Pour Éric Aubin, de la CGT : « l’objectif du gouvernement est de baisser les pensions. »

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Pour Éric Aubin, de la CGT : « l’objectif du gouvernement est de baisser les pensions. »

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Pour Éric Aubin, secrétaire confédéral de la CGT chargé des retraites, les salariés subiront une diminution du niveau de leur pension.

Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, vient d’annoncer que le décret portant 
la durée de cotisation 
à 41 ans et demi pour 
une retraite à taux plein est en préparation. Est-il obligé de suivre ainsi la recommandation 
du Conseil d’orientation des retraites (COR) ?

Éric Aubin. Non. Et ce n’est d’ailleurs pas une recommandation. Le COR va donner un avis technique : à partir d’un constat portant sur un allongement de l’espérance de vie, il traduit en fonction de la réforme Fillon de 2003 ce que cela signifierait en termes de durée de cotisation. Je ne suis pas surpris que Xavier Bertrand mette en œuvre la réforme de 2003. Nous, nous l’avons combattue parce qu’elle contenait cette augmentation de la durée de cotisation. Il faut noter que, vu la situation actuelle de l’emploi, du chômage, notamment celui des seniors, qui continue de croître, l’objectif du gouvernement est de baisser les pensions. Et ce sera la conséquence de cette augmentation de la durée des cotisations.

Vous parlez de « double peine ». 
Dans quel sens ?

Éric Aubin. Double peine parce que le recul de l’âge légal de départ à la retraite se double de l’augmentation de la durée de cotisation. Jouer sur ces deux tableaux à la fois est un fait unique en Europe. Cette réforme est la plus dure d’Europe. Autour de nous, les pays sont à 37 ans, voire 35 ans, pour une retraite à taux plein, en aucun cas à 41 ans et demi.

On peut aujourd’hui mesurer pleinement 
les effets négatifs des réformes menées 
depuis des années…

Éric Aubin. Au bout de quinze ans, on a vu les effets de la réforme Balladur de 1993. Le passage des 10  aux 25 meilleures années a coûté 15 % de niveau des pensions en moins. Huit ans après 2003, on voit les effets de la réforme que nous avons combattue. Et on voit déjà les effets de la réforme de 2010. La non-reconduction de l’allocation équivalent retraite (AER) va mettre des dizaines de milliers de demandeurs d’emploi en fin de carrière en situation de non-ressource. Et dans les mois et les années qui viennent, on verra encore les pensions baisser.

 Mais ne faut-il pas en passer par là 
pour sauver le régime des retraites ?

Éric Aubin. S’il en était ainsi, ce serait un moindre mal. Mais ça ne sauvera en rien le régime des retraites, dans la mesure où les questions de son financement ne sont en rien réglées. La CGT demande depuis 1993 une véritable réforme du financement de la protection sociale et des retraites. Et il faut une autre politique de l’emploi.

Tous les syndicats sont opposés à cette mesure, mais on a l’impression 
que tout est joué…

Éric Aubin. À la CGT, nous réunissons aujourd’hui même la commission exécutive confédérale pour débattre d’une proposition d’action aux autres organisations syndicales. Ce pourrait être 
le 6 octobre. Ce sera une rentrée particulière, avec la campagne présidentielle et une situation sociale dure. 
Le pacte euro plus s’annonce comme 
un corset d’austérité pour toute l’Europe. Emploi, salaires, financement de la protection sociale et promotion des services publics seront les thèmes majeurs de cette rentrée.

Allez-vous interpeller les candidats 
sur la réforme des retraites ?

Éric Aubin. La CGT aura des choses à dire aux candidats à l’élection présidentielle, 
bien entendu. Ils ne devront pas oublier ce que des millions de salariés ont exigé dans 
la rue en 2010.



Offensive antisociale

imagescazjxco6.jpgretraites73.jpgimagesca52s2bc.jpg

Offensive antisociale

Pour être connue, la tactique n’en est pas moins indigne. 
Le gouvernement et l’UMP ont choisi le début des vacances pour lancer une nouvelle offensive antisociale d’envergure : faire passer l’allongement de la durée 
de cotisation pour les retraites et préparer une remise 
en cause de la durée légale du travail. Côté retraites, c’est Xavier Bertrand qui est à la manœuvre. Sept ou huit mois après la grande bataille de l’automne, et alors même que la réforme était rejetée par une majorité de Français, 
il remet le couvert et ressert les mêmes arguments. 
Ce ne serait, dit le ministre du Travail, que l’application de la loi de 2003, mais qu’il lui faut justifier en semblant manier l’évidence, à savoir que si l’on vit plus longtemps, « il est logique que l’on travaille un peu plus longtemps ». Pour faire bonne mesure, il donne dans le chantage, 
en affirmant préférer « être en France et conduire 
les réformes nous-mêmes plutôt qu’un jour être comme la Grèce et se faire imposer les réformes par l’extérieur ». Sans abus de langage, c’est une logique de collaboration. Les marchés financiers le demandent, allons 
au-devant de leurs exigences. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, et il en va de même pour le second front ouvert 
par la droite sur la durée légale du travail.

Là, c’est Hervé Novelli, le numéro 2 de l’UMP, qui pilote ce qui serait une « révolution ». « Les entreprises auront trois ans à compter de 2012, si nous sommes élus, pour négocier la durée du travail qui leur conviendra. » On peut espérer d’emblée que 
ces propos inspirent 
les bulletins de vote, 
car ce n’est pas une révolution mais bien 
au contraire la restauration du bon-vouloir patronal, le règne 
du libéralisme pur et dur, d’autant plus violent qu’il s’appliquerait aux salariés les moins protégés, les femmes, les jeunes, les moins organisés pour résister et négocier. Le gouvernement et l’UMP sont entrés dans une nouvelle phase, active et brutale, de destruction du modèle social français et de ses acquis, contre les syndicats, avec l’approbation du Medef. Ce n’est pas travailler plus pour gagner plus. C’est travailler plus pour que la machine 
à profits gagne plus. C’est araser tous les obstacles 
à l’exploitation toujours plus dure du travail salarié, laisser le champ libre au capital.

Ce n’est pas spécifique à la France. C’est bien ce que le pacte pour l’euro de Nicolas Sarkozy 
et Angela Merkel entend imposer dans toute l’Europe. Il s’agit de réduire les conquêtes sociales aussi bien que les services publics ou tout ce qui relève des solidarités nationales, retraites, santé, et de soumettre les économies aux marchés. La droite, le gouvernement savent très bien qu’il suffirait, pour assurer les retraites, de taxer un tant soit peu les revenus du capital. Ils ne sont pas là pour ça, ils sont là pour faire le contraire. Pour Hervé Novelli, 
ces propositions seraient une contribution à l’élaboration du programme du candidat pour 2012. Mais le programme existe déjà. La seule question qui vaille, c’est comment le combattre. Immédiatement, dans l’action, en le faisant connaître et en faisant connaître les propositions que toute la gauche devrait avoir à cœur d’élaborer, dans le débat et la confrontation. Ensuite en 
se donnant les moyens de gagner en 2012, avec des objectifs clairs de transformation et avec la conscience tout aussi claire qu’un deuxième quinquennat de Nicolas Sarkozy serait une catastrophe.




Archive pour 8 juillet, 2011

Pour Éric Aubin, de la CGT : « l’objectif du gouvernement est de baisser les pensions. »

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Pour Éric Aubin, de la CGT : « l’objectif du gouvernement est de baisser les pensions. »

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Pour Éric Aubin, secrétaire confédéral de la CGT chargé des retraites, les salariés subiront une diminution du niveau de leur pension.

Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, vient d’annoncer que le décret portant 
la durée de cotisation 
à 41 ans et demi pour 
une retraite à taux plein est en préparation. Est-il obligé de suivre ainsi la recommandation 
du Conseil d’orientation des retraites (COR) ?

Éric Aubin. Non. Et ce n’est d’ailleurs pas une recommandation. Le COR va donner un avis technique : à partir d’un constat portant sur un allongement de l’espérance de vie, il traduit en fonction de la réforme Fillon de 2003 ce que cela signifierait en termes de durée de cotisation. Je ne suis pas surpris que Xavier Bertrand mette en œuvre la réforme de 2003. Nous, nous l’avons combattue parce qu’elle contenait cette augmentation de la durée de cotisation. Il faut noter que, vu la situation actuelle de l’emploi, du chômage, notamment celui des seniors, qui continue de croître, l’objectif du gouvernement est de baisser les pensions. Et ce sera la conséquence de cette augmentation de la durée des cotisations.

Vous parlez de « double peine ». 
Dans quel sens ?

Éric Aubin. Double peine parce que le recul de l’âge légal de départ à la retraite se double de l’augmentation de la durée de cotisation. Jouer sur ces deux tableaux à la fois est un fait unique en Europe. Cette réforme est la plus dure d’Europe. Autour de nous, les pays sont à 37 ans, voire 35 ans, pour une retraite à taux plein, en aucun cas à 41 ans et demi.

On peut aujourd’hui mesurer pleinement 
les effets négatifs des réformes menées 
depuis des années…

Éric Aubin. Au bout de quinze ans, on a vu les effets de la réforme Balladur de 1993. Le passage des 10  aux 25 meilleures années a coûté 15 % de niveau des pensions en moins. Huit ans après 2003, on voit les effets de la réforme que nous avons combattue. Et on voit déjà les effets de la réforme de 2010. La non-reconduction de l’allocation équivalent retraite (AER) va mettre des dizaines de milliers de demandeurs d’emploi en fin de carrière en situation de non-ressource. Et dans les mois et les années qui viennent, on verra encore les pensions baisser.

 Mais ne faut-il pas en passer par là 
pour sauver le régime des retraites ?

Éric Aubin. S’il en était ainsi, ce serait un moindre mal. Mais ça ne sauvera en rien le régime des retraites, dans la mesure où les questions de son financement ne sont en rien réglées. La CGT demande depuis 1993 une véritable réforme du financement de la protection sociale et des retraites. Et il faut une autre politique de l’emploi.

Tous les syndicats sont opposés à cette mesure, mais on a l’impression 
que tout est joué…

Éric Aubin. À la CGT, nous réunissons aujourd’hui même la commission exécutive confédérale pour débattre d’une proposition d’action aux autres organisations syndicales. Ce pourrait être 
le 6 octobre. Ce sera une rentrée particulière, avec la campagne présidentielle et une situation sociale dure. 
Le pacte euro plus s’annonce comme 
un corset d’austérité pour toute l’Europe. Emploi, salaires, financement de la protection sociale et promotion des services publics seront les thèmes majeurs de cette rentrée.

Allez-vous interpeller les candidats 
sur la réforme des retraites ?

Éric Aubin. La CGT aura des choses à dire aux candidats à l’élection présidentielle, 
bien entendu. Ils ne devront pas oublier ce que des millions de salariés ont exigé dans 
la rue en 2010.

Offensive antisociale

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Offensive antisociale

Pour être connue, la tactique n’en est pas moins indigne. 
Le gouvernement et l’UMP ont choisi le début des vacances pour lancer une nouvelle offensive antisociale d’envergure : faire passer l’allongement de la durée 
de cotisation pour les retraites et préparer une remise 
en cause de la durée légale du travail. Côté retraites, c’est Xavier Bertrand qui est à la manœuvre. Sept ou huit mois après la grande bataille de l’automne, et alors même que la réforme était rejetée par une majorité de Français, 
il remet le couvert et ressert les mêmes arguments. 
Ce ne serait, dit le ministre du Travail, que l’application de la loi de 2003, mais qu’il lui faut justifier en semblant manier l’évidence, à savoir que si l’on vit plus longtemps, « il est logique que l’on travaille un peu plus longtemps ». Pour faire bonne mesure, il donne dans le chantage, 
en affirmant préférer « être en France et conduire 
les réformes nous-mêmes plutôt qu’un jour être comme la Grèce et se faire imposer les réformes par l’extérieur ». Sans abus de langage, c’est une logique de collaboration. Les marchés financiers le demandent, allons 
au-devant de leurs exigences. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, et il en va de même pour le second front ouvert 
par la droite sur la durée légale du travail.

Là, c’est Hervé Novelli, le numéro 2 de l’UMP, qui pilote ce qui serait une « révolution ». « Les entreprises auront trois ans à compter de 2012, si nous sommes élus, pour négocier la durée du travail qui leur conviendra. » On peut espérer d’emblée que 
ces propos inspirent 
les bulletins de vote, 
car ce n’est pas une révolution mais bien 
au contraire la restauration du bon-vouloir patronal, le règne 
du libéralisme pur et dur, d’autant plus violent qu’il s’appliquerait aux salariés les moins protégés, les femmes, les jeunes, les moins organisés pour résister et négocier. Le gouvernement et l’UMP sont entrés dans une nouvelle phase, active et brutale, de destruction du modèle social français et de ses acquis, contre les syndicats, avec l’approbation du Medef. Ce n’est pas travailler plus pour gagner plus. C’est travailler plus pour que la machine 
à profits gagne plus. C’est araser tous les obstacles 
à l’exploitation toujours plus dure du travail salarié, laisser le champ libre au capital.

Ce n’est pas spécifique à la France. C’est bien ce que le pacte pour l’euro de Nicolas Sarkozy 
et Angela Merkel entend imposer dans toute l’Europe. Il s’agit de réduire les conquêtes sociales aussi bien que les services publics ou tout ce qui relève des solidarités nationales, retraites, santé, et de soumettre les économies aux marchés. La droite, le gouvernement savent très bien qu’il suffirait, pour assurer les retraites, de taxer un tant soit peu les revenus du capital. Ils ne sont pas là pour ça, ils sont là pour faire le contraire. Pour Hervé Novelli, 
ces propositions seraient une contribution à l’élaboration du programme du candidat pour 2012. Mais le programme existe déjà. La seule question qui vaille, c’est comment le combattre. Immédiatement, dans l’action, en le faisant connaître et en faisant connaître les propositions que toute la gauche devrait avoir à cœur d’élaborer, dans le débat et la confrontation. Ensuite en 
se donnant les moyens de gagner en 2012, avec des objectifs clairs de transformation et avec la conscience tout aussi claire qu’un deuxième quinquennat de Nicolas Sarkozy serait une catastrophe.

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