En grève générale, les Portugais résistent à la casse du code du travail

En grève générale, les Portugais résistent à la casse du code du travail

Importante journée de grève générale et de manifestations ce jeudi au Portugal à l’appel du principal syndicat qui espère une forte mobilisation contre les mesures d’austérité du gouvernement responsables de la récession et du chômage.

« Manif », « Grève générale », « Basta » peut-on lire à Lisbonne sur les très nombreuses affiches, collées les jours précédents par les militants de la CGTP, le principal syndicat portugais. « Nous sommes convaincus que nous aurons un taux de participation significatif », a assuré Arménio Carlos, le leader de la CGTP qui rassemble quelque 600 000 sympathisants. Beaucoup de Portugais se disent en effet solidaires des grévistes. Et ce malgré le fait que la CGTP se soit lancée seule dans la bataille, sans le soutien de l’autre grande centrale syndicale, l’UGT, qui l’avait pourtant épEn grève générale, les Portugais résistent à la casse du code du travail dans SOCIAL-ECO greve-portugal-21-300x150aulée lors deux précédentes grèves générales de novembre 2010 et novembre 2011. La CGT est restée inflexible contre la réforme du code du travail qui prévoit l’assouplissement du marché du travail en matière d’horaires et de licenciements et la suppression de jours fériés et de jours de congés, ce que l’UGT avait accepté.

Les mesures d’austérité du gouvernement ont provoqué un ralentissement de l’économie portugaise qui, selon des prévisions officielles, devrait, cette année, se contracter de plus de 3% tandis que le taux de chômage devrait s’établir à 14,5%.

La grève touche particulièrement les transports dans les principales villes du pays où des manifestations étaient prévues dans l’après-midi. A Lisbonne, le métro et les navettes fluviales reliant les deux rives du fleuve Tage étaient à l’arrêt tandis que l’activité dans les principaux ports du pays devait être réduite. L’activité dans l’ensemble des services publics est également fortement perturbée, signe que la mobilisation est forte, même si moindre que ce qu’on a pu voir en Grèce.

Bernard Thibault, secrétaire général de la  CGT, a apporté tout son soutien à la CGTP : « Vos propositions sont justes : recréer et redistribuer des richesses dans le pays, et par conséquent revaloriser salaires et retraites, sont seuls aptes à redresser le cap. C’est d’ailleurs l’argumentation de la CGT : les marchés financiers ont pris le pas sur nos économies nationales et cela est inacceptable. Le nouveau Traité européen – que nous avons décidé de combattre ensemble au sein de la CES – ne ferait qu’augmenter encore les mesures d’austérité envers les salariés et les populations modestes. C’est pour toutes ces raisons que nous sommes à vos côtés et aux côtés des salariés portugais pour ce grand moment de mobilisation.

 » Lire le communiqué en entier.



Cinq ans de casse sociale : le bilan du quiquennat de Sarkozy par la CGT

Cinq ans de casse sociale : le bilan du quiquennat de Sarkozy par la CGT dans SOCIAL-ECO chomeurscgt_01-300x150Cinq ans de casse sociale : le bilan du quiquennat de Sarkozy par la CGT

 

Document. Nouveau Traité européen, salaires, hausse de la TVA, emploi… La CGT fait un bilan au vitriol du quinquennat de Nicolas Sarkozy,  fustigeant son « échec total sur l’emploi et sur la politique  industrielle » ou « la casse du système de protection sociale », à un mois  du premier tour de l’élection présidentielle.

 

« Au vu du bilan et des projets du président de la République, sa   réélection ouvrirait, à coup sûr, une nouvelle séquence de lourds reculs   sociaux », estime la CGT.

Dans un document, édité à un million d’exemplaires, titré « changer de politique, conquérir la justice sociale » publié vendredi sur  son site internet, le syndicat explique ne pouvoir être neutre « au  regard de la gravité de la situation ». Il n’appelle pas à voter pour un candidat en particulier mais à  faire échec « aux idées véhiculées par le Front national et banalisées  par d’autres ».

Parmi ses nombreux griefs : la réforme des retraites de 2010, le  « nouveau traité européen qui généralise l’austérité », l’absence de « coup  de pouce » au smic ou aux retraites, la hausse de la TVA le 1er octobre  prochain ou les suppressions de postes de fonctionnaires. Le chef de l’État est très critiqué sur son bilan pour l’emploi,  puisque la CGT rappelle que « le taux de chômage est passé de 8 à 9,4 % ». La CGT reproche également au candidat-président d’avoir supprimé la   Haute autorité contre les discriminations (Halde) en créant le Défenseur   des Droits.

Quant au programme de Nicolas Sarkozy, « ce serait plus  d’austérité pour les salariés et les retraités, l’accroissement des  inégalités entre les femmes et les hommes, une culpabilisation éhontée  des privés d’emploi, la stigmatisation des travailleurs migrants et  immigrés, la mise en cause du rôle des organisations syndicales  considérées comme obstacles à ses projets », poursuit la CGT.

Le syndicat réaffirme enfin « ses dix exigences pour  sortir de la crise », dont la revalorisation du Smic à 1.700 euros, la  suppression des heures supplémentaires défiscalisées, la taxation de la  spéculation et une réforme fiscale.

 

>>> Voir le document de la CGT sur le bilan du quinquennat de Sarkozy

 



Chiffres du chômage : nouveau record en décembre

Le chômage a poursuivi sa hausse en décembre en France pour atteindre son plus haut niveau depuis septembre 1999, selon les chiffres publiés mercredi par le ministère du Travail et Pôle Emploi.

Le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A (ceux n’ayant exercé aucune activité) a augmenté de 29.700 (+1,0%) le mois dernier en France métropolitaine pour s’établir à 2.874.500. Sur un an, la hausse est de 5,6%.

En ajoutant les personnes exerçant une activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 0,6%, soit 25.900 personnes de plus, pour atteindre 4.270.700. Sur un an, la hausse est de 5,6%.

Avec les départements d’Outre-mer, le nombre de demandeurs d’emploi s’établit à 4.537.800, un chiffre sensible à trois mois de l’élection présidentielle. La hausse a été particulièrement vigoureuse pour les personnes âgées de plus de 50 ans et, dans une moindre mesure, pour les moins de 25 ans.

En catégorie A, le nombre de demandeurs âgés de moins de 25 ans a ainsi progressé de 1,3% (+2,8% sur un an) contre 0,7% pour les 25-49 ans (+3,2% sur un an) et 2,0% pour les plus de 50 ans (+16,0% sur un an). En catégories A, B et C, ce nombre a augmenté de 0,5% pour les moins de 25 ans (+2,5% sur un an), de 0,4% pour les 25-49 ans (+3,5% sur un an) et de 1,5% pour les 50 ans et plus (+15,5% sur un an). Le nombre des chômeurs de longue durée (inscrits depuis un an ou plus) augmente autant que celui des autres demandeurs d’emploi, soit +0,6% pour les catégories A, B et C (+6,2% sur un an) contre +0,6% (+5,2% sur un an).

En parallèle, le nombre des offres a baissé de 5,5% en métropole. L’Insee a annoncé le 1er décembre que le taux de chômage au sens du Bureau international du Travail (BIT) avait augmenté de 0,2 point au troisième trimestre à 9,3% en métropole (9,7% en incluant les départements d’outre-mer). Dans sa note de conjoncture publiée le 15 décembre, l’institut de la statistique estimait que le taux de chômage pourrait dépasser 10% sur la totalité du territoire d’ici juin 2012

En 2011, les demandeurs d’emplois sans activité sont 152.000 de plus qu’en 2010. Il faut en ajouter 225.200 de plus en comptant ceux qui ont exercé une activité réduite sur l’année.




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Mélenchon et Thibault prêts à lutter contre le « sommet anti-social »

Le sommet social de mercredi convoqué par Nicolas Sarkozy ne passera pas comme une lettre à la poste. Invité ce mardi au siège de campagne du Front de gauche, Bernard Thibault est tombé d’accord avec ses hôtes Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent pour prôner d’autres solutions à la crise que les remèdes d’austérité libérale que s’apprête à asséner le chef de l’Etat à l’issue de son sommet « anti-social » de mercredi

Le candidat du Front de gauche s’est dit « très ému et honoré » que la CGT « ait eu l’élégance de venir à notre siège de campagne », soulignant que cette rencontre avait pour intention de « démonter la comédie qu’a préparée le chef de l’Etat avec son soi-disant sommet social » qui va « tourner en eau de boudin ». Conclusion: ce sera « encore plus d’austérité », a-t-il dit, qualifiant Nicolas Sarkozy d’ »homme aux abois qui gesticule comme quelqu’un en train de se noyer ».

A ses côtés, Bernard Thibault a salué « l’honnêteté intellectuelle de Jean-Luc ». Il a rappelé « l’aspiration très répandue dans nos rangs à un changement de président de la République et à un changement de comportement des élus politiques à l’égard du fait syndical » au regard de la manière dont s’est préparé ce sommet qui s’annonce « anti-social ».

Thibault: « Mercredi, j’y vais à l’offensive »

Mais, mercredi à l’Elysée, « j’y vais à l’offensive », a assuré le responsable cégétiste, déplorant que le président « ne retienne que les revendications patronales ». « Ils ont justifié des plans de rigueur au motif de vouloir conserver les 3 A » et maintenant que la note a été dégradée, ils vont « nous expliquer qu’il va falloir » continuer, a-t-il dit, appelant à manifester mercredi. Le leader de la CGT a dénoncé l’ »attitude schizophrène du gouvernement » face au triple A, jugeant que « la conclusion est la même à chaque fois, plus d’austérité pour les salariés ». « S’il y a des économies à faire, je suggèrerai peut-être demain d’arrêter les subventions de l’Etat aux agences de notation! ».

D’accord pour le SMIC à 1700 euros

Le candidat à la présidentielle a noté plusieurs « convergences » avec le secrétaire général de la CGT, notamment sur le « danger » de « renversement de la hiérarchie des normes, qui mettrait non pas la loi ni la convention collective au-dessus de tout, mais l’accord individuel ou d’entreprise »: « Ce serait un renversement inouï dans lequel les salariés seraient broyés ».

Nous avons aussi une « perception commune du danger de récession que comporte la politique du gouvernement » qui se refuse à augmenter les salaires, nécessaire à la « relance de l’activité », a souligné M. Mélenchon, se félicitant d’avoir dans son programme des mesures « empruntées » à la CGT, comme le « salaire minimum à 1.700 euros ». Enfin, comme une pique à François Hollande, il a dit leur « accord absolu » sur le « retour de plein droit à la retraite à 60 ans ».

Chômage : «courage fuyons!» est le maître mot du gouvernement

En novembre, 51 800 personnes supplémentaires se sont inscrites à Pôle emploi, portant le nombre total des privés et demandeurs d’emploi à 4244 800, soit une hausse de 5,6% sur un an. C’est le niveau le plus élevé depuis douze ans.

N’est-ce pas pourtant le ministre du travail qui avait promis  de faire passer ce taux sous la barre des 9% à la fin 2011 en prenant appui sur le « grand emprunt » de Nicolas Sarkozy ?

Alors que les experts s’attendent à un résultat « catastrophique » pour

2012 avec un taux de chômage qui pourrait être compris entre 10,4% et 10,7%, le gouvernement s’empresse de mettre son échec sur le compte du « ralentissement de la croissance ».

« Courage fuyons » est bien le maître mot de ce gouvernement.

Pour la préservation du « AAA » l’Élysée et Matignon multiplient les plans d’austérité qui, faisant reculer la demande et la croissance jusqu’à la récession, enveniment le chômage, creusent les déficits et les dettes publics avec un gâchis monstrueux de l’argent des contribuables.

En plus de sa visée évidemment électoraliste, le sommet social du 18 janvier prochain voulu par le chef de l’État aura pour but de redoubler dans les allègements de cotisations sociales patronales et d’engager une baisse des salaires nets. Au nom de la sauvegarde de leur emploi et sous pretexte de compétitivité, les travailleurs seront soumis au chantage pour consentir des sacrifices de  rémunération.

Plutôt que de s’attaquer au coût du travail, le gouvernement ferait mieux de combattre les 318 milliards d’euros versés par les sociétés non financières en intérêt aux banques et en dividendes aux actionnaires en 2010.

Moduler l’impôt sur les sociétés et le taux des cotisations sociales afin d’inciter les entreprises à développer la valeur ajoutée, les formations, les salaires et l’emploi, en pénalisant les entreprises qui délocalisent, développent leurs placements financiers, ou se servent des nouvelles technologies pour supprimer des emplois et dégrader les conditions de travail. De nouveaux pouvoirs de contrôle et de décision doivent être donnés aux CE et aux délégués du personnel.

Il faut créer les conditions pour imposer aux banques le financement, à des taux d’intérêt faibles de projets porteurs d’un renforcement de l’emploi, de la qualification et du potentiel de création de valeur ajoutée dans les territoires.

Cela peut se faire au niveau local, avec des Fonds publics régionaux et au niveau national, avec un pôle financier public, et européen, qui permettrait une réorientation de la politique monétaire de la BCE maitrisable par les parlements européen et nationaux .

La France n’est pas au bord de la faillite

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Les pistes du Conseil économique, social et environnemental pour restaurer la confiance.

Dégager l’économie de l’emprise des marchés financiers et « replacer la confiance au cœur du pacte républicain » est devenu une constante des rapports et des avis portés par le Conseil économique, social et environnemental. L’assemblée examine aujourd’hui en séance plénière son rapport annuel sur « l’État de la France ». En près de 200 pages, le Cese prend le contre-pied de la morosité ambiante, soutient que la France possède de nombreux atouts et se propose d’évoquer quelques « futurs souhaitables ». Partant du principe que la crise économique qui sévit depuis 2008 est « globale et systémique », qu’elle se double d’une « crise écologique », le Cese en appelle moins à colmater les brèches qu’à repenser un modèle de développement et de régulation. « Comme toute crise, ce contexte ouvre des opportunités », suggère l’avis.

Le rapport prend le contre-pied du scénario catastrophe que nous impose le gouvernement sur la dette publique. Comparées à l’ensemble du patrimoine de la France et des Français, estimé à 20 000 milliards d’euros, les dettes pèsent pour 4 000 milliards. La seule question qui vaille est donc de s’interroger « sur la répartition de ces moyens et sur leur utilisation pour préparer l’avenir », estime le Cese. « Il n’est plus possible de proposer un projet collectif pour la France sans donner l’assurance concrète que le fardeau sera supporté équitablement », suggère André-Jean Guérin, rapporteur du projet d’avis. Des services publics, une démographie dynamique, un territoire diversifié, un réseau d’infrastructures développé, des entreprises performantes, une activité culturelle reconnue ou encore « une longue tradition d’accueil de populations immigrées » sont autant d’atouts sur lesquels s’appuyer pour « rééquilibrer nos finances publiques sans sacrifier l’essentiel de l’action de l’État ».

L’Europe perdue…

L’Europe perdue…

S’il était imposé 
aux peuples, 
le pacte conçu par l’axe Berlin-Paris consacrerait l’Europe « austéritaire ».

« Et si le pire était derrière nous ? » Depuis l’accord conclu par 
le Conseil européen, vendredi 
à Bruxelles, quelques commentateurs 
de la médiacratie n’hésitent pas à prendre leurs désirs pour des réalités. Ainsi donc, à l’issue du seizième sommet « de la dernière chance » depuis le début de la crise, les Européens pourraient pousser un « ouf » de soulagement… La bonne blague ! Même Angela Merkel, à qui l’on prête l’hégémonie morale sinon technique de l’accord, ne le cache pas : « On ne réglera pas la crise en un seul sommet. » Une conviction bien pertinente. Car si le pacte intergouvernemental imposé par l’axe Berlin-Paris devait aboutir dans quelques semaines, avec son ultrarigueur budgétaire et un rôle de pare-feu accru confié au FMI, autant dire qu’il signerait une nouvelle victoire des marchés sur les peuples tout en consacrant l’Europe « austéritaire » qui nous conduit tout droit à la catastrophe. Vingt ans après la signature 
de Maastricht, le « traité » de Bruxelles graverait dans 
le marbre l’union économique. Pas n’importe laquelle : celle de la génuflexion devant les dictateurs de la finance !

L’enjeu est absolument majeur. Tandis que 
les puissants de ce monde œuvrent activement dans l’ombre pour reféodaliser les États-nations 
et anéantir définitivement ce qu’il reste des souverainetés populaires, l’OPA hostile des financiers sur 
les démocraties est d’autant plus insupportable que 
la Sainte-Alliance entre Merkel et Sarkozy contre les peuples ne vise précisément qu’à « rassurer les marchés », comme s’il s’agissait désormais de l’unique pierre philosophale de toute vision politique au XXIe siècle ! « Merkozy », ce couple infernal issu de l’ordo-libéralisme, mettra tout en œuvre pour passer outre l’anticonstitutionnalité de leurs propositions, en France comme en Allemagne. 
Leur ligne de conduite ? L’opacité. Leur stratégie ? Un 18 brumaire à l’échelle de l’UE. Leur but ? L’inégalité. Et leur principale victime ? L’Europe, dont le rêve se meurt. Soumis au diktat de l’internationale de la finance qui installe son propre personnel à la tête des gouvernements, bientôt les Européens eux-mêmes en détesteront jusqu’à l’idée. L’Europe risque de tout perdre, mais sachez-le. Nous n’avons pas à nous excuser d’avoir eu mille fois raisons depuis l’acte unique, comme nous avions aussi raison, en 2005, d’anticiper les conséquences dramatiques du traité constitutionnel, ripoliné en traité de Lisbonne. Et cette fois encore, nous n’avons pas tort d’affirmer avec force que les décisions prises vendredi à Bruxelles ne vont pas résoudre la crise : elles vont l’aggraver ! La négation de l’opposition capital-travail est une impasse tragique – les socialistes feraient bien d’y réfléchir – et l’austérité constitutionnalisée va plonger les peuples dans la misère, risquant de déboucher sur une crise sociale aux multiples scénarios. Récession économique 
se conjugue souvent avec régression démocratique…

Petit rappel pour l’histoire. En 1945, la France affichait une dette de 145 % de son PIB. Moins de trente ans plus tard, notre nation s’enorgueillissait d’en avoir remboursé le dernier franc. Cet effort sans précédent fut possible par une politique de croissance soutenue, par le lancement de grands programmes industriels et infrastructurels, par le rôle pivot et actif de 
la Banque de France, etc. Précisons que cette ambition ne se réalisa pas par la réduction des prestations sociales mais au contraire par leur généralisation, arrachée de hautes luttes ! Et l’on voudrait aujourd’hui nous faire avaler l’inflexibilité de la BCE, la poursuite de la libéralisation sauvage et des privatisations, voire l’inéluctabilité de notre déclin social ? Qu’on se le dise. Il n’en est pas question !

Sommet social de janvier. Une nouvelle phase de déréglementation

cgtvide.jpgnew0361.gifLa Cgt appelle les salariés à se mobiliser dès le 13 décembre

Ville : ROUEN
Lieu : Manifestation Cours Clemenceau Meeting à 12h00 devant la Préfecture
Heure : 10h30. Manifestation Cours Clemenceau
Organisation : CGT, FSU, UNSA, FO

La Cgt appelle les salariés à se mobiliser dès le 13 décembre

Dans son discours prononcé à Toulon hier, Nicolas Sarkozy a annoncé un somment réunissant syndicats et employeurs sur l’emploi en janvier.

Le cadre dans lequel s’inscrit cette annonce est limpide. Il tente de sauver une construction financiaro-économique qui apparaît à bout de souffle. Sa dénonciation de la financiarisation ne s’accompagne d’aucune critique des stratégies des banques. Au contraire, il dédouane banquiers et assureurs, avoue son impuissance à modifier le rôle de la BCE.

La question d’un partage plus juste et plus efficace des richesses n’est pas posée. Le cœur du système est protégé. Les détenteurs de capitaux peuvent dormir tranquilles.

Loin de répondre à l’aspiration commune d’une Europe sociale défendue par les syndicats européens, Nicolas Sarkozy préconise plus de discipline budgétaire, c’est-à-dire plus d’austérité pour les peuples pendant que les marchés et la spéculation continuent de dicter leur loi.

Ainsi, après avoir brocardé une nouvelle fois les 35 heures et la retraite à 60 ans devant une salle acquise à sa cause, le président de la République a demandé à nouveau des « efforts » aux salariés. Le président de la République prône « la levée des tabous qui freinent la compétitivité des entreprises françaises ».

En fait, à l’image des autres gouvernements européens qui s’efforcent de laminer les droits et conventions collectives qui protègent les salariés, le président de la République entend convoquer les syndicats en janvier pour imposer une nouvelle phase de déréglementation sociale.

Ainsi, le MEDEF préconise un transfert de 80 milliards de cotisations sociales sur le contribuable et le consommateur. Le discours présidentiel marque un assentiment à ce nouvel allègement massif du « coût du travail » au profit des actionnaires.

Parallèlement, le MEDEF revendique « la fin de la durée légale du temps de travail ». L’affirmation du président de la République indiquant « il vaut mieux travailler plus que de gagner moins » sonne comme un accord avec les revendications patronales.

A l’évidence, en l’absence de mobilisation forte des salariés, ce sont les revendications patronales qui seront au menu des discussions.

Il faut agir. C’est pourquoi la CGT appelle ses organisations à renforcer la préparation unitaire de la journée d’action du 13 décembre pour que les salariés se fassent entendre des décideurs par des rassemblements et des manifestations.

Le prix du gaz devrait à nouveau flamber

gazhausse.jpgLe prix du gaz devrait à nouveau flamber

La décision du Conseil d’État de suspendre l’application du gel des tarifs du gaz de GDF Suez, à la suite d’une saisine en référé par des concurrents du géant gazier français, risque d’avoir pour conséquence une augmentation de la facture de près de 10 millions de ménages.

Alors que le ministre de l’Energie, Eric Besson, avait assuré la semaine dernière qu’il n’y aurait pas d’augmentation des prix du gaz d’ici les élections présidentielles, le juge des référés du Conseil d’État vient de prendre une décision contraire en demandant la suspension de l’application de l’arrêté du 29 septembre 2011 qui gèle les tarifs réglementés de vente de gaz pour les particuliers. Dans sa décision publiée lundi, la plus haute juridiction administrative relève notamment un « doute sérieux sur la légalité » de la décision du gouvernement, à qui elle donne un délai d’un mois pour se prononcer à nouveau sur les tarifs reglementés.

Les juges administratifs étaient saisis par des concurrents de GDF Suez, comme Poweo, Direct Energie ou Altergaz regroupés au sein de l’association Anode, qui contestent le gel des prix du gaz pour les particuliers décidé par le gouvernement. Selon Anode, l’arrêté n’a pas appliqué la formule de calcul du tarif qui aurait mécaniquement conduit à une augmentation des tarifs pour le consommateur. Dans un communiqué, le Conseil d’Etat leur donne raison, soulignant qu’un « gel durable des tarifs réglementés de GDF Suez est de nature à créer un phénomène de ciseau tarifaire selon lequel les coûts complets de ces opérateurs seraient supérieurs aux tarifs réglementés de GDF Suez ». Ce gel est surtout de nature à affecter leurs marges. De son côté, GDF Suez, qui estime son manque à gagner à 400 millions d’euros au deuxième semestre, a lui aussi attaqué l’arrêté de l’Etat devant le Conseil d’Etat.

Conséquence, ce sont près de 10 millions de Français qui pourraient voir ainsi leur facture de gaz augmenter en ce début d’hiver… En effet, selon la Commission de régulation de l’Energie (CRE), qui contrôle le calcul des prix de l’énergie, les prix auraient dû augmenter « de 8,8% à 10% ».

Nouvelle tête et nouveaux objectifs à Pôle Emploi

Le bureau de l’Unédic a validé ce lundi une nouvelle feuille de route pour ces trois prochaines années et nouveau dirigent pour Pôle emploi. Les nouvelles priorités : l’accompagnement des chômeurs dans la recherche d’emploi, la décentralisation et la baisse des coûts.

Le bureau de l’Unedic a validé le nouveau cahier des charges du service public de l’emploi, qui doit ensuite passer devant le conseil d’administration de Pôle emploi à la fin de la semaine. Dans un même temps, Jean Bassères, 51 ans, verra sa candidature à la tête de l’agence soumise à ce même CA. Il devrait ainsi remplacer à partir de janvier Christian Charpy, l’artisan de la fusion ANPE-Assedic, dont le mandat s’achève.

Trois nouveaux « objectifs » ont été redéfinis, par de superbes éléments de langage : à commencer par une « personnalisation de l’offre de services », avec un accompagnement selon les besoins, très divers d’un demandeur d’emploi à l’autre. Le deuxième maître-mot est décentralisation – après la première phase de trois ans qui a demandé à l’inverse « un pilotage resserré » – pour donner plus d’autonomie au service public de l’emploi. Le troisième est appelé « poursuite des efforts de rationalisation » et « l’optimisation des moyens » voulue avec la fusion de l’ANPE, qui accompagnait les chômeurs, et des Assedic, qui assuraient l’indemnisation.

Autrement dit : plus de pression, plus d’autonomie (« débrouillez-vous »), et encore moins de moyens. L’Etat continuera d’apporter 1,36 milliard d’euros au budget de Pôle emploi et l’Unedic de verser « 10% de l’assiette des contributions encaissées », comme les cotisations d’assurance chômage, soit plus de 3,024 milliards pour 2012, selon le texte de la convention.  Ce ne sera pas suffisant, selon des prévisions révélées en septembre, le budget de Pôle emploi devait frôler 125 millions d’euros de pertes cette année, après plus de 185 millions en 2010. Le SNU (principal syndicat à Pôle emploi) rend l’Etat responsable de ce trou financier en raison de divers transferts de charges non financés et de choix « politiques ». Et la hausse constante du chômage ne devrait pas aider cette « optimisation des moyens » (lire là dessus : Pôle emploi au bord de l’explosion).

Pour les chômeurs, le délai de quatre mois entre l’entretien d’inscription et le contact suivant pourra être fortement raccourci pour les personnes les plus éloignées de l’emploi, qui se verront proposer un entretien mensuel.  Par ailleurs, un bilan approfondi devra être fait au 9ème mois avec tous les demandeurs d’emploi pour « prévenir le chômage de longue durée ».

Hausse du chômage, c’est encore les précaires qui trinquent

C’est un nouveau record : le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, à savoir ceux n’ayant exercé aucune activité au cours du mois, a augmenté de 34400 (+1,2%) en France métropolitaine le mois dernier pour s’établir à 2814900. Ce sont avant tout les contrats précaires et les plus de 50 ans qui en pâtissent.

A ces 34400 nouveaux chômeurs, il faut ajouter les personnes exerçant une activité réduite (catégories B et C), dont le nombre de demandeurs d’emploi signe une progression de 0,4%, soit 17.200 personnes de plus en un mois, pour atteindre 4.193.000. En rythme annuel, la hausse pour ces trois catégories confondues est de 5,2%. Avec les départements d’outre-mer, ce nombre s’établit à 4.459.400. La hausse est constante depuis le mois de mai dernier.
Depuis le début de cette année, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a progressé de 91.500 et ceux ayant une activité réduite de 147.500.

Dans l’Humanité du mardi 29 novembre, retrouvez toutes nos analyses sur l’état de l’emploi en France, sur la croissance, mais aussi les idées des salariés d’Arkema et Fralib pour sauvegarder l’emploi industriel.

La CFDT analyse cette augmentation ainsi : « La hausse du chômage touche d’abord les salariés qui ont des contrats précaires » et « des secteurs qui avaient été épargnés en 2008 et 2009 – services à la personne, banques, secteurs associatifs- sont désormais concernés ». Pour le syndicat, il est urgent d’agir. Dans son communiqué, Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT chargé de l’emploi interpelle Xavier Bertrand, ministre du Travail : il faut « une réaction à la mesure de la situation: mise en place d’un plan de soutien à l’emploi, avec des dispositifs de chômage partiel, de formation et de cellule de reclassement, pour les salariés menacés, en particulier les plus précaires ». « Ces mesures pourraient être financées par les 4 milliards d’euros que rapporterait la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires ».
La CFDT préconise aussi « un soutien spécifique à l’emploi des jeunes » et appelle le gouvernement à abonder par un « financement conséquent » les mesures prises au printemps dernier par les syndicats et le patronat qui ont « débloqué plus de 200 millions d’euros » en faveur de l’emploi des jeunes.

Pour Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière (LO) à la présidentielle le gouvernement est « un sinistre pompier pyromane » qui mène une politique d’austérité alors que le nombre de demandeurs d’emploi a encore augmenté en octobre. « Chaque semaine, des grandes entreprises annoncent de nouveaux plans de licenciement. Et face à la crise, le gouvernement n’en a eu que pour les capitalistes, sous forme de subventions, d’avantages fiscaux et de suppressions de charges. En revanche, les travailleurs n’ont eu droit qu’à l’austérité »

Interview de Bernard Thibault – « Le président de la République dessine une mise en pièce de la Sécu

thibault3.jpgInterview de Bernard Thibault – « Le président de la République dessine une mise en pièce de la Sécu ! »

jeudi 24 novembre 2011

Interview de Bernard Thibault

« La dette, un alibi facile pour justifier les régressions »

« Le président de la République dessine une mise en pièce de la Sécu », affirme le secrétaire général de la CGT. Il appelle les salariés à exercer leurs droits de citoyens et à être aussi les acteurs des mobilisations syndicales.

L’Humanité : L’intersyndicale vient de décider une campagne d’information du 1er au 15 décembre avec un temps fort de rassemblements le 13. Est-ce que ce n’est pas insuffisant au regard des mesures prises par le gouvernement ?

Bernard Thibault. Il est indispensable que les syndicats, les salariés apparaissent dans une démarche unie pour contester les mesures d’austérité décidées d’autorité par le gouvernement. Des pans entiers du contrat social sont aujourd’hui remis en cause de façon unilatérale.

C’est grave pour la démocratie. On constate qu’en Grèce ou en Italie, c’est sous la pression des agences de notation que se fait la désignation des chefs d’état. Il y a besoin d’une opération vérité. Non seulement ces mesures ne sont en aucun cas susceptibles de nous faire sortir de la crise, mais elles ne vont qu’amplifier les risques d’une récession.

Les ripostes syndicales s’organisent le 24 novembre au Portugal et en Bulgarie, le 30 novembre en Grande-Bretagne, le 2 décembre en Belgique

Peut-on lutter contre les agences de notation ?

Bernard Thibault. Ce n’est pas un phénomène naturel qui conduit les agences de notation à faire la pluie et le beau temps. Les chefs d’état l’ont organisé. Il y a une hypocrisie de la part de Nicolas Sarkozy qui tantôt dit pis que pendre de ces agences, annonce la fin du capitalisme financier et la disparition des paradis fiscaux dès 2009, pour aujourd’hui développer une argumentation opposée : il faudrait s’agenouiller devant ces agences qui seraient les révélateurs de la bonne santé de l’économie. En réalité, elles sont les révélateurs d’une économie spéculative au service des investisseurs internationaux et de leurs actionnaires.

Est-ce que les salariés sont prêts à se mobiliser ?

Bernard Thibault. Ils s’interrogent sur ce que l’on peut faire pour arrêter cette spirale insupportable. Il y a des échéances électorales qui peuvent laisser croire que tout va se trancher à cette occasion. Ce sera naturellement un moment important.

Mais compte tenu de ce à quoi nous sommes confrontés, il faut dire les choses clairement : quelles que soient les majorités politiques, la pression des agences de notation ne va pas disparaître ; l’exigence de rentabilité financière qui règne dans les entreprises, le chantage des marchés à la réduction des dépenses publiques qui minent le contrat social ne vont pas s’arrêter en mai 2012.

Les salariés doivent se mobiliser.

Le 13 décembre est conçu pour cela. Le président de la République dessine une mise en pièces de la Sécurité sociale. J’alerte sur la portée de l’offensive en cours pour changer les mécanismes de financement de la Sécurité sociale : ce fameux transfert des cotisations sur l’impôt revendiqué par le Medef et relayé par Nicolas Sarkozy est un anéantissement des principes de base de la Sécurité sociale. Notre pays a les moyens de s’extraire de la pression des marchés financiers. Nous préconisons la mise en place d’un pôle financier public dont une des vocations serait d’assurer les besoins des pays.

Vous critiquez les mesures d’austérité mais il faudra bien résoudre le problème de la dette.

Bernard Thibault. Désormais, la dette sert d’alibi facile pour justifier toutes les régressions. Le président de la République a prononcé début novembre, à Strasbourg, une phrase révélatrice de sa démarche : « La crise va créer beaucoup de souffrances mais ce peut être une opportunité pour notre pays de prendre des mesures qu’il n’aurait jamais acceptées. »

D’où cette volonté de noircir le tableau.

Si Nicolas Sarkozy veut chasser les principaux voleurs et fraudeurs de notre pays, la CGT sera à ses côtés et peut lui désigner quelques cibles. Déjà en 2006, l’UMP analysait que 10 à 12 % des entreprises étaient en infraction par rapport à leurs obligations vis-à-vis de la Sécurité sociale, que 5 à 7 % des salariés n’étaient pas déclarés par les entreprises.

Le travail dissimulé représente toujours entre 8 et 15 milliards d’euros de vol de la Sécu, la sous-déclaration des accidents du travail et maladies professionnelles 1 milliard. 80 % des fraudes sont l’œuvre d’établissements de santé et de certains professionnels, pas des assurés.

On supprime des postes de fonctionnaires chargés de faire reculer la fraude fiscale qui représente 45 à 50 milliards d’euros Au nom des déficits, on s’attaque au noyau dur du contrat social : la Sécurité sociale, les retraites, le temps de travail.

Vous parlez de « mise en pièces de la Sécurité sociale » à propos de la réforme annoncée de son financement. En quoi, selon vous, passer à un financement par l’impôt est-il si dangereux ?

Bernard Thibault. Il y aura une croissance des dépenses de santé dans notre pays, c’est inévitable. La consommation de soins et de biens médicaux est passée de 98 milliards en 1995 à 175 milliards en 2009.

L’augmentation de la population, l’espérance de vie qui augmente et les progrès qui permettent de soigner des pathologies qu’on ne pouvait pas soigner hier expliquent cette croissance.

L’un des enjeux majeurs, c’est de savoir si nous allons conforter un système collectif et solidaire pour prendre en charge ces besoins de santé au sein de la Sécu ou si la santé de chacun dépendra un peu plus de l’épaisseur de son portefeuille pour se payer son assurance.

La revendication du patronat de transférer une part des ressources de la Sécurité sociale vers l’impôt, tout comme l’annonce d’un haut conseil du financement de la protection sociale pour préparer l’instauration d’une TVA dite sociale ou anti-délocalisation, minerait le système solidaire.

Mais la France a-t-elle les moyens d’assurer cette protection sociale de haut niveau ?

Bernard Thibault. Si on rapporte l’augmentation des dépenses de santé au PIB, c’est-à-dire aux richesses créées dans le pays, cela représentait 10,4 % en 1995 et 11,7 % en 2009. Il y a un choix de société à faire mais on ne peut pas dire que la France n’a plus les moyens. Les cotisations sont une part du salaire, un salaire socialisé. Elles n’appartiennent pas au patronat.

Mais est-il interdit de penser qu’il y a des économies à faire sur les dépenses publiques ?

Bernard Thibault. On peut trouver de nouvelles ressources par des réformes fiscales et la création d’emplois pour permettre aux besoins sociaux d’être satisfaits. 172 milliards d’euros par an d’argent public distribués aux entreprises par l’état et les collectivités locales sans outils d’évaluation de leur pertinence. PSA, Montupet ont reçu des aides publiques et détruisent des emplois. Il y a des dépenses publiques à remettre en cause.

Les revendications patronales sont formulées au nom de la compétitivité vis-à-vis de l’Allemagne notamment

Bernard Thibault. Dans tous les pays, c’est toujours au nom de l’emploi qu’on justifie la mise en cause des droits des salariés, et pourtant le chômage et la précarité progressent partout. Depuis de longs mois la CGT se bat contre le sabotage de notre potentiel industriel.

La balance commerciale dans l’industrie pour 2010 était en déficit de 66 milliards d’euros alors qu’elle était en équilibre il y a une dizaine d’années. On est dans le rouge. En comparaison, celle de l’Allemagne est excédentaire de 154 milliards d’euros. L’Allemagne pratique des salaires supérieurs à la France et pour un temps de travail inférieur.

IG Metal vient de signer pour une augmentation de 3,8 % des salaires pour les métallurgistes ouest-allemands. Ce n’est donc pas le coût du travail qui est en cause. Le problème est d’abord l’absence de politique industrielle structurée pour inverser la tendance. C’est aussi le sous-investissement.

L’an dernier, les entreprises industrielles et de services (hors les banques et assurances) ont injecté 180 milliards d’euros en investissements. C’est inférieur à la somme des dividendes versés aux actionnaires, 210 milliards d’euros. Voilà le malaise.

Ce que vous proposez prend à contre-pied ce qui se fait en Europe. Est-ce crédible ?

Bernard Thibault. L’Europe est dans une impasse politique majeure. Elle est dans l’incapacité de dessiner un avenir mobilisateur du point de vue social du fait des choix actuels. Le marché européen devait produire un espace de progrès social.

Ce constat est révolu. Cela s’est accompagné d’une offensive sur les services publics au nom de la concurrence libre et non faussée érigée en dogme. Les syndicats en Europe ont d’ailleurs décidé d’une journée d’action le 30 novembre pour défendre les services publics. Il ne sera pas praticable de rester dans cette logique où le marché est l’unique fin et moyen de cette construction européenne. Si on est incapable de redonner une dimension sociale à l’Europe, seuls ceux qui prônent le repli nationaliste en maniant racisme et xénophobie se feront de plus en plus entendre. Les tensions seront immenses

Cela vous inquiète ?

Bernard Thibault. Oui. On a fait l’Europe pour vivre dans un continent fait d’harmonie et de solidarité, nous a-t-on dit. Ce n’est pas cela qui inspire les gouvernements et les institutions européennes. Quel écart entre l’affirmation d’une « union » européenne et le spectacle stupéfiant à l’occasion du G20 où deux chefs d’état dictent la conduite à tenir à d’autres chefs d’état !

L’Europe est un espace où on se livre à une guerre économique. Elle ne sera pas viable.

Il n’y a jamais eu autant de manifestations, de mouvements de grève dans tous les pays européens que ces derniers mois. Il y a un divorce de plus en plus important entre la représentation politique et les aspirations sociales.

Voir l’arrivée de l’extrême droite dans un gouvernement comme en Grèce au titre de l’union nationale, c’est une banalisation inquiétante.

l faut un réel débat sur les politiques à mener, qui impliquent les peuples, et pas seulement sur la couleur politique des majorités au pouvoir. Et ceux qui pensent résoudre cela en transférant plus de pouvoir à un échelon européen prennent le risque d’une implosion de l’Europe.

Est-ce que la proximité des élections du printemps prochain ne crée pas un climat d’attente chez les salariés, peu propice à l’action syndicale ?

Bernard Thibault. Ce serait une erreur de considérer que seule la consultation électorale va régler tous les problèmes. Regardons comment procèdent les employeurs : ils sont toujours très offensifs en période électorale pour faire en sorte que tous les candidats intègrent leurs revendications.

Si les salariés s’en remettaient aux candidats, quels qu’ils soient, dans une forte délégation de pouvoir, ils seraient très largement déçus. Les solutions à la crise dépendent de réformes structurelles qui appellent l’intervention des salariés. Elles ne seront pas obtenues sans rapport de forces.

Ce sont les agences de notation qui convoquent les conseils des ministres pour leur dicter des mesures d’austérité. Ce chantage ne va pas disparaître avec un changement de président de la République. Ce qui ne veut pas dire qu’il y aura dans les prochains mois une incitation de la CGT à conserver le même président !

Ces idées, vous voulez les mettre dans le débat électoral ?

Bernard Thibault. Oui, par la mobilisation. J’ai évoqué le 30 novembre à propos des services publics. Nous allons relayer l’appel intersyndical et appeler à la mobilisation et aux rassemblements du 13 décembre.

Nous relançons notre action sur le développement industriel avec des initiatives de nos régions au moment où il y a beaucoup de conflits avec des occupations d’entreprise pour empêcher les coups portés à notre potentiel industriel. Nous allons également tenir un grand meeting national le 31 janvier pour rappeler les revendications sur les retraites.

Des millions de salariés se sont mobilisés en 2010 pour la retraite à 60 ans, la reconnaissance de la pénibilité, le système par répartition et de nouvelles ressources pour le financer. Le combat continue.

Nous dialoguons avec les partis et les candidats qui voudront discuter avec nous, mais c’est surtout vers les salariés que nous allons nous tourner pour qu’ils exercent leurs droits de citoyens, en connaissant les analyses de la CGT, et qu’ils soient aussi acteurs dans un rapport de forces syndical pour défendre les revendications.

Que pensez-vous du climat dans le monde du travail ? Il semble pesant, il y a beaucoup de souffrances.

Bernard Thibault. Un climat très anxiogène est entretenu. On voudrait accréditer l’idée qu’il n’y a pas d’alternative à la précarité sociale, qu’il faut s’agenouiller devant des organismes qui n’ont rien de démocratique.

Cela questionne sur les mécanismes du vivre ensemble, de la démocratie. On ne sait plus où sont les centres de décision. Cela pèse sur le climat, il ne faut pas s’en désoler mais travailler à des alternatives, et la CGT est parmi les acteurs qui défendent des alternatives.

Les salariés ont tout à perdre à rester spectateurs. On ne leur a jamais rien accordé, c’est la logique du capitalisme. A chaque fois qu’il y a eu des progrès sociaux, en France et dans le monde, il a fallu les arracher par l’action syndicale.

Entretien réalisé par Olivier Mayer pour L’Humanité quotidienne du 24 novembre 2011

IL FAUDRA BIEN CHOISIR EN 2012

 L’UMP repart à la chasse aux 35 heures

Très inspirée par les revendications du Medef, la droite veut permettre aux branches de déroger à la durée de travail hebdomadaire.

«Avec la crise, la sortie des 35 heures est inéluctable », promet Jean-François Copé, le secrétaire 
général du parti présidentiel dans un entretien paru hier matin dans la Voix du Nord. C’est un très vieux dada du Medef que l’UMP a décidé d’enfourcher pour faire moderne dans la campagne électorale : la négociation par branche du temps de travail. Depuis des lustres, Ernest-Antoine Seillière puis Laurence Parisot bataillent pour remplacer la durée légale – les 35 heures par semaine – par une durée conventionnelle dérogatoire selon les secteurs d’activité.

Du « Parisot » pur jus!

« Tout le monde ne chausse pas du 35 ! » clamait le patronat à la fin des années 1990. Pour le Medef d’hier et d’aujourd’hui, le temps de travail doit être fixé « par branche ou par entreprise ». D’après Nathalie Kosciusko-Morizet, mardi matin sur LCI, l’UMP proposera l’ouverture d’accords de branches dans les secteurs où les 35 heures « posent durablement des problèmes, en dépit des assouplissements que nous avons faits ». Il s’agirait, selon les sarkozystes, d’« inciter les employeurs et les employés à ouvrir des négociations sur le temps de travail, sans remettre en cause la durée légale du travail de 35 heures » et de le faire « dès 2012 » au niveau des branches « ou, à défaut, des entreprises », dans le secteur privé. Du Parisot pur jus !

Posture plus idéologique que jamais

Avec la présentation, mardi soir, de son programme économique et social pour 2012, la droite revient à la charge, dans une posture plus idéologique que jamais, puisque, au pouvoir 
depuis bientôt dix ans, elle a déjà passablement « aménagé » les textes et « expérimenté » des régimes dérogatoires sur les contingents d’heures supplémentaires conventionnels. La loi Bertrand d’août 2008, qui maintient encore la durée légale de 35 heures, donne quasiment toute latitude aux entreprises pour augmenter et organiser le temps de travail.

L’esquive. Nicolas Sarkozy ses responsabilités dans la crise.

Tout est bon pour essayer d’exonérer Nicolas Sarkozy de ses responsabilités dans la crise.

Emploi, chômage… Même en cherchant bien, aucun de ces deux mots ne figurait dans le plan présenté la semaine dernière par François Fillon. « Vais-je conserver mon poste de travail ? » « Quel avenir professionnel pour mes enfants ? » Ces questions participent de la préoccupation numéro 1 des Français. Mais alors qu’approche la dernière année du quinquennat présidentiel, tout l’art de ce gouvernement consiste à tenter de désorienter le citoyen, de faire oublier les promesses du candidat Nicolas Sarkozy en 2007 et l’état de la France cinq ans après. « Politique du résultat », lançait alors à tout propos le nouvel hôte de l’Élysée… Qu’on en juge : le chômage est officiellement passé de 7, 7 % à plus de 9 %. Actuellement, quelque 4,4 millions de travailleurs sont privés d’emploi et la part des chômeurs de longue durée s’est accrue de plus de 7 % en un an. Ayant débuté sur une mystification, le mandat de Nicolas Sarkozy s’achève sur un échec majeur : l’activité de la France s’est ralentie, le monde du travail s’est appauvri cependant que les cadeaux pharamineux accordés au petit monde des affaires ont aggravé la situation financière de la France.

Derrière la froideur des chiffres du chômage, dont il n’est un secret pour personne qu’ils seront une nouvelle fois mauvais pour le mois d’octobre, combien de vies brisées, d’êtres humains abîmés que les travailleurs de Pôle emploi, qui se sont mis en grève hier, ne parviennent plus à soutenir en raison des moyens largement insuffisants que leur accorde le gouvernement depuis la fusion entre l’ANPE et les Assedic.

La faute à la Grèce ! La faute à la dette ! Tout est bon pour essayer d’exonérer Nicolas Sarkozy de ses responsabilités dans la crise, au plan national bien sûr mais aussi au plan européen. Car la politique de l’Union est décidée par ceux-là mêmes qui accablent leur propre pays sous les plans d’austérité. On est frappé par la convergence des « éléments de langage », comme disent les communicants, entre les discours tenus en France et en Allemagne. François Fillon s’est vanté de présenter un programme d’austérité le plus sévère qui ait été conçu depuis la Libération. Hier, la chancelière allemande, Angela Merkel, a affirmé, devant le congrès de son parti, la CDU, réuni à Leipzig, que l’Europe vivrait « son heure la plus difficile depuis 1945 ». On voit poindre derrière cette surenchère historique une même volonté d’en finir avec ce qui reste de positif dans les modèles sociaux des deux côtés du Rhin. La réunion des ministres de l’Agriculture, hier à Bruxelles, est fort instructive à propos de la conception que les eurolibéraux ont de la solidarité. Après avoir fait blocage à la poursuite du programme d’aide alimentaire aux plus démunis (PEAD), qui concourt à l’action des associations de solidarité comme les Restos du cœur ou le Secours populaire, Berlin a finalement accepté une prolongation de deux années, à condition qu’il soit « très clair » qu’à partir du 1er janvier 2014, « il n’y aura pas de politique sociale à l’échelle européenne ».

En France, comme dans l’ensemble de l’Union, la soumission aux marchés financiers s’accompagne d’une campagne idéologique visant à contenir et à réfréner les envies d’un vrai changement. La course 
au triple A prime sur la création d’emplois et la croissance. Au nom de quoi, il n’y aurait pas motif 
à s’offusquer que la Grèce ait désormais un gouvernement où se côtoient des membres du Parti socialiste (Pasok) et des représentants de l’extrême droite… Dans un pays qui, il y a près de quarante ans, 
se libérait de la dictature des colonels.

Retraites : « le mépris à l’égard des partenaires sociaux »

Retraites : « le mépris à l’égard des partenaires sociaux » selon la Cnav

Le nouveau président de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), Gérard Rivière a déploré mardi « la méthode brutale et cavalière » du gouvernement qui a décidé d’accélérer l’application de la réforme des retraites, ajoutant qu’il n’avait été « ni consulté, ni informé » en amont.

« Ils n’ont sans doute pas mon numéro de téléphone portable », a ironisé, Gérard Rivière (FO), élu le 4 novembre dernier à la place de Danièle Karniewicz (CFE-CGC) à la présidence de la Cnav. Il a regretté « le mépris affiché à l’égard des partenaires sociaux et du conseil d’administration » de la Cnav, qui gère le régime général des retraites. Gérard Rivière a observé que la loi repoussant progressivement à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite aurait « un an demain ». Et on n’a même pas mis une année à remettre en question un calendrier de montée en charge », a-t-il regretté, en affirmant que c’était « la première fois ».

Le nouveau président de la Cnav a par ailleurs également jugé « parfaitement injuste d’avoir désindexé les prestations familiales« . « Lorsqu’on enlève 1 point ou 1,2 de revalorisation des prestations familiales, on est dans le dur de la consommation parce que les prestations familiales n’alimentent pas le livret A, que je sache, et encore moins l’assurance-vie », a estimé Gérard Rivière.

Il a indiqué que le conseil d’administration de la Cnav se réunirait le 17 novembre pour étudier le projet de loi rectificatif de financement de la sécu.

Selon le plan de rigueur présenté lundi par le gouvernement, le recul de l’âge de la retraite de 60 à 62 ans va arriver plus vite pour les salariés nés entre 1952 et 1955, qui devront rester au travail de un à quatre mois de plus que ce que prévoyait la réforme de novembre 2010.

« France-Soir » : communiqué de la FILPAC CGT / SGLCE et du SNJ CGT

 

 

Jeudi 3 novembre 2011, une délégation des élus du Comité d’entreprise de France Soir, du Syndicat général du Livre et de la Communication écrite (SGLCE) et du Syndicat national des Journalistes CGT (SNJ CGT) sera reçue au ministère de la Culture et de la Communication. Le SGLCE et le SNJ CGT regrettent que les syndicats Info.com et SIP n’aient pas éprouvé le besoin de s’unir à cette délégation.

Pour autant, d’ores et déjà, le SGLCE et le SNJ CGT proposent à ces syndicats une réunion commune pour mettre en place une véritable stratégie d’action dépassant les simples effets d’annonce médiatique, dans l’intérêt des salariés de France Soir, et de presse plus généralement.

La délégation qui se rendra demain au ministère de la Culture ne sera pas «l’agent commercial» de tel ou tel repreneur.

Elle demandera au ministre ou à son représentant, sur le principe fondamental que la presse d’information générale et d’opinion est un enjeu démocratique, qu’aucun homme, qu’aucune femme même fortuné (e), ne possède le droit de vie ou de mort sur cet intérêt public et que les pouvoirs publics assument leur responsabilité pour :

1. Intercéder auprès de l’actuel président de France Soir afin qu’il renonce à son projet suicidaire pour le titre et ses salariés : celui d’abandonner le journal au profit du tout-web.

2. Assurer son rôle de garant de la démocratie et, si Monsieur PUGATCHEV persistait dans son entreprise de démolition, prendre les mesures nécessaires pour favoriser la venue d’un repreneur porteur d’un projet de relance du titre populaire France Soir, en mariant support papier et informatique.

La délégation fera le point après la réunion au ministère.

Communiqué de la FILPAC CGT / SGLCE et du SNJ CGT

Les pauvres sont plus nombreux… 
n’en déplaise au gouvernement Sarkozy

 Comment combattre l’escroquerie statistique ?

En 2009, notre collectif de statisticiens et de chercheurs démontrait comment le gouvernement Sarkozy n’hésitait pas à tordre la statistique pour justifier son action sur différents thèmes (pouvoir d’achat, délinquance, immigration, chômage, pauvreté). Nous alertions notamment sur la possible divergence, à terme, entre l’indicateur adopté par le gouvernement pour suivre l’objectif de baisse d’un tiers de la pauvreté sur cinq ans (le taux de pauvreté « ancré dans le temps ») et l’indicateur communément retenu (le taux de pauvreté relative), en France par l’Insee et l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, ainsi qu’au niveau européen (Eurostat). En période de relative croissance économique, l’indicateur gouvernemental baisse en effet mécaniquement – comme on pouvait déjà à l’époque le constater sur le passé – ce qui n’est pas nécessairement le cas de l’indicateur de pauvreté relative utilisé internationalement.

Trois ans après la publication de cette alerte à l’escroquerie statistique, la diffusion du rapport 2011 du gouvernement sur « Le suivi de la baisse d’un tiers de la pauvreté en cinq ans » confirme cette crainte. Roselyne Bachelot n’hésite pas en effet à s’appuyer sur l’indicateur biaisé de pauvreté ancrée dans le temps, qui est passé de 13,1 % en 2006 à 11,8 % en 2009 pour se féliciter de l’action menée par le gouvernement pour lutter contre la pauvreté. Ce qui est en contradiction flagrante avec le constat dressé par l’Insee qui souligne, au contraire, dans ses récentes publications, une hausse significative (de 13,1 % en 2006 à 13,5 % en 2009). Avec cette approche biaisée, le gouvernement fait sortir de la pauvreté plus d’un million de pauvres, pas moins !

Roselyne Bachelot n’hésite pas non plus à mélanger les deux indicateurs pour soutenir que la France aurait fait mieux que l’Allemagne, qui a enregistré une hausse de la pauvreté (13 % en 2005 contre 15,5 % en 2010 selon elle ). La ministre des Solidarités sait pertinemment qu’en comparant ces deux pays elle utilise pour la France l’indicateur contesté du taux de pauvreté ancré dans le temps et pour l’Allemagne celui du taux de pauvreté relative. La manœuvre est (trop) grossière pour passer inaperçue. Elle ne manquera pas cependant de semer une certaine confusion dans l’opinion publique. En choisissant de placer en position « centrale » cet indicateur biaisé pour le suivi de la pauvreté, Martin Hirsch ne pouvait ignorer ce risque. C’est à l’évidence un mauvais coup pour la démocratie. La lutte contre la pauvreté est une question trop sérieuse pour qu’on la réduise à une bataille de chiffres. Elle exige un débat de fond sur des questions essentielles (l’accès à l’emploi, au logement, à la santé, à l’éducation,) que la polémique lancée par le gouvernement tente d’esquiver.

Au-delà de ces pitoyables manipulations dont l’objectif est de légitimer la politique du président Sarkozy, qu’en est-il de l’objectif de réduction de la pauvreté en France et en Europe ? Dans les deux cas, il est clair que les deux cibles ne pourront être atteintes, quel que soit l’indicateur retenu. En période de relative prospérité économique, l’indicateur de pauvreté ancré dans le temps baisse mécaniquement, mais ce n’est plus le cas en période de crise et de retournement économique. Les cures d’austérité que les gouvernements français et européens tentent d’imposer à leurs populations ne peuvent qu’accentuer les risques de récession et aggraver la situation des populations les plus vulnérables. Ces manipulations statistiques confirment que le gouvernement n’hésite pas à utiliser toutes les ficelles, aussi grosses soient-elles, pour tenter de convaincre une opinion publique qui, à quelques mois des élections, ne peut que constater les désastres des politiques menées.

Par lorraine data, pseudonyme collectif de statisticiens et chercheurs.

L’Organisation internationale du travail met en garde contre le découragement de la jeunesse

dcoura1.jpgL’Organisation internationale du travail met en garde contre le découragement de la jeunesse

L’Organisation internationale du travail (OIT) met en garde, dans un rapport rendu public le 19 octobre, contre le « traumatisme » de toute une génération de jeunes travailleurs confrontés à un chômage constamment élevé, à l’inactivité et à la précarité dans les pays développés, ainsi qu’à une multiplication du nombre de travailleurs pauvres dans les pays en développement.

Et de souligner que « cette frustration collective chez les jeunes a été l’un des moteurs des mouvements de protestation » des « indignés ». Le nombre absolu de jeunes chômeurs a légèrement diminué au niveau mondial après le pic atteint en 2009. Il est en effet passé de 75,8 à 75,1 millions de 2009 à 2010.

L’OIT prévoit que ce chiffre devrait légèrement diminuer en passant à 74,6 millions en 2011, faisant passer en un an de 12,7 à 12,6 % le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans. Mais l’OIT attribue ce déclin au fait que de plus en plus de jeunes découragés se retirent du marché du travail. Au-delà de ses effets sur l’emploi, l’organisation considère que la grande récession pourrait avoir des conséquences à long terme, sous forme de rémunérations plus faibles à l’avenir et de défiance à l’encontre du système économique et politique.

Une partie de la jeunesse navigue entre inactivité et précarité…

Les problèmes d’inactivité et de précarité des jeunes sont surtout présents dans les pays développés. Le chômage de longue durée y est de loin plus élevé chez les jeunes que dans le reste de la population active. Les jeunes qui quittent le marché du travail y sont nombreux. Le rapport retient le cas de l’Irlande ou le taux de chômage des jeunes est passé de 9 % en 2007 à 27,5 % en 2010 et où beaucoup « se dissimulent » dans le système éducatif ou attendent chez eux que la conjoncture s’améliore. Sur 56 pays (économies développées, UE et Asie du sud), 2,6 millions de jeunes auraient ainsi été découragés de rechercher un emploi.

Les jeunes qui ne se retirent pas du marché du travail acceptent souvent n’importe quel travail. Ainsi, l’emploi à temps partiel des jeunes a augmenté dans la plupart des économies développées de 2007 à 2010, à part notamment en Allemagne. Cette forme d’emploi est largement involontaire et en 2009 le taux de sous-emploi est plus élevé chez les jeunes que chez les autres travailleurs dans presque toute l’Europe.

… quand l’autre est enfermée dans la pauvreté

À l’échelle mondiale, on dénombre beaucoup plus de jeunes qui sont englués dans leur condition de travailleur pauvre que de jeunes sans travail ou à la recherche d’un emploi.

En particulier, les économies à bas revenus « sont prises dans le cercle vicieux de la pauvreté au travail », note l’OIT. Les gens y ont été élevés dans un environnement où la demande globale est faible et la création d’emplois minimum dans le secteur formel et peu de jeunes peuvent se permettre d’entreprendre une recherche d’emploi de longue durée. Dans les régions les plus pauvres, le taux d’emploi des jeunes relativement bon pourrait laisser penser que la jeunesse s’en sort bien, mais signifie seulement que ces jeunes n’ont pas d’autres choix que de travailler.

De plus, encore aujourd’hui, la majorité de la jeunesse mondiale vit dans les pays en voie de développement, où les jeunes ont très peu de chance de trouver un emploi. Au Moyen-Orient et en Afrique du nord, par exemple, au cours des 20 dernières années, près d’un jeune sur quatre s’est retrouvé au chômage malgré les progrès accomplis en matière d’éducation.

Les pistes d’action proposées

Pour l’OIT les États doivent mettre en œuvre une stratégie intégrée de croissance et de création d’emplois axée sur les jeunes. Si les gouvernements doivent poursuivre leurs actions sur le marché du travail, l’OIT estime que davantage d’emplois seront créés en levant les obstacles à la reprise économique. Le système financier doit être remis en État et les banques doivent être restructurées et recapitalisées afin notamment de relancer le crédit aux PME.

En outre, le rapport lie amélioration de la compétitivité des entreprises et qualité du travail. Ces objectifs pourraient être atteints en augmentant le nombre d’emploi dans les secteurs productifs et en assurant la qualité des emplois des jeunes travailleurs précaires, tout spécialement dans l’économie informelle. Ces mesures et un renforcement du droit du travail permettraient de réduire la segmentation du marché du travail par type de contrats et aideraient les jeunes à trouver un emploi décent.

Pour l’OIT les États doivent aussi investir dans l’enseignement et la formation pour améliorer leur pertinence sur le marché du travail. Par ailleurs les services de l’emploi doivent être en mesure de proposer des services à tous les jeunes tout en ciblant les plus défavorisés.

Avons-nous trop dépensé dans l’intérêt général ou dans des cadeaux fiscaux et sociaux ?

Appel : pour un audit citoyen de la dette

… et le lancement d’un vaste débat démocratique.

Écoles, hôpitaux, hébergement d’urgence… Retraites, chômage, culture, environnement… Nous vivons tous au quotidien l’austérité budgétaire et le pire est à venir. « Nous vivons au-dessus de nos moyens », telle est la rengaine que l’on nous ressasse dans les grands médias. Maintenant « il faut rembourser la dette », nous répète-t-on matin et soir. « On n’a pas le choix, il faut rassurer les marchés financiers, sauver la bonne réputation, le triple A de la France. »

Nous refusons ces discours culpabilisateurs. Nous ne voulons pas assister en spectateurs à la remise en cause de tout ce qui rendait encore vivables nos sociétés, en France et en Europe. Avons-nous trop dépensé pour l’école et la santé, ou bien les cadeaux fiscaux et sociaux depuis vingt ans ont-ils asséché les budgets ? Cette dette a-t-elle été tout entière contractée dans l’intérêt général, ou bien peut-elle être considérée en partie comme illégitime ? Qui détient ses titres et profite de l’austérité ? Pourquoi les États sont-ils obligés de s’endetter auprès des marchés financiers et des banques, alors que celles-ci peuvent emprunter directement et pour moins cher à la Banque centrale européenne ?

Nous refusons que ces questions soient évacuées ou traitées dans notre dos par les experts officiels sous influence des lobbies économiques et financiers. Nous voulons y répondre nous-mêmes dans le cadre d’un vaste débat démocratique qui décidera de notre avenir commun.

En fin de compte, ne sommes-nous plus que des jouets entre les mains 
des actionnaires, des spéculateurs et des créanciers, ou bien encore des 
citoyens, capables de délibérer ensemble de notre avenir ?

Nous nous mobilisons dans nos villes, nos quartiers, nos villages, 
nos lieux de travail, en lançant un vaste audit citoyen de la dette publique. Nous créons au plan national et local des collectifs pour un audit citoyen, avec nos syndicats et associations, avec des experts indépendants, avec nos collègues, nos voisins et concitoyens. Nous allons prendre en main nos affaires, pour que revive la démocratie.

--> Signez l’appel pour un audit citoyen de la dette publique !

http://www.audit-citoyen.org./

Bernard Thibault : « la France entre dans une phase de récession »

thibault3.jpgBernard Thibault : « la France entre dans une phase de récession »

 

Le secrétaire général de la CGT, a estimé jeudi, en commentant la nette hausse du chômage enregistrée en septembre, que la France entrait « dans une phase de récession ».

Après trois mois de hausse (mai-juin-juillet) et une stabilisation en août, le nombre des demandeurs d’emploi sans activité a progressé en septembre de 0,9% à 2,780 millions de personnes, le plus haut niveau depuis 12 ans. « On entre dans une phase de récession, c’est tout à fait clair« , a assuré le secrétaire général de la CGT, ajoutant que la montée du chômage n’était « vraiment pas une surprise ». « Tous les indicateurs sur le chômage démentent les déclarations politiques« , a affirmé Bernard Thibault, citant notamment le chômage des jeunes et des seniors.

En septembre par rapport à août, les plus de 50 ans sans activité en quête d’emploi ont été plus nombreux (+2,1%), de même que les jeunes de moins de 25 ans (+0,6%).

La France doit revoir sa prévision de croissance économique pour 2012 qui est encore aujourd’hui de 1,75% mais pourrait être révisée autour de 1%, dans le sillage de l’Allemagne.

Les trois non-dits de l’accord de Bruxelles

baudry2.jpgLe fonctionnement chaotique de l’Europe, son déficit démocratique et la crise sociale à venir : les leçons à retenir du sommet de Bruxelles.

La dramaturgie européenne a été respectée : comme à chaque crise, nuit blanche, tensions de couloir, conférences de presse au petit matin… Et un accord final conforme en tous points à ce qui était attendu depuis plusieurs jours, au moins dans le volet qui concerne la dette grecque, les banques, le Fonds européen de stabilité financière.

Quelques leçons à retenir de cet exercice qui, au-delà de l’objectif réussi de « rassurer les marchés », comme le veut la doxa du moment, n’aura pas sorti l’Europe de ses contradictions. Des leçons en forme de non-dits.

1

Fonctionnement chaotique

 

Le mode de fonctionnement de l’Europe souffre de deux maux qui se sont manifestés de manière criante ces derniers jours :

  • le premier est le choc des ego, avec l’indigne sourire arrogant de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de Silvio Berlusconi, entraînant dans son dérapage indécent Angela Merkel. Au moment où la zone euro tente d’afficher sa solidarité, cette pitrerie de conférence de presse alimente cette « Europe des clichés » qui a la vie dure ;
  • le deuxième est la faillite des institutions européennes. Qui a entendu parler de la Commission européenne pendant cette crise ? A quoi sert Herman Van Rompuy devenu l’an dernier, par la force du plus petit dénominateur commun, le « président de l’Europe » ?

L’absence de « gouvernement économique » est apparue, comme on pouvait le supposer depuis des années mais jamais autant qu’aujourd’hui, comme une erreur potentiellement fatale de la construction monétaire européenne.

Le sommet de Bruxelles n’a pas généré d’avancée significative sur cette voie, pas d’ouverture fédératrice, c’est sa principale lacune, même si elle est cachée par les avancées plus immédiates sur la dette grecque ou le fonds de solidarité.

La question pourra-t-elle être éludée beaucoup plus longtemps, si la zone euro veut retrouver sa cohérence ?

2

Déficit démocratique

 

Le grand paradoxe de la dramaturgie de ces dernières 24 heures, est que le déblocage de la situation est venu… du Bundestag. C’est en effet le vote du parlement allemand mercredi après-midi, autorisant Angela Merkel à négocier une extension du Fonds européen de stabilité financière, qui a permis le succès de la nuit à Bruxelles.

Paradoxe car on aurait imagine que c’est l’europarlement, élu au suffrage universel direct par les 450 millions d’Européens, qui joue ce rôle de garant démocratique du deal sur la dette grecque et sur la solidarité financière européenne.

Ça en dit long sur le fait que, malgré les avancées, l’europarlement reste un pôle négligeable de pouvoir en Europe, dont la légitimité reste si fragile qu’on en oublie même qu’il existe quand les enjeux deviennent vitaux. C’est plus que regrettable, c’est affligeant.

Ça en dit long, également, sur le poids de l’Allemagne dans toute solution pour sauver l’euro et traiter la crise de la dette. A garder en mémoire chaque fois que Nicolas Sarkozy emploie le pronom personnel « je » pour expliquer qu’il a sauvé l’Europe.

Dans l’Europe d’aujourd’hui, sans l’Allemagne, pas d’accord, mais l’Allemagne seule ne peut pas sauver l’Europe. On en revient à ce qui fait la mayonnaise européenne de toujours : une machine à générer des compromis entre Etats membres. Ça fonctionne, mais avec un déficit démocratique qui est devenu insupportable.

3

La crise sociale est devant nous

 

Le troisième non-dit de l’accord de Bruxelles, c’est qu’il va falloir faire avaler la potion amère de l’austérité aux peuples d’Europe. Les Grecs sont déjà en train de l’avaler – et de se révolter –, les Italiens viennent de découvrir que leur chef de gouvernement peut promettre en quelques heures dans une lettre écrite à la va-vite que la retraite en Italie va passer à … 67 ans !

Et les Français, ce jeudi matin, auront plus à cœur de savoir à quelle sauce de TVA ils vont être mangés, que de se réjouir d’apprendre qu’on a réduit la dette grecque et renforcé le FESF.

Ce sera l’enjeu des prochains mois en France. En choisissant François Hollande comme candidat, le PS a désigné le candidat le plus compatible avec les objectifs européens qui ont été décidés cette nuit. En particulier, son engagement d’atteindre le zéro déficit à la fin de son mandat tranchait avec le refus de Martine Aubry de prendre un tel engagement.

La vraie différence sera-t-elle dès lors dans le traitement social de cet effort colossal qui sera demandé à l’économie française et aux Français ?

Nicolas Sarkozy s’est taillé une émission sur mesure, ce jeudi soir, pour convaincre les Français qu’il est le sauveur de l’Europe, et qu’il ne faudra pas changer de capitaine au milieu de la tempête, surtout pour confier le navire à un capitaine qui n’a jamais barré.

Il aura plus de mal à convaincre qu’il a le sort des catégories les plus menacées par la crise à cœur, après quatre années passées avec l’habit qui lui colle désormais à la peau de « Président des riches ». Difficile de nier qu’une partie du déficit actuel repose dans les « cadeaux » fiscaux qui ont été faits, à pure perte, aux plus aisés.

Dans une France moins « indignée » que d’autres pays, au moins en apparence, il ne faudrait pas grand chose pour que la purge sociale se transforme en explosion de colère. Surtout si le candidat qui incarnera la gauche au deuxième tour n’arrive pas à convaincre qu’il est porteur d’un programme radicalement différent.

Le sommet de Bruxelles, plus encore que la primaire socialiste, lance véritablement le coup d’envoi de la campagne électorale française. Premier acte, ce jeudi soir, dans une mise en scène 100% élyséenne.

Pierre Haski
Rue89

Magasin Dia/Ed d’Albertville: Les « guerrières du dimanche » ont gagné !

 Les « guerrières du dimanche » ont gagné !

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Elles se prénomment Corine, Peggy, Marie-Anne, Agnès, Valérie (elles sont deux), ce sont les caissières du magasin Dia/Ed d’Albertville. Depuis deux ans, chaque dimanche, elles sont venues faire grève devant leur magasin, soutenues par la CGT et par un collectif pour faire respecter « le volontariat » des salariés concernant le travail dominical.

Elles viennent de remporter une belle victoire. Entre-temps les prud’hommes ont rendu plusieurs décisions en faveur de ce principe dans d’autres régions, ce qui a sûrement facilité le déblocage de la situation. Pour la fédération CGT du Commerce et des Services, la pugnacité de cette lutte démontre que la loi Mallié du 10 août 2009 est injuste et qu’elle fait fi du choix des salariés. Elle génère une injustice qui se traduit par des inégalités de traitement entre une même communauté de salariés, d’une même enseigne, d’une même localité. En effet, dans les zones touristiques, aucune contrepartie n’est accordée et le volontariat impossible ! En revanche, dans les PUCE (Périmètre d’Usage de Consommation Exceptionnel), les salariés peuvent bénéficier d’un repos compensateur, du volontariat et d’une majoration salariale.

Cette loi a également ouvert l’appétit patronal pour davantage de dérogation. C’est le cas du magasin d’Albertville. La loi l’a incité à ouvrir le dimanche jusqu’à 13 heures alors qu’auparavant il était fermé ! Et ce sans avoir à se soucier du volontariat des salariés ! Gageons que cette victoire servira d’exemple et donnera envie aux salariés de faire respecter leur « volontariat » à ne pas travailler le dimanche.

Le « plein droit » au repos dominical dans le Commerce, cela se respecte et cela se gagne. Le large débat public que la loi Mallié avait suscité n’est pas terminé. Il s’est transformé en lutte syndicale.

Le groupe Hersant mauvais

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Le groupe Hersant mauvais

Feu Robert Hersant a toujours traîné une réputation sulfureuse derrière lui. Le fondateur du groupe de presse a commencé sa carrière Au pilori, une feuille antisémite et collaborationniste, héritant d’une condamnation à dix ans d’indignité nationale après la Seconde Guerre mondiale [1]. Baptisé « Herr Sant », par le Canard enchaîné, Robert Hersant avait l’habitude de répéter, chaque fois qu’il mettait la main sur un nouveau journal : « Le premier jour, je demande aux journalistes l’autorisation d’aller pisser. Le lendemain, je pisse sans leur autorisation. Ensuite, je pisse sur les journalistes. » Et des publications, Philippe Hersant en a acquis beaucoup. Son plus jeune fils, Philippe, qui lui a succédé à son décès en 1996, possède encore 27 titres.

De Nice-Matin à Libération-Champagne en passant par Paris-Normandie, France-Antilles ou la Provence, le Groupe Hersant Média (GHM) règne sur un empire qui emploie plus de 7 000 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires tournant autour du milliard d’euros. GHM possède également des journaux gratuits, des radios et des télévisions locales.

 Seulement voilà, le groupe se porte très mal, « La situation est tellement mauvaise que la direction des journaux ne nous communique plus aucun chiffre. Mais nous savons que Philippe Hersant cherche à vendre plusieurs titres, y compris des publications

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Philippe Hersant est aussi l’heureux propriétaire, à 100%, d’Éditions Suisses Holding (ESH), qui possède les quotidiens la Côte (canton de Vaud), l’Express, l’Impartial (canton de Neuchâtel) et maintenant une partie du Nouvelliste (canton du Valais). Bien qu’ESH n’ait rien à voir avec GHM, Hersant junior a tout de même été interrogé, lors du comité du Groupe Hersant Média, le 13 juillet 2010, par les représentants des salariés sur les conditions de rachat du Nouvelliste. Selon le papivore franco-suisse, « il a été réalisé au moyen d’un relais bancaire ».

Contrairement à son père, élu plusieurs fois député, Philippe Hersant est d’une extraordinaire discrétion. Il ne donne jamais d’interviews, fait la chasse aux rares photos de lui. Signe particulier : il ne répond pas aux courriers qui lui sont adressés. « Robert Hersant avait beaucoup de défauts, mais il aimait la presse malgré tout. Son fils, en revanche, ne s’intéresse qu’à une seule chose : le fric », se souvient un ancien journaliste de Nord-Éclair. Philippe Hersant est installé depuis 2003 dans le hameau de Cara, sur la petite commune de Presinge, dans le canton de Genève, en Suisse. Trois bâtiments au milieu des vignes et des grands arbres rachetés 8,6 millions d’euros.

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Groupe Hersant Média et Rossel (Paris Normandie) Non, le pôle Normand n’est pas en faillite !

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Syndicat des travailleurs du Livre

du Papier et de la Communication

de Rouen, du Havre et de leur région 

Non, le pôle Normand n’est pas en faillite !

 

Suite aux différents communiqués de presse sur la situation du groupe GHM et du Pôle Normand en particulier, les élus du SILPAC-CGT ont mesuré limportance de ces déclarations, ils ont pris leurs responsabilités et ont demandé à rencontrer la direction de la SNPEI afin d

obtenir des informations complémentaires précises sur ces dires avant toute communication aux salariés.

Lors de cette rencontre, la direction a démenti létat de « faillite » du Pôle Normand et nous a confirmé la tenue de discussions sur un rapprochement de plusieurs titres de GHM avec les titres du groupe Rossel en précisant toutefois que le Pôle Normand nest pas concerné pour l’instant et qu’il sera rattaché à ce nouveau groupe dès son retour à l’équilibre … Ce qui a été confirmé par GHM dans une note interne à destination de tous les salariés.

 

On sait ce que le retour à léquilibre impose, nous ne sommes pas dupes!

Dores et déjà, nous avons rappelé à la direction notre attachement au respect des  accords signés, mais aussi au respect des institutions représentatives, ainsi que notre attachement au développement.

GHM et sa stratégie de communication n’est pas en faillite…

 

 

Seul « le Pôle Normand » était à vendre. Cela a encore été confirmé par Dominique BERNARD lors de la réunion du comité de groupe du 16 septembre 2011.

Alors quune autre réunion du comité de groupe est programmée pour le 21 octobre 2011, cest par voie de presse que nous apprenons la stratégie de rapprochement avec le groupe Rossel.

 

 

Nous, élus CGT, prenons acte de cette méthode de management qui nous conforte donc dans la mission que nous avons confiée au cabinet Sécafi : dune part pour le déclenchement d’un droit d’alerte sur le développement et d’autre part sur la mission d’analyse des risques psycho-sociaux dans l’entreprise.

Responsables, nous sommes prêts à discuter avec déventuels repreneurs, Groupe Rossel par exemple si celui-ci croit, comme nous, au développement du Pôle Normand.

Les élus CGT ne s’interdiront rien, avec vous, nous aussi nous serons trés attentifs à ce dossier, de l’Elysée à Bercy, du Ministère de la culture à celui de l’emploi! Aux élus locaux, aux colléctivités locales, ainsi qu’auprès de nos lecteurs.

 Syndicat des travailleurs du Livre

 de Paris Normandie

Groupe Hersant Média et Rossel  

confirment être entrés en négociations exclusives pour rapprocher leurs activités de presse régionale dans le Nord, l’Est et le Sud-Est et créer ainsi un leader de la PQR en France – communiqué officiel

Le Groupe Hersant Media (GHM) et le Groupe Rossel confirment aujourd’hui être entrés en négociations exclusives en vue de rapprocher les activités dans la presse régionale de leurs pôles Champagne-Ardenne-Picardie (CAP) et Provence, Alpes-Maritimes, Corse (PACA), d’une part, « Nord – Pas de Calais – Picardie », d’autre part.

Avec près de 900 000 exemplaires vendus quotidiennement, plus de 500 millions de chiffres d’affaires annuel et 800 journalistes, le nouvel ensemble deviendrait l’un des 3 leaders nationaux de la PQR en France.

La mise en commun des savoir faire et moyens des deux groupes permettrait d’accélérer l’adaptation des titres au nouvel environnement des médias, et notamment le développement de leurs services numériques tout en améliorant leurs conditions d’exploitation.

Le rapprochement se traduirait par la création d’une société holding détenue à parité par GHM et par le groupe Rossel à laquelle serait apportée tout ou partie des actifs des sociétés concernées. La gouvernance serait assurée paritairement par un conseil de surveillance et un directoire, dont la présidence serait dévolue respectivement à un représentant de GHM et un représentant du groupe Rossel.

Les décisions importantes seraient soumises préalablement à leur adoption à un comité stratégique paritaire.

La conclusion d’un accord définitif est subordonnée à la finalisation des diverses études en cours sur les modalités et effets du rapprochement, aux « due diligence » réciproques, ainsi qu’à un certain nombre de conditions suspensives dont l’accord des banques créancières sur la renégociation de la dette du groupe GHM, l’autorisation des autorités de la concurrence, la signature d’un pacte d’actionnaires et les procédures auprès des conseils d’administration des sociétés et des instances représentatives du personnel.

Les pôles Presse Gratuite d’Annonces (Comareg et Hebdoprint) et Outre-mer de presse régionale, qui ne sont pas concernés par ce projet, resteraient détenus et contrôlés à 100% par GHM.

Groupe Hersant Media est le leader des médias de proximité. Le Groupe Rossel est le premier groupe de presse francophone en Belgique.

Lyon : la répression policière entache une manifestation syndicale

humanite2010logo.gifmanifanesth.jpgLors d’une manifestation, hier, à Lyon, la charge des CRS contre les manifestants a provoqué un mouvement de foule, causant la chute de trois manifestantes. Deux sont gravement blessées.

ils étaient près de 1500, salariés du secteur sanitaire et social, à défiler à la Cité internationale de Lyon, à l’occasion du 36e congrès de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne (FEHAP), quand les CRS ont chargé, gaz lacrymogènes en main.
Pour échapper aux gaz, trois manifestantes, employées de la Mutualité Française Loire se sont éloignées du cortège et ont fait une chute de trois mètres en passant au travers d’une grille d’aération. Deux, dans un état grave, ont été hospitalisées. « Le climat de répression des mobilisations sociales qui se développe doit cesser. Sans cela, ce sont le droit syndical et la liberté de manifestation qui sont menacées dans notre pays », a réagi Jean-Luc Mélenchon, déclarant en outre qu’il « désapprouve totalement l’usage ainsi fait de la force publique contre une manifestation syndicale » et « demande que la justice soit immédiatement saisie pour enquêter sur ce drame ».
De son côté, la préfecture nie tout lien de cause à effet. Jean-François Carenco, préfet de la région Rhône-Alpes, s’est contenté d’estimer que le lieu de l’accident étant « très éloigné du lieu de la manifestation (…) les blessures occasionnées aux personnes ne sont donc pas directement liées à une charge des forces de l’ordre » !

La CGT de son côté explique que « rien ne justifiait un tel déploiement policier ! Pacifiquement, les manifestants majoritairement des personnels de soins – protestaient contre la décision unilatérale de leur employeur, la FEHAP* de dénoncer leur convention collective de 1951 : ils demandent uniquement que leurs revendications, après l’échec de plusieurs mois de négociations, soient enfin prises en compte ! »

 

Mobilisation; sondages commandé par la CGT

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69 % des salariés d’accord pour mobiliser

Selon un sondage Harris Interactive, les salariés du public, à 70 %, et du privé, à 67 %, soutiennent les mobilisations du 11 octobre « pour une autre répartition des richesses ».

Le monde du travail est-il, comme on le laisse entendre beaucoup trop, plongé dans la morosité ? Commandé par la CGT, un sondage répond à la question. « Plusieurs syndicats appellent les salariés à se mobiliser en cette rentrée par des grèves et/ou des manifestations “pour un autre partage des richesses”. Quelle est votre attitude à l’égard de ces appels ? », a demandé l’institut Harris Interactive à un panel représentatif de la population française. La réponse est éloquente : 62 % des Français, 69 % des salariés disent soutenir ces appels syndicaux. On atteint pratiquement le même niveau de soutien que pour le mouvement contre la « réforme » des retraites de l’an passé. Dans un contexte où les médias ne parlent pour ainsi dire pas de cette mobilisation et où l’unité syndicale n’est guère au beau fixe.

« Alors que plus d’un Français sur six soutient cette mobilisation, il n’y a pas de clivages en termes générationnels ou de catégorie sociale. Les catégories populaires et les catégories supérieures sont quasiment au même niveau de soutien », note Jean-Daniel Lévy, directeur du département politique de l’institut. « Et il n’y a pas d’affrontement entre le public et le privé », relève-t-il. Si en effet les salariés du public sont un peu plus nombreux, 70 %, à soutenir la mobilisation du 11 octobre, les salariés du privé la soutiennent à 67 %.

« Sur le terrain, c’est bien ce qu’on ressent », assure Nadine Prigent du bureau confédéral de la CGT. « On avait dit dès avant l’été que la rentrée devait être à la mobilisation. La CGT a poussé dans ce sens et nous sommes confortés », se félicite-t-elle. Les dirigeants de la centrale de Montreuil, Bernard Thibault en tête, font ces jours-ci le tour des régions pour préparer sur le terrain la journée du 11 octobre et les élections du 20 dans la fonction publique. « Un très fort sentiment d’injustice s’exprime, témoigne Nadine Prigent. On ne peut pas continuer à demander toujours aux mêmes tous les efforts. »

De fait, alors que la crise fait peser sur le monde du travail bien des coups et beaucoup d’incertitude, le climat social redevient très conflictuel, avec des luttes contre les licenciements, mais aussi sur les conditions de travail et les salaires. « Le travail ne va pas bien, constate la responsable syndicale. Certes, les échéances électorales de 2012 sont le rendez-vous des attentes du changement, mais le social doit occuper sa place. »

« De nombreuses interrogations se posent sur l’égalité, les processus de solidarité. Les Français sont plutôt favorables aux objectifs de la mobilisation : une autre répartition des richesses », explique Jean-Daniel Lévy. Il estime que « dans la période, les organisations syndicales apparaissent comme relativement légitimes pour adresser des messages et des signaux d’alerte, porter des solutions. Quand le syndicat prend la parole, il est entendu ».

Entre un sondage qui marque un soutien populaire et la réussite d’une mobilisation, il y a certes un monde. Mais les organisations syndicales y verront un signe d’encouragement. Et peut-être aussi un avertissement. « Il ne faut pas être en dessous des attentes », prévient Nadine Prigent.

Sympathie toutes catégories

C’est pratiquement toutes générations confondues que les Français soutiennent les mobilisations syndicales. 
66 % des 25 à 34 ans et 68 % des 35 à 49 ans y sont favorables ; pour les 18 à 24 ans, un peu moins (58 %) et seuls les plus 
de 65 ans y sont opposés. Les ouvriers (72 %) sont 
les plus favorables aux mobilisations syndicales. On soutient majoritairement les mobilisations quelle que soit la taille 
de son entreprise : de 57 % pour les entreprises de moins de 
10 salariés à 77 % pour celles de plus de 500 salariés. Le clivage est surtout politique : à gauche on soutient à 82 % (91 % pour 
le Front de gauche) tandis qu’à droite et à l’extrême droite, 
on ne soutient qu’à 38 %. Les partisans de l’UMP resteront 
à la maison : seuls 23 % sont d’accord avec les mobilisations.

Fralib : un comité 
de soutien qui enfle

 

André Chassaigne s’est rendu hier, en compagnie de la députée européenne Marie-Christine Vergiat sur le site de Fralib à Gémenos. Le député communiste du Puy-de-Dôme copréside le comité de soutien et de lutte des salariés de l’usine de thé Éléphant. Une réunion de travail était programmée pour « réfléchir aux moyens d’élargir notre influence et faire pression sur Unilever », explique Gérard Cazorla, délégué CGT et secrétaire du CE. Les Fralib étaient ce week-end à la Fête de l’Huma, où près de mille personnes ont adhéré au comité. « Nous y avons été accueillis avec beaucoup d’enthousiasme », souligne Gérard Cazorla.

Travail du dimanche : l’enseigne ED condamnée

L’enseigne de hard discount Ed a été condamnée mercredi par le conseil des prud’hommes de Créteil à verser 40.000 euros de dommages et intérêts à chacun des trois salariés licenciés pour avoir refusé de travailler le dimanche.

(suite…)

Journée d’action du 11 octobre

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« L’urgence d’un autre partage des richesses »

Au lendemain de l’appel de cinq syndicats à une journée d’action nationale le 11 octobre (lire le communiqué), contre les mesures d’austérité du plan Fillon, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, revient, dans une interview donnée à la Nouvelle Vie Ouvrière, sur les causes réelles des déficits et de la crise et les réponses à faire partager dans la mobilisation (Lire l’interview)

Une interview de Bernard Thibault à la Nouvelle Vie Ouvrière

Au lendemain de l’appel de cinq syndicats à une journée d’action nationale le 11 octobre contre les mesures d’austérité du plan Fillon, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, revient sur les causes réelles des déficits et de la crise et les réponses à faire partager dans la mobilisation.

- NVO : Le gouvernement avait annoncé un plan très rigoureux, or il semble qu’il soit moins douloureux que prévu, Jean Claude Mailly dit que cela aurait pu être pire, c’est le sentiment de la Cgt ?
Bernard Thibault : Je ne partage pas du tout cette appréciation… (lire la suite)

- NVO : L’une des mesures de ce plan, la taxation des hauts revenus, rejoint pourtant les propositions de la CGT…
B. T. : C’est un rideau de fumée, pour faire oublier le caractère injuste… (lire la suite)

- NVO : Pourtant il faut bien réduire la dette publique ?
B. T. : Il est évident qu’on ne peut pas se satisfaire de budgets structurellement déficitaires… (lire la suite)

- NVO : L’ensemble des pays européens connaissent les mêmes difficultés et les mêmes réponses de leurs gouvernements. Peut-il y avoir convergence en Europe ?
B. T. : On voudrait nous faire croire que l’on ne peut rien faire d’autre… (lire la suite)

- NVO : Peut-on favoriser la relance par la consommation uniquement en France, qui profiterait essentiellement aux produits importés aux dépens de notre balance commerciale ?
B. T. : Je note avec intérêt qu’il n’y pas qu’en France que la mobilisation est d’actualité… (lire la suite)

- NVO : De nombreux économistes s’alarment justement des risques de récession que l’austérité ferait courir aux pays. Mais comment peser sur les choix gouvernementaux ?
B. T. : Les faits nous donnent raison. On nous a d’abord dit qu’il s’agissait d’une crise… (lire la suite)

- NVO : Il faut se mobiliser, mais il y a un an à peine des millions de salariés se sont mobilisés contre la réforme des retraites et la réforme est quand même passée, quelles chances ont-ils de se faire mieux entendre ?
B. T. : N’oublions pas qu’au début de la campagne sur les retraites, 60% des français partageaient… (lire la suite)

- NVO : Les salariés pourraient être tentés d’attendre l’échéance présidentielle pour manifester leur mécontentement et leurs revendications par le vote ?
B. T. : Nous n’avons pas les mêmes préoccupations de calendrier que les partis politiques… (lire la suite)

- NVO : La Cgt a élaboré dix axes de propositions face à la crise. Les partis politiques, qui élaborent en ce moment leur programme, tiennent-ils compte de la situation sociale et des propositions syndicales ?
B. T. : Le moment venu nous examinerons en détail ce que les uns et les autres proposent… (lire la suite)

- NVO : Quel est le plan de travail des organisations de la Cgt en cette rentrée ?
B. T. : Je remarque que la CGT est déjà à l’offensive, beaucoup d’assemblées de militants se tiennent… (lire la suite)

- NVO : Bernard Thibault, comment va la Cgt ?
B. T. : La CGT va plutôt bien, nos organisations font état d’une syndicalisation… (lire la suite)

- NVO : L’unité syndicale s’est finalement réalisée à la surprise de nombre de commentateurs…
B. T. : Dès le mois de juin, l’ensemble des organisations de la CGT considéraient qu’il fallait très rapidement… (lire la suite)


- NVO : Le gouvernement avait annoncé un plan très rigoureux, or il semble qu’il soit moins douloureux que prévu, Jean Claude Mailly dit que cela aurait pu être pire, c’est le sentiment de la Cgt ?
Bernard Thibault : Je ne partage pas du tout cette appréciation. C’est comme si, ayant perdu un doigt, vous vous réjouissez de ne pas avoir perdu le bras. Si la Cgt alerte avec force les salariés en cette rentrée, ce n’est pas par volonté de cultiver le pessimisme ambiant mais parce que la situation est très sérieuse. Le conseil des ministres réuni fin août -ce qui n’est pas banal- s’est tenu sous le sceau de l’austérité, dans le droit fil des décisions prises ces derniers mois et du Pacte Euro plus, que nous avions rejeté avec l’ensemble du mouvement syndical européen. Au nom de la lutte contre les déficits les mesures décidées accroissent les inégalités. Notre désaccord avec le gouvernement porte en premier lieu sur le diagnostic de la situation. Nous sommes dans une économie de plus en plus financière, déconnectée de la production réelle de richesses. L’origine des crises à répétition est liée à une dévalorisation de la rémunération du travail au profit d’une survalorisation de celle du capital, et les choix gouvernementaux accélèrent cette spirale. Et comme ces mesures ne vont rien résoudre on peut s’attendre à d’autres mesures de même nature. Tout cela pour répondre aux injonctions des agences de notation et des financiers qui exigent de l’Etat des coupes sombres dans les budgets publics et les dépenses sociales. C’est inacceptable.

- NVO : L’une des mesures de ce plan, la taxation des hauts revenus, rejoint pourtant les propositions de la CGT…
B. T. : C’est un rideau de fumée, pour faire oublier le caractère injuste de ses mesures fiscales. Le « gouvernement des riches », ce n’est pas une image usurpée. C’est ce gouvernement qui a adouci le régime fiscal applicable aux plus fortunés ; il a renoncé au bouclier fiscal mais en réformant l’ISF il leur a fait cadeau de 2 milliards d’euros, au moment où Laurent Wauquiez s’en prenait aux bénéficiaires du RSA ! A l’approche de l’élection présidentielle, le Président a donc demandé au gouvernement une taxation symbolique et ponctuelle dont la recette est évaluée à 200 millions d’euros. Mais parallèlement, le gouvernement annonce une taxe sur les mutuelles : l’augmentation – de 2 à 4 % – représenterait une ponction d’1,2 milliard d’euros sur le pouvoir d’achat des salariés ; il modifie l’assiette à partir de laquelle sera prélevée la CSG, elle sera calculée sur 98% du salaire au lieu de 97% actuellement : cette mesure représente 800 millions euros, faisant à elle seule contribuer quatre fois plus les salariés que les plus fortunés. Le caractère inéquitable de ces mesures est flagrant, de même que les taxes sur les boissons sucrées et le tabac. De fait, pour que l’Etat ait plus de recettes il faudrait que les gens consomment plus de boissons sucrées et de tabac alors que c’est nuisible à la santé. Le gouvernement accroît les impôts injustes et refuse d’envisager une véritable réforme fiscale qui tiendrait compte des revenus réels du travail et surtout du capital et du patrimoine.

- NVO : Pourtant il faut bien réduire la dette publique ?
B. T. : Il est évident qu’on ne peut pas se satisfaire de budgets structurellement déficitaires. S’agissant de l’Etat, tout dépend des raisons pour lesquelles il s’endette. Si c’est pour continuer à donner de l’argent à des entreprises sans discernement sur son utilisation, ce n’est pas acceptable. Et concernant les recettes nous constatons que si les revenus du travail sont une fois de plus sollicités, ceux du capital sont épargnés. En 2010, les dividendes versés aux actionnaires des entreprises non financières s’élèvent à 210 milliards d’euros, c’est plus que la masse des investissements et l’équivalent d’un tiers de la totalité des salaires versés dans ces mêmes entreprises. En réalité le déficit n’est pas dû aux dépenses excessives de l’Etat mais au déficit de recettes provoqué par les exonérations sur les revenus du capital d’une part et a la faiblesse de la consommation provoquée par le chômage et les bas salaires d’autre part. Il est inadmissible qu’on rende responsables de cette situation les salariés et les besoins qu’ils expriment et auxquels l’Etat doit répondre.

- NVO : L’ensemble des pays européens connaissent les mêmes difficultés et les mêmes réponses de leurs gouvernements. Peut-il y avoir convergence en Europe ?
B. T. : On voudrait nous faire croire que l’on ne peut rien faire d’autre sur le plan national ou que tout dépend de solutions mondiales donc inaccessibles. Or, il faut des changements à tous les niveaux : dans les entreprises, les branches, les pays, en Europe et à l’échelle mondiale Nos économies sont basées sur la mise en concurrence des salariés à l’échelle internationale et l’Europe n’échappe pas à la règle du moins disant social. Avec comme conséquence le travail non déclaré. Le Bureau International du Travail a tiré la sonnette d’alarme sur ce type de développement, qui conduirait dans dix ans la grande majorité des salariés dans un monde sans code du travail et sans protection sociale. A l’extrême, le plus compétitif sera celui qui rémunérera le moins le travail, pour rémunérer toujours plus les capitaux investis. Il n’y a pas d’horizon viable pour une telle mécanique financière. L’ensemble du mouvement européen syndical se mobilise et nous avons un rendez vous immédiat pour une euro manifestation le 17 septembre en Pologne, au moment où les ministres des finances européens se réunissent à nouveau et risquent d’alourdir la facture pour les salariés.

- NVO : Peut-on favoriser la relance par la consommation uniquement en France, qui profiterait essentiellement aux produits importés aux dépens de notre balance commerciale ?
B. T. : Je note avec intérêt qu’il n’y pas qu’en France que la mobilisation est d’actualité. Nos amis italiens se mobilisent, face aux réductions des dépenses publiques et à une attaque en règle contre le code du travail. Le patronat italien comme le patronat français exige plus de souplesse, nommée flex-sécurité, dans les procédures de recrutement et de licenciement, répétant que « la liberté de licencier aujourd’hui fera les emplois de demain ». En Roumanie, où le code du travail date de 1993, on dit aux salariés qu’il est trop rigide, que la protection sociale fait obstacle à la recherche d’une plus grande rentabilité des capitaux. En Espagne où, comme en France, le gouvernement veut imposer la fameuse « règle d’or » dans la Constitution, les deux confédérations syndicales et d’autres organisations organisent une réaction forte. C’est aussi le cas au Portugal, en Belgique, en Grande-Bretagne… Contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, les salariés et les syndicalistes français sont loin d’être isolés et sont au diapason de leurs camarades en Europe pour empêcher gouvernements et patronats de nous entrainer dans une phase de récession.

- NVO : De nombreux économistes s’alarment justement des risques de récession que l’austérité ferait courir aux pays. Mais comment peser sur les choix gouvernementaux ?
B. T. : Les faits nous donnent raison. On nous a d’abord dit qu’il s’agissait d’une crise financière due à des banquiers imprudents, aux traders, à une absence de régulation. Alors qu’il s’agit d’une crise produite par la dévalorisation de rémunération du travail, au profit de celle du capital. Une financiarisation de l’économie capitaliste de plus en plus déconnectée de la création de richesses. Ce n’est plus la création de richesses qui génère du bénéfice, ce sont les phénomènes spéculatifs qui se développent parfois sur de simples rumeurs. Aujourd’hui des financiers s’enrichissent sur la dette de la Grèce. Les Etats ont prêté de l’argent aux banques à des taux inférieurs aux taux que ces mêmes banques imposent à la Grèce. Ce sont des agences de notation financières qui font les ordres du jour des conseils des ministres ! La rigueur ou l’austérité cela veut dire moins de salariés au travail et de moindres salaires. La consommation diminuera et personne ne peut penser que l’économie vivra de la seule spéculation. On risque d’entrer dans un cycle économique dévastateur aux conséquences sociales considérables. L’intérêt du plus grand nombre doit au contraire l’emporter sur les intérêts d’un cercle de plus en plus réduit de spéculateurs. C’est un des fondamentaux de la démocratie. Acteur syndical, nous avons à créer les conditions de l’intervention des salariés, en sachant que tout le monde sera touché quel que soit son statut. Oui, les individus peuvent avoir prise sur les décisions à condition de ne pas déléguer ces décisions mais d’être acteurs, comme citoyen et comme salarié, sur ce qui se décide dans l’entreprise comme dans le pays.

- NVO : Il faut se mobiliser, mais il y a un an à peine des millions de salariés se sont mobilisés contre la réforme des retraites et la réforme est quand même passée, quelles chances ont-ils de se faire mieux entendre ?
B. T. : N’oublions pas qu’au début de la campagne sur les retraites, 60% des français partageaient l’idée du gouvernement et du patronat selon laquelle dès lors qu’on vit plus longtemps on doit travailler plus longtemps. Le président Sarkozy répétait à l’envie que les Français comprendraient sa réforme. Notre campagne a fait connaître un autre diagnostic et d’autres solutions. La loi a certes été adoptée par la majorité à l’Assemblée et au Sénat mais elle a finalement été condamnée par 70% de la population. Cela pèsera très lourd dans le bilan du président de la République… Les chiffres du chômage aujourd’hui confirment ce que nous disions : faire travailler plus longtemps les salariés alors que le taux de chômage des plus de 50 ans et des jeunes atteint des sommets est inefficace autant qu’injuste. Or, c’est le même discours sur le déficit qu’on nous sert aujourd’hui. Nous sommes légitimes pour proposer une autre logique, rappeler qu’il y a d’autres recettes à dégager, des dépenses non prioritaires à toucher, avant de s’en prendre aux dépenses sociales qui bénéficient à l’ensemble de la population. On ne peut en rester au constat de la nocivité des mesures sur laquelle les salariés nous rejoindront. Il faut que le débat avec les salariés mécontents porte sur les réponses à apporter, car la résignation et le sentiment d’impuissance peuvent en effet gagner les esprits. Si on ne bouge pas, les choses ne s’amélioreront pas, elles s’aggraveront. Ne pas manifester sa colère légitime, c’est prendre le risque d’une aggravation de la situation alors qu’en nous mobilisant le plus largement possible, nous prenons seulement le risque de nous faire entendre.

- NVO : Les salariés pourraient être tentés d’attendre l’échéance présidentielle pour manifester leur mécontentement et leurs revendications par le vote ?
B. T. : Nous n’avons pas les mêmes préoccupations de calendrier que les partis politiques. La mission syndicale c’est la défense au quotidien des intérêts des salariés et en toute circonstance. Les derniers chiffres de l’INSEE mettent en évidence la formidable progression du nombre de nos concitoyens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. S’entendre dire que les dépenses sociales sont une des causes du déficit public, c’est inacceptable. La moitié des salariés en France gagnent moins de 1 500 euros mensuels. Notre responsabilité syndicale c’est bien de les défendre pied à pied en exigeant un autre partage des richesses et sans attendre. Nous n’ignorons évidemment pas l’échéance présidentielle. Mais les suppressions d’emplois, les coupes sombres dans les budgets publics, les dépenses sociales, la mise à mal des droits des salariés, c’est en ce moment dans les entreprises et à l’échelle du pays et c’est maintenant que nous devons agir. On ne peut ignorer les pressions permanentes du Medef qui demande de faire des économies sur l’hôpital public. Un comble ! La capacité des salariés à réagir interpellera les partis politiques pour ces échéances. Le mouvement revendicatif doit les inciter à être clairs dans leurs programmes.

- NVO : La Cgt a élaboré dix axes de propositions face à la crise. Les partis politiques, qui élaborent en ce moment leur programme, tiennent-ils compte de la situation sociale et des propositions syndicales ?
B. T. : Le moment venu nous examinerons en détail ce que les uns et les autres proposent. Toutes les candidatures ne sont pas encore formalisées. Je remarque que ce que dit et fait la CGT n’est pas absent du débat politique. C’est le cas de notre revendication de sécurité sociale professionnelle. Nous avons vu aussi au moment de la mobilisation pour les retraites un large soutien de l’ensemble des partis de gauche, la revendication du maintien du droit à la retraite à 60 ans a été reprise et j’espère bien qu’elle sera confirmée dans le programme des partis qui s’y sont engagés. Si notre vocation, comme syndicat, n’est pas de présenter un programme du gouvernement, nous avons cependant formulé dix exigences à long terme, car il y a d’autres mesures envisageables que celles du gouvernement. Ne sous-estimons pas notre capacité d’influence en tant qu’organisation de salariés sur le raisonnement des responsables politiques…

- NVO : Quel est le plan de travail des organisations de la Cgt en cette rentrée ?
B. T. : Je remarque que la CGT est déjà à l’offensive, beaucoup d’assemblées de militants se tiennent au retour des vacances afin d’apprécier ce qui s’est passé cet été, ce qui se passe dans son entreprise, dans le pays et au-delà. Il nous faut maintenant déployer notre activité pour rencontrer largement les salariés et les associer à cette mobilisation, en définissant avec eux les contenus et les modalités de leur engagement dans la journée d’action du 11 octobre. Nous devons aussi contribuer à la réussite de l’action pour la défense des moyens de l’Education nationale, le 27 septembre, et être bien présents dans les manifestations des retraités le 6 octobre.

- NVO : Bernard Thibault, comment va la Cgt ?
B. T. : La CGT va plutôt bien, nos organisations font état d’une syndicalisation à la CGT plus importante que d’habitude. Dans un contexte pourtant difficile, où des entreprises disparaissent, la précarité s’étend et isole les salariés. Or, il y a un afflux de forces nouvelles, notamment de jeunes et une progression de nos forces dans le secteur privé. Si nous faisons les efforts nécessaires, les jeunes peuvent se retrouver dans nos organisations et y prendre des responsabilités. N’hésitons pas à interpeller les salariés pour qu’ils créent eux-mêmes leur propre syndicat. Et disons leur la vérité : il y a aujourd’hui trop de salariés qui n’ont pas de syndicat dans les entreprises face au séisme qui menace sur le plan économique et social. Personne ne peut se sentir à l’abri et le syndicat ne peut produire de résultat qu’à proportion du nombre de salariés qui s’engagent dans son action. Nous ne sommes pas une institution, notre efficacité dépend du degré d’engagement des salariés. Nous devons les en convaincre et les inviter largement à s’organiser dans la CGT.

- NVO : L’unité syndicale s’est finalement réalisée à la surprise de nombre de commentateurs…
B. T. : Dès le mois de juin, l’ensemble des organisations de la CGT considéraient qu’il fallait très rapidement être à l’offensive en recréant les conditions d’une mobilisation interprofessionnelle des salariés. Les mesures Fillon ont renforcé l’urgence d’une mobilisation unitaire. Apres quelques hésitations de nos partenaires syndicaux il y a maintenant un engagement unitaire, CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, pour faire du mardi 11 octobre une journée de mobilisation des salariés qui se traduira, nous l’espérons, par l’organisation de manifestations et des décisions d’arrêts de travail décidés avec les salariés dans leur entreprise. Les salariés vont enfin pouvoir se faire entendre. La Cgt va y consacrer toutes ses forces.

Entretien réalisé par Pascal Santoni, rédacteur en chef.


« Une manœuvre profondément écœurante »

 

La gauche a vivement dénoncé les préconisations de Daubresse. À la Droite sociale, club politique de Laurent Wauquiez, qui se félicite d’une mesure visant « à combattre le piège de l’assistanat », Christian Favier, président PCF du conseil général du Val-de-Marne, a aussitôt réagi : « Non, les personnes qui bénéficient du RSA ne sont ni des fraudeurs, ni des assistés. Ce sont les victimes des politiques injustes menées ces dernières années, qui détruisent l’emploi, le pouvoir d’achat et les solidarités. Incapable d’infléchir l’évolution du chômage, le parti du pouvoir préfère s’en prendre aux plus pauvres plutôt que d’instaurer une réelle politique de l’emploi. » Pour le député PS Christophe Sirugue, cette manœuvre constitue « un défaussement du chômage sur les chômeurs ». Et en citant le cas des Anglais qui « ont renoncé à ces dispositifs de travail obligatoire » car « cela leur coûtait trop cher », le socialiste se demande où le gouvernement compte trouver du travail pour ces 150 000 contrats futurs.

RSA : la droite ressort le travail forcé

imagesrsa.jpgRSA : la droite ressort le travail forcé

 

 

Dans un rapport commandé par Nicolas Sarkozy, l’ex-ministre Daubresse propose que les bénéficiaires effectuent une journée de travail d’intérêt général par semaine, payée au smic. Il suggère aussi de fusionner le RSA et la prime pour l’emploi. Quatre mois après cette proposition controversée de faire travailler gratuitement les allocataires du RSA :  irritation à Gauche et méfiance des associations.

L’ancien ministre des Solidarités Marc-Philippe Daubresse propose d’expérimenter d’abord 10.000 contrats aidés, payés au smic horaire, que les allocataires seraient contraints d’accepter, sous peine de sanctions.

L’objectif serait d’en signer à terme 150.000, pour un coût de 420 millions d’euros pour l’Etat, tandis que le bénéficiaire verrait ses revenus croître de 130 euros par mois.

Un rapport qui permet de déminer la polémique lancée au printemps par certains députés de la majorité et le ministre Laurent Wauquiez, qui avait déclenché une levée de boucliers en proposant de faire travailler gratuitement les allocataires.

Davantage de contrats aidés permettrait aussi de réduire mécaniquement le nombre de demandeurs d’emploi sans activité.

Créer des petits contrats pour remettre le pied à l’étrier de certains allocataires, pourquoi pas ?, répond Martin Hirsch, qui mis sur pied le RSA en 2009, et les associations d’insertion. « De deux choses l’une, écrit M. Hirsch sur son blog: soit ces contrats courts viennent se substituer à des contrats plus longs, dans une enveloppe budgétaire fermée et l’on aura reculé ».

« Soit ces formules viennent compléter l’offre d’insertion et l’on aidera certaines personnes à retrouver leur place dans le monde du travail », poursuit-il, en appelant à « être vigilant ».

Pour Matthieu Angotti, directeur général de la Fédération des associations d’insertion (Fnars), « il y a du positif car on revient dans le cadre du droit du travail », contrairement à la proposition de faire travailler gratuitement. En revanche, regrette-t-il,  « on est toujours dans une logique de sanctions et d’obligation ».

Actuellement, les contrats aidés proposés aux allocataires du RSA sont de 20 heures et ces derniers sont déjà obligés de les accepter, sous peine de voir leur prestation réduite, voire supprimée, comme le rappelle M. Hirsch.
Mais, de fait, assez peu de contrats de 20 heures leur sont proposés et les sanctions sont peu ou pas appliquées, expliquent à la fois MM. Angotti et Daubresse.

Monsieur Daubresse propose de « clarifier » et « renforcer » les sanctions pour qu’elles soient davantage appliquées et « plus dissuasives ».

Pour M. Angotti, ces contrats pourraient bien être « l’arbre qui cache la forêt ». Sans programmes de formation et véritable accompagnement des bénéficiaires vers un emploi pérenne, « il y a un gros risque de maintenir les allocataires dans un état précaire », craint-il.

L’Uniopss (associations sociales) n’est pas non plus contre un assouplissement de la durée des contrats aidés, mais se dit toujours opposée à l’idée de sanctions, explique Bruno Grouès, chargé de l’exclusion.

Il se demande aussi comment vont être désignés les allocataires-cibles ou si les emplois proposés seront de « bonne qualité », utiles au parcours d’insertion.

Bernard Thibault compare le projet de contrats aidés à du « travail déguisé »

Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a estimé mardi que la proposition de contrats aidés rémunérés pour les allocataires du Revenu de solidarité active (RSA) constituait une forme de « travail déguisé ».

« S’il doit y avoir de l’activité, du travail, on l’appelle comme on veut, cela doit être rémunéré comme du travail et non pas servir à se réfugier derrière un paravent de solidarité. Cela ne peut pas être du travail déguisé », a réagit  M. Thibault, interrogé par l’AFP en marge d’un déplacement à l’aéroport d’Orly où il rencontrait des représentants syndicaux locaux et des salariés d’entreprises de la plate-forme aéroportuaire. Et de poursuivre « On ne peut pas prétendre enjoliver ou accompagner une mesure sociale (…) en la conditionnant à quelque contrainte que ce soit ».

« J’ai l’impression que dans la majorité, ça tourne en rond pour trouver des formules qui visent toutes d’une manière ou d’une autre à présenter ceux qui sont bénéficiaires d’une allocation de solidarité, qui sont enfoncés dans la misère, comme étant des profiteurs de la situation », a ajouté M. Thibault, préconisant plutôt « des actions sur l’emploi et le chômage ».

Pour le député socialiste Christophe Siruge, la proposition « porte en elle le défaussement du chômage sur les chômeurs », avec comme idée que ces derniers sont « installés confortablement dans un chômage volontaire ».

La mobilisation pour d’autres choix est une nécessité

La mobilisation pour d’autres choix est une nécessité

CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa appellent le 11 octobre 2011 à une journée nationale d’action interprofessionnelle, pour une autre répartition des richesses créées. Lire le communiqué commun

Il faut en finir avec la dictature des marchés financiers et les choix politiques d’austérité qui en découlent donnant encore et toujours plus de gages aux marchés financiers et aux agences de notations.

En Europe, plongée dans la pire des situations avec 23 millions de chômeurs, particulièrement les jeunes, l’unique réponse des dirigeants politiques est l’austérité : pression sur les salaires, réduction des services publics, de la protection sociale, des pensions, durcissement des conditions de travail et de vie.

Face aux plans d’austérité, la règle d’or pour les salariés, c’est la mobilisation dans toute l’Europe :
- Pologne : euro manifestation le 17 septembre ;
- Italie : appel à une grève générale le 6 septembre par la CGIL contre la casse du Code du travail ;
- Espagne : journée de mobilisation à l’appel des CCOO ;
- Portugal le 1er octobre. Des mobilisations sont à l’ordre du jour en Roumanie, Hongrie, Slovaquie, Grèce, Belgique, Grande-Bretagne.

En France, le plan Fillon pour réduire le déficit de la France est injuste, inéquitable et inacceptable et pénaliserait une fois de plus les salariés, contrairement aux annonces médiatiques du gouvernement sur la contribution des plus fortunés.

Mesures Fillon Hauts revenus Salariés et Retraités

Alors que, d’après les Comptes de la Nation, le pouvoir d’achat des ménages baisse entre 2007 et 2010, les dividendes versés aux actionnaires explosent et les cadeaux faits aux plus riches et aux entreprises continuent.

C’est à partir de ce diagnostic que les cinq organisations syndicales CGT, CFDT, FSU, UNSA et Solidaires ont décidé de faire du 11 octobre une journée nationale d’action interprofessionnelle unitaire.

La CGT pose la nécessité de la mobilisation sous les modalités à décider ensemble (rassemblements, manifestations, grèves) pour des mesures immédiates et s’inscrivant dans un processus d’action porteur d’alternatives aux choix actuels.

 

L’austérité en marche : taxe sur les mutuelles santé et taxe sur les allocations familiales

L’austérité en marche : taxe sur les mutuelles santé et taxe sur les allocations familiales

imagescakhkt9s.jpgTaxation des complémentaires santé :

Suite au projet gouvernemental d’alourdir la taxation des complémentaires santé dans le cadre du plan antidéficit du gouvernement, la Mutualité française a lancé, le 4 septembre, une campagne de communication dans la presse quotidienne nationale et régionale afin d’interpeller députés et sénateurs pour les convaincre de ne pas voter cette mesure qui sera débattue au Parlement à partir du 6 septembre.

« Par cette campagne, la Mutualité française veut montrer à nos concitoyens comme à l’ensemble des parlementaires que le gouvernement fait un choix dangereux pour l’accès aux soins des Français, en particulier les plus modestes d’entre eux, les pénalisant à travers leurs mutuelles », a-t-elle expliqué, le 5 septembre.

De son côté, l’Union nationale des mutuelles d’entreprise (UNME) a dénoncé, dans une lettre adressée le 2 septembre au Premier ministre, François Fillon, « un impôt déguisé des plus injustes ». « Une fois de plus, cette taxe frappe très directement et indifféremment toutes les personnes qui cotisent pour bénéficier d’une complémentaire santé, quel que soit le niveau de leurs ressources. Pour beaucoup d’entre elles, il est déjà très difficile d’accéder à une couverture complémentaire santé digne de ce nom ».

L’UNME indique par ailleurs qu’« il semblerait bien plus judicieux de lancer une réflexion collective sur la généralisation des contrats responsables et solidaires et l’évolution de leur contenu en favorisant la prise en charge de prestations pertinentes, de qualité, dans un cadre plus solidaire ».

Fiscalisation des allocations familiales :

la ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot, en charge de la politique familiale, a exprimé « une très grande réserve » sur l’idée d’imposer fiscalement les allocations familiales en échange d’un versement dès le premier enfant ou de les mettre sous conditions de ressources, piste lancée par Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture chargé des propositions de l’UMP pour la présidentielle. « Il ne faut pas mélanger politique familiale et politique sociale », a-t-elle expliqué. Or, selon elle, « les allocations familiales restent le seul élément de la politique familiale », car elles ne sont ni soumises à conditions de ressources ni imposables (avec l’AFP).

Pour sortir de la crise. Les 10 exigences de la CGT

cgtadheze30x40.jpgimages.jpgPour sortir de la crise  

Les 10 exigences de la CGT

1 Revaloriser les salaires, les pensions et les minima sociaux
- Dans le privé, ouverture des négociations annuelles obligatoires par anticipation sur 2012 ;
- dans le public rouvrir la négociation salariale ;
- porter le Smic à 1 700 euros brut par mois ;
- résorber les inégalités de traitement entre les femmes et les hommes.

1 salarié sur 2 gagne moins de 1 500 euros par mois ; l’écart salarial demeure de 25 % entre les hommes et les femmes ; 8,2 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté avec moins de 954 euros par mois et la moitié avec moins de 773 euros ; les salaires ont eu la plus faible progression les dix dernières années ; pour la première fois depuis 1945, la masse des salaires versés en 2009 dans le privé a été inférieure à celle de 2008.

2 Contrôler les aides publiques aux entreprises
- Respect des critères de création d’emplois ;
- conditionner aux politiques salariales ;
- donner des moyens d’intervention aux représentants des salariés sur le bien fondé et l’usage de ces aides.

Montant des exonérations fiscales et sociales et autres aides publiques aux entreprises : 170 milliards d’euros = 9 millions de Smic annuels (cotisations sociales comprises).

3 Contraindre les entreprises à des alternatives aux licenciements
- Majorer les cotisations chômage employeur sur les emplois précaires ;
- élargir l’assiette des cotisations et contributions sociales aux primes, stock-options, intéressement. (1,3 milliard d’euros de recettes) ;
- élargir les pouvoirs d’intervention des salariés et de leurs représentants dans leur entreprise, leur groupe, voire leur filière d’activité ;
- reconnaitre la pénibilité des métiers ouvrant droit à un départ anticipé en retraite.

Le système d’indemnisation du chômage ne bénéficie qu’à moins d’un chômeur sur deux. Le chômage des plus de 50 ans touche 810 000 personnes, soit 300 000 de plus qu’en 2008. Mesure spécifique pour les chômeurs en fin de droits, condamnés au RSA après une carrière complète du fait de la réforme des retraites.

4 Suppression des exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires
- Privilégier les créations d’emplois et l’augmentation des salaires.

186 millions d’heures supplémentaires au 2e trimestre 2011. équivaut à 400 000 emplois en rythme annuel. 3 milliards d’euros de perte de recettes pour la Sécurité sociale.

5 Stopper les suppressions d’emplois
- Orienter les investissements dans le développement industriel, la recherche et la préservation de l’environnement et créer les emplois nécessaires.
- Stopper la suppression d’un fonctionnaire sur deux et créer de nouveaux postes dans la fonction publique et les services publics, outils de cohésion sociale et d’efficacité économique et sociale.
6 Développer les politiques publiques et les moyens des services publics
- Education,
- santé,
- recherche,
- infrastructures…
7 Réformer la fiscalité en profondeur
- Accroître la progressivité de l’impôt sur le revenu et créer de nouvelles tranches pour les hauts revenus,
- augmenter l’impôt sur la fortune (ISF),
- supprimer les niches fiscales inutiles selon leur impact économique et social,
- soumettre à cotisation tous les revenus sans distinction,
- alléger les impôts indirects (TVA) qui pèsent proportionnellement plus sur les plus modestes,
- réformer l’impôt sur les sociétés en pénalisant le versement de dividendes et la spéculation pour favoriser l’investissement, l’emploi et les salaires,
- revoir la fiscalité locale afin de réduire les impôts et taxes sur les ménages à revenu modeste,
- réformer le financement de la protection sociale.
8 Créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédits à taux réduits pour :
- Financer l’investissement productif : l’emploi, la formation, la recherche, les équipements.

En Europe et dans le monde.

9 Taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux.
10 Mettre en place un fond européen de solidarité sociale et de développement économique :
- Création par les états d’un fond, avec le concours de la Banque Centrale Européenne (BCE) pour financer le développement social et économique et réduire les inégalités.

 

Les états ont su créer un fonds de 750 milliards d’euros pour sauver les financiers

 mobilisation du 11 octobre  

Faire confiance au gouvernement et au Medef ou se mobiliser ?

Chômage, pouvoir d’achat, logement, santé nécessitent des réponses immédiates.

Sur la taxation des complémentaires santé, la CGT partage la proposition des associations mutualistes de construire ensemble la mobilisation du 11 octobre pour exiger le retrait de cette mesure.

La CGT propose de traduire avec les salariés ces dix exigences en revendications justes, précises, portées par tous, dans chaque entreprise, pour obtenir des résultats concrets.

C’est dans les entreprises que les syndicats, unitairement, doivent débattre et décider avec les salariés des revendications et la CGT pose le principe de la grève pour en définir les modalités avec les salariés eux-mêmes.

La CGT propose d’agir, ensemble, de l’entreprise au national et au niveau européen.

Dans le même temps, il y a nécessité de se mobiliser unitairement, tous ensemble, sur les enjeux communs à tous les salariés.
Le seul risque que l’on prend en se mobilisant ensemble, de l’entreprise à l’international, c’est éventuellement d’être entendu !


La CGT délivre un « triple zéro » à la politique du gouvernement

 

 

thibaut.jpg«Pour nous, la note, ce n’est pas un Triple A, c’est un Triple Zéro». Bernard Thibault, qui faisait ce vendredi sa rentrée devant la presse, a livré en ces termes l’évaluation faite par la CGT de la politique gouvernementale face à la crise.

Pour le secrétaire général de la première centrale syndicale française, qui doit être reçu lundi après midi par François Fillon, le paquet de mesures de «rigueur» annoncé mercredi «s’inscrit dans la droite ligne des réformes précédentes», telles celle des retraites ou la Révision générale des politiques publiques. Il rejoint les plans adoptés ailleurs en Europe, une Europe «plongée dans la pire des situations depuis plusieurs décennies avec plus de 23 millions de chômeurs», et où «la seule réponse des dirigeants repose sur l’adoption de mesures d’austérité, la pression sur les salaires, la réduction des services publics, de la sécurité sociale, des pensions, un durcissement des conditions de travail et de vie».

«Il ne peut y avoir de consensus sur de telles bases», a tranché le leader de la CGT, évoquant les mesures Fillon, qu’il s’agisse d’une taxation des plus riches relevant «uniquement de la symbolique politique», du maintien du dogme de la suppression d’emplois dans la fonction publique, de l’accès aux mutuelles santé rendu plus onéreux… «Il peut y avoir «front commun» pour s’attaquer aux marchés financiers, ajoute-t-il, mais certainement pas pour leur obéir et faire passer la pilule auprès des salariés». Quant à la «règle d’or» de l’équilibre budgétaire que Nicolas Sarkozy voudrait voir inscrite dans la Constitution, ce n’est rien d’autre qu’une «supercherie qui se transformerait en règle de plomb pour amplifier les réformes antisociales». Au demeurant, pour la CGT, qui récuse ainsi l’analyse de fond de la situation faite par le gouvernement, la crise ne trouve pas son origine dans un «dérapage des dépenses publiques», mais dans «l’effondrement des recettes». Il y aurait d’ailleurs, si on le voulait, «beaucoup de ressources supplémentaires à collecter» pour l’Etat, fait valoir Bernard Thibault. Une réforme «en profondeur» de la fiscalité, sur le revenu comme sur les sociétés, fait partie de la dizaine d’ «exigences» portées par le syndicat en cette rentrée, et qui devraient être «autant d’axes de campagne dans les entreprises, les professions, les territoires» (voir encadré).

Car, pour la CGT, la mobilisation des salariés est, bel et bien, d’ores et déjà à l’ordre du jour. «Le monde ne s’arrête pas de tourner parce qu’il y a des élections présidentielles dans 9 mois», «la situation appelle une intervention forte des salariés»  a noté le leader du syndicat. Avant d’indiquer que, «à l’unanimité», les responsables des fédérations professionnelles et des unions départementales, réunies jeudi en assemblée générale, se sont prononcés «pour que l’intersyndicale s’oriente sur l’organisation d’une journée de mobilisation interprofessionnelle au début octobre avec l’organisation de manifestations et la mise en débat de grèves décidées dans les entreprises avec les salariés». L’intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires) doit se réunir le 1er septembre. Bernard Thibault estime qu’il y a «de fortes probabilités» pour que cette réunion débouche sur la décision d’une action commune. Il y a des «contacts réguliers», «les avis progressent», a-t-il noté.

Les 10 exigences pour la rentrée
1. «Conditionner toute aide publique au respect de critères portant sur l’emploi, les politiques salariales des entreprises et donner des moyens d’intervention aux salariés sur le bienfondé et l’usage de ces aides».
2. «Supprimer les exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires».
3. «Agir sur les salaires dans le privé et dans le public. Nous revendiquons l’iouverture immédiate des négociations annuelles obligatoires par anticipation au titre de 2012».
4. «Développer les politiques publiques et notamment donner les moyens indispensables aux politiques d’éducation, de santé, de recherche.»
5. «Stopper les suppressions d’emplois, voire créer de nouveaux postes dans la fonction publique et les services publics».
6. «Contraindre les entreprises à examiner sérieusement toutes les alternatives aux licenciements en élargissant les pouvoirs d’intervention des salariés et de leurs représentants dans leur entreprise, leur groupe, voir leur filière d’activité».
7. «Réformer la fiscalité en profondeur. Améliorer la progressivité de l’impôt sur le revenu, créer de nouvelles tranches pour les hauts revenus. Augmenter l’Isf. Supprimer les niches fiscales inutiles. Taxer et/ou soumettre à cotisation tous les revenus sans distinction (…). Transformer l’impôt sur les sociétés. Il pourrait augmenter pour les entreprises qui utilisent leurs bénéfices pour capitaliser ou verser de gros dividendes et baisser pour les entreprises qui embauchent, augmentent les salaires, investissent dans l’outil de travail, la recherche, la préservation de l’environnement…»
8. «Créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédits à taux réduits pour favoriser l’investissement productif».
9. «Au plan européen et international, taxer les  mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux».
10. «Mettre en place un fonds européen de solidarité sociale et de développement économique».

Au moins 53 milliards d’euros pour des niches fiscales peu ou pas efficaces

C’est un rapport officiel, demandé par François Fillon, de l’Inspection générale des finances qui le dit. Une dizaine d’analyste ont passé au crible les niches fiscales, et il est sans appel.

Le rapport de 6.000 pages de l’Inspection générale des finances que s’est procuré Le Figaro, dit que sur les 470 niches fiscales et les 68 niches sociales qu’il y a en France, 19% sont totalement inutiles. Ce qui représente 11,7 milliards de manque à gagner annuel. Et 47% d’entre elles sont jugées peu efficaces, soit 28 milliards d’euros de recettes en moins par an.
L’une des principales niche mise en cause est l’abattement de 10 % sur le montant des pensions et des retraites pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Une mesure qui coûte 4,3 milliards d’euros à l’Etat chaque année, et qui ne serait plus adapté. On peut citer aussi les niches sur l’outre-mer (4,7 milliards de coût) ou la loi Scellier. A noter que le rapport reste prudent quant à la TVA à 5,5 % sur la restauration et dit qu’il faudrait vérifier la qualité des emplois créés avant de se prononcer.
Globalement, ce sont les niches dont le seul intérêt est de faire plaisir à des lobbys, ou celles qui datent trop (la niche sur les indemnités de stage date de 1958) qui sont pointées du doigt. Quant aux plus efficaces, leur suppression ferait perdre en 10 ans 1,1 point de PIB et 145000 emplois.

Premier semestre positif pour le secteur de l’emballage papier-carton en France

Le Cofepac (Comité Français de l’Emballage Papier-Carton) a publié les résultats de sa dernière étude semestrielle.

L’accélération de l’économie mondiale s’est poursuivie durant les premiers mois de 2011 conduisant à une révision à la hausse des prévisions de la croissance mondiale à environ 4,5%. Cependant, cette reprise économique est restée inégale : très vigoureuse dans la plus grande partie des pays émergents (notamment en Chine où la production industrielle continue de croître sur un rythme supérieur à 10%), d’un bon niveau dans les principaux pays avancés, mais avec de très fortes disparités et des interrogations sur la durabilité dans certains pays, États Unis notamment.

La zone euro, quant à elle, a affiché au 1er trimestre 2011 une relative bonne santé (+0,6% t/t), en nette accélération par rapport  au dernier trimestre 2010 (+0,3%). L’Allemagne a joué un rôle de locomotive (+1,5% t/t) et partage avec la France (+0,9% t/t) la surprise d’une croissance bien plus soutenue qu’anticipée. Ce n’est pas le cas de l’Italie où les résultats du 1er trimestre confirment la stagnation du PIB (+0,1% t/t) ni de l’Espagne qui affiche un modeste +0,3% (t/t).

En France, l’activité a progressé, soutenue par une hausse de la production manufacturière (+5,3% t/t), des investissements et de la  croissance de la consommation des ménages un peu meilleure qu’attendue au premier trimestre (+0,3% t/t après +0,3% fin 2010). Toutefois, le second trimestre semble avoir marqué une stabilisation du fait d’une production industrielle en pallier, d’un commerce extérieur défavorable – du fait d’une glissade du dollar face à l’Euro depuis janvier – et, surtout, d’un affaiblissement de la consommation domestique.

Sur fond d’environnement mondial volatile au plan politique, les prix de l’énergie ont nettement cru depuis le début d’année et restent sous pression, essentiellement du fait d’un problème d’offre. Les autres matières de base ont vu elles aussi leurs prix orientés à la hausse et notamment celles de l’industrie papetière sur cette première moitié d’année.

Ainsi le prix de la pâte NBSK en euros (indice Foex) plafonne à des niveaux élevés, tandis que l’indice de prix des papiers et cartons récupérés (source relevé de prix Revipap) a connu une forte hausse pour atteindre un pic en mai.

Au niveau de la production française de papiers & cartons d’emballage, les industriels  n’ont pas pu tirer bénéfice de ce climat positif du fait de la fermeture définitive d’un site mais aussi d’incidents sérieux et la reconstruction de machines qui ont limité leur production ; laquelle devrait décroître de près de 1% au global sur six mois, avec une stabilité des exportations (+0,5%). Cependant, des différences sensibles sont relevées selon les sortes de papiers et cartons.

En revanche, s’agissant de la transformation et la fabrication d’emballages papier-carton, l’activité a été parfaitement corrélée aux évolutions économiques positives de la période : forte sur le premier trimestre, un peu plus modérée sur le second. Sur six mois, la demande française d’emballages papier-carton devrait osciller entre +4% pour le carton ondulé et le cartonnage pliant et +7% pour le secteur des sacs et autres emballages souples.

Le tout dans un contexte haussier persistant du coût des intrants, menaçant l’équilibre économique de l’ensemble des acteurs de la filière.

DES PERSPECTIVES FAVORABLES POUR LA SECONDE PARTIE DE 2011

Les récentes prévisions économiques indiquent que l’activité économique devrait rester, d’ici la fin 2011, sur une tendance positive, même si elle pourrait connaître une relative stabilisation dans certains pays. Les économies restent toutefois exposées à des risques financiers et géopolitiques à l’exemple des tensions sur les marchés de l’énergie nées des troubles au Moyen Orient. En Europe, après un second trimestre plus « mou », les pays du Nord et la France devraient continuer de s’inscrire dans une tendance favorable, à l’inverse des pays du sud ou des iles britanniques soumis à de fortes tensions économiques et sociales.

Dans ce contexte macro-économique plutôt favorable, l’industrie française des matériaux d’emballage papier-carton et de la transformation et fabrication d’emballages, devrait voir son volume d’activité rester sur un trend positif dans les prochains mois.

Concernant le prix des matières de base et d’autres intrants (pâte, PCR, énergie, transports, produits chimiques), il est probable que ceux ci restent sous tension dans les prochains mois, sans exclure d’éventuels ajustements. D’ici la fin d’année, la vigilance reste de mise en matière de coûts et de prix.

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Joseph Niemiec, secrétaire général adjoint de la CES

Joseph Niemiec, secrétaire général adjoint de la CES

« Sarkozy s’est aligné sur les positions de Merkel »

Dans une interview à l’Humanité, le secrétaire général adjoint de la Confédération européenne des syndicats dénonce les dangers de l’austérité.

Entretien réalisé par Clotilde Mathieu

Quelle est votre réaction face à ce nouvel épisode de la crise européenne ?

Joseph Niemiec. Cet épisode n’a rien de surprenant, ni même d’étonnant. Dès le début de la crise, nous savions que, même si les gouvernements ont calmé un peu la situation en aidant le secteur financier, la crise allait se poursuivre. L’austérité comme solution à la pression des marchés, ce n’est pas seulement mauvais pour les gens, c’est mauvais pour l’économie. C’est même le mécanisme qui est à l’origine de la crise aujourd’hui et qui risque de nous faire replonger dans une nouvelle crise.

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, lors de leur rencontre, ont annoncé de nouvelles mesures pour calmer les marchés, et notamment de voir dans chaque pays l’instauration d’une « règle d’or ». Cette réponse vous paraît-elle appropriée ?

Joseph Niemiec. Nicolas Sarkozy s’est finalement aligné sur la vision d’Angela Merkel, avec deux approches contracycliques. Le refus de la solidarité avec le rejet des euro-obligations et l’austérité à tout prix avec la « règle d’or ». Il y a des pays où cette règle existe dans la Constitution et cela n’a pas changé le problème. Ce n’est pas une solution à la crise. C’est pourquoi depuis le début nous avons réagi de manière très ferme en organisant des euromanifs contre l’austérité. La priorité est de trouver des moyens aux états pour investir dans la création d’emplois, dans la formation, pour défendre l’industrie européenne, à un coût acceptable pour la population, sans pénaliser ceux qui sont dans la difficulté.

La création d’euro-obligations fait partie de vos principales propositions vers une sortie de crise. Pourquoi ?Joseph Niemiec. Les états ont besoin de financer leur fonctionnement essentiel : leurs dépenses de santé, d’éducation, de transports. Lorsqu’un pays se retrouve comme la Grèce à payer des intérêts d’emprunt de plus de 10 %, cela devient totalement insoutenable. Dans cette situation très fragile, il faut une mesure de solidarité européenne qui permette aux pays de se financer quelles que soient leurs réalités économiques. Grâce à cette facilité, les pays pourront financer et développer l’investissement pour aller vers une croissance durable, à condition que cette mesure en appelle d’autres.

Lesquelles ?Joseph Niemiec. Il y a besoin de trouver d’autres sources de financement pour soutenir la relance et défendre le modèle social européen. La taxation sur les transactions financières est l’une d’entre elles. Cette taxe a deux avantages. D’un côté, elle permet de dégager de nouvelles ressources pour financer l’investissement. De l’autre, elle freine la spéculation. Un autre chantier serait celui de l’évasion fiscale en luttant contre les paradis fiscaux. Il y a un véritable travail à enclencher afin d’organiser à l’échelle de l’Union européenne une harmonisation fiscale. La régulation du secteur financier et des agences de notation est un des points sur lesquels l’Europe doit déboucher. Même si tout le monde en voit l’utilité aujourd’hui, de grosses difficultés à trouver des instruments adéquats et à les mettre en œuvre persistent.

Quel est le sentiment des salariés face à cette crise et aux réponses apportées ?Joseph Niemiec. Il y a avant tout un sentiment d’injustice. Alors qu’ils n’étaient pas à l’origine de la crise, ce sont les salariés qui, au travers des pertes d’emplois, des baisses de salaires, des craintes quant à l’avenir de leur pension, en paient les frais. Malgré ce qu’on a voulu nous faire croire, c’est bel et bien le secteur financier, la spéculation et le manque de régulation qui nous ont entraînés dans la crise et à gonfler les déficits publics.
Plutôt que d’être résignés, je vois une opposition très ferme des salariés, et pas uniquement en Grèce. Dans d’autres pays, la mobilisation sociale est importante. En Europe centrale, il y a eu une série de mobilisations qui ne s’est toujours pas arrêtée. En Roumanie, en Hongrie, en Slovaquie, les salariés ont manifesté contre les mesures d’austérité mais aussi contre les attaques du système social avec, par exemple, le système de négociation collective. Il y a une opposition parce que les travailleurs pourraient nous reprocher de rester trop timides au moment où il faut exprimer clairement ces opinions pour éviter le pire. L’organisation d’une nouvelle euromanifestation, cette fois-ci à Wroclaw, en Pologne, le 17 septembre, à l’occasion de la rencontre des ministres des Finances européens, va dans ce sens.

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Le risque d’un « sous-contrat de travail », permettant aux entreprises d’embaucher à moindre coût (Groupe groupe CRC-SPG)

Le risque d’un « sous-contrat de travail », permettant aux entreprises d’embaucher à moindre coût (Groupe groupe CRC-SPG)

 

 

Monsieur le ministre, il est très audacieux d’avancer que cette proposition de loi permet d’offrir un avenir aux jeunes et de faire reculer le chômage, car, malheureusement, ce ne sera pas le cas.

Cette proposition de loi, à défaut d’avoir les effets très positifs que vous semblez en escompter, permettra-t-elle, à tout le moins, d’améliorer la situation de l’apprentissage de l’alternance ? Ce n’est pas évident non plus ! Et je tiens à bien préciser que nous ne sommes opposés ni à l’apprentissage ni à l’alternance.

M. André Reichardt. C’est bien !

Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. Nous persisterons donc à voter contre ce texte, car il laisse de nombreux problèmes non résolus, quand il ne contribue pas à en aggraver d’autres.

L’apprentissage et les contrats de professionnalisation ne sont, à notre sens, pas suffisamment encadrés pour permettre aux jeunes d’acquérir des compétences professionnelles dans des conditions matérielles et des conditions de travail décentes. Il existe d’ailleurs, de ce point de vue, de grandes inégalités : la situation varie d’un endroit, d’un secteur ou d’une profession à l’autre. Quoi qu’il en soit, la question des conditions réelles d’acquisition des compétences par l’apprentissage devrait être regardée de plus près.

Quant à l’insertion professionnelle des apprentis, elle n’est pas aussi idyllique que l’on veut bien nous le faire croire ; c’est du reste la raison pour laquelle vous parlez d’assurer un avenir aux jeunes ! Plus d’un tiers des apprentis ne trouvent pas d’emploi à l’issue de leur formation.

Mme Sylvie Demarescaux. Donc, deux tiers en trouvent !

Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. De plus, les ruptures de contrat concernent chaque année environ un quart des apprentis, et jusqu’à 37 % dans certains secteurs, comme l’hôtellerie et la restauration ! Le passage dans l’emploi est donc bref, et la sortie en est rapide.

En outre, le taux de réussite des apprentis aux examens professionnels est inférieur, de 5 points en CAP et de 6,5 points en BTS, à celui des élèves scolarisés.

Surtout, nous ne souhaitons pas que, sous prétexte de lutte contre le chômage et d’amélioration de l’insertion professionnelle, l’alternance devienne un « sous-contrat de travail », permettant aux entreprises d’embaucher à moindre coût. Or cette proposition de loi contribuera justement à perpétuer de telles pratiques.

Alors que les dispositions du texte sont censées rendre l’apprentissage attractif, il n’en est rien concernant la rémunération des apprentis, qui reste au même taux, c’est-à-dire entre 25 % et 78 % du SMIC.

En revanche, le projet de loi de finances rectificative pour 2011 a entériné des dispositions qui figuraient initialement dans la présente proposition de loi et dont bénéficient directement les entreprises. Quand il s’agit de donner des avantages aux entreprises, vous êtes toujours aux avant-postes !

En l’occurrence, je pense à l’exonération de charges pendant un an prévue pour toute nouvelle embauche en alternance dans les entreprises de moins de 250 salariés, ainsi qu’au relèvement de 3 % à 4 % du taux de salariés devant être embauchés en apprentissage dans les entreprises de plus de 250 salariés et à l’instauration dans ces dernières d’un système de bonus-malus. En outre, l’impact du malus est amoindri puisque en seront exonérées les entreprises s’engageant à augmenter leur nombre d’apprentis de 10 % d’ici à l’an prochain.

En la matière, les promesses n’engagent que ceux qui les font ! S’il est certain que les entreprises bénéficieront d’exonérations, il n’est absolument pas sûr qu’elles embaucheront 10 % d’apprentis de plus l’année prochaine.

Quant aux articles de la proposition de loi non repris dans le projet de loi de finances rectificative, ils répondent à la même logique : satisfaire les besoins des entreprises.

L’un de ces articles crée ainsi la possibilité de signer un contrat d’apprentissage saisonnier avec deux employeurs différents, ce qui développe la flexibilité de la main-d’œuvre, en fonction des besoins des entreprises, mais au détriment de la protection des travailleurs. (M. Alain Gournac s’exclame.)

Mme Sylvie Demarescaux. C’est faux !

Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. Cela aura pour conséquence de créer un nouveau vivier de main-d’œuvre à bas coût dans un secteur par définition déjà précaire et d’accroître les difficultés pour les apprentis et leurs familles. Rien ne garantit pourtant que la complémentarité de ces contrats sera assurée pour l’obtention du ou des diplômes préparés, tant les emplois dits « saisonniers » sont divers.

Un autre article du texte crée la possibilité d’effectuer un contrat d’apprentissage dans les entreprises d’intérim. Là encore, si l’opportunité pour l’entreprise est évidente, elle l’est beaucoup moins pour l’apprenti, qui doit être engagé dans une mission longue et formatrice de un à trois ans, ce qui ne correspond nullement à la vocation de l’intérim.

La proposition de loi prévoit également la possibilité de renouveler une fois un contrat de professionnalisation à durée déterminée, alors que ce dernier peut déjà durer douze mois, et jusqu’à vingt-quatre mois dans certains cas. Où est l’amélioration ? Cela revient à créer des contrats précaires pouvant durer jusqu’à quarante-huit mois, en dehors de la législation du travail concernant les CDD ; autrement dit, on aura des CDD sans les garanties qui y sont liées ! C’est ce que font d’ailleurs souvent les entreprises qui prolongent les contrats d’apprentissage.

Nous sommes également opposés à la possibilité d’effectuer un contrat de professionnalisation chez un simple particulier employant un salarié pour ses besoins personnels : services à la personne, travaux du bâtiment, etc. En effet, le manque d’encadrement et de contrôle sur ce type d’emplois en fait la voie royale vers tous les abus.

Avec de tels emplois, vous en conviendrez, des conditions comme le nombre d’heures de travail par semaine ou l’objectif de formation risquent fort de ne pas être remplies. Le particulier, qui n’est employeur que ponctuellement et à hauteur de ses besoins, ne saurait contribuer à la formation. Qui peut se persuader du contraire ?

L’objectif de cette mesure est clair : favoriser les particuliers employeurs, avec des embauches à moindre coût, en faisant se succéder les apprentis.

Autre élément participant de cette logique qui tend à faire du contrat d’alternance un contrat de travail ordinaire : le fait qu’une préparation opérationnelle à l’emploi, ou POE, puisse déboucher sur l’embauche en contrat d’apprentissage. Nous y sommes opposés. En effet, la POE a pour objectif de permettre à une personne au chômage d’accéder à une formation lui permettant d’accéder ensuite à une offre de poste précise transmise à Pôle emploi. Elle doit donc déboucher sur un véritable contrat de travail répondant aux besoins de l’entreprise, et non sur de l’apprentissage.

Ce dernier ne doit pas être considéré comme un contrat de travail banalisé et, surtout, ne doit pas représenter pour l’entreprise une alternative à une embauche réelle, certes plus coûteuse, mais constituant la seule solution envisageable au regard de la lutte contre le chômage et contre la précarité des salariés.

Enfin, last but not least, cette proposition de loi crée des « sections apprentissage » permettant de faire des stages en centres de formation d’apprentis dès la troisième et abaisse parallèlement à 14 ans l’âge minimum pour souscrire un contrat d’apprentissage, au mépris de l’obligation scolaire jusqu’à 16 ans et de l’interdiction du travail des enfants.

Quant aux dispositions sur les groupements d’employeurs, elles instaurent une déréglementation totale au profit des entreprises, en permettant l’adhésion d’un employeur à deux groupements et en élargissant cette possibilité à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, ainsi qu’aux collectivités territoriales. Les salariés sont donc considérés comme des variables d’ajustement pour les entreprises – mais on reconnaît bien là votre façon de voir les choses ! –, qui peuvent les mettre à la disposition des autres employeurs du groupement.

Mais ces salariés sont ainsi placés dans une situation de grande précarité puisque aucune obligation d’embauche en CDI n’est prévue et que le salarié mis à disposition, contrairement à l’intérimaire, ne perçoit précisément pas de prime de précarité. Une fois de plus, on rogne en modifiant le cadre juridique !

Quant à l’ouverture du groupement d’employeurs aux collectivités, elle permet, à l’évidence, de généraliser l’externalisation des emplois, au détriment des emplois publics, que vous vous êtes par ailleurs donné pour tâche de supprimer dans le cadre de la RGPP.

Enfin, les dispositions concernant les stages et le contrat de sécurisation professionnelle, sont, malgré leur titre alléchant, largement insuffisantes.

La situation des stagiaires n’est nullement améliorée. Ainsi, il n’y a pas trace, dans ce texte, de revalorisation de la gratification accordée aux apprentis ni de l’ouverture de droits à cotisation pour la retraite ou le chômage.

Le contrat de sécurisation professionnelle, quant à lui, n’est en réalité qu’un aménagement du licenciement économique. Il ne permet pas de prévenir ou d’éviter un licenciement : il ne fait qu’offrir un parcours d’accompagnement pour une reconversion. Il n’apporte aucune garantie d’emploi ultérieur. Parler de sécurisation professionnelle est donc largement exagéré !

Pour toutes ces raisons, nous voteront contre cette proposition de loi.

Par Nicole Borvo Cohen-Seat

Le Tour de la France sociale (CGT)

« Halte au déménagement du territoire »

C’est sous le signe de la reconquête des services publics que les militants actifs et retraités CGT du Cantal ont placé leur présence dans les derniers lacets du col de Prat de Bouc (1392 m d’altitude). Une des dernières difficultés de cette humide traversée du massif central.

Thierry Bonhoure, Secrétaire général la CGT Cantal, entouré de la vingtaine de militants mobilisés ici depuis la veille au soir, se disait « très satisfait des échanges avec le public ». Les priorités de la CGT sur les salaires et les services publics rejoignent ici les préoccupations du nombreux public massé là pour le passage du Tour. François Thierry Cherrier, dirigeant de la CGT, régional de l’étape et présent dans la voiture de la NVO, à noté que « l’allongement annoncé de la durée de cotisation pour la retraite constitue une inquiétude importante dans le public ». Belle journée de mobilisation pour la CGT du Cantal qui, mardi matin à Aurillac, prendra le départ fictif de l’étape en donnant un bon coup de pédales pour les salaires.

Mardi 12 juillet 

Aurillac : échappée belle pour les salaires

L’orage menaçant n’a pas empêché que la fête soit belle pour le départ fictif d’un beau peloton d’une quarantaine d’unités de militants de la CGT mardi matin à Aurillac.

A la tête de ce groupe d’échappés pour les salaires et les services publics, Thierry Bonhoure, Secrétaire général de l’Union départementale CGT du Cantal ne cachait pas sa satisfaction pour la réussite de cette initiative : « nous avons été étonnés de la chaleur de l’équipe CGT dans ce défilé. Nous avons été très applaudis par le public, notamment en traversant les quartiers populaires d’Aurillac. Comme quoi, dés que la CGT se montre, elle est appréciée ». Quelques applaudissements plus loin, le tonnerre gronde. Qu’importe, le peloton CGT et l’autre, celui des coureurs, sera passé entre les gouttes.

--> Suivez en direct, le Tour de la France sociale avec la chronique de Michel Scheidt, envoyé spécial de la Nouvelle Vie Ouvrière sur le Tour de France.

Offensive antisociale

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Offensive antisociale

Pour être connue, la tactique n’en est pas moins indigne. 
Le gouvernement et l’UMP ont choisi le début des vacances pour lancer une nouvelle offensive antisociale d’envergure : faire passer l’allongement de la durée 
de cotisation pour les retraites et préparer une remise 
en cause de la durée légale du travail. Côté retraites, c’est Xavier Bertrand qui est à la manœuvre. Sept ou huit mois après la grande bataille de l’automne, et alors même que la réforme était rejetée par une majorité de Français, 
il remet le couvert et ressert les mêmes arguments. 
Ce ne serait, dit le ministre du Travail, que l’application de la loi de 2003, mais qu’il lui faut justifier en semblant manier l’évidence, à savoir que si l’on vit plus longtemps, « il est logique que l’on travaille un peu plus longtemps ». Pour faire bonne mesure, il donne dans le chantage, 
en affirmant préférer « être en France et conduire 
les réformes nous-mêmes plutôt qu’un jour être comme la Grèce et se faire imposer les réformes par l’extérieur ». Sans abus de langage, c’est une logique de collaboration. Les marchés financiers le demandent, allons 
au-devant de leurs exigences. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, et il en va de même pour le second front ouvert 
par la droite sur la durée légale du travail.

Là, c’est Hervé Novelli, le numéro 2 de l’UMP, qui pilote ce qui serait une « révolution ». « Les entreprises auront trois ans à compter de 2012, si nous sommes élus, pour négocier la durée du travail qui leur conviendra. » On peut espérer d’emblée que 
ces propos inspirent 
les bulletins de vote, 
car ce n’est pas une révolution mais bien 
au contraire la restauration du bon-vouloir patronal, le règne 
du libéralisme pur et dur, d’autant plus violent qu’il s’appliquerait aux salariés les moins protégés, les femmes, les jeunes, les moins organisés pour résister et négocier. Le gouvernement et l’UMP sont entrés dans une nouvelle phase, active et brutale, de destruction du modèle social français et de ses acquis, contre les syndicats, avec l’approbation du Medef. Ce n’est pas travailler plus pour gagner plus. C’est travailler plus pour que la machine 
à profits gagne plus. C’est araser tous les obstacles 
à l’exploitation toujours plus dure du travail salarié, laisser le champ libre au capital.

Ce n’est pas spécifique à la France. C’est bien ce que le pacte pour l’euro de Nicolas Sarkozy 
et Angela Merkel entend imposer dans toute l’Europe. Il s’agit de réduire les conquêtes sociales aussi bien que les services publics ou tout ce qui relève des solidarités nationales, retraites, santé, et de soumettre les économies aux marchés. La droite, le gouvernement savent très bien qu’il suffirait, pour assurer les retraites, de taxer un tant soit peu les revenus du capital. Ils ne sont pas là pour ça, ils sont là pour faire le contraire. Pour Hervé Novelli, 
ces propositions seraient une contribution à l’élaboration du programme du candidat pour 2012. Mais le programme existe déjà. La seule question qui vaille, c’est comment le combattre. Immédiatement, dans l’action, en le faisant connaître et en faisant connaître les propositions que toute la gauche devrait avoir à cœur d’élaborer, dans le débat et la confrontation. Ensuite en 
se donnant les moyens de gagner en 2012, avec des objectifs clairs de transformation et avec la conscience tout aussi claire qu’un deuxième quinquennat de Nicolas Sarkozy serait une catastrophe.

Dialogue social : l’Institut Montaigne (rapport en pièce jointe) convoque Copé (extrême droite de l’UMP) et Chérèque (CFDT) dans les colonnes de l’Express pour en débattre.

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Ne pas oublier Rendez-vous aujourd’hui à M Real

Dialogue social : l’Institut Montaigne (rapport en pièce jointe) convoque Copé (extrême droite de l’UMP) et Chérèque (CFDT) dans les colonnes de l’Express pour en débattre.

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françois chérèque / jean-françois copé

La démocratie sociale en chantier

En France, le dialogue social est déficient. Partageant ce constat, le syndicaliste François Chérèque (CFDT) et le politique Jean-François Copé (UMP) débattent des propositions de l’Institut Montaigne et d’Entreprise & Personnel pour le revivifier.

Etes-vous d’accord avec le point de départ du rapport : la nécessité d’améliorer le dialogue social ?

François Chérèque : Oui, les pays qui ont le plus développé l’autonomie du dialogue social, comme l’Allemagne et les Etats de l’Europe du Nord, sont ceux qui conjuguent le mieux efficacité économique et satisfaction sociale. Il faut donc changer notre méthode de dialogue en France.

Jean-François Copé : Je reconnais bien volontiers le lien évident entre dynamisme économique et qualité du dialogue social. L’Allemagne l’a bien compris, qui fait divorcer l’économie et l’idéologie. En France, la manière dont la réforme des retraites – vitale pour notre pays – a été menée est très révélatrice : il ne s’est pas trouvé un seul syndicat pour la soutenir ou, au moins, pour en discuter.

F. C. : Je rappelle la parole assez symptomatique du président de la République : ce sujet-là est trop important pour le confier aux partenaires sociaux ! C’est qu’en France nous en sommes restés à une conception du social qui donne le pouvoir aux seuls politiques.

Seriez-vous favorables à une révision radicale de la Constitution créant un domaine d’intervention réservé aux syndicats, l’une des pistes évoquées par l’Institut Montaigne, et une idée lancée par François Hollande (Le Monde du 15 juin) ?

J.-F. C. : Changer la Constitution, est-ce vraiment nécessaire ? Je prône plutôt un retour aux sources : une véritable application de l’article 34, qui énumère les domaines où la loi « détermine les principes fondamentaux ». Le droit social en fait partie. Ce qui signifie que le législateur n’entre pas dans le détail de la mise en oeuvre.

F. C. : Je pense qu’il faudrait modifier la Constitution sur un point seulement, afin qu’elle reconnaisse l’existence et le rôle des partenaires sociaux. Dans le débat sur la refondation sociale, en 2000, le Medef demandait une réforme de la Constitution pour donner la priorité aux accords sur la loi. Je ne vais pas aussi loin. Mais la reconnaissance symbolique des partenaires sociaux, c’est important.

J.-F. C. : Je ne voudrais pas qu’une telle modification soit considérée en soi comme un gros progrès, qui vaudrait quitus pour une réforme du dialogue social.

F.C. : J’insiste : dans un texte fondateur comme l’est la Constitution, les partenaires sociaux doivent être reconnus comme tels. Même si je sais bien que ce sont les pratiques qui changeront la donne.

J.-F. C. : Attention aux gadgets ! La clef du changement n’est pas dans la Constitution. Elle est dans la pratique ! Aujourd’hui, en fonction des ambiances ou des agendas électoraux, on fait un peu tout et n’importe quoi. Tantôt, l’on surjoue le dialogue social parce que l’on est parvenu à un accord – qui le plus souvent ressemble à de l’eau tiède ; tantôt, l’on impose une réforme par le biais d’une proposition de loi parlementaire.

Dans un dialogue rénové, quels rôles respectifs pour les parlementaires et les partenaires sociaux ?

F. C. : La loi du 31 janvier 2007 a marqué une évolution salutaire : quand le gouvernement veut légiférer en matière sociale, il doit laisser un temps de négociation aux partenaires sociaux. Mais cette loi a été transgressée depuis de deux manières : d’abord, il est arrivé que le résultat de la négociation ait été modifié par les parlementaires. C’est leur droit, mais cela pose un vrai problème de respect des signataires d’un accord. Ensuite, le gouvernement a trop détourné la loi en faisant endosser ses projets par des propositions de loi parlementaires, qui, elles, ne sont pas soumises à la loi du 31 janvier 2007.

J.-F. C. : Dans le cadre du projet présidentiel – j’y travaille activement au sein de l’UMP -, je ne vois qu’une solution : revenir à l’esprit originel de la Ve République, et de l’article 34. La loi définit donc un cadre, le contrat la précise et mieux vaut que cela se négocie au niveau de la branche ou de l’entreprise, plutôt qu’au niveau national, avec une ambiance tendue, théâtralisée. Le prochain quinquennat devrait débuter par des assises de la nouvelle démocratie sociale. Avec Hervé Novelli, nous avancerons cette proposition lors d’une convention le 5 juillet.

F. C. : Derrière ces mots, il y a un danger : la disparition de l’étape intermédiaire entre la définition des droits fondamentaux et leur application par la branche. Si, par exemple, la loi ne définit pas la durée du temps de travail hebdomadaire pour tous les salariés en France, vous aurez d’énormes disparités : certains toucheront le smic pour 35 heures, d’autres pour 30, d’autres encore pour 40. Où sera la référence commune ?

J.-F. C. : Elle est du domaine de la loi-cadre, qui doit déterminer des planchers et des plafonds. Ensuite, les durées sont adaptées aux métiers, comme cela se fait en Allemagne. Alors qu’aujourd’hui l’on traite de la même manière des secteurs très différents.

F. C. : Ainsi vous déniez aux partenaires sociaux le droit de négocier les normes. Je ne suis pas favorable à cela.

J.-F. C. : On peut trouver une voie moyenne. La loi-cadre est adoptée par le Parlement, mais elle pourrait, autant que possible, résulter d’un accord entre les partenaires sociaux. J’appelle cela de la coproduction sociale. Toutefois, je ne suis pas favorable à ce que l’on mette sur le même plan les parlementaires et les partenaires sociaux. Ce n’est pas tout à fait la même histoire…

F. C. : Que les parlementaires aient le dernier mot, je ne l’ai jamais contesté. Mais j’insiste sur le fait que, sur des sujets sensibles de notre Code du travail, comme la question du temps de travail, il faut des références applicables sur tout le territoire. Et c’est cette référence qui doit déclencher le décompte des heures supplémentaires. Si l’on fait ce que vous dites, les salariés des grands groupes donneurs d’ordre auront un temps de travail moyen autour des 35 heures, et ceux des petites entreprises supporteront la précarité et la flexibilité et seront au niveau du plafond. Encore un droit à deux vitesses.

J.-F. C. : Vous êtes réputé être un syndicaliste modéré, vous ne pouvez pas vous livrer à cette caricature. On ne peut pas dire : « Il y a les gros méchants et les gentils petits. » Empêcher les petits de croître n’est pas une solution. Les Allemands ont réussi à développer un réseau d’entreprises intermédiaires considérable, là où nous n’avons que de très petites entités. Ma réflexion se combine avec une vision entrepreneuriale pour faire du prochain quinquennat celui des entreprises conquérantes.

F. C. : Un bémol sur l’Allemagne, qui n’a pas de Smic. Le DGB, syndicat principal dans ce pays, veut en créer un. Là-bas, le salaire minimum horaire est de 4,70 euros dans le secteur de l’agriculture. Résultat, les travailleurs de l’agroalimentaire sont surexploités et des agriculteurs français sont en train de mourir à cause de cette concurrence déloyale. Voilà pourquoi les syndicats – CFDT, CGT, FO et DGB – refusent que les salaires soient déconnectés de l’évolution du produit intérieur brut et de l’inflation, comme le proposent la France et l’Allemagne dans le plan de régulation économique européen.

J-F. C. : Cet exemple de l’agriculture allemande se retourne contre vous. La droite dit très clairement que l’on ne peut pas tout payer, mais que certains points sont notre force face à l’Allemagne. L’existence du Smic horaire en est une. Mais l’on ne peut pas, dans le même temps, rigidifier la durée du travail, sinon nous ne nous en sortirons pas.

Corinne Lhaïk, L’Express

Précarité. Jeunes : plus formés et plus pauvres

ectacprecaritejeunessousleseuildepauvrete03.jpg« Aujourd’hui, c’est chez les jeunes que la proportion de pauvres est la plus élevée », affirme l’Insee dans une étude. Ils sont pourtant de plus en plus formés.

Alors qu’au début des années 1970, les pauvres se trouvaient pour l’essentiel chez les personnes âgées, la situation s’est depuis inversée : ce sont les jeunes qui sont les plus frappés par le chômage et la pauvreté. Ce constat accablant de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) effectué à l’occasion de la publication de son rapport sur les comptes de la Nation 2010 ne prend pas pourtant en compte l’impact de la crise de 2008-2010 sur la population française. Ces appréciations de l’institut ne signifient pas que les personnes âgées soient montées au paradis même si l’on constate une amélioration de leur situation. L’étude montre au contraire « qu’il n’y a plus de progrès générationnel en matière de pauvreté ».

Cause première de ces régressions : le chômage et la précarité. D’un côté les jeunes « ont subi de plein fouet la dégradation du marché du travail, notamment les peu qualifiés ». Ils ont également été « particulièrement concernés par la hausse des emplois instables ». De l’autre côté, « les seniors éprouvent plus de difficultés à se maintenir dans l’emploi ». Pour ce qui concerne la jeunesse, cette situation est d’autant plus insupportable que « les générations sont de plus en plus formées ».

Après la première « explosion scolaire » des années d’après-guerre, la seconde « explosion » a bénéficié aux générations des années soixante et soixante-dix avec leur accès « plus massif aux diplômes de l’enseignement supérieur ». Mais elle « a été en partie contrebalancée par un déclassement professionnel : de plus en plus de jeunes diplômés ont occupé un emploi en dessous de leur niveau de compétences en début de carrière ».

L’Insee repère autour des années 2000 une croissance de la « proportion de propriétaires (…) chez les plus jeunes, malgré la hausse de l’immobilier ». Mais « ce sont surtout les jeunes cadres et professions intermédiaires qui en ont profité ». De ce point de vue les inégalités entre catégories salariées se « sont beaucoup creusées ». Par ailleurs, on peut se demander à quel prix s’effectue cet accès à la propriété dans la mesure où le poids du logement « croît dans le budget des ménages ». « Pour un ménage dont la personne de référence est âgée de vingt-cinq à vingt-neuf ans, le taux d’effort net a ainsi augmenté de moitié entre la génération 1950-1954 et la génération 1975-14979, pour laquelle il atteint 15 % du revenu disponible brut. »

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