Les assureurs croquent le marché des mutuelles

imagesamutuelle.jpgLes acteurs historiques que sont les mutuelles ont vu émerger de nouveaux concurrents, sociétés d’assurances et bancassureurs, qui grignotent petit à petit leur part de marché.

Les compagnies d’assurances sont parties à la conquête du marché de la complémentaire santé, qui couvre les frais de santé non remboursés par la Sécurité sociale. Les mutuelles pèsent encore 57 % de ce marché, tandis que les institutions de prévoyance, à but non lucratif, en détiennent 17,6 % et les sociétés d’assurances, 26 %. Mais, dans un marché en pleine croissance (+ 65 % entre 2001 et 2009), ce sont les assureurs qui progressent le plus, « au détriment des mutuelles et, dans une moindre mesure, des institutions de prévoyance », note le fonds de financement de la CMU-C dans son rapport de 2010. Les assurances ont vu le total de leurs prélèvements croître de 101 % entre 2001 et 2008, contre 55 % et 57 % pour les mutuelles et les institutions de prévoyance.

« L’harmonisation fiscale des contrats entre mutuelles et sociétés d’assurances en 2003 nous a permis de regagner des parts de marché », explique Alain Rouché, directeur santé à la Fédération française des sociétés d’assurances (Ffsa). Mais la montée en puissance des bancassureurs, ces banques qui se sont mises à proposer des produits d’assurance, y est aussi pour beaucoup. Leurs atouts ? Un réseau d’agences, des offres diversifiées et, surtout, elles connaissent les projets financiers de leurs clients. « Les sociétés d’assurances ont une clientèle moins captive que celle des mutuelles, ce qui les pousse à davantage d’innovation », analyse Alain Rouché.

Enfin, les assurances, comme les institutions de prévoyance, proposent plus souvent des contrats collectifs que les mutuelles. Ce qui n’est pas sans conséquences : « À niveau de garanties équivalent, la cotisation moyenne d’un contrat collectif est inférieure de 10 euros à celle d’un contrat individuel », indique le rapport de 2010 du ministère de la Santé sur la situation financière des organismes complémentaires. Plus chères et moins réactives, les mutuelles ? Pas vraiment. « Les assureurs couvrent une population moins risquée, plus jeune, alors que les mutuelles ont des adhérents plus âgés, mais aussi plus nombreux, et ça se reflète dans les cotisations », décrypte Christine Meyer-Meuret, conseillère à la direction générale de la Mutualité française. « Pour les mutuelles, il s’agit de couvrir le risque santé ; pour les assureurs, de rentabiliser cette activité. Ces derniers s’orientent vers la segmentation des risques. “Dis-moi quel est ton risque, je te dirai comment t’assurer et, in fine, combien tu vas payer.” On sort complètement de la solidarité et de la mutualisation entre adhérents. On n’est plus dans la protection sociale, mais dans le business. »

 

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