La politique peut-elle changer le travail ?

La politique peut-elle changer le travail ?

 

Pendant que François Hollande propose un « droit d’expression » pour les salariés, le Front de gauche défend des « droits suspensifs d’intervention » dans les entreprises.

Lors du colloque organisé, lundi, au Théâtre du Rond-Point, à Paris, Cécile Duflot, Marine Le Pen, Pierre Laurent et François Hollande ont été invités par Radio France à commenter son enquête choc sur le travail (lire l’Humanité d’hier). De quoi éclairer crûment les options en présence face à la gangrène du profit. Derrière une dénonciation de la « financiarisation », la candidate du FN tombe immédiatement dans la critique des 35 heures et d’une « société utopique où le travail serait aliénation » – au même endroit, Laurence Parisot parlera, elle, de « souffrance » à propos des 35 heures. Sur le fond, Marine Le Pen n’a pas grand-chose à dire ; elle préconise d’octroyer 10 % des actions des entreprises aux salariés et de mutualiser les offres de stages dans les écoles de commerce pour que ceux qui n’ont « pas de relations » ne soient pas pénalisés.

À gauche, Cécile Duflot (EELV) défend une réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires « sans passage par la loi » et, en matière de financement du syndicalisme, elle propose la mise en place d’un système de « chèque syndical » pour tous les salariés. Regrettant une « dégradation » de l’engagement des jeunes dans l’entreprise – « cette génération paraît moins motivée » –, François Hollande revendique un « droit d’expression » à travers un « questionnaire anonyme généralisé » sur les conditions de travail et le fonctionnement de la chaîne hiérarchique. Le candidat socialiste reprend une idée de Nicole Notat, qui dirige une agence de notation spécialisée en « responsabilité sociale » : « Créer une notation sociale des entreprises, ça permettrait de donner une bonne information aux actionnaires… » Au nom du Front de gauche, Pierre Laurent se place au niveau des enjeux de civilisation, désignant comme « ennemie » la « logique de compétitivité » : « C’est une exigence de transformation de toute la société qui s’exprime à travers le travail », avance le secrétaire national du PCF. Pour lui, il faut dépasser la « conception marchandisée du salariat » et repenser l’activité dans sa pleine acception, mais l’urgence pour le Front de gauche sera d’accorder des « droits suspensifs aux salariés afin de leur permettre d’intervenir efficacement dans les entreprises ».

Sur le travail, Défiance à l’égard des politiques

« Les politiques, quand ils parlent sans notes, c’est vers l’emploi qu’ils vont, jamais vers le travail », constate François Chérèque (CFDT). D’après l’enquête auprès des auditeurs de Radio France, la crise dans le travail se double d’une crise de confiance à l’égard de la politique et, dans une moindre mesure, du syndicalisme : plus de 80 % des enquêtés ne font pas confiance aux politiques pour « améliorer les conditions de travail », et ils sont moins de 40 % à penser que les syndicats peuvent « poser les bonnes questions sur le travail ».

 

 


Répondre

Le vécu Algérien |
Le blog-note de Catherine G... |
Blog "Ensemble, dynamisons ... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | DES IDEES ET DES REVES Nord
| cceta
| Les Enragés d'Aurillac