oswald Calvetti entra dans les FTP, groupe Jean Robert, et eut le grade de sergent dans les FFI. Il s’engagea « pour la durée de la guerre » et fut envoyé à Barcelonnette, où il combattit les Italiens, puis fut libéré en juillet 1945.

    Redevenu ouvrier papetier, il assuma les fonctions de secrétaire de la section de l’Isle-sur-la-Sorgue de l’Association des Francs-tireurs et partisans français en 1945. Après la guerre, il fit son service militaire comme caporal secrétaire comptable.

    Domicilié à Isle-sur-la-Sorgue, il travailla aux Papeteries Navarre, usine de Galas, où il fut très vite le principal responsable syndical CGT et le leader communiste. Secrétaire du syndicat CGT de Galas à partir de 1947, délégué du personnel, il fut, la même année, secrétaire adjoint du comité d’entreprise, puis secrétaire en 1948 et membre du comité central d’entreprise . Il devint le secrétaire du groupement intersyndical du trust Navarre qui groupait huit usines et quatorze mille ouvriers. Permanent à partir de 1950,

    Membre de la cellule communiste de Galas à partir de juin 1945, trésorier en 1946-1947, il siégea au comité de section et au comité fédéral du Vaucluse dès 1948. Il avait suivi une école de section en 1947 puis une école centrale de quatre mois d’octobre 1954 à février 1955. Jugé « intelligent », « travailleur », « combatif », mais avec des connaissances théoriques relativement faibles, il fut orienté vers le travail de masse. Lui-même manifestait son intérêt pour les questions administratives et d’organisation.

    Cependant l’importance de son action de terrain attira l’attention de la direction et il entra au comité central en 1954 comme suppléant, titularisé en 1956, il le quitta au XXe congrès en décembre 1972.

    C’est sur le plan syndical qu’Oswald Calvetti laissa les traces les plus fortes. À son initiative se constitua une internationale du papier-carton, le Comité Hasting (du nom de la ville où elle fut créée), où prirent place en premier lieu les Anglais, mais aussi les Scandinaves, les Suédois, les Norvégiens, les Canadiens et les Japonais. Il en fut un temps président. Il contribua au rapprochement des travailleurs du livre et du papier carton jusqu’à la création en mars 1967 de l’Union des fédérations du livre et du papier-carton, premier pas vers une fusion organique. Celle-ci se réalisa en 1986. Ce n’était pas un mince succès, papetiers et ouvrières du livre étant très éloignés par leur formation comme par leurs traditions syndicales. Calvetti fut un des principaux dirigeants de la FILPAC.

    Au plan confédéral, il s’occupa, auprès d’Henri Krasuki*, du secteur de la politique revendicative de 1969 à 1985 et suivit notamment la négociation de la retraite à soixante ans. Il restera un spécialiste des retraites et de retraites complémentaires : il présida ainsi l’AG2R. La CGT le délégua au Conseil économique et social de la CEE de 1969 à 1973 avec Livio Mascarello*, puis au Conseil économique et social français de 1973 à 1989.

    Vice-président de l’UNEDIC de 1975 à 1984, il fut président de l’Union confédérale des retraités CGT de 1985 à 1992.

    Il revint dans le Vaucluse en 1993, s’installa dans le village de Lagnes qui avait tant donné à la Résistance, et y anima l’ARAC et l’ANACR, tout en aidant l’Union locale CGT. La Légion d’honneur lui fut attribuée.


    Sarkozy casse le modèle social

    Sarkozy casse le modèle social français en fraude

    Tandis que le gouvernement instaure une journée de carence pour les fonctionnaires et une quatrième pour les salariés du privé, le président annonce une réforme du financement de la Sécu.

    « La fraude, c’est la plus terrible et la plus insidieuse des trahisons de l’esprit de 1945. C’est la fraude qui mine le fondement même de la République sociale », rien de moins !

    Candidat ou président ? Nicolas Sarkozy a en tout cas revêtu hier à Bordeaux le costume d’un « protecteur » du modèle social français, tout à la fois pour pourfendre les fraudeurs de la Sécu, assurer le SAV (service après-vente) de sa réforme des retraites qui aurait selon lui sauvé le système par répartition , et annoncer la mise en chantier d’une réforme du financement de la protection sociale.

    L’habillage est très « idéologique », sur le modèle de la campagne de 2007, avec maintes références au programme du CNR, au général de Gaulle et « aux frères d’armes » de la Résistance. Le terrain sur lequel s’engage le candidat-président paraît, au regard de ces évocations, plutôt décalé et même déplacé. Car c’est celui de la droite dite « populaire » et de l’extrême droite : les pauvres, ces « assistés », et les fonctionnaires comme boucs émissaires. Un terrain labouré depuis des mois par l’UMP.

    C’est bien au nom de la lutte contre la fraude que le ministre du Travail, Xavier Bertrand, proposait au même moment « l’instauration d’un quatrième jour de carence dans le secteur privé ». Une mesure, selon le ministre, qui représente une économie de 200 millions d’euros et « vise à responsabiliser davantage les assurés pour garantir un recours justifié aux arrêts de travail ».

    Dans la foulée, Xavier Bertrand annonce, « par souci d’équité, l’institution d’un jour de carence dans les trois fonctions publiques ». Dans le même ordre d’idées, il affirme que « les actions de contrôle des arrêts de travail, de courte et de longue durée, vont se renforcer ».

    « Il est inacceptable de désigner les salariés en arrêt maladie comme responsables des déficits de la Sécurité sociale ! » s’insurge la CFDT, qui fait remarquer que les indemnités journalières représentent 2,5 % du budget de la Sécu. Et rien n’est annoncé, ni par le président ni par ses ministres, pour lutter et pénaliser le travail non déclaré, responsable, selon les députés communistes, pour les deux tiers, des fraudes à la Sécurité sociale (voir ci-contre).

    Les discours contre la fraude ne servent qu’à justifier les mesures d’austérité supplémentaires qui vont frapper les salariés, les retraités et les chômeurs. Et ce qui se prépare à travers l’annonce d’une réforme du financement de la protection sociale n’est que la casse du système français, dont Nicolas Sarkozy se prétend le protecteur.

    Comme cela avait été le cas pour la réforme des retraites, il promet une concertation avec la création d’un conseil supérieur du financement de la protection sociale, mais ses choix semblent déjà faits. Il s’agit de peser sur « le coût du travail », qui aurait augmenté plus en France qu’en Allemagne. « Ne cherchez pas ailleurs les raisons des difficultés ! » a-t-il lancé. Et d’évoquer le recours à l’impôt pour abaisser les cotisations sociales.

    Le matin même, Laurence Parisot avait devancé le président de la République en présentant, au nom du Medef, « un nouveau pacte fiscal et social pour la compétitivité de la France ».


    Communiqué de la CGT

    Déclaration de Nicolas Sarkozy sur les fraudes sociales

    Nicolas Sarkozy s’est placé aujourd’hui en défenseur de l’esprit de 1945 et des fondements de la République sociale. C’est un comble venant de celui qui, depuis son élection, n’a cessé d’attaquer, par des réformes successives et autoritaires, ce qui fondait le pacte social.
    Il a mis systématiquement et méthodiquement à mal ce qu’il appelle la solidarité nationale.

    Aujourd’hui, il prétend s’engager dans une campagne de lutte contre les fraudes en se focalisant sur 4 milliards d’euros « qui échapperaient » aux caisses. Alors qu’en réalité le « rapport d’information parlementaire sur les fraudes sociales » pointe lui, une fraude s’élevant à 20 milliards d’euros.
    Ces 16 milliards manquant dans cette déclaration du jour relève des Entreprises (cotisations patronales et salariales non versées). Pourquoi ne les évoquent-ils pas ?

    Sous couvert d’une cure d’austérité, ce sont les salariés, les privés d’emploi et les retraités à qui l’on demande toujours plus de sacrifices, en abaissant le niveau de protection sociale. Le Gouvernement s’apprête à ajouter un quatrième jour de carence aux arrêts maladie dans le secteur privé et d’en instituer un dans la Fonction publique, après avoir décidé d’une taxe sur les complémentaires et instauré depuis 2004 de nombreuses franchises, des déremboursements de médicaments et de soins.

    Pour exemple, de plus en plus de gens renoncent à des soins, soit parce qu’ils sont insuffisamment couverts, soit parce que le système de santé est tellement désorganisé et dérégulé que les délais pour obtenir un rendez-vous et les dépassements d’honoraires sont dissuasifs. On constate que 24,3 % de ceux qui gagnent moins de 870 euros par mois renoncent 3 fois plus aux soins que ceux qui gagnent plus de 2 000 euros.

    Si le Président de la République annonce la création d’un Haut conseil au financement de la Protection sociale, c’est pour aussitôt baliser sa feuille de route sur le coût très élevé du travail et préparer le terrain pour une mise en pièce de la sécurité sociale. Simultanément le MEDEF prône l’instauration de la TVA sociale et une hausse de la CSG en lieu et place des cotisations à la Sécurité sociale.
    La CGT réserve sa position quant à sa participation à ce Haut conseil et confirme la nécessité d’élaborer une riposte unitaire aux offensives anti-sociales actuelles.

    Montreuil, le 15 novembre 2011


    L’esquive. Nicolas Sarkozy ses responsabilités dans la crise.

    Tout est bon pour essayer d’exonérer Nicolas Sarkozy de ses responsabilités dans la crise.

    Emploi, chômage… Même en cherchant bien, aucun de ces deux mots ne figurait dans le plan présenté la semaine dernière par François Fillon. « Vais-je conserver mon poste de travail ? » « Quel avenir professionnel pour mes enfants ? » Ces questions participent de la préoccupation numéro 1 des Français. Mais alors qu’approche la dernière année du quinquennat présidentiel, tout l’art de ce gouvernement consiste à tenter de désorienter le citoyen, de faire oublier les promesses du candidat Nicolas Sarkozy en 2007 et l’état de la France cinq ans après. « Politique du résultat », lançait alors à tout propos le nouvel hôte de l’Élysée… Qu’on en juge : le chômage est officiellement passé de 7, 7 % à plus de 9 %. Actuellement, quelque 4,4 millions de travailleurs sont privés d’emploi et la part des chômeurs de longue durée s’est accrue de plus de 7 % en un an. Ayant débuté sur une mystification, le mandat de Nicolas Sarkozy s’achève sur un échec majeur : l’activité de la France s’est ralentie, le monde du travail s’est appauvri cependant que les cadeaux pharamineux accordés au petit monde des affaires ont aggravé la situation financière de la France.

    Derrière la froideur des chiffres du chômage, dont il n’est un secret pour personne qu’ils seront une nouvelle fois mauvais pour le mois d’octobre, combien de vies brisées, d’êtres humains abîmés que les travailleurs de Pôle emploi, qui se sont mis en grève hier, ne parviennent plus à soutenir en raison des moyens largement insuffisants que leur accorde le gouvernement depuis la fusion entre l’ANPE et les Assedic.

    La faute à la Grèce ! La faute à la dette ! Tout est bon pour essayer d’exonérer Nicolas Sarkozy de ses responsabilités dans la crise, au plan national bien sûr mais aussi au plan européen. Car la politique de l’Union est décidée par ceux-là mêmes qui accablent leur propre pays sous les plans d’austérité. On est frappé par la convergence des « éléments de langage », comme disent les communicants, entre les discours tenus en France et en Allemagne. François Fillon s’est vanté de présenter un programme d’austérité le plus sévère qui ait été conçu depuis la Libération. Hier, la chancelière allemande, Angela Merkel, a affirmé, devant le congrès de son parti, la CDU, réuni à Leipzig, que l’Europe vivrait « son heure la plus difficile depuis 1945 ». On voit poindre derrière cette surenchère historique une même volonté d’en finir avec ce qui reste de positif dans les modèles sociaux des deux côtés du Rhin. La réunion des ministres de l’Agriculture, hier à Bruxelles, est fort instructive à propos de la conception que les eurolibéraux ont de la solidarité. Après avoir fait blocage à la poursuite du programme d’aide alimentaire aux plus démunis (PEAD), qui concourt à l’action des associations de solidarité comme les Restos du cœur ou le Secours populaire, Berlin a finalement accepté une prolongation de deux années, à condition qu’il soit « très clair » qu’à partir du 1er janvier 2014, « il n’y aura pas de politique sociale à l’échelle européenne ».

    En France, comme dans l’ensemble de l’Union, la soumission aux marchés financiers s’accompagne d’une campagne idéologique visant à contenir et à réfréner les envies d’un vrai changement. La course 
au triple A prime sur la création d’emplois et la croissance. Au nom de quoi, il n’y aurait pas motif 
à s’offusquer que la Grèce ait désormais un gouvernement où se côtoient des membres du Parti socialiste (Pasok) et des représentants de l’extrême droite… Dans un pays qui, il y a près de quarante ans, 
se libérait de la dictature des colonels.


    Le papetier Stora Enso dans le rouge

    stora.jpgLe papetier Stora Enso dans le rouge au troisième trimestre. Le groupe va encore réduire son personnel et ses capacités de production. (source : Caractère.fr)

    mercredi 2 novembre 2011

    Le groupe papetier finlandais Stora Enso a annoncé une lourde perte au troisième trimestre 2011 due à un élément exceptionnel attendu, tandis que des réductions de production et des licenciements temporaires sont prévus au trimestre prochain pour faire face à une baisse de la demande.

    De juillet à septembre, Stora Enso a enregistré une perte nette de 49,9 millions d’euros en raison de la banqueroute du papetier américain NewPage Corporation, qui était en train de lui racheter ses activités en Amérique du Nord et qui lui a coûté 128 millions, selon le rapport financier trimestriel.

    Sans cet élément exceptionnel, annoncé en septembre, le papetier aurait enregistré un bénéfice net de 78,3 millions, souligne le communiqué, qui rappelle que, sur la même période l’an passé, le groupe finlandais avait dégagé 194,3 millions de bénéfice.

    Au trimestre écoulé, Stora Enso a enregistré un chiffre d’affaires en hausse de 4,4% sur un an à 2,7 milliards d’euros conforme aux attentes. « Nous avons terminé le troisième trimestre comme prévu. Nos secteurs d’activités ont eu les rendements attendus, mais pas nos entreprises associées, en particulier en raison de l’impact du change », souligne le directeur général Jouko Karvinen.

    « Dès le début du quatrième trimestre, nos clients et nous mêmes allons réduire les stocks et nous allons donc encore intensifier les réductions de production », a-t-il ajouté, en précisant que « des licenciements temporaires sont prévus » et vont être négociés.

    La banqueroute du papetier américain NewPage coûte cher à Stora Enso

    C’est une douche froide qui a surpris les milieux financiers lors de la publication des comptes du 3ème trimestre du groupe papetier finlandais Stora Enso.

    La société a en effet annoncé une perte nette de près de 50 millions d’euros, suite à la banqueroute du papetier américain NewPage Corporation, qui devait lui racheter pour 128 millions de dollars ses activités nord-américaines.

    Sans ce résultat exceptionnel imprévu, Stora Enso aurait enregistré un résultat net de 78 millions d’euros, son résultat, un an plus tôt sur la même période, s’établissant à 193 millions.

    En terme d’activité, le chiffre d’affaires trimestriel du groupe papetier s’est élevé à 2.7 milliards, en croissance de 4,4%.

    Pour le 4ème trimestre, Stora Enso anticipant une baisse d’activité, a prévu de mettre en place de nouvelles mesures de réduction des coûts, qui passeront notamment par des licenciements temporaires.


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