Ou va la CFDT ?

Ou va la CFDT ? dans ARTICLES gf_un_3314-vLa CFDT vient de signer l’accord de désindexation des retraites complémentaires
Agirc Arrco revendiquée par le Medef. Elle ouvre ainsi la porte à une nouvelle
attaque contre le régime général des retraites. Elle partage avec le Medef la rédaction
de l’accord de la flexibilité du contrat de travail, que les parlementaires
vont examiner début avril. La ligne de la CFDT s’inscrit donc dans la durée.

Analyser la trajectoire de la CFDT suppose donc d’en saisir la cohérence. La question ne
se résume pas de savoir si avec elle s’établit une petite fracture ou une
fracture majeure. Réaffirmer une unité de principe relève de l’angélisme et
surtout de l’inefficacité. Car la CFDT veut enjamber ce qu’elle considère être
le cadavre de la lutte des classes, pour se livrer à un partenariat syndical
avec le patronat.

Les syndicats de la Filpac CGT, et de bien d’autres fédérations et unions
départementales, pratiquent souvent l’unité avec leurs homologues de la CFDT
dans les entreprises et les localités. Il s’agit d’élaborer un mode d’emploi,
qui exclut l’intimidation physique (« C’est
à moi que tu causes sur ce ton ? »
) et ne se contente pas de
réaffirmer les grands principes d’une unité abstraite. Pour finalement parler
de l’unité dans les conditions concrètes du moment.

Décryptage.

 

Une convergence de fond avec le Medef, préparée
ces 3 dernières années

Notre référence est publique : il s’agit du document de juin 2011, intitulé « Approche de la compétitivité française ».

« Approche de la compétitivité française
» a été élaboré sous Sarkozy, entre avril 2010 et mai 2011 par un groupe de travail paritaire composé de représentants de quatre organisations syndicales de salariés (CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO) et des organisations d’employeurs (CGPME, MEDEF, UPA). Il a été approuvé en mai 2011 par trois organisations syndicales
de salariés (CFDT, CFE-CGC, CFTC) et les organisations d’employeurs (CGPME, MEDEF, UPA).

Sous le titre : « Compétitivité : dépasser les approches idéologiques », une Déclaration commune -
Délibération sur la politique économique et industrielle
accompagnait le volumineux document commun de 80 pages.

C’est sur cette déclaration commune que nous nous appuyons, sachant que tout le document
a été rédigé dans la même veine.

Une négation de la
crise économique

 La crise économique relève de l’évidence pour les militants de la CGT et pour nombre de
salariés. Pas pour la CFDT. Elle n’y voit pas du tout la manifestation des contradictions majeures du système capitaliste. A l’inverse, elle substitut à cette vision que naguère elle partageait une autre lecture :

« Malgré plusieurs décennies de difficultés économiques et sociales, la compétitivité n’a jamais réussi à s’imposer comme un sujet essentiel dans le débat public. Des approches simplistes – voire caricaturales – de la compétitivité se sont développées : pour les uns, le coût du travail est la cause unique de tous nos maux ; pour les autres, ce sont les actionnaires et leur vision à court terme. Résultat : des polémiques stériles qui empêchent de faire avancer la réflexion et l’action économiques. »

Dépasser les polémiques stériles avec le Medef revient à abandonner toute critique économique et sociale indépendante pour rallier un point de vue commun : si crise il y a, c’est celle de la compétitivité. Donc, la CFDT se moule dans le rôle du « partenaire social » pour gagner la bataille à ses yeux majeure de la compétitivité.

« Parce qu’elle est l’un des fondements de la prospérité, la compétitivité est l’affaire de tous. Ses enjeux devraient être discutés plus largement qu’aujourd’hui pour dépasser les clivages idéologiques et trouver un consensus
sur lequel bâtir une politique économique de long terme.

En tout état de cause, la mise en oeuvre des priorités que nous avons identifiées suppose que les partenaires sociaux jouent pleinement leur rôle de régulation sociale autonome et que leur responsabilité contractuelle soit respectée par les pouvoirs publics dans le domaine économique comme dans le domaine social. » La CFDT vient dans ces dernières lignes de livrer le code de son comportement :
partenaire social, responsabilité contractuelle, adresse commune Medef CFDT aux pouvoirs publics. CQFD.

Un ralliement au leadership patronal

 Ramener la crise économique du système à une question d’efficacité de la concurrence entre entreprises conduit forcément la CFDT à admettre que le seul leadership possible est celui des propriétaires des capitaux. Ce qu’elle ne
manque pas de revendiquer sous une forme spectaculaire :

 « Le dynamisme entrepreneurial

La France fait désormais preuve d’un grand dynamisme entrepreneurial, comme en atteste le nombre de créations d’entreprise. Mais les PME françaises continuent à avoir du mal à grandir. C’est pourquoi elles ont besoin de moyens pour investir davantage et accroître leurs dépenses de recherche, qui reposent très massivement sur leurs financements propres, et d’abord sur leurs marges. »

La déconstruction du système
social comme priorité commune Medef CFDT !

Puisque la CFDT  appuie la démarche « entrepreneuriale » du Medef, elle se met au
service de la baisse du coût du travail, utile au « choc de compétitivité ».

 « C’est dans cette perspective que se pose la question de la structure des prélèvements obligatoires, qui pèsent
en France plus qu’ailleurs sur les facteurs de production, et en particulier sur le travail. Un des enjeux est de penser une fiscalité de croissance, qui favorise notamment le développement d’activités sur le territoire. Un vrai débat sur les modes de financement de la protection sociale est également à engager. Une réflexion approfondie et globale sur une nouvelle répartition entre ce qui doit être payé par la solidarité nationale (l’impôt) et ce qui doit être pris en charge par la solidarité professionnelle (les cotisations sociales), constituerait sans doute
une méthode à explorer. »

Vont apparaître maintenant les convergences Medef CFDT sur ce que le gouvernement va appeler la réforme du régime général de sécurité social, s’agissant notamment des retraites. Le Medef, dès sa création, exigeait un régime par points. La CFDT aussi.

L’unité mode d’emploi

L’objectif yndical n’est pas dans ce cas de « plumer la volaille », de écupérer les plumes perdues par une CFDT immergée dans la collaboration. Il ’agit à l’inverse de débattre et clarifier les véritables objectifs evendicatifs, conformes aux intérêts des salariés. Et ce dans une phase élicate, car le patronat dispose d’une arme dissuasive, le chômage de massedoublé d’une précarité en expansion.

  • S’il convient de préserver l’unité avec les syndicats de la CFDT, la base revendicative de cette unité doit être
    soumise aux salariés.
  • Avec les militants et adhérents de la CFDT, le  débat doit s’instaurer de façon permanente. Non pour faire de
    l’orientation nationale de la CFDT un préalable, mais pour approfondir les confrontations d’idées.
  • Pour cela, l’information aux salariés sur les  négociations nationales en cours, ANI emploi, accord Agirc Arrco, perspective des retraites et de la protection sociale, doit être produite  de façon rigoureuse.

La seule différence entre la politique de Sarkozy et elle de Hollande, c’est l’approbation systématique par la CFDT des objectifs u patronat relayés par le gouvernement. Raison de plus pour nouer le dialogue vec les syndicats CFDT disponibles. C’est une tâche syndicale majeure.



Une génération »traumatisée » par la crise selon l’OIT

Selon son étude annuelle sur l’emploi des jeunes, l’Organisation internationale du travail (OIT) lance une sévère mise en garde contre « le traumatisme » de toute une génération de jeunes, confrontés à un chômage toujours élevé, et à du travail précaire dans les pays développés ainsi qu’à une multiplication du nombre de travailleurs pauvres dans les pays en développement.

Dans son étude, intitulé Les tendances mondiales de l’emploi des jeunes : édition 2011, l’OIT stigmatise « l’infortune de la génération qui arrive sur le marché du travail en cette période de grande récession« . Outre le chômage et la précarité, les jeunes peuvent aussi être contraints à accepter des rémunérations moins élevées. Le rapport note que « cette frustration collective chez les jeunes a été l’un des moteurs des mouvements de protestation qui ont eu lieu à travers le monde cette année, car il devient de plus en plus difficile pour les jeunes de trouver autre chose qu’un travail à temps partiel ou un emploi temporaire ».

Le rapport ajoute qu’au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, par exemple, au cours des vingt dernières années, près d’un jeune sur quatre s’est retrouvé au chômage malgré les progrès accomplis en matière d’éducation.

Selon le rapport, le nombre absolu de jeunes chômeurs a légèrement diminué à 75,1 millions à la fin 2010, contre 75,8 millions fin 2009. Ce nombre correspond à un taux de chômage de 12,7%. Selon l’OIT, ce taux devrait baisser en 2011 pour atteindre 12,6% (74,6 millions de chômeurs). Le rapport relève cependant que la diminution du nombre de jeunes chômeurs s’explique aussi par le fait qu’ils se retirent du marché du travail, et renoncent à chercher un emploi.

Selon Jose Manuel Sakazar-Xirinachs, directeur exécutif du secteur de l’emploi de l’OIT, « ces nouvelles statistiques reflètent la frustration et la colère que ressentent des millions de jeunes dans le monde« . Ainsi, entre 2008 et 2009, le chômage des jeunes dans le monde a explosé, avec 4,5 millions de jeunes chômeurs supplémentaires. Durant la période d’avant-crise (1997-2007), la hausse moyenne par an était de 100.000 nouveaux jeunes chômeurs.

Le nombre de jeunes travaillant à temps partiel, faute de mieux, a aussi beaucoup augmenté, notamment en Irlande et en Espagne. A la fin 2010, un jeune sur deux ayant du travail occupait un emploi à temps partiel au Canada, au Danemark, aux Pays-Bas et en Norvège.



Bernard Thibault : « l’austérité, il y en a marre »

imagescaz3k18f.jpgBernard Thibault : « l’austérité, il y en a marre »

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, qui participait mardi à la manifestation interprofessionnelle à Marseille, a appelé à la fin de l’austérité parce qu’ »il y en marre », et demandé au gouvernement de « changer d’optique ».

« Loin de nous sortir de la crise économique, cette austérité salariale, cette précarité sociale vont nous enfermer dans la récession et tout le monde va y perdre », a estimé le syndicaliste, en tête du cortège marseillais, qui a rassemblé 30 000 personnes selon les organisateurs. « Prenons d’autres mesures: il est possible par exemple de faire beaucoup d’économies sur l’argent public donné aujourd’hui sur les entreprises sans que les résultats sur l’emploi ou les salaires ne s’en trouvent modifiés« , a-t-il ajouté.

Il a expliqué avoir choisi Marseille – parmi les 200 manifestations prévues mardi au niveau national – parce qu’il s’agit d’une ville « combative, où les enjeux sont tout à fait symboliques, qu’il s’agisse du niveau de précarité ou de la bataille pour la sauvegarde des outils industriels dans notre pays ». Citant les employés en lutte de Fralib (groupe Unilever), qui occupent toujours leur usine à Gémenos, ou ceux de la raffinerie LyondellBasell, à Berre L’Etang (Bouches-du-Rhône), qui viennent d’obtenir un sursis du groupe pétrochimique américain, le secrétaire général de la CGT a rappelé qu’en France, « un salarié sur deux a moins de 1.500 euros pour vivre« . « Il y a urgence sociale dès maintenant. Les fermetures d’usine, c’est en ce moment qu’elles nous menacent, la baisse du pouvoir d’achat, c’est aujourd’hui qu’elle se produit », a-t-il martelé.

Interrogé sur les échéances électorales à venir, le syndicaliste a souligné que « six mois, c’est long pour le quotidien des salariés qui, pour beaucoup d’entre eux, n’ont pas de quoi finir le mois ou n’ont pas de travail ». Détaillant les propositions de la CGT pour remettre de l’argent dans les caisses, Bernard Thibault a rappelé que la fraude fiscale était « évaluée aujourd’hui entre 45 et 50 milliards d’euros par an« . Pourquoi ne pas « renforcer les effectifs pour le contrôle fiscal, notamment pour l’impôt que doivent payer les sociétés », a-t-il proposé. « Remettre en cause les aides fiscales, les aides publiques, les exonérations de cotisations qui sont versées aux entreprises, 186 millions d’heures supplémentaires effectuées par les salariés qui donnent lieu à des aides financières de la part de l’Etat, voilà une source d’économies ! ». « Revoir la fiscalité pour les plus fortunés, voilà une source de recettes fiscales supplémentaires« , a-t-il conclu.

Dans ce département, considéré comme le plus médicalisé de France, les salariés des fédérations mutualistes étaient représentés en nombre mardi. Ils ont ainsi dit refuser « de payer une nouvelle fois les conséquences de la crise ». Outre Fralib, l’autre symbole des luttes dans les Bouches-du-Rhône était également représentée par les salariés de la raffinerie Lyondellbasell, qui viennent de faire repousser la fermeture de leur site de Berre. On notait aussi la présence de syndicalistes du groupe sidérurgique ArcelorMittal défilant sous une banderole « Arcelor Minable, No1 mondial de misère ».




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Ou va la CFDT ?

Ou va la CFDT ? dans ARTICLES gf_un_3314-vLa CFDT vient de signer l’accord de désindexation des retraites complémentaires
Agirc Arrco revendiquée par le Medef. Elle ouvre ainsi la porte à une nouvelle
attaque contre le régime général des retraites. Elle partage avec le Medef la rédaction
de l’accord de la flexibilité du contrat de travail, que les parlementaires
vont examiner début avril. La ligne de la CFDT s’inscrit donc dans la durée.

Analyser la trajectoire de la CFDT suppose donc d’en saisir la cohérence. La question ne
se résume pas de savoir si avec elle s’établit une petite fracture ou une
fracture majeure. Réaffirmer une unité de principe relève de l’angélisme et
surtout de l’inefficacité. Car la CFDT veut enjamber ce qu’elle considère être
le cadavre de la lutte des classes, pour se livrer à un partenariat syndical
avec le patronat.

Les syndicats de la Filpac CGT, et de bien d’autres fédérations et unions
départementales, pratiquent souvent l’unité avec leurs homologues de la CFDT
dans les entreprises et les localités. Il s’agit d’élaborer un mode d’emploi,
qui exclut l’intimidation physique (« C’est
à moi que tu causes sur ce ton ? »
) et ne se contente pas de
réaffirmer les grands principes d’une unité abstraite. Pour finalement parler
de l’unité dans les conditions concrètes du moment.

Décryptage.

 

Une convergence de fond avec le Medef, préparée
ces 3 dernières années

Notre référence est publique : il s’agit du document de juin 2011, intitulé « Approche de la compétitivité française ».

« Approche de la compétitivité française
» a été élaboré sous Sarkozy, entre avril 2010 et mai 2011 par un groupe de travail paritaire composé de représentants de quatre organisations syndicales de salariés (CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO) et des organisations d’employeurs (CGPME, MEDEF, UPA). Il a été approuvé en mai 2011 par trois organisations syndicales
de salariés (CFDT, CFE-CGC, CFTC) et les organisations d’employeurs (CGPME, MEDEF, UPA).

Sous le titre : « Compétitivité : dépasser les approches idéologiques », une Déclaration commune -
Délibération sur la politique économique et industrielle
accompagnait le volumineux document commun de 80 pages.

C’est sur cette déclaration commune que nous nous appuyons, sachant que tout le document
a été rédigé dans la même veine.

Une négation de la
crise économique

 La crise économique relève de l’évidence pour les militants de la CGT et pour nombre de
salariés. Pas pour la CFDT. Elle n’y voit pas du tout la manifestation des contradictions majeures du système capitaliste. A l’inverse, elle substitut à cette vision que naguère elle partageait une autre lecture :

« Malgré plusieurs décennies de difficultés économiques et sociales, la compétitivité n’a jamais réussi à s’imposer comme un sujet essentiel dans le débat public. Des approches simplistes – voire caricaturales – de la compétitivité se sont développées : pour les uns, le coût du travail est la cause unique de tous nos maux ; pour les autres, ce sont les actionnaires et leur vision à court terme. Résultat : des polémiques stériles qui empêchent de faire avancer la réflexion et l’action économiques. »

Dépasser les polémiques stériles avec le Medef revient à abandonner toute critique économique et sociale indépendante pour rallier un point de vue commun : si crise il y a, c’est celle de la compétitivité. Donc, la CFDT se moule dans le rôle du « partenaire social » pour gagner la bataille à ses yeux majeure de la compétitivité.

« Parce qu’elle est l’un des fondements de la prospérité, la compétitivité est l’affaire de tous. Ses enjeux devraient être discutés plus largement qu’aujourd’hui pour dépasser les clivages idéologiques et trouver un consensus
sur lequel bâtir une politique économique de long terme.

En tout état de cause, la mise en oeuvre des priorités que nous avons identifiées suppose que les partenaires sociaux jouent pleinement leur rôle de régulation sociale autonome et que leur responsabilité contractuelle soit respectée par les pouvoirs publics dans le domaine économique comme dans le domaine social. » La CFDT vient dans ces dernières lignes de livrer le code de son comportement :
partenaire social, responsabilité contractuelle, adresse commune Medef CFDT aux pouvoirs publics. CQFD.

Un ralliement au leadership patronal

 Ramener la crise économique du système à une question d’efficacité de la concurrence entre entreprises conduit forcément la CFDT à admettre que le seul leadership possible est celui des propriétaires des capitaux. Ce qu’elle ne
manque pas de revendiquer sous une forme spectaculaire :

 « Le dynamisme entrepreneurial

La France fait désormais preuve d’un grand dynamisme entrepreneurial, comme en atteste le nombre de créations d’entreprise. Mais les PME françaises continuent à avoir du mal à grandir. C’est pourquoi elles ont besoin de moyens pour investir davantage et accroître leurs dépenses de recherche, qui reposent très massivement sur leurs financements propres, et d’abord sur leurs marges. »

La déconstruction du système
social comme priorité commune Medef CFDT !

Puisque la CFDT  appuie la démarche « entrepreneuriale » du Medef, elle se met au
service de la baisse du coût du travail, utile au « choc de compétitivité ».

 « C’est dans cette perspective que se pose la question de la structure des prélèvements obligatoires, qui pèsent
en France plus qu’ailleurs sur les facteurs de production, et en particulier sur le travail. Un des enjeux est de penser une fiscalité de croissance, qui favorise notamment le développement d’activités sur le territoire. Un vrai débat sur les modes de financement de la protection sociale est également à engager. Une réflexion approfondie et globale sur une nouvelle répartition entre ce qui doit être payé par la solidarité nationale (l’impôt) et ce qui doit être pris en charge par la solidarité professionnelle (les cotisations sociales), constituerait sans doute
une méthode à explorer. »

Vont apparaître maintenant les convergences Medef CFDT sur ce que le gouvernement va appeler la réforme du régime général de sécurité social, s’agissant notamment des retraites. Le Medef, dès sa création, exigeait un régime par points. La CFDT aussi.

L’unité mode d’emploi

L’objectif yndical n’est pas dans ce cas de « plumer la volaille », de écupérer les plumes perdues par une CFDT immergée dans la collaboration. Il ’agit à l’inverse de débattre et clarifier les véritables objectifs evendicatifs, conformes aux intérêts des salariés. Et ce dans une phase élicate, car le patronat dispose d’une arme dissuasive, le chômage de massedoublé d’une précarité en expansion.

  • S’il convient de préserver l’unité avec les syndicats de la CFDT, la base revendicative de cette unité doit être
    soumise aux salariés.
  • Avec les militants et adhérents de la CFDT, le  débat doit s’instaurer de façon permanente. Non pour faire de
    l’orientation nationale de la CFDT un préalable, mais pour approfondir les confrontations d’idées.
  • Pour cela, l’information aux salariés sur les  négociations nationales en cours, ANI emploi, accord Agirc Arrco, perspective des retraites et de la protection sociale, doit être produite  de façon rigoureuse.

La seule différence entre la politique de Sarkozy et elle de Hollande, c’est l’approbation systématique par la CFDT des objectifs u patronat relayés par le gouvernement. Raison de plus pour nouer le dialogue vec les syndicats CFDT disponibles. C’est une tâche syndicale majeure.

Une génération »traumatisée » par la crise selon l’OIT

Selon son étude annuelle sur l’emploi des jeunes, l’Organisation internationale du travail (OIT) lance une sévère mise en garde contre « le traumatisme » de toute une génération de jeunes, confrontés à un chômage toujours élevé, et à du travail précaire dans les pays développés ainsi qu’à une multiplication du nombre de travailleurs pauvres dans les pays en développement.

Dans son étude, intitulé Les tendances mondiales de l’emploi des jeunes : édition 2011, l’OIT stigmatise « l’infortune de la génération qui arrive sur le marché du travail en cette période de grande récession« . Outre le chômage et la précarité, les jeunes peuvent aussi être contraints à accepter des rémunérations moins élevées. Le rapport note que « cette frustration collective chez les jeunes a été l’un des moteurs des mouvements de protestation qui ont eu lieu à travers le monde cette année, car il devient de plus en plus difficile pour les jeunes de trouver autre chose qu’un travail à temps partiel ou un emploi temporaire ».

Le rapport ajoute qu’au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, par exemple, au cours des vingt dernières années, près d’un jeune sur quatre s’est retrouvé au chômage malgré les progrès accomplis en matière d’éducation.

Selon le rapport, le nombre absolu de jeunes chômeurs a légèrement diminué à 75,1 millions à la fin 2010, contre 75,8 millions fin 2009. Ce nombre correspond à un taux de chômage de 12,7%. Selon l’OIT, ce taux devrait baisser en 2011 pour atteindre 12,6% (74,6 millions de chômeurs). Le rapport relève cependant que la diminution du nombre de jeunes chômeurs s’explique aussi par le fait qu’ils se retirent du marché du travail, et renoncent à chercher un emploi.

Selon Jose Manuel Sakazar-Xirinachs, directeur exécutif du secteur de l’emploi de l’OIT, « ces nouvelles statistiques reflètent la frustration et la colère que ressentent des millions de jeunes dans le monde« . Ainsi, entre 2008 et 2009, le chômage des jeunes dans le monde a explosé, avec 4,5 millions de jeunes chômeurs supplémentaires. Durant la période d’avant-crise (1997-2007), la hausse moyenne par an était de 100.000 nouveaux jeunes chômeurs.

Le nombre de jeunes travaillant à temps partiel, faute de mieux, a aussi beaucoup augmenté, notamment en Irlande et en Espagne. A la fin 2010, un jeune sur deux ayant du travail occupait un emploi à temps partiel au Canada, au Danemark, aux Pays-Bas et en Norvège.

Bernard Thibault : « l’austérité, il y en a marre »

imagescaz3k18f.jpgBernard Thibault : « l’austérité, il y en a marre »

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, qui participait mardi à la manifestation interprofessionnelle à Marseille, a appelé à la fin de l’austérité parce qu’ »il y en marre », et demandé au gouvernement de « changer d’optique ».

« Loin de nous sortir de la crise économique, cette austérité salariale, cette précarité sociale vont nous enfermer dans la récession et tout le monde va y perdre », a estimé le syndicaliste, en tête du cortège marseillais, qui a rassemblé 30 000 personnes selon les organisateurs. « Prenons d’autres mesures: il est possible par exemple de faire beaucoup d’économies sur l’argent public donné aujourd’hui sur les entreprises sans que les résultats sur l’emploi ou les salaires ne s’en trouvent modifiés« , a-t-il ajouté.

Il a expliqué avoir choisi Marseille – parmi les 200 manifestations prévues mardi au niveau national – parce qu’il s’agit d’une ville « combative, où les enjeux sont tout à fait symboliques, qu’il s’agisse du niveau de précarité ou de la bataille pour la sauvegarde des outils industriels dans notre pays ». Citant les employés en lutte de Fralib (groupe Unilever), qui occupent toujours leur usine à Gémenos, ou ceux de la raffinerie LyondellBasell, à Berre L’Etang (Bouches-du-Rhône), qui viennent d’obtenir un sursis du groupe pétrochimique américain, le secrétaire général de la CGT a rappelé qu’en France, « un salarié sur deux a moins de 1.500 euros pour vivre« . « Il y a urgence sociale dès maintenant. Les fermetures d’usine, c’est en ce moment qu’elles nous menacent, la baisse du pouvoir d’achat, c’est aujourd’hui qu’elle se produit », a-t-il martelé.

Interrogé sur les échéances électorales à venir, le syndicaliste a souligné que « six mois, c’est long pour le quotidien des salariés qui, pour beaucoup d’entre eux, n’ont pas de quoi finir le mois ou n’ont pas de travail ». Détaillant les propositions de la CGT pour remettre de l’argent dans les caisses, Bernard Thibault a rappelé que la fraude fiscale était « évaluée aujourd’hui entre 45 et 50 milliards d’euros par an« . Pourquoi ne pas « renforcer les effectifs pour le contrôle fiscal, notamment pour l’impôt que doivent payer les sociétés », a-t-il proposé. « Remettre en cause les aides fiscales, les aides publiques, les exonérations de cotisations qui sont versées aux entreprises, 186 millions d’heures supplémentaires effectuées par les salariés qui donnent lieu à des aides financières de la part de l’Etat, voilà une source d’économies ! ». « Revoir la fiscalité pour les plus fortunés, voilà une source de recettes fiscales supplémentaires« , a-t-il conclu.

Dans ce département, considéré comme le plus médicalisé de France, les salariés des fédérations mutualistes étaient représentés en nombre mardi. Ils ont ainsi dit refuser « de payer une nouvelle fois les conséquences de la crise ». Outre Fralib, l’autre symbole des luttes dans les Bouches-du-Rhône était également représentée par les salariés de la raffinerie Lyondellbasell, qui viennent de faire repousser la fermeture de leur site de Berre. On notait aussi la présence de syndicalistes du groupe sidérurgique ArcelorMittal défilant sous une banderole « Arcelor Minable, No1 mondial de misère ».

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