L’Europe perdue…

L’Europe perdue…

S’il était imposé 
aux peuples, 
le pacte conçu par l’axe Berlin-Paris consacrerait l’Europe « austéritaire ».

« Et si le pire était derrière nous ? » Depuis l’accord conclu par 
le Conseil européen, vendredi 
à Bruxelles, quelques commentateurs 
de la médiacratie n’hésitent pas à prendre leurs désirs pour des réalités. Ainsi donc, à l’issue du seizième sommet « de la dernière chance » depuis le début de la crise, les Européens pourraient pousser un « ouf » de soulagement… La bonne blague ! Même Angela Merkel, à qui l’on prête l’hégémonie morale sinon technique de l’accord, ne le cache pas : « On ne réglera pas la crise en un seul sommet. » Une conviction bien pertinente. Car si le pacte intergouvernemental imposé par l’axe Berlin-Paris devait aboutir dans quelques semaines, avec son ultrarigueur budgétaire et un rôle de pare-feu accru confié au FMI, autant dire qu’il signerait une nouvelle victoire des marchés sur les peuples tout en consacrant l’Europe « austéritaire » qui nous conduit tout droit à la catastrophe. Vingt ans après la signature 
de Maastricht, le « traité » de Bruxelles graverait dans 
le marbre l’union économique. Pas n’importe laquelle : celle de la génuflexion devant les dictateurs de la finance !

L’enjeu est absolument majeur. Tandis que 
les puissants de ce monde œuvrent activement dans l’ombre pour reféodaliser les États-nations 
et anéantir définitivement ce qu’il reste des souverainetés populaires, l’OPA hostile des financiers sur 
les démocraties est d’autant plus insupportable que 
la Sainte-Alliance entre Merkel et Sarkozy contre les peuples ne vise précisément qu’à « rassurer les marchés », comme s’il s’agissait désormais de l’unique pierre philosophale de toute vision politique au XXIe siècle ! « Merkozy », ce couple infernal issu de l’ordo-libéralisme, mettra tout en œuvre pour passer outre l’anticonstitutionnalité de leurs propositions, en France comme en Allemagne. 
Leur ligne de conduite ? L’opacité. Leur stratégie ? Un 18 brumaire à l’échelle de l’UE. Leur but ? L’inégalité. Et leur principale victime ? L’Europe, dont le rêve se meurt. Soumis au diktat de l’internationale de la finance qui installe son propre personnel à la tête des gouvernements, bientôt les Européens eux-mêmes en détesteront jusqu’à l’idée. L’Europe risque de tout perdre, mais sachez-le. Nous n’avons pas à nous excuser d’avoir eu mille fois raisons depuis l’acte unique, comme nous avions aussi raison, en 2005, d’anticiper les conséquences dramatiques du traité constitutionnel, ripoliné en traité de Lisbonne. Et cette fois encore, nous n’avons pas tort d’affirmer avec force que les décisions prises vendredi à Bruxelles ne vont pas résoudre la crise : elles vont l’aggraver ! La négation de l’opposition capital-travail est une impasse tragique – les socialistes feraient bien d’y réfléchir – et l’austérité constitutionnalisée va plonger les peuples dans la misère, risquant de déboucher sur une crise sociale aux multiples scénarios. Récession économique 
se conjugue souvent avec régression démocratique…

Petit rappel pour l’histoire. En 1945, la France affichait une dette de 145 % de son PIB. Moins de trente ans plus tard, notre nation s’enorgueillissait d’en avoir remboursé le dernier franc. Cet effort sans précédent fut possible par une politique de croissance soutenue, par le lancement de grands programmes industriels et infrastructurels, par le rôle pivot et actif de 
la Banque de France, etc. Précisons que cette ambition ne se réalisa pas par la réduction des prestations sociales mais au contraire par leur généralisation, arrachée de hautes luttes ! Et l’on voudrait aujourd’hui nous faire avaler l’inflexibilité de la BCE, la poursuite de la libéralisation sauvage et des privatisations, voire l’inéluctabilité de notre déclin social ? Qu’on se le dise. Il n’en est pas question !

 

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