Thibault s’attire les foudres de Chérèque

Thibault s’attire les foudres de Chérèque

François Chérèque, le leader de la CFDT, estime que la CGT se sert de la journée d’action prévue le 9 octobre « à des fins politiciennes nationales et internes ».

L’appel de la CGT à manifester le 9 octobre a fortement irrité le leader de la CFDT. L’ouverture de la négociation sur l’emploi mi-septembre est compromise.

François Hollande avait promis d’instaurer un « dialogue social rénové ». Michel Sapin s’était même targué, à l’issue de la conférence sociale, début juillet, d’avoir lancé « une méthode de dialogue social à la française ». Une différence, disaient-ils, avec l’ère Sarkozy… Las, le changement attendu n’aura pas passé l’été. La rentrée de septembre pointe à peine le bout de son nez que la division syndicale réapparaît au grand jour, en laissant apparaître de profondes lignes de fracture.« En appelant séparément à une journée d’action le 9 octobre à des fins politiciennes nationales et internes, la CGT détourne et affaiblit le sens que la Fédération européenne de l’industrie a voulu donner à cette journée »,s’est insurgé jeudi François Chérèque, le leader de la CFDT. La veille, Bernard Thibault avait appelé les Français à se mobilier dans six semaines « pour défendre l’emploi ».Et ainsi mettre la pression sur le gouvernement qui a eu le mauvais goût ces dernières semaines, aux yeux du patron de la CGT, de se montrer plus conciliant avec le patronat. « Il faut dire la vérité : entre ce que revendique le Medef et ce qu’attendent les salariés qui ont majoritairement contribué à un changement de majorité politique, il y a des attentes contradictoires »,avait à demi-mot menacé Bernard Thibault.Le début de la « boîte à baffes »« Ce n’est pas en descendant dans les rues que les entreprises vont arrêter de licencier »,répond Pascale Coton, la secrétaire générale de la CFTC. « Dans la situation actuelle, appeler à manifester est suicidaire car nombre de PME ne s’en relèveraient pas », abonde Carole Couvert, son homologue de la CFE-CGC. « La CGT demande au gouvernement d’être le porte-parole des salariés alors qu’elle reprochait au précédent d’être celui des patrons »,critique encore Luc Bérille, le patron de l’Unsa. Un responsable syndical égratigne aussi la CFDT qui « se prend pour le bras armé du gouvernement et veut coécrire tous les textes de lois ». Ambiance… « On n’en est qu’au début de la boîte à baffes »,promet-il.Ce durcissement de la ligne de la CGT rend un peu plus aléatoire l’ouverture, à la mi-septembre, de la négociation sur la « sauvegarde de l’emploi ». Si le Medef a été rassuré mercredi par le premier ministre sur l’intégration des questions de compétitivité dans les débats, Laurence Parisot suspend toujours sa participation au document d’orientation que prépare Michel Sapin. De son côté, Jean-Claude Mailly fait de la question de la compétitivité un casus belli. « S’il s’agit de donner plus de flexibilité aux employeurs, ce sera sans nous »,argue le patron de FO.

Ce retour à une configuration classique -une opposition entre modernistes et radicaux, doublée d’un chantage sur l’exécutif- n’est en fait pas sans rappeler le dialogue social sous l’ère Sarkozy.

À la différence près que c’était la CGT, et non la CFDT, qui était à l’époque en odeur de sainteté à l’Élysée. Ceci explique aussi peut-être cela…

Par Marc Landré le 31/08/2012
Le Figaro-économie.fr
 

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