La CGT lance une nouvelle campagne pour l’emploi industriel et la réindustrialisation qui va se traduire concrètement par un diagnostic de la situation de désindustrialisation sans précédent que connait le pays.
Mohamed Oussedik, dirigeant national de la CGT a présenté cette nouvelle campagne lors d’une conférence de presse le 16 janvier 2012.
Un bilan assez catastrophique : En cinq ans, l’emploi industriel a reculé de 300 000 emplois en induit, L’emploi industriel représentait 30% en 1960 et il représente plus que 11% aujourd’hui, Le niveau de la production industrielle en 2011 n’a toujours pas atteint celui de 1997, L’industrie manufacturière ne représente plus que 10% de l’économie totale, La balance commerciale du secteur industriel manufacturière est déficitaire de 50 milliards d’euros alors qu’elle va dépasser les 150 milliards d’excédents en Allemagne.
Par nos propositions, en rupture avec les mesures prises ces dernières années et qui ont conduit à creuser les déficits, à l’explosion du chômage total et à celui des séniors et des jeunes, à l’appauvrissement des ménages et des territoires, à la déqualification de l’économie française.
Par des mobilisations avec déjà le 18 janvier et ses suites dans les entreprises bien sûr comme ARCELOR, GOOD YEAR, PETROPLUS, M’REAL, FONDERIE DU POITOU, FRALIB mais aussi dans les régions et nationalement en mars prochain.
Nous publierons dès le mois de février notre livre CGT pour l’emploi industriel et la réindustrialisation. Les faux débats autour du label « Made in France », du prétendu coût du travail trop élevé, des salariés qui ne travaillent pas assez en comparaison de leurs homologues européens et allemands, d’un code du travail trop rigide rendent indispensable que les salariés avec la CGT s’expriment pour rétablir la vérité, arrêter la spirale infernale, austérité, chômage et porter nos propositions, seules alternatives à la réindustrialisation, à l’emploi et à la croissance.
Nos propositions reprennent les 5 axes que nous avions proposés lors des états généraux de l’industrie et que nous avons tenté de concrétiser à la Conférence Nationale de l’Industrie et dans les 12 Comités Stratégiques de Filières.
Force est de constater que le rapport qui sortira des travaux de la CNI ne font que reprendre les revendications patronales notamment celle du MEDEF. Si c’était le cas, alors la CNI n’aurait plus de raison d’être car elle se détournerait de ses principales missions : Un rapport annuel objectif sur l’état de l’industrie et les préconisations pour développer l’industrie et l’emploi industriel.
Nos propositions vont du financement de l’industrie à une meilleure évaluation des fonds publics, de nouveaux droits d’intervention sur les choix stratégiques d’entreprises pour les salariés.
Dans une période de crise comme celle que nous traversons, il est urgent de rompre avec les politiques qui nous y ont menés : baisse des salaires, attaques contre les services publics, la protection sociale, dérégulation et encouragement à la spéculation financière.
Standard & Poors dans son argumentation explique les dégradations des notes des pays de la zone euro, dont la France, par les dangers des mesures d’austérité prises en Europe. Alors que tout justifie une relance de la croissance par plus de salaire et de pouvoir d’achat, le pouvoir actuel prépare de nouvelles taxes et de nouvelles mesures d’austérité. Alors que tout justifie plus de sécurité pour les salariés, le patronat plaide pour un contrat emploi contre baisse des salaires, emploi contre temps de travail.
La CGT loin de nier la crise actuelle a fait des propositions concernant le chômage partiel, propositions rejetées par le patronat. L’irresponsabilité du MEDEF dans cette période est lourde de conséquences pour les millions de salariés, de chômeurs et leurs familles, pour des milliers d’entreprises également.
Alors que le MEDEF et le pouvoir portent largement la responsabilité des crises successives, ce sont les salariés, les chômeurs et les retraités qui sont appelés une fois de plus à payer l’addition sociale.
Dès le 18 janvier 2012, nous les appelons à s’inviter dans cette campagne par la mobilisation.
Le 18 janvier, c’est aussi le jour du sommet anticrise, social, etc. Les mesures annoncées et les pistes laissent entrevoir un sommet accélérateur de la crise.
Les mesures préconisées sont loin de répondre aux attentes des salariés de l’industrie et les autres. Les salariés qui vivent mal la stigmatisation dont ils sont l’objet en permanence, le mal au travail.
C’est pourquoi la CGT revendique que le travail soit au cœur des politiques publiques, que les investissements soient orientés vers l’amélioration des conditions de travail, et la reconnaissance de la pénibilité par la prévention et par les départs anticipés en retraite.
Le 31 janvier 2012 au Zénith de Paris, la CGT lancera sa campagne pour les retraites à 60 ans et la reconnaissance de la pénibilité.
L’affaiblissement de l’industrie est l’un des facteurs clés de la dégradation de la note de la France estime l’organisation syndicale. Deux ans après la tenue des états généraux, la CGT fait cinq propositions et prépare un livre blanc.
C’est entouré de « capitaines » de fédérations de l’industrie CGT, tels Virginie Gensel (mines-énergie), Carlos Moreira (industries chimiques), Philippe Martinez (travailleurs de la métallurgie), que Bernard Thibault s’est présenté devant la presse, hier à Montreuil, au siège du syndicat. Il s’agissait de lancer « une nouvelle campagne pour l’emploi industriel et la réindustrialisation ». Il fut bien difficile de concentrer les échanges sur ces thèmes dans le contexte du sommet prévu à l’Élysée mercredi prochain sur fond de chantage aux droits sociaux pour cause de triple A perdu. « L’emploi industriel et sa dégradation font pourtant partie des causes de la dégradation de la note de la France et de l’état de crise », a relevé Virginie Gensel. « Il faut savoir que la France paye pour être notée », a même souligné le secrétaire national de la CGT, après que fut démontré, par Mohammed Oussedik, responsable confédéral des questions industrielles, que la France paye surtout les mesures politiques prises ces dernières années, « qui ont conduit à creuser les déficits, à l’explosion globale du chômage – à celui des seniors et des jeunes en particulier –, à l’appauvrissement des ménages et des territoires, à la déqualification de l’économie française ».
Avec encore 300 000 pertes d’emplois directs et induits enregistrées ces cinq dernières années, l’industrie ne représente plus en France que 11 % des emplois aujourd’hui, contre 30 % en 1960. « Un bilan catastrophique » et qui ne cesse de s’alourdir malgré les promesses faites par l’État et le gouvernement à la suite des états généraux de l’industrie, en février 2010.
« Rupture » avec les prétentions patronales
Deux ans après, et devançant le prochain rapport de la Conférence nationale de l’industrie (CNI), mandatée par les ministres de l’Industrie et du Travail pour faire des propositions visant à « gagner de la compétitivité dans les entreprises », la CGT réactive cinq axes de propositions « en rupture » avec les revendications patronales et notamment celles du Medef, qui, elles, semblent être tout à fait entendues, écoutées et mises en œuvre. Parmi ces propositions : favoriser l’investissement, les emplois qualifiés, la formation, la recherche en lien avec les enjeux environnementaux ; créer un pôle public financier et un livret d’épargne industrie (en réorientant une partie des placements de l’assurance-vie dont le montant atteignait 1 600 milliards en 2010) ; évaluer les aides, les subventions publiques, les mesures fiscales dérogatoires appliquées aux entreprises et contractualiser ces mesures en y intégrant l’emploi, les salaires et en fléchant précisément ces mesures (exemple : le crédit impôt recherche doit être réellement affecté à la recherche et à son application en territoire) ; donner les moyens à la puissance publique de reprendre la main en matière de politique industrielle par les fonds publics qu’elle octroie et par les normes qu’elle édicte ; mettre en place un droit suspensif pour les CE sur les licenciements ; combattre la mise en concurrence des salariés (sous-traitants, donneurs d’ordres) à l’intérieur des filières industrielles ; mettre en place une Sécurité sociale professionnelle ; faire du CDI le seul contrat professionnel pour les salariés…
À l’appui de sa campagne, la CGT publiera, en février, un livre blanc élaboré à partir d’un diagnostic étayé de données régionales, nationales et internationales sur les causes du recul de l’industrie manufacturière. « Des initiatives auront lieu en région autour de ces questions » à partir de mars, a indiqué Bernard Thibault. Propositions et mobilisation ! Outre la journée interprofessionnelle d’action du 18 janvier et ses suites dans les entreprises, la CGT relancera sa campagne pour la retraite à 60 ans et la reconnaissance de la pénibilité au Zénith de Paris, le 31 janvier.
Marges en hausse, baisse des investissements
Les pertes d’emplois directs et induits dans l’industrie, évaluées à « 300 000 sur ces cinq dernières années » par la CGT, affectent tous les secteurs, y compris ceux de la recherche et du développement. Preuve que quand la production s’en va, tout s’en va. Y compris les clients ! L’industrie française, et en particulier l’automobile, se trouve aujourd’hui « particulièrement exposée face à la concurrence mondiale », parce qu’elle « n’a pas su investir et monter en gamme », accuse Mohammed Oussedik, responsable confédéral des questions de l’industrie. Pas su, pas voulu orienter les profits vers l’investissement. Car profits il y a : « Les taux de marge étaient de 23 % en 1980, ils ont atteint 31 % en 2010. » Mais, selon le syndicaliste « la part des investissements a diminué sur la même période, passant de 19 à 18,5 % ». Entrent dans l’investissement : la recherche-développement, mais aussi l’emploi et la formation qualifiante, ce qui engendre notamment une perte de savoir-faire réelle dans certains secteurs.
Pendant que François Hollande propose un « droit d’expression » pour les salariés, le Front de gauche défend des « droits suspensifs d’intervention » dans les entreprises.
Lors du colloque organisé, lundi, au Théâtre du Rond-Point, à Paris, Cécile Duflot, Marine Le Pen, Pierre Laurent et François Hollande ont été invités par Radio France à commenter son enquête choc sur le travail (lire l’Humanité d’hier). De quoi éclairer crûment les options en présence face à la gangrène du profit. Derrière une dénonciation de la « financiarisation », la candidate du FN tombe immédiatement dans la critique des 35 heures et d’une « société utopique où le travail serait aliénation » – au même endroit, Laurence Parisot parlera, elle, de « souffrance » à propos des 35 heures. Sur le fond, Marine Le Pen n’a pas grand-chose à dire ; elle préconise d’octroyer 10 % des actions des entreprises aux salariés et de mutualiser les offres de stages dans les écoles de commerce pour que ceux qui n’ont « pas de relations » ne soient pas pénalisés.
À gauche, Cécile Duflot (EELV) défend une réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires « sans passage par la loi » et, en matière de financement du syndicalisme, elle propose la mise en place d’un système de « chèque syndical » pour tous les salariés. Regrettant une « dégradation » de l’engagement des jeunes dans l’entreprise – « cette génération paraît moins motivée » –, François Hollande revendique un « droit d’expression » à travers un « questionnaire anonyme généralisé » sur les conditions de travail et le fonctionnement de la chaîne hiérarchique. Le candidat socialiste reprend une idée de Nicole Notat, qui dirige une agence de notation spécialisée en « responsabilité sociale » : « Créer une notation sociale des entreprises, ça permettrait de donner une bonne information aux actionnaires… » Au nom du Front de gauche, Pierre Laurent se place au niveau des enjeux de civilisation, désignant comme « ennemie » la « logique de compétitivité » : « C’est une exigence de transformation de toute la société qui s’exprime à travers le travail », avance le secrétaire national du PCF. Pour lui, il faut dépasser la « conception marchandisée du salariat » et repenser l’activité dans sa pleine acception, mais l’urgence pour le Front de gauche sera d’accorder des « droits suspensifs aux salariés afin de leur permettre d’intervenir efficacement dans les entreprises ».
Sur le travail, Défiance à l’égard des politiques
« Les politiques, quand ils parlent sans notes, c’est vers l’emploi qu’ils vont, jamais vers le travail », constate François Chérèque (CFDT). D’après l’enquête auprès des auditeurs de Radio France, la crise dans le travail se double d’une crise de confiance à l’égard de la politique et, dans une moindre mesure, du syndicalisme : plus de 80 % des enquêtés ne font pas confiance aux politiques pour « améliorer les conditions de travail », et ils sont moins de 40 % à penser que les syndicats peuvent « poser les bonnes questions sur le travail ».
La CGT sur le «Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire»
Déclaration de la CES
Adoptée par le Comité de direction de la CES le 25 janvier 2012
Les 8 et 9 décembre 2011, le Conseil européen a décidé de s’engager dans un accord international visant à renforcer la discipline budgétaire. Les gouvernements ont estimé que le renforcement des obligations budgétaires ferait reprendre confiance aux marchés et sauverait l’euro. La décision a été suivie par des négociations intenses et semi-secrètes afin de parvenir à un accord pour la fin du mois de janvier 2012. Le processus de négociation a ignoré le contrôle démocratique qui devrait normalement caractériser toute réforme de l’Union, notamment en n’impliquant pas pleinement le Parlement européen. La CES déplore ce processus non démocratique et ses conséquences non démocratiques au niveau national.
Les dirigeants européens ont tort de croire qu’un nouveau traité restaurera la croissance et résoudra la crise de la dette souveraine sans le renforcement de la démocratie au niveau européen – avec notamment une participation totale des partenaires sociaux aux niveaux européen et national – ni sans nouveaux engagements spécifiques sur les euro-obligations et la taxe sur les transactions financières. Les nouvelles règles en matière de gouvernance économique ne devraient pas être dissimulées derrière des questions techniques par les dirigeants européens.
La CES s’oppose à ce nouveau traité. Bien que nous soyons en faveur de règles communes et d’une gouvernance économique, nous ne pouvons soutenir ces règles. Nous sommes convaincus que les propositions du traité affaibliront l’Europe au lieu de la renforcer. Le nouveau traité réduira le soutien de la population pour l’intégration européenne, ralentira la croissance et augmentera le taux de chômage.
1) Sans investissements durables pour la croissance, les mesures d’austérité ne résoudront pas la crise de l’euro et de l’emploi, elles ne rassureront pas non plus les marchés financiers.
2) Entériner dans les constitutions ou législations nationales un respect strict des règles de déficit public ne fera qu’aggraver la crise actuelle.
3) Pour revenir à des comptes publics équilibrés, il est nécessaire d’adopter une approche à long terme comprenant des politiques fiscales justes, une taxe sur les transactions financières, une lutte contre la fraude et l’évasion fiscales, une mise en commun partielle de la dette, une intervention adéquate de la Banque centrale européenne (BCE) et un contrôle rigoureux du secteur financier.
4) Le besoin de gouvernance économique est utilisé comme un moyen de restreindre les mécanismes et les résultats des négociations, d’attaquer les systèmes de relations sociales, et d’imposer une pression à la baisse sur les niveaux de salaires négociés par convention collective ; d’affaiblir la protection sociale et le droit de grève, et de privatiser les services publics. La CES résiste activement à ces attaques qui, les unes après les autres, risquent de démanteler un modèle social unique au monde. Les initiatives allemandes telles que l’Agenda 2010 et l’augmentation de l’âge de la retraite, qui se sont avérées mauvaises et dommageables au niveau social, ne devraient pas être imposées aux autres pays européens.
5) Afin de faire de l’intégration européenne une réussite, elle doit être un projet positif qui apporte un progrès social et des emplois plus nombreux et meilleurs. C’est pourquoi la CES réitère sa demande pour qu’un Protocole social soit intégré aux traités européens.
Le nouveau traité ne fait que stipuler la même chose : l’austérité et la discipline budgétaire. Il obligera les États membres à mener des politiques fiscales procycliques préjudiciables, qui donnent la priorité absolue aux règles économiques rigides à une époque où la plupart des économies sont toujours faibles et où le taux de chômage atteint des niveaux intolérablement élevés. Cela engendrera une pression à la baisse sur les salaires et les conditions de travail, un contrôle et des sanctions. Les gouvernements qui ne parviennent pas à se conformer au pacte budgétaire seront traduits devant la Cour de justice européenne, qui pourra imposer des sanctions.
Le nouveau traité ne répondra pas au problème clé de la zone euro : en dehors de la BCE, il n’existe aucune institution qui dispose de suffisamment de liquidités pour arrêter une obligation dirigée sur des membres individuels de la zone euro, avec une obligation qui déborde et contamine le reste de la zone. Contrairement aux banques, les gouvernements de la zone euro ne disposent pas de « prêteur de dernier ressort » pour mettre fin au comportement grégaire irrationnel, mais auto-réalisateur du secteur financier.
En outre, la mise en œuvre pratique de ce nouveau traité pose plusieurs problèmes. La façon dont le déficit « structurel » sera défini n’est pas claire. Il en va de même pour le taux d’intérêt et le taux de croissance potentiel qui seront utilisés pour calculer la viabilité budgétaire à moyen terme.
L’Europe a besoin d’une union économique différente avec une forte dimension sociale basée sur les principes suivants :
• Un mandat plus clair pour la BCE. L’objectif de la BCE devrait être de promouvoir la stabilité des prix, le plein emploi et la convergence des conditions financières des États membres. La BCE ne devrait pas seulement avoir la possibilité, mais aussi l’obligation d’agir comme un « prêteur et acheteur de dernier ressort » pour la dette souveraine.
• Une mise en commun partielle de la dette au travers des euro-obligations.
• Une clause de sauvegarde salariale qui impose le respect total de l’autonomie des partenaires sociaux pour négocier collectivement et éviter que le pacte social s’immisce dans le domaine des salaires, des systèmes de négociation collective, d’action et d’organisation collective. Les salaires ne représentent pas un frein à l’économie, mais en sont le moteur.
• Des dispositions pour protéger la croissance : l’exclusion des investissements publics qui soutiennent la croissance de la « règle d’équilibre budgétaire », la sauvegarde du secteur des recettes publiques en s’engageant pour lutter contre la concurrence, la fraude et l’évasion fiscales, un rôle structurel pour le dialogue social européen pour éviter une mise en œuvre aveugle des règles économiques rigides qui nuiraient à l’économie.
• Un Protocole de progrès social doit être joint aux traités européens pour garantir le respect des droits sociaux fondamentaux.
Le chômage a poursuivi sa hausse en décembre en France pour atteindre son plus haut niveau depuis septembre 1999, selon les chiffres publiés mercredi par le ministère du Travail et Pôle Emploi.
Le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A (ceux n’ayant exercé aucune activité) a augmenté de 29.700 (+1,0%) le mois dernier en France métropolitaine pour s’établir à 2.874.500. Sur un an, la hausse est de 5,6%.
En ajoutant les personnes exerçant une activité réduite (catégories B et C), le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de 0,6%, soit 25.900 personnes de plus, pour atteindre 4.270.700. Sur un an, la hausse est de 5,6%.
Avec les départements d’Outre-mer, le nombre de demandeurs d’emploi s’établit à 4.537.800, un chiffre sensible à trois mois de l’élection présidentielle. La hausse a été particulièrement vigoureuse pour les personnes âgées de plus de 50 ans et, dans une moindre mesure, pour les moins de 25 ans.
En catégorie A, le nombre de demandeurs âgés de moins de 25 ans a ainsi progressé de 1,3% (+2,8% sur un an) contre 0,7% pour les 25-49 ans (+3,2% sur un an) et 2,0% pour les plus de 50 ans (+16,0% sur un an). En catégories A, B et C, ce nombre a augmenté de 0,5% pour les moins de 25 ans (+2,5% sur un an), de 0,4% pour les 25-49 ans (+3,5% sur un an) et de 1,5% pour les 50 ans et plus (+15,5% sur un an). Le nombre des chômeurs de longue durée (inscrits depuis un an ou plus) augmente autant que celui des autres demandeurs d’emploi, soit +0,6% pour les catégories A, B et C (+6,2% sur un an) contre +0,6% (+5,2% sur un an).
En parallèle, le nombre des offres a baissé de 5,5% en métropole. L’Insee a annoncé le 1er décembre que le taux de chômage au sens du Bureau international du Travail (BIT) avait augmenté de 0,2 point au troisième trimestre à 9,3% en métropole (9,7% en incluant les départements d’outre-mer). Dans sa note de conjoncture publiée le 15 décembre, l’institut de la statistique estimait que le taux de chômage pourrait dépasser 10% sur la totalité du territoire d’ici juin 2012
En 2011, les demandeurs d’emplois sans activité sont 152.000 de plus qu’en 2010. Il faut en ajouter 225.200 de plus en comptant ceux qui ont exercé une activité réduite sur l’année.
Le meeting national organisé par la CGT au Zénith de Paris le 31 janvier sur le droit à la retraite à 60 ans et la reconnaissance de la pénibilité s’anonce comme un événement d’ampleur exceptionnelle. La CGT « va jouer à guichet fermé ». Les quelques 6000 places sont d’ores et déjà retenues et de nombreuses organisations de la CGT, dans les départements ou dans des entreprises ont prévu des retransmissions du meeting en direct ou en différé.
Reprères revendicatifs CGT : Droit à la retraite
La CGT propose : Le droit à une retraite pour tous les salariés, dès l’âge de 60 ans avec les moyens de vivre dignement.
Conquérir un haut niveau de droits à la retraite nécessite :
un accroissement de la part des richesses créées par le travail, consacrées à leur financement ; de renouveler le contrat entre les générations, garantissant, dans le cadre de la répartition, le droit à une retraite pour tous les salariés dès 60 ans, avec un revenu de remplacement qui permette de vivre dignement ; un taux de remplacement au minimum de 75 %, et en aucun cas inférieur au SMIC, pour une carrière complète de travail, doit être assuré quel que soit le régime de retraite et reposer sur l’ensemble de la rémunération ; l’évolution de la pension doit être indexée sur le salaire moyen ; la décision du départ en retraite doit rester le choix individuel du salarié ; un droit à départ à taux plein anticipé en retraite pour les salariés ayant exercé des travaux pénibles et astreignants doit être reconnu dans tous les régimes ; le droit au départ à la retraite à taux plein, anticipé, pour les personnes en situation de handicap, doit être amélioré ; la garantie et la pérennisation du système solidaire de retraite fondé sur la répartition passent par le financement nécessaire à chaque régime.
Ce qui existe aujourd’hui
Jusqu’à la fin des années 80, la construction de notre système de retraite s’est faite progressivement avec des objectifs, porteur de valeurs : progrès, solidarité, démocratie et transformation sociale.
La retraite a permis progressivement d’assurer un niveau de vie moyen des retraités à parité avec celui des actifs. La pauvreté chez les retraités a pu ainsi être massivement réduite. Les dernières réformes risquent d’inverser cette évolution.
Des éléments de solidarité importants ont été introduits au fur et à mesure dans nos régimes de retraite avec l’objectif de réduction des inégalités (droits familiaux, périodes de maladie, de chômage…).
Notre système de retraite avec différents régimes regroupe un ensemble de droits couvrant l’ensemble du salariat.
Mais les mesures et réformes successives depuis la fin des années 80 ont programmé dans le temps une redoutable baisse du niveau des retraites à leur liquidation et tout au long de leur perception dont on constate de plus en plus les effets : désindexation des pensions de retraite par rapport aux salaires. L’effet négatif cumulé dans le temps est conséquent : perte de 20 % sur dix ans.
Ce mode d’indexation rompt la solidarité entre actifs et retraités, les pensions des retraités n’étant plus de fait réellement revalorisées ; révision de tous les paramètres de calcul du montant de la retraite. Cela a été d’abord appliqué dans le régime général avec le passage des dix meilleures années de salaire aux vingt-cinq meilleures et le passage de 37,5 annuités à 40 pour accéder au taux plein.
La réforme de 2003 a confirmé cette logique et a étendu le passage de 37,5 annuités à 40 pour les fonctionnaires en 2008 puis dans les autres régimes spéciaux.
En 2012, le nombre d’annuités sera porté à 41, soit 164 trimestres, pour l’ensemble des salariés du privé et es fonctionnaires, à 165 trimestres en 2013, à 166 en 2015 ; la réforme Fillon prévoit la poursuite de cet allongement au moins jusqu’en 2020.
Avec la baisse du montant des pensions la loi Fillon organise la réduction des éléments de solidarité de nos régimes et la promotion de systèmes de retraite par capitalisation.
L’application de ces réformes a creusé les inégalités ; les salariés précaires, notamment les femmes en sont particulièrement victimes. Elles valident deux fois moins souvent que les hommes une carrière complète et perçoivent en droits propres 42 % de moins que les hommes.
La loi de novembre 2010 va aggraver la situation, ajoutant à l’allongement de la durée exigée pour l’obtention du taux plein, le report de l’âge d’ouverture du droit à retraite ainsi que celui de la retraite sans décote qui passent respectivement à 62 et 67 ans.
De plus, la loi prévoit d’organiser, à partir du premier semestre 2013, une réflexion sur les objectifs et les caractéristiques d’une réforme systémique avec pour thèmes les régimes universels par points ou en comptes notionnels. Une telle réforme porterait le coup de grâce à tous les régimes de retraite solidaires fondés sur la répartition.
Parce qu’elle remet en cause les fondements de la loi du 23 mars 2006 qui prévoyait la suppression des écarts de rémunération entre femmes et hommes à dater du 31 décembre 2010, cette loi sera doublement pénalisante pour les femmes déjà lourdement affectées par l’allongement de la durée exigée pour le taux plein.
Les moyens pour y parvenir
La qualité de la vie en retraite dépend de la qualité de la vie au travail.
Le droit à la retraite doit être solidement articulé au droit au travail et au salaire ; il doit donc être en lien étroit avec la bataille revendicative sur la sécurité sociale professionnelle, l’emploi, les salaires et le bien être au travail.
Montant de la retraite Revoir les paramètres de calcul
Les salaires à retenir et la base des droits : dans le régime général, le calcul de la pension doit se faire sur les dix meilleures années. Ce qui exclura une grande partie d’années de plus bas salaire, de précarité, chômage, maladie… ; dans la fonction publique : 75 % du dernier indice. Celui-ci doit être réévalué avec l’intégration des primes ayant caractère de complément salarial dans le traitement indiciaire ; pour l’ensemble des régimes : l’indexation des salaires retenus pour le droit à retraite doit se faire sur l’évolution des salaires, l’ensemble des rémunérations (toutes les primes, l’intéressement, la participation…) doit être soumis à cotisation et constituer des droits pour la retraite, les périodes d’arrêts de travail pour maternité, accident de travail et maladie professionnelle doivent être considérées comme périodes travaillées avec la prise en compte du salaire qui aurait dû être versé, pension de réversion à hauteur de 75 % de la ou des pensions du conjoint décédé sans condition d’âge, la revalorisation des pensions doit se faire sur la même base que l’évolution du salaire moyen. Cela permet d’assurer la solidarité intergénérationnelle en faisant profiter les retraités autant que les actifs, des gains de productivité. C’est aussi le seul moyen d’empêcher un décrochage du niveau de vie des retraités, les droits familiaux doivent être renforcés tant que subsisteront les inégalités entre les femmes et les hommes.
La durée de cotisation exigée pour percevoir le taux plein de pension doit tenir compte : de la réalité des durées d’activité profes-sionnelle (actuellement celle-ci se situe en moyenne autour de 36 ans) ; des périodes d’études après 18 ans, celles-ci doivent être validées par une cotisation forfaitaire (comme pour l’assurance maladie) ; des périodes de première recherche d’emploi, validation dès l’inscription à Pôle emploi. Ceci doit permettre à la grande majorité des salariés du public, comme du privé, d’obtenir une retraite à taux plein à 60 ans.
Àge de la retraite L’âge de 60 ans doit bien demeurer le repère collectif associé au droit à la retraite.
Mais la date de départ en retraite doit rester le choix du salarié. Cela nécessite que soit assurée la garantie de l’emploi à tous les salariés (du public comme du privé).
Un véritable choix suppose également des revenus en activité comme en retraite corrects, et des conditions de travail décentes.
Les départs anticipés en retraite doivent être confortés ou reconnus dans chacun des régimes pour les salariés ayant été exposés aux conditions de travail pénibles, insalubres ou à risques, afin de tendre à l’égalité d’espérance de vie en retraite.
Financement de la retraite
Les repères revendicatifs sur le financement de la protection sociale (1) sont transversaux et concernent intégralement la retraite. Ils sont à décliner pour l’ensemble des régimes de retraite ; en même temps doivent être abordées les mesures qui permettront le mieux d’assurer la solidarité à l’intérieur de chaque génération au travail. La cotisation doit rester le fondement de notre système par répartition à la fois contributif et solidaire.
Maison commune des régimes de retraites
La Maison commune des régimes de retraites a pour objectif d’instaurer une véritable solidarité des régimes dans le but de promouvoir pour toutes et tous des droits de haut niveau.
La Maison commune devra être placée sous la responsabilité de représentants élus des actifs et retraités des régimes affiliés.
La compensation et les problématiques communes aux différents régimes, par exemple celles des polypensionnés, seraient de sa compétence.
COLLOQUE « LE FRONT NATIONAL DEMASQUE PAR L’HISTOIRE »
Intervention de Bernard THIBAULT, Secrétaire général de la CGT
19 janvier 2012
Mesdames, Messieurs, Chers Amis, Chers Camarades,
Je voudrais tout d’abord vous remercier d’avoir répondu si nombreux et participé aussi activement, remercier l’ensemble des intervenants pour leurs exposés, c’est avec plaisir que nous relirons vos interventions, et féliciter l’Institut d’Histoire Sociale d’avoir organisé cette rencontre de haute qualité. Nous marquons un peu avant l’heure, ensemble, de bonne manière, l’anniversaire de l’Institut.
L’extrême droite française, actuellement représentée par le Front national et en quelque sorte incarnée par Marine Le Pen, constitue une mouvance politique délétère pour le monde du travail, et je reviendrais brièvement sur la démonstration que nous en avons faite. L’histoire comme science sociale est une dimension fondamentale de la culture et je redis que la critique historique est une ressource précieuse pour notre combat actuel. Cela est vrai aussi pour le sujet qui nous intéresse aujourd’hui.
Il est légitime de se demander pourquoila CGTestime nécessaire de faire ainsi le procès d’un courant d’opinion important susceptible de recueillir de nombreux suffrages.
Une remarque au passage s’agissant du supposé vote ouvrier estimé dans les enquêtes d’opinion et les commentaires qui les entourent. Depuis plusieurs semaines, s’installe l’affirmation d’ouvriers globalement acquis au vote FN. Ce n’est pas le cas. Les enquêtes d’opinion à ce stade disent surtout que, pour l’instant, la moitié des ouvriers n’est pas décidée à voter, ce qui n’est pas du tout la même chose.
Cette bataille idéologique s’illustre par cette affirmation ressassée selon laquelle le FN fédèrera naturellement, mécaniquement, le vote des mécontents ou oubliés.
Dans une déclaration de juillet 2001, réaffirmée par tous ses congrès, la CGTa clairement balisé ce que devait être son rapport à la politique et aux partis qui l’animent. Nous y indiquions que « Notre conviction de la nécessité d’une démarche indépendante vis-à-vis du patronat, des gouvernements, des institutions européennes et internationales, des partis, ne signifie pas pour autant notre indifférence au contexte politique. Il signifie encore moins notre désintérêt à l’égard de l’intervention des partis dans le débat démocratique, sur la forme et sur le fond ». Nous y précisions que « nous avons conscience que ce qui est communément appelé « la crise du politique » ne peut pas être sans conséquences sur la réflexion et l’action syndicales », et que par conséquent, « constater une certaine prise de distance entre les citoyens et la représentation politique ne veut pas dire s’en satisfaire, et encore moins prétendre combler un vide en sortant de notre rôle ».
Tous les ingrédients sont là pour justifier que le Front national fasse de notre part l’objet d’une analyse critique rigoureuse et d’une contre-offensive vigoureuse. Ce parti puise son influence dans la persistance de la « crise du politique » et l’accentuation de cette distance entre les citoyens et la représentation politique. Simultanément, en focalisant son programme sur de fausses explications de la crise, en agressant les syndicats qui défendent les revendications des salariés et des retraités (nous l’avons vécu entre autres en 2010 lorsque nous avons été qualifiés d’« émeutiers » lors des manifestations et grèves contre la réforme des retraites de Nicolas Sarkozy), le FN exonère les vrais responsables et éloigne celles et ceux qu’il séduit des solutions réelles.
Toutes les occasions doivent être saisies pour réaffirmer qu’il n’y a aucune place, ni dans notre point de vue, ni dans notre pratique, pour le racisme, la xénophobie, l’autoritarisme, la morgue ou l’étroitesse chauvine. Mais l’histoire nous montre aussi qu’au-delà de ces traits hideux de l’extrême droite, sa force d’attraction tient surtout à sa capacité à s’emparer des problèmes sociaux pour les instrumentaliser et les mettre au service de sa stratégie.
A chaque fois, l’extrême droite a surfé sur les peurs de couches sociales malmenées par les mutations sociales qu’imposaient les marchés et la concurrence. D’abord, les paysans avec Dorgères et ses « chemises vertes », les couches moyennes et les Croix de Feu dans la crise de 1929, les artisans et commerçants avec Poujade (et Jean Marie Le Pen qui, déjà, avait à l’époque été élu à l’Assemblée Nationale sous cette étiquette).
C’est bien l’absence de perspectives concrètes pour d’importantes couches de la population qui est à l’origine de cette instrumentalisation et non une conversion à priori pour l’idéologie fascisante, ce qui n’exclut pas qu’il y ait bel et bien des adeptes des thèses fascisantes au FN. L’extrême droite est parvenue ces dernières années à leurrer une partie de l’opinion avec un discours politique prenant notamment comme cible la mondialisation, l’immigration et l’insécurité. Nous devons en avoir conscience et militer en conséquence. Les effets délétères des campagnes de Sarkozy sur l’immigration, la sécurité, le droit d’asile et l’identité nationale ont renforcé les peurs collectives. Nous en mesurons aujourd’hui les dégâts. Le discours du FN est une imposture et donc un déni de démocratie mais il serait cependant illusoire de penser venir à bout du problème par des postures simplement moralisantes.
Comme l’a récemment analysé la CGT, la banalisation du Front national dans le paysage politique français et de ses émules au plan européen, est « portée par la conjonction d’enjeux lourds pour penser le présent et l’avenir, tels que l’absence d’alternatives et de réponses à la crise systémique et la globalisation économique qui isolent et enferment l’Europe ; l’impuissance à faire une place à la jeunesse dans un contexte de vieillissement démographique ; la crise du travail, des finances publiques qui privent les Etats des moyens pour assurer la justice sociale,
garantir l’égalité entre les individus par une Sécurité Sociale, des Services Publics, l’égal accès des droits de tous pour tous ».
Une part importante de la population salariée ou retraitée peine à maintenir la tête hors de l’eau ou a déjà perdu pied. Pour beaucoup d’autres, la peur du déclassement, du chômage et de la précarité, en même temps qu’elle représente le frein principal à l’investissement dans le changement de leur vie professionnelle, est devenu l’aliment permanent du potentiel de séduction de l’idéologie frontiste. Le vote FN est sans doute d’abord de la colère qui n’a pas trouvé à s’exprimer positivement. C’est le détournement d’une aspiration à voir la politique reprendre les commandes. Voilà pourquoi celle-ci constitue une menace directe contre l’efficacité de notre combat pour l’unité et la solidarité entre tous les salariés.
Le sentiment s’installe chez beaucoup de salariés qu’ils n’auraient plus d’avenir. Ceux qui sont particulièrement visés sont les plus jeunes, sortis du système scolaire sans diplômes et sans qualifications, les ouvriers, ceux qui vivent les situations les plus difficiles, les plus instables, les moins considérées socialement, nourrissant la désespérance, terreau favorable aux manipulations populistes.
Si le travail demeure bien la valeur de référence des couches populaires, le rapport du salarié au travail s’est lui profondément dégradé. Le statut social qu’il procurait s’est effondré.
Pour preuve, les travailleurs sont ramenés à la notion terrible de « ressources humaines » , voire pire de « capital humain ». Pensons aux millions de personnes qui ne peuvent accéder au travail. Pensons ensuite aux millions d’autres qui souffrent dans l’exercice quotidien de leur activité pour un salaire qui permet tout juste de survivre.
Il y a bien sûr des millions de salariés qui sont heureux de travailler mais qui se heurtent malgré tout chaque jour aux contraintes que fait peser la logique de la rentabilité, accrue par la financiarisation. Les notions de « sureffectifs » puis celle des fameux « licenciements boursiers » qui se sont imposées témoignent d’une approche du travail réduite à une variable d’ajustement.
Le statut du travail est aujourd’hui fort mal en point. C’est même une dimension majeure de la crise. Depuis au moins 25 ans, pour augmenter la rentabilité d’un capital en suraccumulation, les entreprises ont mis une pression sans précédent sur les besoins sociaux et les conditions de travail, elles ont dévalorisé les qualifications, développé la précarité.
La Sécuritésociale professionnelle est la base concrète sur laquelle le salarié pourra s’appuyer pour garantir sa place dans la production, dans la répartition des richesses et dans la société elle-même.
Nous avons besoin d’une convergence de réformes et d’actions qui donneront consistance à une nouvelle logique économique. Il s’agit de redonner sens au travail et à la production de richesses.
La réponse à la crise du système capitaliste n’est pas l’émergence d’un pouvoir autoritaire avec une cheftaine à sa tête. Comme nous l’enseigne l’histoire, c’est
illusoire et dangereux. L’alternative est l’ouverture d’un nouveau chantier démocratique qui permettra de reconstituer les solidarités en faisant reculer les contraintes imposées par les institutions financières aux citoyens et aux salariés.
La question de la démocratie dans la société et l’économie se pose d’une manière très différente d’il y a 40 ans. Mesurons les changements majeurs qui ont affecté la société : le retrait des politiques publiques au profit des logiques de la concurrence ; le poids devenu exorbitant des actionnaires qui a rompu l’équilibre antérieur entre salariés et gestionnaires ; l’évolution des structures de production qui ont intégré la firme classique dans des réseaux et un espace international non régulé. La recherche de la rentabilité s’est imposée comme logique quasi exclusive dans un champ économique élargi soumis à une concurrence sans garde-fous.
Comme nous l’avons entendu cet après-midi, le Front national s’est donné l’objectif de capter durablement la confiance d’une partie importante des salariés les plus modestes qui sont aussi les plus exposés au durcissement de l’exploitation du travail et les plus assujettis à la précarité de l’emploi. Pour y parvenir, il n’hésite pas à maquiller ou à transfigurer certains des registres idéologiques traditionnels de l’extrême droite française. Le passage d’une forme brute et brutale de racisme à une forme plus policée de protection ethnicisée de l’identité nationale en est un des aspects, le trait le plus saisissant étant sa récupération intégriste de la laïcité en vue de diaboliser les immigrés de culture islamique.
Je saisis cette occasion pour attirer l’attention sur le caractère ambigu du concept d’identité. Ambigu parce que, s’il peut être légitimement invoqué pour exiger d’être reconnu dans son existence et ses droits, il est le plus souvent utilisé et même instrumentalisé pour construire un mur entre soi et les autres. Je citerai volontiers ici deux écrivains antillais, Glissant et Chamoiseau : « Changer en échangeant revient à s’enrichir au haut sens du terme et non à se perdre. Il en est ainsi pour un individu comme pour une nation » ; « Aucune culture, aucune civilisation n’atteint à la plénitude sans relation aux autres ».
Je raisonnerais de même en ce qui concerne l’identité dela CGT. Celle-cine résulte pas de l’attachement à un corpus transmis de génération à génération par un rituel d’initiation : c’est une culture vivante qui se régénère dans le terreau de la réflexion, dans le feu de l’action et dans la confrontation des points de vue et des expériences.
La CGTse réclame de l’internationalisme, de la solidarité entre travailleurs de toutes origines, d’une vision du monde structurée par le clivage de classe et non par celui des frontières nationales. Nous pouvons être fiers d’être le syndicat qui a porté à sa direction Henri Krasucki, métallo né en Pologne, déporté par les nazis et les collaborationnistes de l’extrême droite française pour actes de résistance dans son pays d’accueil. Nous pouvons être fiers d’être le syndicat qui a compté parmi ses membres Missak Manouchian, métallo arménien né en Turquie, mort avec ses camarades immigrés de l’Affiche rouge pour libérerla Francede l’oppression nazie. Nous pouvons être fiers et nous revendiquons d’être un syndicat qui a toujours organisé les travailleurs migrants, qui a toujours compté dans ses rangs des salariés venus de tous les continents.
La CGTest le syndicat de tous les salariés et c’est pour cela qu’elle défend les intérêts des travailleurs sans-papiers. Le refus de régulariser les travailleurs sans-papiers, leur maintien dans une zone de non droit, est un facteur d’abaissement des salaires et garanties collectives de tous les salariés. L’existence d’un nombre important de travailleurs sans-papiers est avant tout une arme aux mains des patrons pour faire fructifier leur taux de profit. La réponse n’est pas leur expulsion mais la reconnaissance de leurs droits. Le principe de la préférence nationale, la stigmatisation systématique des immigrés sont un puissant outil de division des salariés et donc d’affaiblissement du rapport de force indispensable face au patronat, notamment dans un pays encore marqué par son histoire coloniale. Ils ont pour objet de dresser les salariés les uns contre les autres, et de réduire leurs capacités de rassemblement et d’intervention pour peser sur les choix économiques et sociaux. Ils visent à cibler une partie de la population pour détourner l’attention de la véritable question, à savoir l’inégale répartition des richesses produites par le travail.
Il n’est donc pas envisageable, qu’au nom de la liberté d’opinion dansla CGT, celle-ci puisse être représentée, à quelque niveau que ce soit, par des militants revendiquant publiquement leur adhésion au concept de « préférence nationale ».
J’en profite à ce propos pour vous informer qu’après avoir affirmé vouloir faire condamnerla CGTen justice pour discrimination politique en Moselle, le FN ne cesse de faire durer la procédure, pronostiquant sans doute l’échec de sa démarche.
Si nous n’avons nulle intention de stigmatiser des salariés séduits par le discours du FN, nous avons la ferme volonté de discuter avec eux de la vraie nature de ce parti et de ses objectifs, et de les convaincre de la nocivité de ses projets. Nous ne pourrons le faire que si nous réussissons aussi le redéploiement dela CGTvers les salariés précaires et les victimes de discrimination pour combattre plus efficacement des politiques qui plombent le mouvement revendicatif et bafouent nos droits sociaux.
Nous réussirons d’autant mieux si nous progressons dans notre capacité d’organiser des luttes collectives et solidaires entre travailleurs à une échelle interprofessionnelle. C’est une réponse à l’opposé d’un syndicalisme corporatiste dans sa version frontiste.
L’éclairage historique, ou mieux encore l’élucidation historique de la continuité et du transformisme de l’extrême droite française, est bien de nature à mettre en évidence qu’ils sont ancrés profondément dans le terreau du nationalisme. Celui-ci asphyxie l’inspiration et le potentiel libérateurs d’une nation dès lors qu’il se cramponne à une vision fixiste des civilisations et des mœurs démentie par l’histoire ancienne comme par l’histoire immédiate, se refuse à reconnaître la coexistence de courants de civilisation différenciés mais aptes aux métissages. Il veut ignorer l’interpénétration des échanges et des politiques en Europe et le besoin de solidarités de luttes en Europe et à travers le monde.
L’Europe est entrée dans une profonde crise institutionnelle et politique. Il ne s’agit pas de se replier chacun chez soi comme le propose le FN mais de combattre pour que l’Europe soit un espace de progrès social pour tous.
Nous récusons le pacte de compétitivité dit « Euro+ » qui met en concurrence les travailleurs européens et a pour premier objectif de garantir les créances des banques. Ce pacte imposé aux peuples engage sur la voie de l’austérité à partir de procédures anti-démocratiques.
L’Europe ne peut être un consortium de gouvernements ignorant les exigences démocratiques. Elle doit écouter les citoyens. L’Union doit devenir un moyen pour maîtriser les flux financiers et réorienter la mondialisation. Elle doit reconnaître le principe de salaires minima, la sécurité de l’emploi, l’amélioration des conditions de travail, l’existence des services publics.
Nous ne sommes pas les seuls syndicats confrontés à l’influence de l’extrême droite : Italie, Belgique, Hongrie, Pays-Bas et tant d’autres, l’expérience montre qu’il ne faut pas faire le dos rond mais affronter les situations, savoir démasquer la démagogie, voire les usurpations d’identité dans le discours.
Marine Le Pen a qualifié la « TVA sociale » de Nicolas Sarkozy de « TVA patronale », c’était le titre d’une brochure économique dela CGTen mai 2007. Il y a au FN des militants qui passent du temps à s’inspirer des messages syndicaux pour rendre l’extrême droite présentable. Pouvoir d’achat, restructurations, délocalisations, dégradation de l’emploi, retraites, services publics, tous ces problèmes perdurent. Ils exigent à tous les niveaux une vigilance de tous les instants, une défense pied à pied dans le cadre des solidarités professionnelles et territoriales, une mobilisation syndicale organisée, orientée vers des mesures immédiates s’inscrivant dans une vision d’avenir et une vision solidaire.
Le syndicalisme ne doit pas se tenir à l’écart des débats qui d’ores et déjà participent aux futures échéances électorales.
La CGTavait déjà dit lors du conflit des retraites en 2010 que l’exécutif aurait à payer le prix de son autoritarisme et du refus de prendre en compte l’avis ultra majoritaire des salariés. Les questionnements actuels sur le contenu de la prochaine présidentielle attestent que beaucoup des démarches politiques telles qu’elles sont pour l’instant exposées sont loin de répondre aux défis de l’heure. Les questions sociales, notamment celle du travail, les problèmes du financement, de l’impôt, du crédit sont incontournables, et il y en a bien d’autres.
Si l’on veut contrer l’influence du FN, à notre place d’organisation syndicale, il faut mettre la question du travail au centre de notre réflexion, valoriser notre bataille pour un nouveau statut du travail dont la sécurité sociale professionnelle.
Il faut développer nos capacités d’action collective dans le contexte d’aujourd’hui.
Le recul du niveau de vie, l’austérité sans fin, la déconstruction des systèmes sociaux sont présentés comme les seules perspectives crédibles, suscitant un peu partout réactions, révoltes, résistance. Nous entrons dans une nouvelle période. Les enjeux sociaux et les enjeux démocratiques sont de plus en plus fortement imbriqués. On avancera ou on reculera sur les deux terrains. Le choix est entre recul social et autoritarisme d’un côté ou progrès et démocratie de l’autre.
Si le syndicalisme apparaît comme le « dernier rempart » face aux mises en causes, aux reculs sociaux, il apparaît aussi comme l’une des principales forces pour faire barrage aux mises en cause de la démocratie.La CGTa toujours tenu sa place sur ce terrain. Elle ne se dérobera pas.
Je ne doute pas que nous avons trouvé aujourd’hui, les uns et les autres, beaucoup de matière pour nos activités respectives, et ce grâce à l’Institut d’Histoire sociale.
En novembre, 51 800 personnes supplémentaires se sont inscrites à Pôle emploi, portant le nombre total des privés et demandeurs d’emploi à 4244 800, soit une hausse de 5,6% sur un an. C’est le niveau le plus élevé depuis douze ans.
N’est-ce pas pourtant le ministre du travail qui avait promis de faire passer ce taux sous la barre des 9% à la fin 2011 en prenant appui sur le « grand emprunt » de Nicolas Sarkozy ?
Alors que les experts s’attendent à un résultat « catastrophique » pour
2012 avec un taux de chômage qui pourrait être compris entre 10,4% et 10,7%, le gouvernement s’empresse de mettre son échec sur le compte du « ralentissement de la croissance ».
« Courage fuyons » est bien le maître mot de ce gouvernement.
Pour la préservation du « AAA » l’Élysée et Matignon multiplient les plans d’austérité qui, faisant reculer la demande et la croissance jusqu’à la récession, enveniment le chômage, creusent les déficits et les dettes publics avec un gâchis monstrueux de l’argent des contribuables.
En plus de sa visée évidemment électoraliste, le sommet social du 18 janvier prochain voulu par le chef de l’État aura pour but de redoubler dans les allègements de cotisations sociales patronales et d’engager une baisse des salaires nets. Au nom de la sauvegarde de leur emploi et sous pretexte de compétitivité, les travailleurs seront soumis au chantage pour consentir des sacrifices de rémunération.
Plutôt que de s’attaquer au coût du travail, le gouvernement ferait mieux de combattre les 318 milliards d’euros versés par les sociétés non financières en intérêt aux banques et en dividendes aux actionnaires en 2010.
Moduler l’impôt sur les sociétés et le taux des cotisations sociales afin d’inciter les entreprises à développer la valeur ajoutée, les formations, les salaires et l’emploi, en pénalisant les entreprises qui délocalisent, développent leurs placements financiers, ou se servent des nouvelles technologies pour supprimer des emplois et dégrader les conditions de travail. De nouveaux pouvoirs de contrôle et de décision doivent être donnés aux CE et aux délégués du personnel.
Il faut créer les conditions pour imposer aux banques le financement, à des taux d’intérêt faibles de projets porteurs d’un renforcement de l’emploi, de la qualification et du potentiel de création de valeur ajoutée dans les territoires.
Cela peut se faire au niveau local, avec des Fonds publics régionaux et au niveau national, avec un pôle financier public, et européen, qui permettrait une réorientation de la politique monétaire de la BCE maitrisable par les parlements européen et nationaux .
Au prétexte de réduire les déficits publics se prépare un véritable coup de force.
Personne ne souhaite que le budget national, celui de la sécurité sociale, de sa région ou de sa commune soit en déficit. Personne ne se satisfait d’un endettement insupportable.
Encore faudrait-il s’expliquer exactement sur les causes de ces déficits et dettes. Sont-elles dues à des dépenses sociales et publiques excessives ? Certainement pas ! Année après année, celles-ci reculent. La cause des déficits n’est pas un excès de dépenses pour le bien commun et la solidarité, mais un manque de recettes. Et ce manque de recettes est le résultat des cadeaux fiscaux et sociaux offerts aux plus fortunés, aux détenteurs de capitaux et aux grandes entreprises.
Quelques exemples édifiants : de la taxe professionnelle (8,9 milliards en 2010, 7,5 milliards prévus en 2011), aux multiples dérogations de l’impôt sur les sociétés (le régime des sociétés (sociétés mères, filiales), 34,9 milliards en 2009 ; le régime de l’intégration fiscale pour les groupes, 19,5 milliards en 2008 ; la taxation au taux réduit des plus-values à long terme provenant de cessions de titres de participation, évalué à 6 milliards en 2009 ; jusqu’au bouclier fiscal (458 millions en 2008, 679 millions en 2009, près de 700 millions en 2010) et la réduction de l’ISF. La liste est longue des cadeaux faits au capital (le Conseil des prélèvements obligatoires estime un manque à gagner de 172 milliards d’euros en 2010 pour les finances publiques au titre des exonérations de charge fiscales et sociales). A cela il faut ajouter les réductions des cotisations sociales des grandes entreprises comme les exemptions en matière d’épargne salariale (participation et intéressement principalement), dont le coût pour l’ensemble des finances sociales est chiffré à 9 milliards d’euros. Ou encore l’exemption de la contribution des employeurs à la prévoyance (4,5 milliards), qui se cumule avec d’autres avantages fiscaux et sociaux pour un coût total de 7,5 milliards.
A ceci il faut ajouter ce que l’on appelle le « service de la dette ». C’est-à-dire les intérêts que paie l’État aux banques, qui s’élèvent à 50 milliards d’euros. Autrement dit, les banques s’enrichissent de la dette publique que paient les contribuables.
Une véritable expertise contradictoire et un débat public devraient se tenir sur les causes des déficits et de la dette. Or, le pouvoir de droite et les institutions européennes ont décidé de se servir de cette situation, qu’ils ont créée, pour imposer dans toute l’Union européenne des purges sociales inconnues depuis la seconde guerre mondiale.
Pire, la Commission de Bruxelles veut décider a priori de la nature des budgets nationaux avant et à la place des Parlements nationaux. Et voilà que le gouvernement obtempère, le doigt sur la couture du pantalon, en tentant d’inscrire dans la Constitution un dispositif visant à interdire le déficit public, au-delà de ce qu’autorisent les traités de Maastricht et de Lisbonne.
Cela se fait dans un incroyable silence ! Aucun sujet à la radio et à la télévision sur ce véritable coup de force contre les droits sociaux des peuples et contre leur droit à décider. Ceci s’inscrit dans une opération plus vaste encore : celle du projet dit du « Pacte pour l’euro plus » qui a pour objectif d’imposer pour longtemps l’austérité aux peuples, alors que les banques et les institutions financières se gaveraient sur le dos des travailleurs et des retraités.
Ce pacte diabolique pour l’argent prévoit en effet, noir sur blanc, d’abaisser les salaires, de retarder encore l’âge donnant droit à la retraite et surtout de la privatiser en détruisant le système de retraite par répartition pour des systèmes tenus par les fonds de pension et compagnies d’assurance.
Et ce pacte impose aux États de réduire plus vite les dépenses sociales et publiques. Ceci veut dire qu’il y aura encore moins de facteurs, d’infirmiers, d’instituteurs et de professeurs, moins de conducteurs de train. Ce pacte ouvre la voie à une Europe supranationale où les décisions se prennent encore plus en dehors et contre les populations.
Ensemble, il faut briser le mur du silence sur le coup de force en cours. Des peuples se libèrent en ce moment de dictatures. Ce n’est pas ici qu’il faut laisser imposer les dictatures des rapaces des marchés financiers.
Papier : M-Real menace de fermer sa grande usine française
Le groupe finlandais n’a jamais réussi à gagner d’argent avec l’usine qu’il a achetée il y a dix ans à Alizay, dans l’Eure. En plein recentrage sur le carton, il est prêt à fermer cette unité s’il ne trouve pas de repreneur d’ici à fin septembre.
Le compte à rebours est lancé pour la grande usine de papier pour photocopieurs située à Alizay, dans l’Eure. Son propriétaire, le papetier finlandais M-Real, a fixé hier un calendrier clair : s’il ne trouve pas un repreneur crédible d’ici à la fin septembre, il lancera alors le processus pour fermer cette usine, qui emploie encore 330 personnes. Le projet a été dévoilé simultanément hier au comité d’entreprise et aux investisseurs. Il s’intègre dans un plan plus global visant à recentrer M-Real sur le seul carton d’emballage. Le groupe envisage aussi de céder tout ou partie des usines de papier de Gohr-smühle et Düren en Allemagne.
La menace qui plane sur Alizay n’a rien de virtuel. Car des repreneurs, M-Real en cherche déjà de longue date. Plusieurs candidats ont visité les lieux ces derniers mois, mais rien n’a débouché. Jugeant l’affaire en piètre état, le français Arjowiggins (Sequana), notamment, n’a pas voulu s’engager. Il n’est donc pas sûr du tout que la mise en vente, désormais officielle, de cette unité capable de fabriquer 300.000 tonnes par an permette de trouver un acquéreur. Conjoncture très difficile
Ce serait alors le coup de grâce pour une usine qui souffre depuis des années. Le site d’Alizay avait été créé dans les années 1950, durant une vague d’industrialisation de la France. A l’époque, il s’agissait de produire de la pâte à papier pour rendre le pays moins dépendant des importations. Mais les usines de pâte tricolores ont toutes connu des déboires et il a alors été choisi, pour améliorer leur compétitivité, de jouer la carte de l’intégration verticale.
Une usine de papier a donc été installée à Alizay, pour transformer sur place la pâte en produit fini. Cette stratégie n’a pas porté les fruits attendus. « Depuis que M-Real a acheté l’usine en 2000, elle n’a jamais gagné d’argent », constate Denis Beauséjour, le directeur du site. La faute, selon lui, à une conjoncture très difficile pour le papier en Europe : « Des unités ont déjà été fermées, mais pas assez pour compenser la baisse de la demande, dit-il. Le marché reste surcapacitaire. » M-Real, qui n’en détient que 8 %, loin derrière Portucel ou Stora Enso, est particulièrement à la peine.
Plans sociaux en série
A Alizay, le groupe a pourtant multiplié les mesures d’économies. « Depuis cinq ans, on va de plan social en plan social », relate, amer, Thierry Philippot, secrétaire CGT du comité d’entreprise. La dernière décision a consisté à fermer il y a un peu plus d’un an l’unité de pâte initiale, jugée définitivement non rentable.
« Cela a été une aberration, juge Thierry Philippot. Depuis, les cours de la pâte ont grimpé de 70 % et nous sommes obligés d’en importer à prix d’or d’Amérique du Sud ou du Canada. Si on avait gardé l’unité de pâte, on serait rentables ! Ces dernières années, M-Real a surtout fait la preuve de son incapacité à avoir une vision stratégique et à bien gérer ses sites. » De fait, le groupe ne cesse de réduire la voilure depuis des années : en une décennie, son effectif global est passé de 22.000 à 4.500 personnes.
Aux yeux des syndicats, la disparition d’Alizay n’est cependant pas écrite. « Fermer nécessiterait de dépolluer ce site chimique et de financer un plan social pour plus de 300 personnes, relève Thierry Philippot. Il y en a pour 150 millions d’euros au bas mot. Avec cet argent, il y aurait moyen d’investir pour rentabiliser le site. »
Le collectif de maintien et de développement de l’emploi s’est réuni hier soir à la mairie d’Alizay, en présence de nombreux élus du canton, dont Richard Jacquet et Dominique Jachimiak pour Pont de l’arche, mais aussi des élus régionaux, et des représentants des divers syndicats et parti politique.
Le scénario catastrophe, qui consisterait en la fermeture du site est inacceptable. Il conduirait à la suppression de plus de 300 emplois directs, mais aussi 220 emplois indirects sur le site même, et encore des centaines sur une zone géographique plus large.
Les syndicats ont obtenu une rencontre avec le PDG du groupe. Ils se rendront donc lundi prochain à Helsinki pour discuter avec lui de l’avenir de l’usine. Auparavant, ils auront demandé à rencontrer Madame la Préfète, et Monsieur Lemaire, Ministre en charge du secteur papetier pour connaître la position de l’Etat.
Les salariés attendront donc ces rencontres, avant de se réunir à nouveau mardi prochain, et décider d’éventuelles actions.
Après le choc, c’est en effet aujourd’hui la colère qui prend le dessus, et les salariés sont prêts à se mobiliser.
L’ensemble des élus du canton ont apporté leur soutien aux salariés, soulignant qu’au drame humain des licenciements pourrait s’ajouter un drame économique pour les communes et les populations du canton. La fermeture de M real entrainerait de fait une diminution de recettes pour les communes qui atteindrait, par exemple pour Pont de l’Arche, plusieurs centaines de milliers d’euros.
Pour toutes ces raisons, pour reprendre le terme de Gaëtan Levitre, il importe de décréter la mobilisation générale.
Pont de l’Arche pour Tous souhaite que le chef lieu de canton montre l’exemple. C’est pourquoi nous avons demandé dès ce matin par courrier au maire de Pont de l’Arche de convoquer dans les plus brefs délais un conseil municipal extraordinaire
« Je me permets aujourd’hui de vous écrire pour m’insurger contre les affirmations mensongères et les propos indécents et irresponsables que vous avez tenus sur les bénéficiaires du RSA.
Affirmer que certains bénéficiaires du RSA touchent plus que certaines personnes payées au SMIC est purement fantaisiste et c’est volontairement que vous cherchez à stigmatiser les plus démunis.
Vouloir faire effectuer 5 heures de travail d’intérêts général par semaine aux personnes percevant le RSA est une véritable provocation.
Vouloir plafonner le cumul de tous les minima sociaux à 75% du Smic est scandaleux et inadmissible.
Demander aux salariés « étranger » travaillant en France de cotiser cinq ans avant de bénéficier de la protection sociale est proprement honteux.
Aujourd’hui le montant du RSA est d’environ 460 euros pour une personne seule, 700 euros pour un couple et 150 euros de plus par enfant, pensez vous que ces familles arrivent à vivre décemment avec les miettes qu’ils leurs sont attribuées ?
Monsieur le Ministre, personne ne se satisfait de devoir faire vivre sa famille avec si peu, ce que veulent les bénéficiaires du RSA, c’est avoir un emploi stable, choisi et correctement rémunéré, avoir un toit, pouvoir se soigner, avoir accès à la culture, ils n’ont pas choisi cette vie, on la leur a imposée.
Que propose t’on à toutes ces personnes pour qu’elles s’en sortent ? Quels moyens leurs donne t’on pour qu’ils retrouvent un emploi ? Que fait t’on pour les milliers de jeunes qui rentrent chaque année sur le marché du travail ?
Le coût d’une recherche d’emploi est d’environ 450 euros par mois, 3 embauches sur 4 sont des emplois précaires, 1 recrutement sur 2 est un CDD de moins d’un mois.
Les politiques de l’emploi que mène votre gouvernement sont catastrophiques pour notre économie. Plus de 70% des fonds disponibles dans les entreprises vont à la finance.
Vous supprimez des milliers de postes dans les fonctions publiques, dans l’éducation nationale, alors qu’il faudrait au contraire développer ces services publics pour qu’ils répondent aux besoins de la collectivité.
Les entreprises dégagent des profits considérables, refusent d’augmenter les salaires, préconisent les heures supplémentaires comme solution, délocalisent et jettent chaque année des milliers de salariés au chômage.
Et vous osez, en parlant du RSA, parler de « cancer » ?
Et pourtant, l’argent existe pour impulser un autre type de croissance, un autre mode de développement. Il faut le réorienter vers les salaires, l’emploi qualifié et stable, la formation, la satisfaction des besoins publics, l’investissement productif, (et) la recherche et une véritable indemnisation du chômage permettant de vivre et de rechercher un emploi.
On nous dit, Monsieur le Ministre, que les entreprises n’ont pas d’argent ! En vérité vous ne voulez pas toucher aux pompes à frics branchées sur les marchés financiers.
Depuis des années vous multipliez les dispositifs, des contrats aidés aux exonérations générales sur les bas salaires, jusqu’à 1,6 fois le SMIC, vous avez crée le bouclier fiscal, vous avez distribué des milliards aux banques et aux entreprises, les patrons du CAC 40 gagnent en une heure ce que gagne un bénéficiaire du RSA en un mois, les parachutes dorés sont une honte, les haut revenus sont très loin de payer ce qu’ils devraient comme impôts, votre gouvernement a reculé l’âge de départ en retraite, supprimé l’allocation équivalent retraite, ce qui aura pour conséquences entre autres, de basculer plus de personnes dans le dispositif des minima sociaux (ASS), supprimé l’allocation de fin de formation qui permettait aux privés d’emploi le maintien de leur allocation chômage le temps d’une formation leur permettant une possible reconversion.
Et vous osez en parlant du RSA, parler « d’assistanat » ?
Monsieur Wauquiez, sortez un peu des salons feutrés de la république, allez sur le terrain, allez voir ceux que vous stigmatisez, que vous rendez responsables de tous les maux, ces « profiteurs », ces « assistés », allez faire un tour devant les CAF, les restos du cœur….Allez voir leurs détresses, allez voir dans quelle misère sociale ils sont.
Monsieur Wauquiez, ces « Gueux » ne demandent qu’à travailler, mais il n’y a pas d’emploi pour tous, vous le savez et vous ne faites rien pour faire baisser le chômage et la pauvreté. Ces gens n’ont, ni salaire mirobolant, ni voiture, ni appartement de fonction, ils ne demandent pas la charité, mais un emploi leur permettant de vivre et de faire vivre leurs familles, d’avoir des projets d’avenir, et pour toute réponse vous voulez encore les faire descendre plus bas dans les sous-sol de la république.
Malgré la pauvreté dans laquelle ils sont, malgré les difficultés auxquelles ils doivent faire face au quotidien, malgré le peu d’intérêts que vous leur portez, il y a une chose que vous ne pourrez jamais leur enlever, c’est leur dignité : Alors, Monsieur le Ministre, ayez un peu de respect et de décence pour ces gens. »
Une des plus impopulaires mesures de Nicolas Sarkozy, le bouclier fiscal, devrait être supprimé. En contrepartie, la contribution des français les plus aisés pour 2012 se verra amplement réduite. Résultat, un nouveau cadeau accordé aux riches, camouflé derrière une réformette fiscale.
C’est ce que le Conseil des ministres a examiné ce mercredi. Un projet de loi de finances pour 2011, qui devrait atterrir au parlement d’ici juillet, afin que ses principales propositions soient applicables dès 2012. A savoir en premier lieu la suppression pure et simple du bouclier fiscal. Mesure qui devrait permettre une économie de 300 à 700 millions d’euros, selon les estimations, distribués aux 20 000 foyers les plus riches. Autre point, l’Impôt de Solidarité sur la Fortune se verra globalement allégé, ce qui représentera selon les prévisions de Bercy un manque à gagner de 1,857 milliards d’euros en 2012. Le gouvernement promet de compenser la perte grâce à une taxation un peu plus lourde sur les héritages de plus de 4 millions d’euros, les donations, les résidences secondaires en France des non-résidents, et une taxe ainsi que diverses mesures visant l’évasion fiscale.
L’allègement de l’ISF se fait sur plusieurs points. Le premier est le relèvement du plafond : il faudra désormais un patrimoine de plus d’ 1,3 millions d’euros pour y être assujetti, contre 800 000 actuellement. 300 000 personnes en seront ainsi exonérées. Pour les autres, le gouvernement emploie les mots « simplification » et « gommer les effets de seuil », ce qui signifie baisse du taux d’imposition.
Mais aussi le Parlement français a donné récemment son feu vert au programme de stabilité et de croissance européen pour la période 2011-2014
(Les programmes de stabilité et de convergence sont préparés par les États membres pour présenter leur stratégie budgétaire à moyen terme.), que Paris va maintenant transmettre à la Commission européenne. L’Assemblée nationale a adopté par 163 voix (UMP-Nouveau centre) contre 74 (PS-PC-Verts et apparentés) ce texte que le Sénat avait déjà approuvé le 27 avril par 186 voix contre 151.
Il est à noter que la gauche ne s’est pas mobilisée à l’Assemblée nationale et que de nombreux socialistes (le groupe le plus nombreux, et de loin) n’était pas présent pour le vote, comme si la ratification du programme de stabilité illégitime de la Commission européenne n’était pas importante. C’est pourtant ce programme qui fait le cadre dans lequel le gouvernement va organiser la privatisation des profits, la socialisation des pertes et la diminution des postes dans l’école, la protection sociale et les services publics. Honteux!!
Tout au long de la journée de jeudi, le secrétaire national de la CGT a pris une part active à la fabrication du journal l’Humanité en réagissant à tous les sujets d’actualité qui lui tenaient à cœur : « Pour le salaire des patrons, il n’y a pas de radar ! » « Arrêtons de souffrir, changeons le travail. » « Soyons dignes avec nos frères tunisiens. » « LaCGT et le Festival, une relation intime. »
Édition de ce vendredi 13 mai, disponible aussi dans les kiosques samedi 14 et dimanche 15 http://humanite.fr/
Intervenant dès la conférence de rédaction, Bernard Thibault a passé toute la journée de jeudi dans les locaux de l’Humanité, prenant très à cœur son rôle de rédacteur en chef du jour.
On l’a bien exploité, le secrétaire général de la CGT ! Et il n’a pas rechigné. Écrivant pas moins de 10 papiers pour votre quotidien. Un truc qui aurait conduit n’importe quel journaliste possédant un soupçon d’âme revendicative à se mettre en grève sur le tas. Et sans préavis. Lui, il a tenu le coup, prenant très au sérieux son rôle de rédacteur en chef du jour. Il a joué le jeu jusqu’au bout et à fond, intervenant dès le matin à la conférence de rédaction, où l’on choisit les sujets, les angles pour en traiter, bref où l’on confectionne le menu du journal. Avec sérieux, chaleur et simplicité, il a élaboré avec nous votre quotidien du jour, apportant toute son expertise et ses questionnements sur des sujets délicats. La preuve ci-dessous…
Du Loto de la prime à la lutte pour les salaires
De la même manière que les joueurs du Loto attendent avec impatience le rendez-vous du tirage pour savoir s’ils sont enfin parmi les heureux gagnants, nous attendons le jour où nous saurons enfin combien de salariés auront touché la fameuse prime annoncée par le président. Le suspense est intense mais une chose au moins est sûre : plus les jours passent et moins sont nombreux les bénéficiaires potentiels. --> Lire la suite
N’en jetez plus !
Depuis quelques semaines, singulièrement depuis les cantonales, on ne sait plus quelle logique inspire la politique économique et sociale du président de la République. Y en a-t-il une d’ailleurs ? Le bouclier fiscal d’hier est maintenant dynamité avec une contre-partie non négligeable, puisque le taux d’imposition des plus fortunés et revu en forte baisse, ce qui coûtera, d’après nos estimations, 1,5 milliard d’euros de manque à gagner pour les finances publiques. --> Lire la suite
Services publics, un enjeu de société
Les mobilisations pour le maintien de services publics dans les territoires marquent des points. Les populations et les salariés concernés mesurent les dégâts du démantèlement des services publics, conséquence notamment de la révision générale des politiques publiques (RGPP). --> Lire la suite
Motard, je ne roulerai pas en gilet jaune !
Les politiques peuvent-ils avoir une influence sur la vie des gens ? Une récente enquête d’opinion montre que 50 % des personnes interrogées en doutent. Eh bien, elles se trompent. La preuve ? --> Lire la suite
Le FN n’est pas un parti comme les autres
Les idées xénophobes connaissent une remontée inquiétante en Europe. Certains choisissent de constater les dégâts ; d’autres, comme la CGT, veulent empêcher le monde du travail de tomber dans ce piège car ce serait un cadeau au patronat qui a toujours fait de la division des salariés une arme face aux mobilisations sociales. --> Lire la suite
Tunisie : il faut une réponse digne !
Face à une situation humaine dramatique, le gouvernement français fait le choix d’interventions policières multiples : placement en garde à vue et en centre de rétention. Le peuple tunisien a conquis sa liberté et exige son droit au progrès social, avec le rôle essentiel dévolu dans le processus au syndicat tunisien UGTT. Et cela au moment même où la Tunisie n’hésite pas à accueillir plus de 300 000 réfugiés, arrivés à cause de la crise libyenne. --> Lire la suite
Le travail est malade, transformons-le !
La souffrance au travail se généralise et s’aiguise au point de provoquer des drames, comme les suicides le montrent. Plus personne ne peut désormais masquer cette réalité. Mais on préfère tenter de soigner les conséquences plutôt que s’attaquer aux causes du problème. On le voit avec les premiers accords sur le stress signés dans les entreprises. Le patronat n’hésite pas à proposer des tickets psy, des séances de gestion du stress, de sophrologie… mais en aucun cas il n’accepte qu’on touche au management et à ses méthodes, à l’organisation même du travail. --> Lire la suite
Pour des réponses syndicales communes
Le congrès de la Confédération européenne réunira tous les syndicats, la semaine prochaine… à Athènes, quelques jours après une nouvelle journée nationale de grève en Grèce. Tout un symbole face aux défis à relever par le mouvement syndical. Après l’adoption du pacte pour l’euro, une nouvelle fois conçu dans la plus grande opacité, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel, la perspective politique européenne est encore acide et cruelle pour les salariés. --> Lire la suite
Une relation intime entre la CGT et le Festival de Cannes
En mai 2007, un fait exceptionnel : le secrétaire général de la CGT monte les marches rouges du palais des Festivals de Cannes. Je réponds ainsi à l’invitation des organisateurs en acceptant le rituel du nœud papillon qui n’est pas fourni dans la caisse à outils du militant de la CGT. Oh surprise pour beaucoup ! Comment est-ce possible de se perdre sous les paillettes et les flashes des paparazzi ? Le rouge du tapis ne justifie pas tout… --> Lire la suite
C’est insupportable !
Cinq cents, c’est le nombre de jours de détention d’Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier. Détenus sous le statut d’otages, c’est-à-dire de disparus dont on ne sait plus rien ou si peu. --> Lire la suite
« If a bullet should enter my brain, let that bullet destroy every closet door » (Si une balle devait traverser mon cerveau, laissez-la briser toutes les portes de placard). Cette phrase a été prononcée par Harvey Milk, en référence aux homosexuel(le)s qui craignaient de faire leur coming-out (sortie de placard).
Les Marches des fiertés sont justement l’occasion de sortir de ces placards et de soutenir les revendications des Lesbiennes, Gays, Bi et Trans (LGBT). Ce sont des expressions revendicatives tout en restant festives pour gagner la liberté pour tous et toutes d’être ce qu’il est.
Insultes, blagues, moqueries, discriminations sont autant d’attaques à l’encontre des Lesbiennes, Gays, Bisexuel-le-s et Transgenres (LGBT). Il est vrai, chacun-e est amené-e à remettre en cause ses propres préjugés, attitudes ou propos parfois équivoques … Autour de nous, il nous arrive de laisser dire certaines expressions qui sont pourtant signes d’intolérance et sont blessantes. Elles peuvent avoir des conséquences graves pour les personnes, qui souvent préfèrent les taire.
Les « politiques diversités » des entreprises ignorent très souvent les questions de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre. La « Charte égalité » de la Fonction publique n’est pas déclinée dans certains ministères et reste lettre morte.
En cette période troublée, où on constate malheureusement une montée de la pensée fascisante de l’extrême droite, il est important de rappeler les valeurs républicaines : Liberté, égalité, Fraternité. Il est nécessaire de ne pas diviser les salarié-e-s, de ne pas stigmatiser certaines personnes du seul fait de leur identité de genre ou de leur orientation sexuelle.
La CGT mettra tout en œuvre pour aider les victimes de cette discrimination au sein même de l’entreprise et en les accompagnant devant le Conseil des Prud’hommes ou le tribunal administratif.
Dans ses propositions revendicatives, la CGT met en avant l’égalité de droits. Mais sans engagement collectif, ces propositions risquent de rester « dans le placard ». Toutes contributions sont les bienvenues. Faire respecter l’égalité de traitement de tous les salariés, c’est aussi intervenir dans les comités d’entreprises pour obtenir de nouveaux droits pour les Lesbiennes, Gays, Bisexuel-le-s et Transgenres (LGBT). C’est aussi cela faire évoluer les mentalités…
Toute personne qui s’estime discriminée du fait de son orientation sexuelle ou de son identité de genre ne doit pas hésiter à saisir des élus CGT qui mettront tout en œuvre pour lui venir en aide. Le combat pour l’égalité fait avancer des droits pour toutes et tous. C’est par l’engagement de chacun-e que nous la gagnerons. Le Collectif confédéral CGT de lutte contre l’Homophobie qui se bat pour l’égalité et la non-discrimination des Lesbiennes, Gays, Bi et Trans (LGBT) se tient à votre disposition.
La prochaine rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement des huit pays les plus riches de la planète (G8) se tiendra les 26 et 27 mai à Deauville sous présidence française. A l’ordre du jour de ce sommet il sera question de narcotrafic international, de non-prolifération des armes de destruction massive et de partenariat avec les pays d’Afrique. Une attention particulière sera sans doute prêtée à la situation en Afrique du Nord et au Proche-Orient
Certes, il s’agit là de sujets d’importance mais qui ne sauraient masquer la responsabilité passée du G8 dans l’impulsion des politiques les plus ultralibérales marquées par l’accélération de la financiarisation des économies et la prédominance des intérêts privés sur l’intérêt général. Ces politiques ont entraîné l’aggravation des inégalités Nord/Sud, le développement de la précarité, du chômage, une déréglementation généralisée des marchés, un démantèlement des services publics et la mise en cause des systèmes de protection sociale solidaire. Elles sont sources de conflits pour l’accès ou la prise de contrôle des ressources disponibles (eau, énergie, terres arables, ressources minières) et de flux migratoires massifs et désorganisés, poussés par la misère. Elles conduisent à des dégradations de l’environnement (érosion des sols, désertification, gaspillage des ressources, réchauffement climatique, pollutions industrielles…).
La crise vient d’ailleurs démontrer la faillite de ce modèle, injuste du point de vue social, insoutenable du point de vue environnemental et inefficace du point de vue économique.
Pour inverser ces tendances, la CGT se bat pour faire progresser la mise en œuvre effective d’une régulation économique, sociale, environnementale, mondiale radicalement nouvelle dans le cadre d’institutions multilatérales repensées et démocratisées. Ces régulations publiques nouvelles doivent par exemple passer par un rééquilibrage du poids de l’OIT vis-à-vis de l’OMC, par le fait de donner un contenu concret à l’Europe sociale. Il s’agit aussi de construire et d’animer des « contrepouvoirs citoyens » à opposer au « pouvoir démesuré » du monde de la finance dont l’objectif est de passer outre les règles sociales existantes dans chacun des pays. Ces mobilisations doivent pouvoir s’appuyer sur des normes sociales et environnementales ainsi que sur des relations sociales au niveau international où elles n’existent pratiquement pas, au niveau européen où elles sont très insuffisantes, au niveau des Etats où elles doivent être refondées.
Les évolutions en cours dans le monde arabe soulignent avec force le besoin de reconstruire des solidarités internationales efficaces, ancrées sur des exigences sociales fortes. Ainsi, l’annulation de la dette des pays les plus pauvres, la mise en place de nouveaux mécanismes de financement des objectifs du Millénaire dont, en particulier, le recul de la pauvreté de moitié dès 2015 l’introduction de principes de co-développement par une réforme du commerce mondial, la promotion du développement humain durable sont des mesures à prendre d’urgence.
Pour soutenir ces revendications la CGT sera présente dans la manifestation et les initiatives qui entourent le G8, notamment les 21 et 22 mai au Havre, au coté des mouvements et associations qui refusent de laisser les affaires du monde aux mains du monde des affaires.
Après la mise en Liquidation Judiciaire le 14 décembre 2010 de la SAS Les Papiers du Souche et donc le licenciement de 168 salariés, 105 de ces salariés voyant (courant février 2011) qu’aucun industriel ou financier ne s’intéressait à leur usine, ont décidé de constituer une société pour reprendre l’activité par la mise en place d’une holding, Souche Participation et d’une société d’exploitation prenant le nom de Souche Papers.
Ils ont d’ores et déjà constitué un capital en avançant la prime de retour à l’emploi qu’ils percevraient (en cas d’embauche) pour moitié le 4e mois et le solde le 7e.
Leur projet audacieux, mais fragile, reçut très rapidement l’approbation des représentants vosgiens de l’Etat ainsi que des élus locaux. Les subventions et aides annoncés par ces derniers s’élèvent à ce jour pour un montant de 1.700 K€.
Aucun organisme financier privé (banques, etc. ….) n’a souhaité s’investir ou aider ce projet.
L’originalité de ce projet repose donc sur ces aides et subventions, mais qui seront mises à la disposition de la nouvelle Société seulement après que cette dernière aura démarré son activité. Les versements s’effectueront sur quasi 12 mois .
L’idée des actionnaires, constatant que leurs Fonds Propres sont faibles, repose sur la mise à disposition des quotas de CO² alloués à chaque industrie et correspondant à sa capacité de production. Dans le milieu industriel tout à chacun sait que lorsqu’il ne consomme pas l’intégralité de ce quota qui lui est alloué, il a la possibilité de vendre l’excédent sur un marché des quotas existants. Différents organismes existent et en l’occurrence, les Papiers du Souche utilisant auparavant la Caisse des Dépôts, la nouvelle Société (Souche Participation) envisageaient de faire pareil.
Elle avait prévu d’utiliser ce quota comme une avance de trésorerie qu’elle devrait régulariser par après pour financer son démarrage, car cet apport de cash lui faisant défaut devenait le point névralgique de toute l’opération de démarrage.
Dans notre offre de reprise contenue dans notre lettre d’intention, adressée au Mandataire Judiciaire, contenant notre offre de reprise nous avons spécifié quel sera l’usage final de l’excédent de Quota de CO², à savoir :
« Nous avons en notre possession un bilan énergétique qui préconise l’achat et la mise en place de deux chaudières gaz dont l’investissement pourrait s’engager sur l’exercice 2011 pour un prix de 500.000 € + travaux de génie civil de l’ordre de 200 à 300 K€. Cet investissement pourrait être aidé par l’Adème, Gaz de France et la mise en place d’un prêt relais ou tampon sollicité auprès d’une banque pourrait être soldé en janvier 2012 par la vente du bonus carbone récolté par l’usine et dont l’octroi des quotas représenterait 60.000 tonnes de CO².
Il conviendra sans doute de déduire le taux de pollution que nous aurons émis pendant le fonctionnement de la chaudière charbon. C’est en ce sens et pour ce motif que le changement ne devra pas trop tarder. De plus cela ne devrait pas trop imputer notre quota et la vente, sur la base de 14€ / tonne qui permettra presque d’autofinancer cet investissement. Nous avons intégré cette vente en janvier 2013 sur la base d‘une vente de 40.000 tonnes (se rapportant à l’année d’activité 2012). »
A la veille de se voir attribuer son quota, Souche Papers apprend par le Ministère de l’Ecologie que la DREAL Lorraine a décidé de ne pas allouer le quota de CO² rendant le projet irréalisable et réduisant tous les efforts et espoirs à néant. Et ce malgré que le chargé de mission du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire par une note du 8/04/11 écrivait ceci : « ….Cette installation ayant fait l’objet récemment d’une reprise par Souche Participation, il a été décidé de réintégrer le site dans la PNAQ pour 2011-2012, ce que viendra entériner le prochain arrêté modificatif de la liste PNAQ. Sans attendre cet arrêté, je vous demande de bien vouloir rétablir l’ancien montant d’allocation pour 2011 et 2012 dans le tableau PNAQ (60 482 t/an), et délivrer sans délai les quotas 2011. …………… Une instruction officielle suivra »
Or après que Souche Participation ait restituée le quota de CO² consommé par l’ancienne Société (Les Papiers du Souche) représentant 38.122 tonnes de l’exercice 2010, et ce en date du 26/04/2011 afin de se voir rétablir son quota selon les instructions du Ministère de l’Ecologie; elle apprend le lendemain de cette restitution que l’attribution de son quota, soit 60.482 tonnes est bloquée sur l’ordre de la DREAL Lorraine, instruction semble t-il donnée bien avant le 26/04/2011 !!!.
Nous avons la nette impression, voir la quasi certitude qu’une petite poignée d’hommes/femmes dans un Ministère et en l’occurrence celui de l’industrie, s’efforce par tous les moyens de mettre tout en œuvre pour que le projet de reprise de Souche Papers par un certain nombre de ses salariés n’aboutissent.
En quelques secondent les efforts, la patience des 127 hommes et femmes partis dans cette aventure, soutenus par le Préfet des Vosges, la Sous-préfecture de St. Dié, le député Cherpion et le Département (par son service Vosges Développement), ainsi que la commune d’Anould voient réduire à néant tout un travail d’équipe ainsi que toutes leur énergie et leurs espoirs dans ce projet.
Et pour être certain que cet Société ne puissent pas « se relever » la DREAL Lorraine demande l’appui du SGAR 57 afin de continuer à nuire et détruire ce projet.
L’ensemble des acteurs de ce projet de reprise sont consternés devant autant d’acharnement et veulent exprimer leur mécontentement et leur colère face à cette injustice.
Ils se demandent si en France, le Ministère de l’Industrie ou plutôt une minorité d’hommes ou femmes de ce service se soucient du devenir de 127 familles dans une zone quasi sinistrée. N’est-ce pas justement le rôle de ce Ministère d’aider les entreprises et non de les détruire ?
Face à ce constat amer, les actionnaires ont décidé de vendre leur projet à d’autres industriels étrangers, mais sans grands espoirs, car qui voudrait venir s’implanter en Lorraine, lorsque l’on sait que certains membres du Ministère de l’Industrie ont décidé d’aller à l’encontre de ce projet.
Ce n’est certainement pas rassurant pour un industriel étranger d’envisager une reprise et venir s’implanter en Lorraine dans ces circonstances.
Les salariés/actionnaires s’interrogent sur les réelles volontés et objectifs de l’Etat. Ils demandent au Ministre Responsable d’intervenir en leur faveur et sont prêts à en informer Monsieur Nicolas SARKOZY et de lui demander son soutien et ainsi d’agir avant, pendant et après sa venue en Lorraine.
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De plus, à la lecture du Guide du marché des quotas d’émissions, élaboré à l’initiative de la Mission Interministérielle de l’effet de serre, de l’ADEME et de la Caisse des dépôts, le Ministère de l’écologie et du développement durable, il est même inscrit dans son avant propos :
« Destiné aux 1126 sites français (dont nous faisons partie) entrant dans le cadre de la directive, cet ouvrage constitue un véritable vade mecum de la gestion des quotas d’émissions. Il servira de manuel de référence et permettra aux entreprises françaises de conjuguer lutte contre le changement climatique et compétitivité économique ».
En page 12 de ce guide il est dit dans le paragraphe intitulé : « Calqué sur le modèle de l’ONU » à compter de la ligne 9 à 18 le texte suivant :
« les exploitants se voient délivrés leurs allocation de quotas chaque année sur chacun des comptes de dépôt de leurs installations le 28 février au plus tard. Une fois ces quotas crédités, les installations sont libres de les utiliser comme bon leur semble. Ils peuvent les échanger avec d’autres exploitants ou d’autres acteurs souhaitant acquérir des quotas ».
En page 16 nous relevons dans le paragraphe de l’intitulé : « La délivrance » le texte suivant :
« la délivrance des quotas s’effectue par virement, opéré par le teneur du registre national (la Caisse des dépôts) du compte de l’Etat vers le compte de dépôt de l’exploitant sur le registre national. Cette opération doit avoir été faite dès l’ouverture des comptes, et au plus tard le 28 février de chaque année. Tous les ans, le compte de chaque installation est crédité de la fraction annuelle des quotas ».
L’installation existe bien (depuis 1820) et même la liquidation judiciaire ne l’a pas fait disparaître ; nul ne peut l’ignorer. De plus, le projet de reprise repose bien sur l’exploitation des actifs de l’ancienne Société et c’est bien ce qui est confirmé par le récépissé du 6 mai 2011, au titre de la législation sur les installations classées, délivré en vertu du Code de l’Environnement par la Préfecture des Vosges, confirmant à Souche Participation l’arrêté préfectoral d’autorisation n°2219/85 du 31 décembre 1985 dont copie jointe.
En page 19 le paragraphe « Gérer sa conformité » précise :
« Dans le système français, le registre sera alimenté par le ministère de l’Ecologie et du développement durable de l’ensemble des volumes d’émissions vérifiées validées entre le 1er et le 31 mars de l’année. Si, au 31 mars de l’année, aucun montant d’émissions vérifiées validées n’est inscrit dans le registre pour une installation considérée, le compte de celle-ci est bloqué à la demande de l’autorité compétente. Dans ce cas, le propriétaire de l’installation ne peut plus effectuer de transfert vers d’autres comptes, mais il peut recevoir des quotas. La restitution reste toutefois possible…. »
Ce qui fut plus ou moins notre cas, car en mars 2011 l’ancienne entité juridique Les Papiers du Souche disparaissait des inscriptions du registre et la nouvelle entité Souche Participation devait en toute logique récupérer les dits quotas (60.482 t/an) et c’est d’ailleurs ce qu’écrit le chargé de mission de la DGEC/SCEE/SD5/5B attaché au Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire par sa note du 8/04/2011 10:09 (dont copie jointe) dont voici l’extrait :
- « L’installation n°6202062 (ex-Les papiers du Souche et dorénavant exploitée par Souche Participation) a été exclue du PNAQ (2011-2012) pour cause de cessation d’activité par arrêté du 7 mars 2011.
Cette installation ayant fait l’objet récemment d’une reprise par Souche Participation, il a été décidé de réintégrer le site dans le PNAQ pour 2011-2012, ce que viendra entériner le prochain arrêté modificatif de la liste PNAQ
Sans attendre cet arrêté, je vous demande de bien vouloir rétablir l’ancien montant d’allocation pour 2011 et 2012 dans le Tableau PNAQ (60 482t/an), et délivrer sans délai les quotas 2011.
Une instruction officielle suivra. »
Alors pourquoi DREAL Lorraine s’est opposée à cette directive ? Nous considérons que cette dernière a outrepassé ses droits et demandons la réaffectation immédiate de notre allocation de quota.
Nous sommes prêts à faire valoir nos droits auprès des Institutions compétentes et surtout engager une procédure judiciaire le cas échéant, car les 127 familles concernées par l’abus de pouvoir de DREAL Lorraine et du SGAR 57 ne comptent pas en rester là….
Dispositif gouvernemental de partage de la valeur ajoutée
Les luttes qui se développent dans de nombreuses entreprises, portent essentiellement sur la revalorisation des salaires. Rien de plus légitime quand on sait que sur les dix dernières années, l’année 2010 a été l’année des plus faibles augmentations, alors que dans le même temps les dépenses contraintes (énergie, loyers, alimentation) ont connu une envolée des prix.
Pour désamorcer cette revendication et dévoyer l’exigence d’une autre répartition des richesses, deux idées qui ne cessent de grandir, le gouvernement mène une opération de pure propagande.
Ce projet de loi est une réponse illusoire aux attentes des salariés en matière de pouvoir d’achat. Plus de trois salariés sur quatre du secteur privé et la totalité de ceux qui relèvent de la fonction publique sont déjà exclus de fait du nouveau dispositif. De même ceux de Total, Vivendi, Accor, EDF, France Telecom et Bouygues ne seront pas « primés ». Nous savons que la prime Villepin de 2006 n’a concerné qu’un million de salariés et qu’en 2008 la prime Sarkosy n’en a touché que 400 000. D’après l’Insee, seules, 16% des entreprises de moins de 250 salariés versent des dividendes.
La seule vraie solution réside dans l’augmentation généralisée des salaires, qui commence par une augmentation significative du SMIC et passe par une véritable dynamique de relance des négociations salariales, tant au niveau des branches que des entreprises. Dans le même temps, le gouvernement et l’Etat employeur donnent un bien mauvais exemple en décidant de geler les salaires des fonctionnaires.
Cette prime indexée sur les dividendes et exonérée de cotisations sociales, non compensées par l’Etat, est un dispositif coûteux, hypothétique et injuste. Par exemple CSG et CRDS prélevées sur les seuls salariés, s’appliqueront comme pour l’intéressement. Cette prime déductible de l’assiette de l’impôt sur les sociétés pour les entreprises sera imposable pour les salariés qui la percevront.
La CGT continue à réclamer la remise à plat de l’ensemble des dispositifs fiscaux dérogatoires et des exonérations de cotisations sociales accordée aux entreprises, soit environ 140 milliards d’euros.
Ce projet de loi comporte également une révision de l’ensemble des tableaux d’équilibre visant à acter une amélioration de la situation financière de la Sécurité Sociale. Les conditions d’urgence dans lesquelles il est procédé à la consultation de notre conseil d’administration, interdit toute expertise contradictoire sur le caractère réaliste, voire la sincérité des prévisions présentées dans ce projet de loi rectificatif. Pour ne prendre qu’un seul exemple, l’article 13 prévoit la baisse de 500.000 € des dépenses de la branche Famille au regard notamment des dépenses de logement observées sur l’exercice 2010. Le groupe CGT n’a de cesse de dénoncer la faiblesse des revalorisations de l’ensemble des prestations et plus particulièrement celles liées au logement, secteur pourtant défini comme prioritaire dans la COG 2009/2012. Vu la situation sociale actuelle, nous considérons que les économies envisagées sur les familles les plus modestes et les plus pauvres relèvent d’une impudence certaine quand le gouvernement déclare, à qui veut bien l’entendre, lutter contre la pauvreté.
Pour cet ensemble de raisons, la CGT émet un avis défavorable sur ce PLFSS rectificatif.
Projet de loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2011
Les syndicats européens contre la modération salariale
La Confédération européenne des syndicats (CES) a demandé jeudi l’abandon des politiques d’austérité appliquées en Europe dans les pays touchés par la crise de la dette, et a jugé inacceptable que la modération salariale devienne un facteur de convergence.
A la clôture de son 12e congrès, le CES a adopté le « Manifeste d’Athènes » dénonçant la pression à la baisse sur les salaires, les services publics, la sécurité sociale, les pensions et les conditions de travail et de vie qui affecte les pays touchés par la crise financière en Europe, à commencer par la Grèce, l’Irlande et le Portugal.
Les syndicats se sont inquiétés des conséquences jusqu’à présent négatives du renflouement des économies en détresse organisé par l’UE et le Fonds monétaire international. L’austérité imposée a aggravé la situation des pays concernés plongés dans une période prolongée de récession.
Ils ont particulièrement dénoncé le pacte Euro-plus en préparation pour la zone euro et six autres pays. Cet accord aura d’importantes implications en matière de salaires.
Le congrès a aussi adopté une résolution (cliquer) demandant aux ministres des Finances de la zone euro d’immédiatement changer d’orientation politique envers les pays en difficulté. La CES veut que leur soient accordés des prêts à taux réduits et d’une durée plus longue, sans conditionnement à des mesures antisociales.
La CES réunit 82 confédérations syndicales de 36 pays et 12 fédérations européennes
Mis en vente par son propriétaire, le site papetier susciterait les convoitises.
Mise en vente par son propriétaire, le groupe papetier finlandais M-real, pour cause de rentabilité insuffisante, l’usine à papier d’Alizay pourrait fermer ses portes si aucun repreneur ne se fait connaître d’ici le mois de septembre.
Le site, qui emploie près de 700 personnes et qui a déjà connu une lourde restructuration ces derniers mois, notamment avec la fermeture de l’unité de fabrication de pâte à papier, constitue un véritable poumon industriel pour la région et sa fermeture constituerait une véritable tragédie pour le bassin d’emploi local.
Dans ce contexte, l’annonce par les représentants syndicaux de l’usine, de retour du siège social, d’un possible repreneur fait souffler un vent d’espoir à Alizay, sachant que rien n’est fait et que le dossier pourrait déboucher sous 15 jours environ.
En parallèle, les pouvoirs publics et les collectivités terrotoriels travailleraient de leur côté pour trouver un repreneur.
Sachant que suite aux rachats successifs de Tembec France et de Scheufelen, le nom de l’indonésien Paper Excellence (Sinar Mas ou APP) est sur toutes les lèvres…
L’annonce d’un plan social au sein du groupe des Journaux du Midi (Midi libre à Montpellier, l’Indépendant à Perpignan et Centre Presse à Rodez) visant à supprimer 200 emplois ne laisse pas d’inquiéter.
Mais, pour autant, une telle annonce n’est pas surprenante depuis que le président du directoire des Journaux du Midi, Alain Plombat, avait déclaré en février dernier : « Pour résister en 2011 nous avons la ferme volonté de ramener nos charges structurelles à un niveau compatible avec celui de nos ressources prévisibles. La remise en question sera sûrement difficile, mais elle est inévitable si nous voulons écrire un avenir pour les Journaux du Midi ».
Les trois journaux du groupe et les filiales, La Semaine de Nîmes, Le Journal de Millau, L’Aveyronnais, Le Catalan judiciaire, Terre de Vins, Terres Catalanes, ainsi que Voyages du Midi ou Régie Network, avaient été rachetés par le groupe Sud-Ouest au groupe Le Monde en 2008, qui lui-même (avec le concours de la Banexi, la banque d’affaires de la BNP) avait racheté le groupe à son fondateur, Maurice Bujon en 1999.
Le groupe des Journaux du Midi n’est pas sorti indemne de cette valse des actionnaires. Mais, aujourd’hui, ce sont les salariés qui devraient faire les frais des aventures menées au gré des appétits des prédateurs des médias.
Que cache ce plan dit de sauvegarde des emplois ? Les pressions des banques pour accélérer le désendettement du groupe Sud-Ouest ? Le rétablissement de l’équilibre financier du groupe des Journaux du Midi avant sa mise en vente ?
Pour le SNJ-CGT, les salariés ne doivent en aucun cas être une nouvelle fois les « variables d’ajustement » et les victimes désignées par les actionnaires.
Le SNJ-CGT appelle les salariés des groupes Sud-Ouest et Journaux du Midi à s’opposer par tous les moyens à ce plan de licenciements. Il se tient à leur disposition pour toutes les actions qu’ils jugeraient utiles pour résister.
Ce n’est pas le travail qui fait souffrir, mais sa perversion au profit des actionnaires.
Combien sont-ils, ces salariés dont l’estomac se serre, dont la gorge se noue quand ils entrent dans leur entreprise ? Qui redoutent la commande capricieuse d’un supérieur, une tâche irréalisable qui bouleversera la journée. Qui ont la conscience honteuse de devoir abuser de la confiance d’un client en lui vendant des produits financiers ruineux. Qui enragent de voir dénaturer l’éthique de leur métier. Qui tremblent avant la séance d’évaluation qui tournera à l’humiliation. Qui s’apprêtent à subir la phrase assassine d’un chef.
Pour des dizaines de milliers d’hommes et de femmes, la journée est un chemin de souffrance. Le stress, dit-on pudiquement, quand il faudrait parler de harcèlement et de mauvais traitements. Prise d’antidépresseurs, vies familiales abîmées, maladies sont quelques-uns des symptômes du mal qui parfois tue. Régulièrement, un homme, une femme, sombre au fond du désespoir et du sentiment de solitude au point d’attenter à sa propre vie, n’en pouvant plus de se sentir déconsidéré, dévalorisé, déclassé. Cette violence patronale frappe toutes les catégories de salariés, de l’ouvrier exténué par des charges de travail qui augmentent au même rythme que les profits versés aux actionnaires, jusqu’aux cadres et ingénieurs à qui on s’efforce d’inculquer une culture d’entreprise, faite de soumission à la volonté du PDG, que l’on s’efforce d’anticiper. C’est ainsi que trop souvent l’on dirige des hommes, les ravalant à la fonction d’exécutants, de rouages dans la mécanique de la machine à exploiter les travailleurs et à extorquer des dividendes.
Ces managers, comme on dit maintenant dans le sabir de l’entreprise, spéculent sur la haute idée que le travailleur se fait de sa tâche. Le travail n’est pas seulement une contribution à la production de biens ou de services pour la société. C’est le lien qui rattache l’homme aux autres hommes. S’attaquer à ce lien, par le chômage, la précarisation ou l’exploitation outrancière, c’est mettre en danger la vie des hommes. Au cours de ces dernières années, la souffrance au travail – mieux vaudrait dire la souffrance de l’exploitation capitaliste –, qui conduit certains à mettre fin à leurs jours, est sortie de la sphère privée. L’action des syndicats, des inspecteurs du travail, l’acharnement des avocats spécialisés en droit social ont fait reconnaître non seulement ce phénomène grave et en pleine croissance, mais la responsabilité des patrons. Le jugement rendu hier par la cour d’appel de Versailles à l’encontre de la direction de Renault doit être salué comme une victoire du droit. En confirmant la « faute inexcusable » du constructeur automobile dans le suicide d’un ingénieur du Technocentre de Guyancourt en 2006, les magistrats mettent en garde les directions d’entreprise, qui doivent avoir conscience du danger auquel elles exposent leurs salariés.
Ce n’est pas le travail qui fait souffrir, mais sa perversion par un management soumis aux exigences de rentabilité financière immédiate du capital. Il n’y a donc aucune fatalité à ce que des salariés meurent à l’usine ou au bureau, en renonçant jusqu’à l’action collective, qui est pourtant le seul moyen d’imposer au patronat le respect du travail… et du travailleur.
« Pour le gouvernement, le sous-emploi est une valeur sûre pour la baisse du chômage ! »
Arrêtons de parler de sortie de crise ! Une fois de plus, le gouvernement veut nous faire croire à la baisse du chômage. En avril 2011, le nombre de chômeurs de catégorie A, (les personnes sans emploi et tenues d’en chercher un activement), a en effet baissé le chiffre d’avril (-0,4% sur un mois), pour la quatrième fois consécutive. A l’inverse, personne ne parle des victimes de la crise, qui s’enlisent aujourd’hui dans le chômage de longue durée (+20,8% sur la seule année 2010).
Il se garde bien d’évoquer le nombre de chômeurs en catégorie B, (personnes ayant exercé une activité réduite de 78 heures maximum par mois), qui lui, ne cesse de s’accroître : + 6 000 pour le mois d’avril (+0,9% sur un mois).
En effet, de quels types d’embauches nous parle-t-on ? Des embauches à durée déterminée qui se généralisent et qui recouvrent des contrats de travail de plus en plus courts (9 jours en moyenne en 2010) ? En France, les « miettes d’emploi » deviennent une réalité, l’emploi durable une exception.
Enfin, silence sur les 48 000 radiations !
Les chiffres publiés depuis plusieurs mois montrent que les chômeurs passent d’une recherche d’emploi à un emploi précaire !
Par ailleurs, le chômage des plus de 50 ans continue son inlassable progression. Qu’en est-il du maintien dans l’emploi des seniors ? En dépit des annonces, cette catégorie de chômeurs connaît de plus en plus l’exclusion du marché du travail, la précarité et la pauvreté. Et le recul de l’âge de départ à la retraite ne fera qu’accentuer ce phénomène.
Une part croissante de la population se fragilise et les chômeurs sont naturellement les premiers à tomber durablement dans les trappes de la pauvreté.
La CGT réitère avec force le besoin d’une politique qui permette réellement de créer de l’emploi. Elle suggère de supprimer les heures supplémentaires défiscalisées qui sont un frein à l’embauche. De même, il s’agit de conditionner les milliards d’aides publiques à l’obligation de créer de l’emploi durable. Assez d’exonérations ou d’aides aux patrons sans contrepartie !
Enfin, la CGT continue de penser que revaloriser les salaires permettra de soutenir la consommation, donc l’emploi.
La prime ne répond pas au besoin urgent d’augmenter les salaires
Le gouvernement adopte un texte « prime dividendes » en conseil des ministres qui ne répond en rien à l’urgence d’augmenter véritablement les salaires.
Ce gouvernement prend des initiatives sans aucune forme de concertation et ne répond en rien aux attentes des salariés. Même si la négociation sur la prime est obligatoire, le résultat lui ne l’est pas. En cas d’échec, l’employeur pourra appliquer une décision unilatérale. D’autant que les règles pour attribuer cette prime sont telles que très peu de salariés seront concernés.
Au final, entre l’annonce du gouvernement au départ de la prime 1 000 €, et la réalité de ce qui sera sur la fiche de paye, le mécontentement sera de mise pour le plus grand nombre.
Pour la Cgt, il est plus gagnant d’agir pour de véritables augmentations de salaire dans le public et le privé.
Les entreprises annoncent des profits records, des dividendes en nette hausse, alors oui, il est temps que les salariés puissent en bénéficier.
Le gouvernement se réjouit de la baisse du nombre de demandeurs d’emploi. Mais à y regarder de plus près, ce sont des emplois précaires qui sont surtout proposés.
Xavier Bertrand n’a même pas attendu la publication des statistiques par son ministère. Dès hier matin, le ministre du Travail s’est précipité chez RTL pour se féliciter de la baisse du chômage « pour le quatrième mois consécutif ». Comme à l’accoutumée, Xavier Bertrand ne regarde que la catégorie A, celle des chômeurs qui n’ont pas travaillé. Elle est en baisse de 0,4 % entre mars et avril. Sur un an, elle croit de 0,2 %. Si l’on considère les inscrits sur les listes de Pôle emploi sans aucune activité et ceux avec une activité réduite (catégories A, B, C), la baisse est de 0,2 % sur le mois. Mais sur un an le chômage augmente de 3,3 %.
Le gouvernement a recours aux contrats aidés
Pourtant, le ministre persiste et signe. « On n’avait pas connu ça depuis le début de l’année 2008, c’est-à-dire avant la crise, et si vous y ajoutez la tendance pour l’emploi des jeunes qui est bonne, l’emploi des cadres qui s’améliore, les heures supplémentaires qui reprennent… On s’aperçoit qu’on est en train de dessiner une sortie de crise. » L’OCDE confirme que le marché de l’emploi devrait « continuer à s’améliorer lentement ».
Xavier Bertrand omet juste de préciser que cette minuscule embellie se fait au prix d’une précarité grandissante. Et qui s’inscrit dans la durée, notamment pour les jeunes, avec le projet de renforcer l’alternance et l’apprentissage avec 800 000 contrats en perspective d’ici 2015. Autre phénomène notable, depuis janvier, le gouvernement a aussi eu recours de façon frénétique aux contrats aidés. Ces contrats uniques d’insertion, contrat accompagnement dans l’emploi (CUI- CAE) financés en partie par l’État, sont passés de 6 000 en janvier 2011 à 132 907 en avril dans le secteur non marchand. Plus de 440 000 sont budgétés pour 2011. Si l’on en croit les Échos, 70 % de l’enveloppe du premier semestre ont déjà été dépensés. Quel effet sur les statistiques du chômage ? Pour Maurad Rabhi, responsable des questions d’emploi à la CGT, « le gouvernement a utilisé cet outil pour donner des signes encourageants au marché du travail, montrer qu’il y a du dynamisme. C’est aussi une pratique qui fait disparaître les chômeurs de la catégorie A, ils passent dans d’autres catégories. 440 000 chômeurs en moins dans la catégorie A, ça représente une baisse de 0,3 point du chômage ». Pourtant, dans son étude, le conseil d’analyse stratégique (CAS), plutôt aligné sur les positions gouvernementales, constate que ce type de contrat « donne peu de place à la formation et à la certification et conduit moins souvent à l’emploi ordinaire que les contrats aidés du secteur marchand ». Alors le CAS propose de transformer une partie de ces emplois, censés pallier l’insuffisance des créations d’emplois dans les secteurs non marchands, en contrats d’apprentissage. Pour Maurad Rabhi, c’est reculer pour mieux sauter. « Nous avons une explosion de la précarité. Dans tous les cas, ces gens n’ont aucune garantie d’embauche à la fin. » Dans près de 8 cas sur 10, selon la CGT, les bénéficiaires de contrats aidés retournent ensuite au chômage.
Maurad Rabhi craint qu’une fois tous les leviers de la précarité usés jusqu’à la corde, le gouvernement ne manie avec fermeté l’offre raisonnable d’emplois (ORE), créée en 2008 pour forcer les chômeurs à accepter n’importe quel travail. Le 23 mai, Christian Charpy, directeur général de Pôle emploi, avait déjà annoncé que 2000 radiations par mois étaient la conséquence du contrôle sur la recherche d’emploi des chômeurs. Pas de petits profits pour faire baisser les statistiques.
Les seniors très touchés
Le chômage des seniors continue d’exploser. Il augmente de 0,9 % entre mars et avril. Sur un an, la hausse est de 14,1 %. Et la situation ne risque pas de s’améliorer. Le nombre de chômeurs ayant reçu une dispense de recherche d’emploi (DRE) qui permet aux demandeurs d’emplois âgés de ne pas être tenus de fournir à Pôle emploi les preuves d’une démarche active de recherche de travail tout en restant indemnisés connaît une forte baisse. Fin 2010, 266 000 personnes bénéficiaient d’une DRE, contre 324 000 en 2009, comme l’indique une étude du département statistique du ministère de l’Emploi (Dares). Ce sont les premiers effets de la loi d’août 2008 qui a prévu le recul progressif des seuils d’âge d’entrée en DRE avant la suppression du dispositif en 2012. Une mesure aberrante, d’autant que le recul de l’âge de la retraite à soixante-deux ans rajoute encore deux ans de chômage aux aînés.
La première réunion du Comité de pilotage des régimes de retraite s’est tenue ce mardi 31 mai. Après une introduction du ministre Xavier Bertrand, en charge de la présidence du Comité, chaque organisation syndicale a présenté une déclaration (déclaration CGT ci-jointe).
A l’exception de la CFE-CGC, toutes les organisations ont réaffirmé leur hostilité à une réforme injuste et inefficace.
Côté patronal, le Medef a exprimé sa satisfaction quant à la mise en œuvre d’une réforme qu’il appelait de ses vœux. Il a rendu hommage au courage du gouvernement…
Une discussion s’est ensuite engagée sur l’adoption d’un avis, conformément à la loi, portant sur la situation financière des régimes et sur la réalisation de l’objectif d’équilibre en 2018.
Visiblement, le ministre chargé de la Sécurité sociale escomptait un accord unanime sur le projet d’avis présenté. La CGT a fait savoir qu’elle se prononcerait contre ainsi que la CFDT.
Le Directeur de la Sécurité sociale, prenant le relais de Xavier Bertrand, appelé à d’autres occupations, renonçait finalement à faire adopter l’avis et indiquait que faute ce celui-ci, un communiqué du ministre serait envoyé à la presse.
Représentants CGT : Eric Aubin, Gérard Rodriguez
Montreuil, le 31 mai 2011
Déclaration du Comité de pilotage COPILOR
Déclaration Cgt :
Comité de pilotage des régimes de retraite « COPILOR » du 31 mai 2011
La loi du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites instaure donc la mise en place d’un comité de pilotage.
Il faut se souvenir que dans la première mouture du projet de loi présentée en juin 2010, ce comité avait pour mission essentielle de veiller à l’équilibre financier des régimes. Nous avions dénoncé à l’époque cette approche principalement comptable.
La mobilisation aidant, la version définitive de la loi définit des attributions beaucoup plus larges, et plus ouvertes, pour ce comité, et nous nous en félicitons.
Ainsi, le Comité de pilotage des régimes de retraite devra s’assurer du respect, des « objectifs de maintien d’un niveau de vie satisfaisant des retraités, de lisibilité, de transparence, d’équité intergénérationnelle, de solidarité intragénérationnelle, de pérennité financière, de progression du taux d’emploi des personnes de plus de 55 ans et de réduction des écarts de pension entre les hommes et les femmes ».
Autant de points sur lesquels la CGT est évidemment très attentive. Elle ne manquera pas de formuler ses analyses et ses propositions, qui rappelons-le, portent également sur le dossier essentiel à nos yeux du financement sur le court, le moyen et le long terme.
La CGT s’impliquera dans les travaux du Comité de pilotage des régimes de retraite en s’appuyant sur les attentes et les aspirations exprimées par des millions de salariés tout au long de l’année 2010.
Elle le fera également dans le but de favoriser et d’impulser un grand débat public sur la question des retraites, permettant enfin à chacune et chacun de se forger sa propre opinion et de participer en toute connaissance de cause aux futurs choix quant aux évolutions de notre système de retraite.
Nous en venons maintenant à la question des indicateurs de suivi.
La CGT considère que ces indicateurs doivent se situer au plus près de la situation réelle des retraités actuels et futurs. Ainsi, pour ce qui est du niveau de vie, et cela vaut également pour « l’équité » intergénérationnelle, nous souhaitons que soient mis à disposition du Comité les taux de remplacement du salaire d’activité par la pension de retraite et leurs évolutions. Nous contestons une approche par la moyenne des revenus, y compris les revenus patrimoniaux, qui masque l’existence de très faibles pensions pour une majorité de retraités, ce dont témoigne par exemple le taux d’attribution du minimum contributif dans les régimes de base du privé.
La lisibilité et la transparence nécessitent une information de qualité aux salariés avant leur départ de l’entreprise sur notamment le parcours restant à effectuer pour prétendre à une retraite pleine et entière.
Pour l’emploi des personnes de plus de 54 ans, il nous semble important de considérer le taux d’emploi de 55 ans jusqu’à l’âge légal de la retraite afin de pouvoir effectuer des comparaisons pertinentes avec par exemple les autres pays européens. Certains écarts sont en effet directement liés à la diversité de situations concernant l’âge d’ouverture du droit à retraite. D’autre part, nous considérons que la priorité des priorités réside bien dans la possibilité pour les salariés de plus de 50 ans et n’ayant pas atteint l’âge de la retraite, de disposer d’un véritable emploi, correctement rémunéré ainsi que dans la nécessité d’améliorer le taux d’emploi des jeunes générations.
Enfin, la question de la reconnaissance de la pénibilité doit trouver une réponse adaptée à la situation vécue par des dizaines de milliers de salariés.
Concernant la réduction des écarts de pension entre les hommes et les femmes, il conviendra de reprendre à notre compte les travaux du COR (Conseil d’orientation des retraites) qui a la responsabilité de mesurer les conséquences des réformes successives des retraites dont la dernière.
Comme vous le constatez, c’est dans un esprit constructif et forts des mobilisations qui ont émaillé l’année 2010 que nous entendons participer aux travaux du Comité de pilotage des régimes de retraite.
Il y a quelques mois, à Londres, étaient réunis des praticiens du droit du travail, notamment juges des prud’hommes. Ils voulaient comparer les systèmes de conciliation, de médiation et d’arbitrage dans cinq pays au sein de l’Union.
Nos amis italiens avaient alors attiré notre attention sur les dangers de leur système qui rend la justice du travail moins accessible. Aujourd’hui, ces dangers se concrétisent pour nous aussi avec la publication de la loi n° 183 du 4 novembre 2010. Ce texte est conforme aux préconisations de certains rapports publiés en France. Leurs auteurs recommandent de faire appel à des institutions privées, d’arbitrage ou de médiation, pour se substituer aux dysfonctions alléguées de nos conseils de prud’hommes.
Nous sommes en droit désormais de nous interroger sur la volonté gouvernementale. La chancellerie et le ministère du Travail veulent-ils pérenniser la juridiction prud’homale ou l’étouffer ? Elle est délaissée en moyens budgétaires de modernisation et en investissements en personnel de greffe.
Les alertes que nous avons signalées dans le passé ne semblent pas émouvoir ceux qui sont responsables de cet état de fait. Cela ne les prive pas, pour autant, de dénonciations quant aux délais déraisonnables entre l’enrôlement des dossiers et les dates de jugement.
Les règles bureaucratiques de contrôle des dépenses générées par l’avance aux entreprises des salaires maintenus des juges prud’hommes salariés aggravent le sentiment d’injustice des conseillers consciencieux.
La chancellerie ne peut ignorer qu’elle paralyse ainsi la gestion des flux de dossiers qu’elle prétend vouloir réguler. Qui s’étonnerait alors des projets visant au contournement du juge judiciaire au profit de systèmes « à l’italienne » ?
La conciliation ne jouerait plus le rôle d’audience initiale avec mise en état et éventuelle condamnation provisionnelle. En décourageant le justiciable par des délais qu’occasionne cette gestion de la pénurie, on applique cette vieille méthode qui veut que pour noyer son chien on dise qu’il a la rage.
Il suffit de prendre connaissance des délais scandaleux qui sont en cours dans certaines juridictions, comme le conseil des prud’hommes de Nanterre, pour s’interroger sur les véritables intentions du pouvoir. Dès lors, la mobilisation qui a accompagné la réunion du conseil supérieur de la prud’homie qui s’est tenue le jeudi 25 mai à Paris ne doit être qu’une étape du rassemblement de tous ceux qui sont attachés à la défense de l’institution prud’homale.
Par Bernard Augier, représentant de la CGT au Conseil supérieur de la prud’homie, et Tiennot Grumbach, avocat.
La CFDT, la CGT, l’UNSA, membres de la Confédération européenne des syndicats (CES), s’inscrivent dans la journée de mobilisation et d’information européenne et nationale, du 21 juin prochain, décidée par la CES. Le but de cette journée est de réaffirmer, à la veille du Conseil européen du 24 juin, que nous sommes « Contre l’austérité et contre le type de gouvernance économique que l’Union européenne veut imposer aux travailleuses et aux travailleurs en Europe ». Le message des syndicats européens est clair : Gouverner l’Europe, c’est renforcer son modèle social et non l’attaquer.
Le 12ème congrès de la CES qui s’est tenu à Athènes du 16 au 19 mai dernier, a condamné fermement les décisions prises par les Etats membres et les institutions européennes en matière de gouvernance économique et, plus particulièrement le Pacte euro-plus. Ce dernier ouvre la porte à des attaques sur les salaires, la protection sociale et l’autonomie de négociation des partenaires sociaux.
La CFDT, la CGT, l’UNSA décident d’interpeller les autorités françaises et les eurodéputés français sur les risques que les orientations actuelles en matière de gouvernance économique font courir à la cohésion économique et sociale. Elles vont diffuser à cette occasion un tract aux salariés sur le territoire national et leurs organisations régionales seront présentes le 21 juin à Luxembourg.
Avec la CES, nous militons pour une gouvernance européenne qui œuvre en faveur d’une Europe plus sociale et solidaire pour tous les citoyens, les jeunes en particulier. La coordination des politiques économiques des différents états membres est indispensable, notamment au sein de la zone euro. Aussi, la gouvernance économique responsable, que nous préconisons, doit être axée sur un développement économique créateur d’emplois stables et de qualité, la promotion de la formation pour tous, des salaires décents, ainsi qu’une protection sociale forte. Le pouvoir d’achat, le niveau des salaires et l’accès à des services sociaux de qualité doivent être défendus et assurés.
Avec la CES, la CFDT, la CGT, l’UNSA revendiquent :
• l’autonomie des partenaires sociaux dans le champ de la négociation collective et particulièrement en ce qui concerne les salaires et la négociation salariale ;
• le développement du dialogue social notamment dans l’élaboration des politiques économiques européennes ;
• une réduction graduelle des déficits publics respectant les capacités d’investissement en faveur d’un développement économique durable ;
• une gouvernance économique européenne incluant une harmonisation de l’assiette fiscale avec un taux d’imposition minimum pour les entreprises ;
• la mise en place d’euro-obligations (Eurobonds) pour financer des investissements dans les projets et les réseaux d’infrastructures et de développement européen
Après le galop d’essai de Laurent Wauquiez qui avait suscité un tollé jusque dans les rangs de la droite, le parti sarkozyste relance l’idée selon laquelle les bénéficiaires du RSA sont des fainéants et des fraudeurs. Une campagne médiatico-politique est orchestrée sur fond de présidentielle.
« Laurent Wauquiez a posé les vraies questions mais pas les bonnes réponses », estime Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint de l’UMP, rapporteur à la convention de son parti qui se tient aujourd’hui sur le thème de la « justice fiscale ». Mais avec les bénéficiaires du RSA dans le collimateur.
Le Figaro enfonce le clou Le 12 mai, le ministre des Affaires européennes avait dit : « L’assistanat est le cancer de notre société. » Pavé dans la mare rapidement détourné. Pourtant, l’objectif de ce séminaire du parti sarkozyste est de faire du « buzz » politique, social et idéologique à partir des ondes laissées par les déclarations préparatoires de Wauquiez.
Il s’agirait d’assortir le droit au RSA d’obligations de travail précaire. Mais surtout, l’opération politico-médiatique consiste à creuser le sillon d’une France prétendue malade de l’assistanat, en prélude à la campagne présidentielle. Elle illustre aussi une technique de communication politique.
Le Figaro magazine daté du 4 juin titre sa une par « une enquête sur la France des assistés ». L’on voit un jeune homme barbu dormir au creux du drapeau national drapé en hamac. « Et si cette volonté d’imposer des obligations nouvelles aux citoyens n’était qu’un moyen de masquer des obligations non tenues ? » demande Martin Hirsh, le père du revenu de solidarité active (RSA). Son équation de départ était que « les revenus du travail doivent toujours être plus élevés que ceux de la solidarité nécessaire ».
Martin Hirsch, devant l’UMP, aura six minutes pour défendre le principe adopté par les parlementaires il y a deux ans jour pour jour, avec le soutien de Nicolas Sarkozy et la bienveillance de la gauche. Laquelle avait voulu y voir une bien timide approche d’une posture antipauvreté.
Deux ans après, Jean-François Copé, patron de l’UMP a lancé hier matin le deuxième étage d’une fusée qui avait décollé dans une provocation savamment ordonnée. Pour lui, c’est que du bonheur. Dans un entretien à la Croix, il enfonce le clou : « Il y a besoin d’un correctif au dispositif du RSA. » Et de proposer aux bénéficiaires du RSA socle (ex-RMI), dans le cadre d’un contrat unique d’insertion de travailler entre cinq et dix heures par semaine dans le domaine de l’aide aux personnes dépendantes des services publics locaux. En cas de refus, le RSA serait progressivement diminué.
La division pour stratégie Laurent Wauquiez avait, à la mi-mai, mis le feu aux poudres. Déclarant « dire tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas ». Reprenant à sa manière l’un des thèmes du candidat Sarkozy en 2007,
Laurent Wauquiez appuyait sa démonstration sur un axiome : « L’insuffisante valorisation du travail », sur le mode du « travailler plus pour gagner plus. » Son idée : rendre obligatoires, sous peine de sanction, cinq heures de travail hebdomadaires aux bénéficiaires du RSA. Tollé à gauche. Marie-George Buffet (PCF) : « Les personnes qui touchent le RSA ne demandent pas cinq heures de travail social, elles veulent travailler et gagner le SMIC. » Elle avait alors dénoncé une nouvelle manœuvre pour draguer l’extrême droite. Le PS invitait à « regarder en face le bilan catastrophique de Nicolas Sarkozy en matière d’emploi au lieu de stigmatiser ceux qui souffrent de ses échecs ».
Distanciation à droite. Roselyne Bachelot, ministre de la Solidarité, avait évoqué « des difficultés de principe » dans les propositions de Laurent Wauquiez. Les parlementaires UMP étaient divisés. Le premier ministre et Nicolas Sarkozy avaient sifflé la fin de la récréation.
Tout était fini ? Tout commençait. Car la bactérie était dans l’organisme social et politique. Si l’idée d’une loi avancée par Laurent Wauquiez semble abandonnée, le thème est assurément l’un de ceux de la campagne électorale. Il n’y a pour la droite que des avantages : division des Français, extrême droite caressée dans le sens du poil, appel du coude aux classes moyennes inquiètes de voir la pauvreté gagner du terrain parmi elles, abandon électoral des couches populaires les plus pauvres. Sans oublier les nouvelles responsabilités politiques sur l’emploi confiées aux collectivités locales (majoritairement à gauche) qui se verraient contraintes à de nouvelles obligations bien que financièrement déjà rendues exsangues.
Le groupe M-real a annoncé le 4 mai dernier vouloir fermer définitivement le site d’Alizay fin septembre si aucun repreneur « crédible » n’a annoncé vouloir acheter notre usine d’ici là. -Le groupe ArjoWiggins prévoit l’arrêt d’une machine à Rives (38).
-Ontex ferme veux fermer sont usine de Chalons-sur-Saône (69). -Des papeteries vosgiennes sont en redressement ou dépôt de bilan (Grégoire, Novacare, Souches….) et bien d’autres groupes licencient à tout va.
Pour la papeterie M-Real, nous entendons beaucoup de messages de bonnes intentions de la part du propriétaire finlandais comme de nos responsables politiques nationaux ou régionaux, mais nous attendons des actes concrets.
Nous vous épargnerons les détails, ce qui leur arrive pour la troisième fois en 5 ans. Beaucoup l’on vécu ces dernières années : plan dit « social », licenciements, pertes d’emplois, perte de savoir-faire, avec ce dont on parle moins mais qui n’en est pas moins terrible, le sinistre cortège des situations individuelles critiques (des crises dans les familles à la dépression, en passant par toutes les perturbations possibles …)
Ce sont nos emplois qui sont sur la sellette aujourd’hui, mais au-delà c’est la filière papier- carton française qui tend à disparaître si nous ne faisons rien, si nous ne nous unissons pas. Le compte à rebours est lancé… 10… eux… 9… eux…5… Nous !…4… Eux ! … 3… Vous !… 2…
Notre fermeture éventuelle annoncée aujourd’hui, c’est la fermeture de votre usine demain…
Si nous ne réagissons pas tous ensemble maintenant, avec l’objectif immédiat du GEL DE TOUTES LES SUPPRESSIONS D’EMPLOIS, nous rejoindrons tous les rangs des oubliés d’une industrie disparue
Nous organisons une journée nationale
de sauvegarde de l’industrie papetière
le 30 juin à AlizayCette journée se veut être la première démonstration des papetiers contre le côtéprétendument inéluctable des fermetures de nos usines et contre lesacro-saint droit de la propriété. Droit inéluctable aujourd’hui et profondément libéral, qui donne tout pouvoir au patronat pour casser et détruire les emplois.
Ce rassemblement national doit être celui de la reconquête de l’emploi dans nos industries.
La casse programmée par le libéralisme ambiant doit être stoppée. Seule la solidarité de toutes et tous permettra d’inverser cette situation et de regagner nos emplois.
Ensemble, obligeons les acteurs politiques à développer une filière papetière pérenne, avec maintien de tous nos emplois
Appel de la Filpac CGT et de M Real Alizay Journée nationale de sauvegarde
de l’industrie papetière le 30 juin à Alizay
Le groupe M-real a annoncé le 4 mai dernier vouloir fermer définitivement le site d’Alizay fin septembre si aucun repreneur « crédible » n’a annoncé vouloir acheter notre usine d’ici là.
Le groupe ArjoWiggins prévoit l’arrêt d’une machine à Rives (38).
Ontex ferme veut fermer son usine de Chalon-sur-Saône (69).
Des papeteries vosgiennes sont en redressement ou dépôt de bilan (Grégoire, Novacare, Souches….) et bien d’autres groupes licencient à tout va.
Pour la papeterie M-Real, nous entendons beaucoup de messages de bonnes intentions de la part du propriétaire finlandais comme de nos responsables politiques nationaux ou régionaux, mais nous attendons des actes concrets. Nous vous épargnerons les détails de ce qui leurarrive pour la troisième fois en 5 ans.
Beaucoup l’ont vécu ces dernières années : plan dit « social », licenciements, pertes d’emplois, perte de savoir-faire, avec ce dont on parle moins mais qui n’est pas le moins terrible, le sinistre cortège des situations individuelles critiques (des crises dans les familles à la dépression, en passant par toutes les perturbations possibles …)
Ce sont nos emplois qui sont sur la sellette aujourd’hui, mais au-delà c’est la filière papier-carton française qui tend à disparaître si nous ne faisons rien, si nous ne nous unissons pas. Le compte à rebours est lancé…
Notre fermeture éventuelle annoncée aujourd’hui, c’est la fermeture de votre usine demain… Si nous ne réagissons pas tous ensemble maintenant, avec l’objectif immédiat du GEL DE TOUTES LES SUPPRESSIONS D’EMPLOIS, nous rejoindrons tous les rangs des oubliés d’une industrie disparue.
Source patronale : Le Figaro, bulletin offficiel du libéralisme
« »L’inflation n’a pas atteint 2 % depuis janvier dernier.
LES PRIX ont très légèrement progressé de 0,1 % en mai, après 0,3 % en avril, selon les données publiées hier par l’Insee. Pour la première fois depuis huit mois, les cours de l’énergie ont reflué, ce qui a pratiquement compensé la hausse de nombreux prix alimentaires.
Il n’y aura donc pas de hausse du smic le 1 juillet prochain. Sa revalorisation est automatique quand la hausse des prix atteint 2 % depuis la précédente, soit le 1 janvier dernier.
Le smic avait augmenté de 1,6 %, passant de 8,86 euros à 9 euros brut de l’heure, pour atteindre 1 365 euros brut pour 35 heures hebdomadaires.
« La revalorisation n’interviendra pas en juillet mais pourrait avoir lieu le mois d’après », a-t-on indiqué hier au ministère du Travail et de l’Emploi.
La CGT qui revendique depuis 2008 que le Smic soit porté à 1.600 euros bruts a réactualisé cette revendication lors de la réunion de son Comité confédéral national des 15 et 16 juin. Compte tenu de l’inflation ( +4% depuis 2008) et du poids des dépenses contraintes (chauffage, carburants, loyer…), la CGT revendique désormais un Smic à 1.700 euros bruts.
La particularité des dépenses dites « contraintes, pré-engagées ou incompressibles » c’est qu’on ne peut y échapper sans subir de pénalités et que pour la plupart, elles sont honorées par les ménages par prélèvement direct sur leur compte avant toute autre dépense. Si en 2006 on estimait que ces dépenses représentaient 45% du budget des ménages, elles ne représentaient que 41% en 2001.
Ces dépenses incompressibles augmentent beaucoup plus vite que les revenus. Pour les ménages à revenu modeste, les dépenses de logement, d’énergie, d’eau représentent ensemble plus de 46% du budget mensuel contre 22% en 1979.
« Aujourd’hui, c’est chez les jeunes que la proportion de pauvres est la plus élevée », affirme l’Insee dans une étude. Ils sont pourtant de plus en plus formés.
Alors qu’au début des années 1970, les pauvres se trouvaient pour l’essentiel chez les personnes âgées, la situation s’est depuis inversée : ce sont les jeunes qui sont les plus frappés par le chômage et la pauvreté. Ce constat accablant de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) effectué à l’occasion de la publication de son rapport sur les comptes de la Nation 2010 ne prend pas pourtant en compte l’impact de la crise de 2008-2010 sur la population française. Ces appréciations de l’institut ne signifient pas que les personnes âgées soient montées au paradis même si l’on constate une amélioration de leur situation. L’étude montre au contraire « qu’il n’y a plus de progrès générationnel en matière de pauvreté ».
Cause première de ces régressions : le chômage et la précarité. D’un côté les jeunes « ont subi de plein fouet la dégradation du marché du travail, notamment les peu qualifiés ». Ils ont également été « particulièrement concernés par la hausse des emplois instables ». De l’autre côté, « les seniors éprouvent plus de difficultés à se maintenir dans l’emploi ». Pour ce qui concerne la jeunesse, cette situation est d’autant plus insupportable que « les générations sont de plus en plus formées ».
Après la première « explosion scolaire » des années d’après-guerre, la seconde « explosion » a bénéficié aux générations des années soixante et soixante-dix avec leur accès « plus massif aux diplômes de l’enseignement supérieur ». Mais elle « a été en partie contrebalancée par un déclassement professionnel : de plus en plus de jeunes diplômés ont occupé un emploi en dessous de leur niveau de compétences en début de carrière ».
L’Insee repère autour des années 2000 une croissance de la « proportion de propriétaires (…) chez les plus jeunes, malgré la hausse de l’immobilier ». Mais « ce sont surtout les jeunes cadres et professions intermédiaires qui en ont profité ». De ce point de vue les inégalités entre catégories salariées se « sont beaucoup creusées ». Par ailleurs, on peut se demander à quel prix s’effectue cet accès à la propriété dans la mesure où le poids du logement « croît dans le budget des ménages ». « Pour un ménage dont la personne de référence est âgée de vingt-cinq à vingt-neuf ans, le taux d’effort net a ainsi augmenté de moitié entre la génération 1950-1954 et la génération 1975-14979, pour laquelle il atteint 15 % du revenu disponible brut. »
Le cri d’alarme des sacrifiés de la réforme des retraites
Au 1er janvier dernier, le gouvernement a supprimé l’allocation équivalent retraite (AER), qui permettait aux chômeurs seniors ayant assez cotisé, sans avoir encore atteint l’âge légal, d’attendre la retraite. Alors que la réforme des retraites a repoussé l’âge légal de départ à 62 ans, plus de 30 000 demandeurs d’emploi âgés seraient privés de ressources. Une association organise un rassemblement le 24 juin à Montbéliard et demande le rétablissement de l’AER pour les personnes licenciées avant 2009.
À la fin du mois de juillet, les revenus de René Némoz, Villeurbannais de 58 ans, vont connaître un gros trou d’air. À cette date, cet ancien menuisier du bâtiment, qui a plus de 41 années de travail derrière lui, aura épuisé ses trois années de droit au chômage et il ne pourra plus toucher ses 1 300 € d’indemnisation mensuelle.
Jusqu’ici, il pensait avoir droit à l’allocation équivalent retraite (AER), une aide financée par l’État de 33 € par jour, soit un peu moins de 1 000 € par mois. Mais cette prestation -- créée en 2002 justement pour permettre aux demandeurs d’emploi qui ont leurs annuités, mais pas encore l’âge de départ, d’attendre la retraite -- a été supprimée par le gouvernement le 1er janvier dernier.
René devra donc se contenter des 461 € mensuels de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), le minima social des chômeurs en fin de droits. Et il devra s’en contenter plus longtemps, puisque la réforme des retraites promulguée à l’automne repousse, à partir du 1er juillet 2011, l’âge légal de départ, qui passera de 60 ans aujourd’hui à 62 ans en 2018.
« Avec un loyer de 420 €, les factures d’électricité, la mutuelle, la nourriture : comment voulez-vous que je vive avec 460 € par mois ? », s’alarme Marie-Pierre, qui va passer de l’allocation de chômage à l’ASS en novembre. À 58 ans, cette Angevine, qui a commencé à travailler à 16 ans, a derrière elle « quarante ans d’usine » et encore plus de trimestres « validés » . Elle n’a pas pour autant le droit de bénéficier du dispositif « carrière longue » qui permet à ceux qui ont commencé à travailler très tôt de liquider leur retraite avant l’âge légal.
« On est les sacrifiés de la réforme des retraites », s’énerve Christian, qui, désespérant de retrouver un travail, admet avoir eu « une bonne dépression ». À 57 ans, ce Vosgien, un ancien cadre technique dont l’allocation de chômage prend fin le 30 juin, va devoir attendre « trois ans et quatre mois » avant d’avoir le droit de partir en retraite, malgré 41,5 années de cotisations au compteur. Sans allocation équivalent retraite. Et, comble de malheur, sans allocation de solidarité spécifique non plus, « car les revenus de mon foyer dépassent les plafonds pour y avoir droit ».
Comme René, Marie-Pierre ou Christian, ils seraient près de 30 000 demandeurs d’emplois seniors privés d’AER. Trop vieux pour retrouver un travail, trop jeunes pour partir à la retraite. C’est du moins l’estimation de Monique Manca, présidente de l’Association de défense contre la suppression de l’allocation équivalent retraites, qui reçoit « des messages de gens concernés venant de toute la France ».
Créée par d’anciens salariés de l’automobile du Doubs, qui avaient parfois adhéré à un plan de départs parce qu’ils savaient pouvoir compter sur l’AER, cette association a déjà obtenu, avec l’aide des syndicats, deux fois le rétablissement de cette allocation. Sa suppression avait déjà été programmée en 2009, puis en 2010, mais, à chaque fois, crise aidant, la mobilisation avait eu gain de cause.
Cette fois, l’association, qui fait le siège des parlementaires et organise un rassemblement à Montbéliard vendredi 24 juin, réclame que « l’AER soit maintenue pour toutes les personnes licenciées avant le 1er janvier 2009 ».
En septembre dernier, en pleine mobilisation sur les retraites, le premier ministre, François Fillon, avait créé l’espoir en promettant à la télévision « un système équivalent à l’AER, pérenne, pour les travailleurs âgés ». Rien n’est venu et, aujourd’hui, Matignon renvoie ses interlocuteurs vers le ministère du travail, qui répond que « nous avons mis en place des mesures sur l’emploi des seniors. Quant à l’AER, nous l’avons prolongé deux fois. »
Ce que le gouvernement « voulait en fait, c’est que l’Unédic paie à la place de l’État, mais les partenaires sociaux ne peuvent pas indéfiniment financer les prestations que l’État ne veut plus payer ! », s’indigne Laurent Berger, le négociateur emploi de la CFDT, qui assure avoir « interpellé le ministère du travail la semaine dernière sur cette question ».
Le rétablissement de l’AER coûterait « autour de 250 millions d’euros », selon la CFDT. Mais, précise Stéphane Lardy, en charge du dossier à Force ouvrière, « on nous dit qu’il n’y a pas de budget, le dossier est bloqué ».
Vers une grande mobilisation pour une autre répartition des richesses créées
La CGT, avec l’ensemble de ses unions départementales et ses fédérations, a fait l’analyse lors de sa réunion des 15 et 16 juin de la situation sociale. Les préoccupations liées au pouvoir d’achat et à l’emploi restent prioritaires chez les salariés et les retraités et se traduit par un développement des luttes dans les entreprises, parfois de manière inédite dans certains secteurs comme le Commerce.
En Europe, le contexte est marqué par la résistance des peuples concernés par les mesures d’austérité (Grèce, Espagne, Portugal, etc.) et par la préparation de nouvelles politiques visant à réduire les garanties sociales des populations. L’affrontement entre les logiques financières et les justes revendications sociales sont plus que jamais d’actualité. Il est d’ailleurs fort probable en France que le budget de l’Etat et celui de la sécurité sociale vont être l’occasion de nouveaux sacrifices imposés aux salariés et aux retraités.
Dans ce cadre, la CGT réaffirme son opposition au pacte Euro Plus préparé par les chefs d’état et de gouvernement et aux recommandations de la Commission Européenne pour peser sur les politiques économiques des états.
Face à cette situation, l’ensemble des organisations de la CGT estime indispensables de créer les conditions pour que les revendications des salariés soient d’avantage prises en compte dans les politiques publiques et d’entreprises. A cet égard, la CGT condamne la déclaration du Premier Ministre annonçant un nouveau refus d’un coup de pouce au SMIC pour la 5ème année consécutive, au moment même où les plus fortunés du pays obtiennent de nouveaux avantages fiscaux.
Pour la CGT, il y a urgence sur la question des salaires. C’est dans ce sens qu’elle a décidé de porter sa revendication pour un SMIC mensuel brut à 1700 euros.
Le CCN de la CGT s’est prononcé, lors de sa séance des 15 et 16 juin 2011, pour l’organisation d’une journée d’action interprofessionnelle unitaire à la rentrée de septembre destinée à obtenir une autre répartition des richesses créées. Outre la question des salaires et du pouvoir d’achat, cette journée sera l’occasion pour les salariés de s’exprimer sur les conditions de travail et l’emploi, la protection sociale et la défense des services publics.
Cette initiative se situerait fin septembre -- début octobre.
Le CCN a donné mandat à la direction confédérale de rechercher le cadre unitaire le plus large permettant une mobilisation de grande ampleur des salariés du public et du privé autour de leurs revendications.
Sans attendre la CGT invite donc l’ensemble des salariés à s’organiser durant tout l’été et à être résolument à l’offensive dans chaque entreprise. La CGT appelle ses organisations à être à la tête d’initiatives offensives pour porter leurs revendications.
La CGT se félicite d’une progression continue de ses effectifs syndiqués de l’ordre de 10 000 par an pour les 3 dernières années. Elle appelle les salariés à rejoindre plus nombreux encore la CGT
La CGC, la CGT et une association familiale veulent attaquer en justice l’accord conclu en mars par trois syndicats (CFDT, FO, CFTC) et le patronat, au motif des inégalités de traitement qu’il engendre.
Il y a trois mois, le 18 mars, le patronat et trois syndicats (CFDT, FO, CFTC) paraphaient un accord sur les régimes complémentaires Arrco et Agirc, vivement contesté par la CGT et la CGC. D’une part, cet accord déclinait la mesure phare de la réforme de 2010 : report de l’âge légal à soixante-deux ans et de la garantie du taux plein à soixante-sept ans. D’autre part, pour assurer l’équilibre financier des régimes, particulièrement menacé à l’Agirc, le texte ne prévoyait aucune ressource supplémentaire, satisfaisant ainsi les desiderata du Medef, mais engageait des mesures spécifiques d’économie. Des mesures contraires au droit social français, dénoncent la CGT et la CGC qui, rejointes par l’Union des familles en Europe, ont annoncé hier leur intention de porter plainte devant les tribunaux.
Première disposition ciblée : alors que les pensions Arrco (versées à tous les salariés, non cadres et cadres) sont revalorisées, au 1er avril, de 2,11 %, celles de l’Agirc (régime des seuls cadres) ne sont gratifiées que de 0,41 %. Soit une perte nette de pouvoir d’achat de 1,66 %. L’accord instaure ainsi une discrimination en introduisant une inégalité de traitement entre retraités cadres et retraités non cadres.
Les deux autres mesures contestées touchent aux droits familiaux. L’accord du 18 mars instaure, à compter de 2012, une majoration de pension de 10 % pour les assurés ayant élevé trois enfants ou plus. Un progrès pour les cotisants Arrco (la majoration n’était que de 5 %), mais un recul pour l’Agirc, qui accordait une majoration croissante selon le nombre d’enfants, de 10 % minimum pour trois jusqu’à 30 % pour sept. Pire : l’accord engendre une inégalité au détriment des assurés ayant bien eu trois enfants, mais dont un (ou plus) serait né à partir de 2012, qui se verront alors privés de toute majoration. D’autre part, il prévoit un plafonnement des majorations familiales à 1 000 euros, qui pénalisera fortement les allocataires Agirc. Au-delà, Danièle Karniewicz, pour la CGC, et Marie-Jo Kotlicki, pour l’Ugict-CGT ont, d’une même voix, épinglé la remise en question du statut des cadres, à travers celle de l’Agirc qui en constitue « un élément fondamental ».
Les droits familiaux plafonnés
S’il est « quasi virtuel » pour l’Arrco, le plafonnement des majorations familiales à 1 000 euros, institué par l’accord du 18 mars, applicable à compter de 2012, pénalisera les participants de l’Agirc. Les droits à majoration pour les périodes antérieures à 2012 seront bien pris en compte, mais « écrêtés » s’ils dépassent les 1 000 euros annuels. Calculs faits, cela entraînera une minoration de la pension d’autant plus forte que l’assuré a eu plus d’enfants. Soit, une variation de la valeur du point d’indice, contraire au principe d’unicité, dont la Cour de cassation a déjà condamné la violation.
Nous, salariés de la filière papetière, quelles que soient nos entreprises et leurs activités, refusons qu’à nouveau une entreprise de la profession soit sacrifiée pour d’obscurs intérêts d’état major patronal et avec elle des centaines d’emplois
MREAL usine d’ALIZAY dans l’EURE est visée alors que le site est viable, que le personnel a déjà subi deux plans sociaux en quelques années
Au nom de quel droit la décision d’un patron de priver de leurs emplois et de leur dignité des centaines de salariés serait supérieure au droit qu’ont ces salariés de bénéficier du fruit de leur travail?
Au nom de quelle justice n’éxiste aucun recours contre de t’elle décision arbitraires
Au nom de quelle société serait-il juste de s’incliner devant ces hommes qui par leur décision compremettent l’existence de centaines d’autres?
Cela nous ne l’acceptons pas
Depuis trop longtemps des entreprises sont fermées, Malaucène, Schweitzer de Mauduit, Canson, SCA Linselle, la liste est trop longue pour qu’elle nous laisse indifférents.
Dorénavant nous nous engageons de façon solidaire à nous mobiliser autant de fois que nécéssaire.
Voilà pourquoi la FILPAC CGT EUROPAC papeterie de ROUEN ce rendra le 30 juin à 12h00 sur le site de MREAL à ALIZAY
Le syndicat Filpac cgt d’Europac appel tous les papetiers, les salariés des autres entreprises de la région, au grand rassemblement national du 30 juin pour démontrer que l’ensemble des travailleurs sont solidaires devant l’inacceptable.
C’est le souhait exprimé par le Conseil Général de l’Eure (27). GraphiLine rediffuse in extenso, la délibération prise à l’unanimité, le 11 juin dernier, par les élus du département de l’Eure.
« Après un plan social qui a supprimé 75 emplois il y a un an, l’entreprise M-real a annoncé le mercredi 4 mai la mise en vente de la papeterie d’Alizay, qui emploie actuellement 330 salariés. Cette annonce est un nouveau coup dur pour les salariés, mais aussi pour tout un territoire, qui plus est déjà affecté par de nombreux plans sociaux (Gardy, Cooper, Sealynx, etc.). De nombreux emplois directs chez les fournisseurs et les sous-traitants n’existent que grâce à l’activité du site papetier. Enfin, de nombreuses entreprises vont subir indirectement le contrecoup si rien n’est entrepris. C’est pourquoi les élus du canton, et en premier lieu le Conseiller général Gaëtan Levître, les élus départementaux et régionaux se mobilisent.
La fermeture de M-real serait une véritable catastrophe pour notre territoire et pour la filière bois en France. En vendant l’entreprise, la multinationale rapatrierait les machines en Finlande, ce qui rendrait toute reprise d’activité impossible. La reprise du site qui peut s’appuyer sur les résultats de l’étude industrielle financée en 2010 à parité par le Département et la Région est pourtant possible.
Cette étude comprend une évaluation précise des conditions économiques de reprise de l’activité pâte à papier en vallée de Seine et plus particulièrement les possibilités de diversification du site de M-Real afin de maintenir un niveau élevé d’activité et d’emploi.
Elle développe des propositions alternatives concernant la transformation du site, ceci en cohérence avec la préservation de la filière bois. Le projet de chaudière biomasse sélectionné par l’appel d’offres CRE3, doit être mis en œuvre au plus vite. De nombreux débouchés sont par ailleurs possibles : production de biocarburants de seconde génération, fabrication de ouate de cellulose, désencrage, production de palettes de bois ou de pellets. Grâce à l’expérience qu’ils ont acquise, les papetiers de M-real sont à même de diversifier la production, afin de développer le secteur des énergies renouvelables et de répondre aux exigences écologiques.
Il est grand temps de passer à des actes concrets.
C’est pourquoi le Département de l’Eure :
Condamne la stratégie de la direction de M-real, qui a laissé la situation se dégrader de façon délibérée, en mettant en suspens la production de pâte à papier, en laissant se développer les stocks sans perspective commerciale. Cette stratégie a affecté volontairement la rentabilité du site d’Alizay. En cas d’abandon du site de M-real, le Département demande que les avoirs de l’entreprise soient gelés, que la multinationale M-real rembourse les crédits publics qui lui ont été affectés et qu’elle dépollue le site après son départ.
Exige de l’État qu’il agisse pour trouver un repreneur sérieux, un papetier qui mette en place un véritable projet industriel basé sur la diversification des productions et assurant le maintien et le développement de l’emploi, conformément aux annonces de M Le Maire, Ministre de l’Agriculture et de l’Aménagement du Territoire. Il demande à ce que notre collectivité soit tenue étroitement informée des résultats de cette démarche.
Rappelle qu’à l’heure où les acteurs économiques régionaux et départementaux, les collectivités territoriales et l’Etat se mobilisent pour organiser le développement de l’axe Seine, il est inconcevable d’envisager la fermeture d’un site à fort potentiel dont la localisation, en bordure de fleuve, constitue un véritable atout pour acheminer les matières premières et dont les équipements industriels actuels sont une base pour développer de nouvelles activités.
Le Département de l’Eure, s’engage unanimement à participer d’une manière active aux différentes actions qui seront prises pour sauver le site M-real à Alizay.
Les propositions alternatives pour rendre l’entreprise pérenne existent. C’est d’action politique dont les salariés ont besoin pour garder leur outil de production et ils ont le soutien sans faille de notre assemblée départementale ».
Dialogue social : l’Institut Montaigne (rapport en pièce jointe) convoque Copé (extrême droite de l’UMP) et Chérèque (CFDT) dans les colonnes de l’Express pour en débattre.
montaignedialoguesocial1.pdf
françois chérèque / jean-françois copé
La démocratie sociale en chantier
En France, le dialogue social est déficient. Partageant ce constat, le syndicaliste François Chérèque (CFDT) et le politique Jean-François Copé (UMP) débattent des propositions de l’Institut Montaigne et d’Entreprise & Personnel pour le revivifier.
Etes-vous d’accord avec le point de départ du rapport : la nécessité d’améliorer le dialogue social ?
François Chérèque : Oui, les pays qui ont le plus développé l’autonomie du dialogue social, comme l’Allemagne et les Etats de l’Europe du Nord, sont ceux qui conjuguent le mieux efficacité économique et satisfaction sociale. Il faut donc changer notre méthode de dialogue en France.
Jean-François Copé : Je reconnais bien volontiers le lien évident entre dynamisme économique et qualité du dialogue social. L’Allemagne l’a bien compris, qui fait divorcer l’économie et l’idéologie. En France, la manière dont la réforme des retraites -- vitale pour notre pays -- a été menée est très révélatrice : il ne s’est pas trouvé un seul syndicat pour la soutenir ou, au moins, pour en discuter.
F. C. : Je rappelle la parole assez symptomatique du président de la République : ce sujet-là est trop important pour le confier aux partenaires sociaux ! C’est qu’en France nous en sommes restés à une conception du social qui donne le pouvoir aux seuls politiques.
Seriez-vous favorables à une révision radicale de la Constitution créant un domaine d’intervention réservé aux syndicats, l’une des pistes évoquées par l’Institut Montaigne, et une idée lancée par François Hollande (Le Monde du 15 juin) ?
J.-F. C. : Changer la Constitution, est-ce vraiment nécessaire ? Je prône plutôt un retour aux sources : une véritable application de l’article 34, qui énumère les domaines où la loi « détermine les principes fondamentaux ». Le droit social en fait partie. Ce qui signifie que le législateur n’entre pas dans le détail de la mise en oeuvre.
F. C. : Je pense qu’il faudrait modifier la Constitution sur un point seulement, afin qu’elle reconnaisse l’existence et le rôle des partenaires sociaux. Dans le débat sur la refondation sociale, en 2000, le Medef demandait une réforme de la Constitution pour donner la priorité aux accords sur la loi. Je ne vais pas aussi loin. Mais la reconnaissance symbolique des partenaires sociaux, c’est important.
J.-F. C. : Je ne voudrais pas qu’une telle modification soit considérée en soi comme un gros progrès, qui vaudrait quitus pour une réforme du dialogue social.
F.C. : J’insiste : dans un texte fondateur comme l’est la Constitution, les partenaires sociaux doivent être reconnus comme tels. Même si je sais bien que ce sont les pratiques qui changeront la donne.
J.-F. C. : Attention aux gadgets ! La clef du changement n’est pas dans la Constitution. Elle est dans la pratique ! Aujourd’hui, en fonction des ambiances ou des agendas électoraux, on fait un peu tout et n’importe quoi. Tantôt, l’on surjoue le dialogue social parce que l’on est parvenu à un accord -- qui le plus souvent ressemble à de l’eau tiède ; tantôt, l’on impose une réforme par le biais d’une proposition de loi parlementaire.
Dans un dialogue rénové, quels rôles respectifs pour les parlementaires et les partenaires sociaux ?
F. C. : La loi du 31 janvier 2007 a marqué une évolution salutaire : quand le gouvernement veut légiférer en matière sociale, il doit laisser un temps de négociation aux partenaires sociaux. Mais cette loi a été transgressée depuis de deux manières : d’abord, il est arrivé que le résultat de la négociation ait été modifié par les parlementaires. C’est leur droit, mais cela pose un vrai problème de respect des signataires d’un accord. Ensuite, le gouvernement a trop détourné la loi en faisant endosser ses projets par des propositions de loi parlementaires, qui, elles, ne sont pas soumises à la loi du 31 janvier 2007.
J.-F. C. : Dans le cadre du projet présidentiel -- j’y travaille activement au sein de l’UMP -, je ne vois qu’une solution : revenir à l’esprit originel de la Ve République, et de l’article 34. La loi définit donc un cadre, le contrat la précise et mieux vaut que cela se négocie au niveau de la branche ou de l’entreprise, plutôt qu’au niveau national, avec une ambiance tendue, théâtralisée. Le prochain quinquennat devrait débuter par des assises de la nouvelle démocratie sociale. Avec Hervé Novelli, nous avancerons cette proposition lors d’une convention le 5 juillet.
F. C. : Derrière ces mots, il y a un danger : la disparition de l’étape intermédiaire entre la définition des droits fondamentaux et leur application par la branche. Si, par exemple, la loi ne définit pas la durée du temps de travail hebdomadaire pour tous les salariés en France, vous aurez d’énormes disparités : certains toucheront le smic pour 35 heures, d’autres pour 30, d’autres encore pour 40. Où sera la référence commune ?
J.-F. C. : Elle est du domaine de la loi-cadre, qui doit déterminer des planchers et des plafonds. Ensuite, les durées sont adaptées aux métiers, comme cela se fait en Allemagne. Alors qu’aujourd’hui l’on traite de la même manière des secteurs très différents.
F. C. : Ainsi vous déniez aux partenaires sociaux le droit de négocier les normes. Je ne suis pas favorable à cela.
J.-F. C. : On peut trouver une voie moyenne. La loi-cadre est adoptée par le Parlement, mais elle pourrait, autant que possible, résulter d’un accord entre les partenaires sociaux. J’appelle cela de la coproduction sociale. Toutefois, je ne suis pas favorable à ce que l’on mette sur le même plan les parlementaires et les partenaires sociaux. Ce n’est pas tout à fait la même histoire…
F. C. : Que les parlementaires aient le dernier mot, je ne l’ai jamais contesté. Mais j’insiste sur le fait que, sur des sujets sensibles de notre Code du travail, comme la question du temps de travail, il faut des références applicables sur tout le territoire. Et c’est cette référence qui doit déclencher le décompte des heures supplémentaires. Si l’on fait ce que vous dites, les salariés des grands groupes donneurs d’ordre auront un temps de travail moyen autour des 35 heures, et ceux des petites entreprises supporteront la précarité et la flexibilité et seront au niveau du plafond. Encore un droit à deux vitesses.
J.-F. C. : Vous êtes réputé être un syndicaliste modéré, vous ne pouvez pas vous livrer à cette caricature. On ne peut pas dire : « Il y a les gros méchants et les gentils petits. » Empêcher les petits de croître n’est pas une solution. Les Allemands ont réussi à développer un réseau d’entreprises intermédiaires considérable, là où nous n’avons que de très petites entités. Ma réflexion se combine avec une vision entrepreneuriale pour faire du prochain quinquennat celui des entreprises conquérantes.
F. C. : Un bémol sur l’Allemagne, qui n’a pas de Smic. Le DGB, syndicat principal dans ce pays, veut en créer un. Là-bas, le salaire minimum horaire est de 4,70 euros dans le secteur de l’agriculture. Résultat, les travailleurs de l’agroalimentaire sont surexploités et des agriculteurs français sont en train de mourir à cause de cette concurrence déloyale. Voilà pourquoi les syndicats -- CFDT, CGT, FO et DGB -- refusent que les salaires soient déconnectés de l’évolution du produit intérieur brut et de l’inflation, comme le proposent la France et l’Allemagne dans le plan de régulation économique européen.
J-F. C. : Cet exemple de l’agriculture allemande se retourne contre vous. La droite dit très clairement que l’on ne peut pas tout payer, mais que certains points sont notre force face à l’Allemagne. L’existence du Smic horaire en est une. Mais l’on ne peut pas, dans le même temps, rigidifier la durée du travail, sinon nous ne nous en sortirons pas.
Commentaire: bonjour
j ai été licenciée le 31 12 2008 et j aurai 60 ans le 20 Mars 2012, donc en fin de droit à cette date et ne pouvant toucher ma retraite qu’au 1er Décembre 2012 du fait de la nouvelle loi . J’aurai donc droit à rien pendant 8 mois, ayant un conjoint touchant sa retraite .
Je trouve cette situation scandaleuse pour tous eux qui sont dans mon cas, ne pourrait on pas lancer une pétition, j ‘ai écrit à Mme Bachelot qui m’a fait une non réponse et au PS qui ne répond pas .
Je trouve qu’on ne s’indigne pas beaucoup en France en ce moment
que peut on faire ?
Claudine Bossard
Je me suis permis Claudine de mettre ton commentaire en lieu et place d’un article, car cette situation est comme tu le dis « scandaleuse »
Nous n’avons pas vraiment de solutions toutes faites, mais des constatations, qui comme toi nous indignent. Les décisions prisent par ce gouvernement et avalisées par les députés de droite et du centre sont le résultat des votes démocratiques ( présidentielles et législatives) qui ont installé ce pouvoir.
Une réforme brutalepour un recul social sans précédent
A l’issue d’une pseudo concertation avec les organisations syndicales, le gouvernement a soumis au Parlement un projet de réforme brutal des retraites qu’il à fait passer en force.
Depuis le premier appel de l’ensemble des syndicats à manifester l’opposition à ce projet de loi, en juin 2010, les salariés de tous âges et de toutes les professions, rejoints par les étudiants et lycéens, ont pris conscience que c’est de leur mobilisation que dépend l’avenir de leurs retraites.
Les salariés, par millions, ont manifesté pas moins de 10 fois depuis que le projet gouvernemental est connu, mais le Président comme le gouvernement et les parlementaires de la majorité ont choisi d’ignorer, voire de mépriser, l’opposition grandissante à leur projet.
Voilà ce que l’on disaient en 2010, nous combattons cette loi avec toujours autant de vigueur, nous faisons FRONT mais seul, le bon choix des français aux prochaines éléctions sera déterminent pour faire disparaitre cette réforme de droite, le problème et j’en suis désolé est que tu ne pourras pas en bénéficier. Le syndicat FILPAC CGT d’EUROPAC te souhaites bon courage et te remercie pour ton intervention sur notre blog, cela fera peut etre prendre conscience à d’autre lecteur.
Retraites : la double peine pour les natifs de 1955
Tout le monde avait retenu 2012, mais le gouvernement de Sarkozy a modifié le calendrier pour rallonger la durée de cotisation à 166 trimestres dès cette année.
Alors que la « réforme » des retraites, reculant l’âge de départ en retraite de 60 à 62 ans, est entrée en vigueur vendredi, le gouvernement s’apprête à activer dans les plus brefs délais le deuxième mécanisme permettant d’allonger la durée de cotisation. Ce mercredi, le gouvernement consultera le Conseil d’orientation des retraites (COR), qui, depuis la réforme de 2010, doit chaque année, donner son aval sur l’augmentation du nombre de trimestres permettant de bénéficier d’une retraite à taux plein pour tous les assurés atteignant 56 ans. Avis qui doit être suivi d’un décret d’application. Cette mécanique découle de la réforme Fillon de 2003, et dont le principe consiste à allonger la durée de cotisation en fonction de la hausse de l’espérance de vie après 60 ans. Sauf que le gouvernement, sans en modifier le principe, a décidé d’accélérer le processus, initialement prévu pour 2012, selon un membre du cor. Cet empressement à faire passer ce décret durant les vacances montre une volonté de la part du gouvernement et de Nicolas Sarkozy de ne pas relancer le débat sur les retraites en pleine présidentielle. D’autant que l’opinion publique et les millions de personnes mobilisées durant les grandes manifestations de 2010 n’ont toujours pas digéré le passage en force du gouvernement.
Concrètement, dès cette année 2011, les personnes nées en 1955 devront ainsi cotiser 166 trimestres, soit 41,5 ans contre 165 trimestres (41 ans et 1 trimestre) pour ceux nés en 1954. Dans cette logique, en 2012, les personnes nées en 1956 seront contraintes de cotiser un trimestre de plus, etc. En limitant le débat à une simple équation comptable, et en ne laissant au COR qu’un avis technique, le gouvernement impose l’allongement de la durée de cotisation comme seule perspective de préservation du système de retraite. Éludant de fait les véritables enjeux du système, tels que la pénibilité, l’allongement de la durée d’étude, le chômage, les inégalités hommes-femmes ou encore la question d’un autre mode de financement. C’est aussi oublier que s’il y a de grandes différences d’espérances de vie entre les catégories socio-professionnelles, c’est que la pénibilité raccourcit la vie. Donc rallonger la durée de cotisation pour faire travailler plus longtemps ne peut que réduire à terme l’espérance de vie. Autant de questions qui, malgré les tours de passe-passe du gouvernement, ne manqueront pas de rythmer 2012, tant l’équilibre envisagé du régime général des retraites pour 2018 devient un vaste leurre, basé sur des hypothèses économiques aléatoires et aujourd’hui fantaisistes.
A peine la mauvaise réforme de 2010 entrée en vigueur, plusieurs articles de presse annoncent que le gouvernement s’apprêterait, en se retranchant derrière un « avis technique » du COR purement formel, à allonger de nouveau d’un trimestre la durée de cotisations requise pour l’obtention du taux plein. Celle-ci passerait de 165 à 166 trimestres pour la génération 1955.
Rappelons que la CGT avait dénoncé et combattu en 2003 l’allongement de la durée de cotisations, mesure phare de la loi Fillon. Elle avait également dénoncé le caractère technocratique de cette disposition qui repose sur un obscur calcul à partir de l’évolution de l’espérance de vie.
L’opposition vigoureuse de la CGT qui demeure, tient au fait que cette mesure pénalise notamment les salariés ayant effectué des carrières courtes et/ou ceux qui ont travaillé à temps partiel. Sont concernées au premier chef les femmes et tous ceux qui ont été affectés par la montée du chômage et de la précarité.
Bien entendu, ce nouvel allongement renforcerait encore cette injustice, les générations qui arrivent maintenant à l’âge de la retraite ayant été concernées par la dégradation de la situation de l’emploi apparue dans les années 70, ainsi que par une entrée plus tardive dans la vie active du fait d’études plus longues.
Ce nouvel allongement serait d’autant plus insupportable que l’application de la loi de 2010 commence à produire ses effets dévastateurs, en particulier sur les salariés déjà touchés par le chômage et qui se voient privés de l’AER (allocation équivalent retraite) et donc condamnés à survivre avec les seuls minima sociaux.
Cette mesure n’a même plus sa justification initiale, à savoir un maintien du rapport entre temps d’activité et temps de retraite, puisque c’est maintenant le report de l’âge qui va jouer cette fonction.
A l’évidence, le véritable objectif de l’allongement reste une baisse généralisée des pensions de retraites. La nécessité d’une autre réforme des retraites, portée par la CGT, condamne par avance un nouvel allongement de la durée de cotisations. Une telle décision ne manquerait pas de provoquer un mouvement d’ampleur.
Comme elle l’a déjà annoncé la CGT, la bataille des retraites n’est pas terminée.
L’UMP pour une dérégulation complète du temps de travail
Ce mardi en convention, l’UMP a donné à son programme en vue de 2012 une sérieuse poussée libérale: fin de la durée légale du travail et allègements de cotisations sociales sont au menu.
La première attaque avait été portée par Hervé Novelli, son combat est aujourd’hui repris par le patron de l’UMP, Jean-François Copé, au cours d’une convention ironiquement nommée : « L’avenir de la démocratie sociale ». L’idée n’est pas seulement de finir d’achever la loi sur les 35 heures, déjà bien vidées de son contenu, mais d’aller plus loin et de laisser au patron le soin de juger combien d’heure par semaine on doit travailler dans son entreprise. La durée du travail serait ainsi fixée par des conventions négociées au niveau des branches et des entreprises et non plus par la loi. Tout cela « dans un délai de trois ans maximum ».
La TVA à 23,6%?
Depuis le passage aux 35 heures, les patrons avaient reçu deux cadeaux fiscaux pour mieux faire passer la pilule. Le plus récent, la défiscalisation des heures supplémentaires (4,5 milliards d’euros par ans de manque à gagner), devrait être supprimé. L’autre, un allègement de cotisations sociales à hauteur de 12 milliards d’euros, sera maintenu, mais payé directement par les salariés, via la CSG ou la TVA. Et puis tant qu’à faire plaisir, l’UMP envisage sur ces mêmes CSG ou TVA le transfert d’une partie du financement de la branche famille de la Sécurité sociale, aujourd’hui assuré par les cotisations patronales. Novelli avait ainsi envisagé le passage de la TVA à 23,6% (hausse de 4 points), pour aider les patrons.
Mais ce n’est pas tout. L’UMP veut organiser, dans les mois qui suivront le début du prochain quinquennat, des « Assises de la nouvelle démocratie sociale ». Le but sera d’exploser le droit du travail et de définir ce qui doit réellement relever de la loi et ce qui peut se « négocier » au sein des entreprises…
L’UMP, trop libérale pour Sarkozy ?
A l’Elysée, on grince des dents. Il faut dire que tant d’ultra-libéralisme et d’iniquité d’un coup à dix mois de présidentielles peut défriser la fibre communicante de l’actuel président. « Ce que l’Elysée ne veut pas, c’est qu’on présente cette proposition comme une proposition du président de la République », dit-on au château. C’est vrai, c’est juste une proposition faite par son parti, en convention pour préparer l’élection de 2012.
L’Elysée de même affirme qu’ » il n’est pas question de revenir sur la défiscalisation des heures supplémentaires parce que c’est plus de pouvoir d’achat pour les Français ». Point sur lequel le MEDEF rejoint parfaitement l’Elysée. Mais mathématiquement, le rapport entre le « pouvoir d’achat des Français » et ce cadeau aux patrons que sont ces 4,5 millions d’euros d’allègement de charge patronale, ne relève certainement pas du « gagnant-gagnant », comme on aime à le dire au MEDEF…
Jean-Christophe Le Duigou, Pierre-Yves Chanu, Représentants de la CGT au COR
Il n’y a pas d’accord sur l’allongement de la durée de cotisation
Déclaration des représentants de la Cgt pour le COR
La CGT est fermement opposée à l’allongement à 166 trimestres, à partir de la génération née en 1955, de la durée de cotisation nécessaire pour toucher une retraite à taux plein. La consultation du Conseil d’Orientation des Retraites, censé « rendre un avis technique » sur le sujet, est un paravent que veut utiliser le gouvernement pour justifier une décision déjà prise qui découle de la loi de 2003.
Cette mesure, comme le recul de l’âge de départ en retraite, est injuste car elle pénalise les catégories de salariés modestes qui ont les parcours professionnels les plus hachés et les retraites les plus courtes.
Elle se cumule en effet avec la décision de reculer rapidement à 62 ans l’âge minimal du droit au départ à la retraite. C’est la « double peine » qui fait de la réforme française des retraites l’une des plus dures parmi celles appliquées en Europe.
Par ailleurs, la CGT conteste depuis 2003 les bases de calcul retenues dans le décret pris en application de l’article 5 de la loi du 21 Août 2003, qui surestiment la durée de retraite des salariés et sous estiment la durée de cotisations : l’âge moyen de liquidation de la retraite est d’ores et déjà beaucoup plus tardif que les 60 ans pris comme référence !
Décidément, on n’a pas fini de parler des retraites. D’autant que les derniers chiffres du chômage sont là pour rappeler que la situation des salariés âgés comme celle des jeunes ne s’améliore pas, bien au contraire. Cela ne fait que renforcer la nécessité d’une véritable politique de l’emploi sans laquelle l’équilibre de notre système de retraite ne peut être durablement envisagé.
Allongement du temps passé au travail pour les salariés en 1955 par simple décret, conspiration contre les 35 heures, licenciements jusqu’à la nausée, écrasement du pouvoir d’achat, racisme érigé en politique nationale, voilà l’UMP, une milice patronale.
Regardant avec respect les gavés du CAC 40 se prendre des indigestions de profits, nos UMP de juillet jurent que jamais « la bête populaire » ne se relèvera du chômage et de la précarité.
Alors, avant 2012, eux, ils mettent les bouchées doubles. A la rentrée, ils s’occuperont du contrat de travail dans le sens inverse du permis à points : l’ancienneté ouvrira droit à… un peu plus de droits. Mais quand même jusqu’au CDI, qui sera mis à mort, envisagent-ils.
Sans compter qu’il faudra imposer un contrat d’assurance privé pour la dépendance, et, rêvent-ils, la TVA sociale en lieu et place des cotisations patronales.
Pendant que le putsch anti-social va bon train, nos stratèges lorgnent du côté de Marine pour faire bon poids dans les urnes. Et dire que certains pensent que Le Pen veut dire intérêt social ! Guéant, donc, tous les jours donne des gages à l’extrême droite, et la « préférence nationale » devient le drapeau de l’Intérieur.
Pendant ce temps, les banques bien françaises écrasent le peuple grec au nom du seul drapeau qu’elles connaissent, celui de l’oseille, nommée dette pour la circonstance.
Et la république UMP se donne sans retenue aux agences de notations de la finance mondialisée, ramenant le pays au sigle propre à l’andouillette, AAA…
L’été en France pue l’arrogance libérale,et Sarkozy rêve de prolongations à l’Elysée.
Pendant la sieste estivale, ne dormons que d’un oeil.
Pour être connue, la tactique n’en est pas moins indigne. Le gouvernement et l’UMP ont choisi le début des vacances pour lancer une nouvelle offensive antisociale d’envergure : faire passer l’allongement de la durée de cotisation pour les retraites et préparer une remise en cause de la durée légale du travail. Côté retraites, c’est Xavier Bertrand qui est à la manœuvre. Sept ou huit mois après la grande bataille de l’automne, et alors même que la réforme était rejetée par une majorité de Français, il remet le couvert et ressert les mêmes arguments. Ce ne serait, dit le ministre du Travail, que l’application de la loi de 2003, mais qu’il lui faut justifier en semblant manier l’évidence, à savoir que si l’on vit plus longtemps, « il est logique que l’on travaille un peu plus longtemps ». Pour faire bonne mesure, il donne dans le chantage, en affirmant préférer « être en France et conduire les réformes nous-mêmes plutôt qu’un jour être comme la Grèce et se faire imposer les réformes par l’extérieur ». Sans abus de langage, c’est une logique de collaboration. Les marchés financiers le demandent, allons au-devant de leurs exigences. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, et il en va de même pour le second front ouvert par la droite sur la durée légale du travail.
Là, c’est Hervé Novelli, le numéro 2 de l’UMP, qui pilote ce qui serait une « révolution ». « Les entreprises auront trois ans à compter de 2012, si nous sommes élus, pour négocier la durée du travail qui leur conviendra. » On peut espérer d’emblée que ces propos inspirent les bulletins de vote, car ce n’est pas une révolution mais bien au contraire la restauration du bon-vouloir patronal, le règne du libéralisme pur et dur, d’autant plus violent qu’il s’appliquerait aux salariés les moins protégés, les femmes, les jeunes, les moins organisés pour résister et négocier. Le gouvernement et l’UMP sont entrés dans une nouvelle phase, active et brutale, de destruction du modèle social français et de ses acquis, contre les syndicats, avec l’approbation du Medef. Ce n’est pas travailler plus pour gagner plus. C’est travailler plus pour que la machine à profits gagne plus. C’est araser tous les obstacles à l’exploitation toujours plus dure du travail salarié, laisser le champ libre au capital.
Ce n’est pas spécifique à la France. C’est bien ce que le pacte pour l’euro de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel entend imposer dans toute l’Europe. Il s’agit de réduire les conquêtes sociales aussi bien que les services publics ou tout ce qui relève des solidarités nationales, retraites, santé, et de soumettre les économies aux marchés. La droite, le gouvernement savent très bien qu’il suffirait, pour assurer les retraites, de taxer un tant soit peu les revenus du capital. Ils ne sont pas là pour ça, ils sont là pour faire le contraire. Pour Hervé Novelli, ces propositions seraient une contribution à l’élaboration du programme du candidat pour 2012. Mais le programme existe déjà. La seule question qui vaille, c’est comment le combattre. Immédiatement, dans l’action, en le faisant connaître et en faisant connaître les propositions que toute la gauche devrait avoir à cœur d’élaborer, dans le débat et la confrontation. Ensuite en se donnant les moyens de gagner en 2012, avec des objectifs clairs de transformation et avec la conscience tout aussi claire qu’un deuxième quinquennat de Nicolas Sarkozy serait une catastrophe.
Pour Éric Aubin, de la CGT : « l’objectif du gouvernement est de baisser les pensions. »
Pour Éric Aubin, secrétaire confédéral de la CGT chargé des retraites, les salariés subiront une diminution du niveau de leur pension.
Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, vient d’annoncer que le décret portant la durée de cotisation à 41 ans et demi pour une retraite à taux plein est en préparation. Est-il obligé de suivre ainsi la recommandation du Conseil d’orientation des retraites (COR) ?
Éric Aubin. Non. Et ce n’est d’ailleurs pas une recommandation. Le COR va donner un avis technique : à partir d’un constat portant sur un allongement de l’espérance de vie, il traduit en fonction de la réforme Fillon de 2003 ce que cela signifierait en termes de durée de cotisation. Je ne suis pas surpris que Xavier Bertrand mette en œuvre la réforme de 2003. Nous, nous l’avons combattue parce qu’elle contenait cette augmentation de la durée de cotisation. Il faut noter que, vu la situation actuelle de l’emploi, du chômage, notamment celui des seniors, qui continue de croître, l’objectif du gouvernement est de baisser les pensions. Et ce sera la conséquence de cette augmentation de la durée des cotisations.
Vous parlez de « double peine ». Dans quel sens ?
Éric Aubin.Double peine parce que le recul de l’âge légal de départ à la retraite se double de l’augmentation de la durée de cotisation. Jouer sur ces deux tableaux à la fois est un fait unique en Europe. Cette réforme est la plus dure d’Europe. Autour de nous, les pays sont à 37 ans, voire 35 ans, pour une retraite à taux plein, en aucun cas à 41 ans et demi.
On peut aujourd’hui mesurer pleinement les effets négatifs des réformes menées depuis des années…
Éric Aubin. Au bout de quinze ans, on a vu les effets de la réforme Balladur de 1993. Le passage des 10 aux 25 meilleures années a coûté 15 % de niveau des pensions en moins. Huit ans après 2003, on voit les effets de la réforme que nous avons combattue. Et on voit déjà les effets de la réforme de 2010. La non-reconduction de l’allocation équivalent retraite (AER) va mettre des dizaines de milliers de demandeurs d’emploi en fin de carrière en situation de non-ressource. Et dans les mois et les années qui viennent, on verra encore les pensions baisser.
Mais ne faut-il pas en passer par là pour sauver le régime des retraites ?
Éric Aubin. S’il en était ainsi, ce serait un moindre mal. Mais ça ne sauvera en rien le régime des retraites, dans la mesure où les questions de son financement ne sont en rien réglées. La CGT demande depuis 1993 une véritable réforme du financement de la protection sociale et des retraites. Et il faut une autre politique de l’emploi.
Tous les syndicats sont opposés à cette mesure, mais on a l’impression que tout est joué…
Éric Aubin. À la CGT, nous réunissons aujourd’hui même la commission exécutive confédérale pour débattre d’une proposition d’action aux autres organisations syndicales. Ce pourrait être le 6 octobre. Ce sera une rentrée particulière, avec la campagne présidentielle et une situation sociale dure. Le pacte euro plus s’annonce comme un corset d’austérité pour toute l’Europe. Emploi, salaires, financement de la protection sociale et promotion des services publics seront les thèmes majeurs de cette rentrée.
Allez-vous interpeller les candidats sur la réforme des retraites ?
Éric Aubin. La CGT aura des choses à dire aux candidats à l’élection présidentielle, bien entendu. Ils ne devront pas oublier ce que des millions de salariés ont exigé dans la rue en 2010.
C’est à Mudanjiang, ville de 2 millions d’habitants, au Nord Est de la Chine, dans la province de Heilongjiang, que la machine à papier « n°16 » a été démarrée en ce printemps 2011.
En 10 ans, c’est la 3ème machine livrée par Allimand à la société papetière « Mudanjiang Hengfeng Paper Co », groupe papetier de 2300 personnes, qui exploite 16 machines à papier pour une production totale annuelle de 100 000 tonnes de papiers fins spéciaux.
Le « commissioning » -- ou mise en service -- de cette machine (alimentation en électricité, air, eau, huile, puis tests de mouvements et de rotation) a été réalisé en moins d’un mois pour enrouler le premier papier.
Cet excellent timing est d’autant plus impressionnant quand on apprécie la qualité de l’installation Allimand, qui, une fois de plus, fait honneur aux certifications obtenues par l’entreprise : ISO 9001, ou autre SQLO pour la Chine.
Une semaine plus tard, la MAP 16 Allimand produisait une qualité de papier vendable selon les spécifications du contrat.
Côté technique, la gamme de grammage prévue pour cette machine est de 25 à 45 g/m² pour une vitesse maximale de production de 450 m/min. La laize de cette machine est de 3800mm.
La MAP16 bénéficie des derniers développements d’Allimand :
Caisse de tête à coussin d’air SFPII avec control du grammage sens travers par dilution.
Rouleau de tête équipé de paliers hydrostatiques, permettant d’augmenter l’efficacité du branlement inertiel.
Tapis d’engagement en section presse, permettant d’envoyer la pointe directement dans les cordes.
La MAP16 intègre également des équipements Allimand déjà éprouvés depuis des années, tels que :
Branlement inertiel ISA.
A-sizer.
Enrouleuse hydraulique avec chargement automatique de mandrins.
C’est donc une 14ème réussite sur le territoire Chinois pour la société Allimand, qui assoit ainsi sa renommée notamment en Asie.
Selon nos informations, la Papeterie de Türckheim, une ancienne unité du groupe Matussière et Forest reprise par Pierre Gavelle en 2009 puis liquidée il y a 3 mois, pourrait redémarrer en septembre prochain.Les repreneurs du site seraient actuellement en train de le dépolluer, afin de pouvoir relancer la production dans des conditioons acceptables.
Spécialisée dans la production de papier recyclé à base de vieux papiers, la Papeterie de Türckheim avait dû faire face à un manque de liquidités ayant entraîné son incapacité à s’approvisionner en matière première.
Ce dans un contexte de flambée des cours des vieux papiers.
Le redémarrage de l’usine papetière devrait être centré sur la production de papier journal.
Deux décrets du 7 juillet apportent des précisions sur les conditions dans lesquelles les entreprises d’au moins 50 salariés ou appartenant à un groupe de cette taille doivent négocier un accord ou établir un plan d’action sur la prévention de la pénibilité au travail à compter du 1er janvier 2012, en application de la loi du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites.
Le premier précise le seuil de salariés exposés au-delà duquel de tels accords ou plans d’action sont obligatoires, ainsi que leur contenu
Le second fixe les conditions d’application de la pénalité encourue par les employeurs ne respectant pas cette nouvelle obligation, égale à 1 % maximum des rémunérations versées aux salariés exposés.
Entreprises concernées
L’obligation de négocier un accord ou d’établir un plan d’action en faveur de la prévention de la pénibilité pèse sur les entreprises d’au moins 50 salariés ou appartenant à un groupe de cette taille qui emploient au moins 50 % de salariés exposés aux facteurs de risques liés à la pénibilité. Ces facteurs, définis à l’article L. 4121-3-1 du Code du travail et précisés par le décret n° 2011-354 du 30 mars 2011 (C. trav., art. D. 4121-5, v. Légis. soc. -Retraite, base- n° 139/2011 du 7 juillet 2011), correspondent :
– à des contraintes physiques marquées ;
– à un environnement physique agressif ;
– ou à certains rythmes de travail susceptibles de laisser des traces durables identifiables et irréversibles sur sa santé.
Il revient à l’employeur de déterminer la proportion de salariés exposés dans son entreprise. Il la consigne en annexe du document unique d’évaluation des risques et l’actualise en tant que de besoin, notamment lors de la mise à jour de ce document.
Contenu de l’accord ou du plan d’action
Avant d’engager la négociation ou d’élaborer un plan d’action, l’employeur doit procéder à un diagnostic préalable des situations de pénibilité, diagnostic dont découleront les mesures de prévention prévues par l’accord ou le plan d’action.
Ces derniers doivent aborder au moins l’un des thèmes suivants :
– la réduction des polyexpositions aux facteurs de pénibilité ;
– l’adaptation et l’aménagement du poste de travail.
Ils doivent en outre aborder au moins deux des quatre thèmes suivants :
– l’amélioration des conditions de travail, notamment au plan organisationnel ;
– le développement des compétences et des qualifications ;
– l’aménagement des fins de carrière ;
– le maintien en activité des salariés exposés aux facteurs de pénibilité.
De plus, chaque thème retenu dans l’accord collectif ou le plan d’action doit être assorti d’objectifs chiffrés, dont la réalisation est mesurée au moyen d’indicateurs. Ces derniers sont communiqués, au moins chaque année, aux membres du CHSCT, ou à défaut, aux délégués du personnel (DP).
Contrôle des accords et plans
L’employeur doit déposer le plan d’action relatif à la prévention de la pénibilité auprès de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte).
Si l’inspecteur ou le contrôleur du travail constate qu’une entreprise n’est pas en infraction (absence ou insuffisance de l’accord ou du plan), il met en demeure l’employeur, par lettre recommandée avec avis de réception, de remédier à la situation dans un délai de six mois.
En retour, l’employeur doit communiquer à l’inspection du travail, par lettre recommandée avec avis de réception, l’accord conclu, le plan d’action élaboré ou les modifications apportées à ces documents dans le délai de six mois. À défaut, il doit justifier des motifs de la défaillance de l’entreprise ainsi que des efforts accomplis en matière de prévention de la pénibilité. Il a aussi la possibilité d’être entendu, à sa demande.
Modalités de la pénalité
À l’issue du délai de six mois octroyé à l’employeur défaillant pour régulariser sa situation, le Direccte décide s’il y a lieu d’appliquer la pénalité et en fixe le taux (au maximum 1 % de sommes versées aux travailleurs concernés par la pénibilité) au regard des critères suivants :
– les diligences accomplies pour conclure un accord ou élaborer un plan d’action relatif à la prévention de la pénibilité ;
– les mesures prises dans l’entreprise pour prévenir la pénibilité au travail.
Le texte accorde une certaine souplesse dans l’appréciation des conditions, car il demande au directeur de le faire au regard de la situation de l’entreprise, et, si celle-ci compte moins de 300 salariés, au regard de l’avancement de la négociation collective sur la pénibilité dans la branche. Si le Direccte décide de sanctionner l’employeur, il adresse à ce dernier, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, une notification motivée du taux de la pénalité, et ce dans un délai d’un mois à compter de la date d’expiration de la mise en demeure.
La pénalité est due pour chaque mois entier au cours duquel l’entreprise ne respecte pas ses obligations, à compter du terme de la mise en demeure et jusqu’à la réception par l’inspection du travail de l’accord ou du plan d’action. Elle est déclarée et versée par l’employeur auprès de l’organisme chargé du recouvrement des cotisations de sécurité sociale du régime général ou du régime agricole dont il dépend, à la date d’échéance des cotisations et contributions sociales.
Entrée en vigueur
Ces nouvelles dispositions entreront en vigueur le 1er janvier 2012. Toutefois, la détermination de la proportion des salariés exposés aux facteurs de pénibilité et sa consignation dans le document unique, ainsi que le dépôt du plan d’action, sont des formalités applicables immédiatement. En outre, les accords ou plans d’action existants au 9 juillet sont valables s’ils respectent les conditions des décrets, et ce jusqu’à leur expiration ou pendant trois ans à compter de leur conclusion.
n° 2011-823 et 2011-824 du 7 juillet 2011, JO 9 juillet p. 11932 et 11933
C’est sous le signe de la reconquête des services publics que les militants actifs et retraités CGT du Cantal ont placé leur présence dans les derniers lacets du col de Prat de Bouc (1392 m d’altitude). Une des dernières difficultés de cette humide traversée du massif central.
Thierry Bonhoure, Secrétaire général la CGT Cantal, entouré de la vingtaine de militants mobilisés ici depuis la veille au soir, se disait « très satisfait des échanges avec le public ». Les priorités de la CGT sur les salaires et les services publics rejoignent ici les préoccupations du nombreux public massé là pour le passage du Tour. François Thierry Cherrier, dirigeant de la CGT, régional de l’étape et présent dans la voiture de la NVO, à noté que « l’allongement annoncé de la durée de cotisation pour la retraite constitue une inquiétude importante dans le public ». Belle journée de mobilisation pour la CGT du Cantal qui, mardi matin à Aurillac, prendra le départ fictif de l’étape en donnant un bon coup de pédales pour les salaires.
Mardi 12 juillet
Aurillac : échappée belle pour les salaires
L’orage menaçant n’a pas empêché que la fête soit belle pour le départ fictif d’un beau peloton d’une quarantaine d’unités de militants de la CGT mardi matin à Aurillac.
A la tête de ce groupe d’échappés pour les salaires et les services publics, Thierry Bonhoure, Secrétaire général de l’Union départementale CGT du Cantal ne cachait pas sa satisfaction pour la réussite de cette initiative : « nous avons été étonnés de la chaleur de l’équipe CGT dans ce défilé. Nous avons été très applaudis par le public, notamment en traversant les quartiers populaires d’Aurillac. Comme quoi, dés que la CGT se montre, elle est appréciée ». Quelques applaudissements plus loin, le tonnerre gronde. Qu’importe, le peloton CGT et l’autre, celui des coureurs, sera passé entre les gouttes.
Neuf mois. Il n’aura fallu que neuf mois au gouvernement pour apporter la preuve qu’il avait menti sur toute la ligne en imposant sa réforme des retraites à l’automne dernier. Il la modifie au moment même où elle entre en vigueur, en accélérant le passage à 41,5 ans de cotisation pour la génération née en 1955.
Le gouvernement avait menti parce que sa réforme ne résolvait aucunement la question du financement des retraites. Sinon pourquoi modifier déjà les termes du contrat dont il avait fixé unilatéralement les règles au mépris de toute négociation ?
Il avait menti parce que reculer l’âge de la retraite et augmenter la durée de cotisation ne pouvaient qu’aggraver la situation de l’emploi et condamner beaucoup de travailleurs de plus de 55 ans exclus des entreprises à vivre des minima sociaux, tandis que les pensions de retraite étaient promises au déclin.
Il avait menti parce que les discours sur la pénibilité et sur les inégalités, dont sont victimes plus particulièrement les femmes et les salariés victimes du chômage et de la précarité, n’étaient que des
trompe-l’œil: la nouvelle augmentation de la durée de cotisation frappera tout le monde. Un nouveau signal est envoyé aux jeunes générations pour décrédibiliser la répartition et promouvoir les assurances privées.
Il avait menti parce que, soucieux de sauvegarder les privilèges des riches, il avait refusé de faire cotiser les profits distribués, occultant ainsi l’indécente explosion des revenus du capital et donc des inégalités depuis trois décennies, qui ont conduit à la financiarisation de l’économie.
Le gouvernement n’a dit la vérité que sur un point: il n’a jamais caché que toutes les réformes qu’il mettait en œuvre avaient pour but de donner des gages aux marchés financiers et aux agences de notation, de préserver le fameux AAA de la France. Mais derrière cet aveu, il y avait une autre contrevérité : en aucun cas le président des riches ne voulait sauver les retraites.
Le monde est en crise, l’Europe aussi, la France pas moins que les autres pays. Les dettes publiques s’amoncellent à cause des politiques en faveur de la finance et de la crise que les spéculateurs ont provoquée. Au lieu de mater la finance, les Etats se défaussent sur les populations auxquelles est présentée la facture. Le gouvernement grec brade toutes les entreprises publiques pour obéir au FMI, à la BCE et à l’Union européenne. La BCE augmente son taux directeur et refuse toute restructuration des dettes publiques. La Commission européenne promet une taxe sur les transactions financières en 2018, alors que les populations doivent payer comptant tout de suite. Le gouvernement français, quant à lui, impose au nom de l’austérité un nouvel abaissement des conditions d’accès à la retraite.
Les rentes des banquiers et actionnaires sont sauves tandis que les droits des peuples et la démocratie sont bafoués. Les analyses et propositions d’Attac contre la finance et pour la promotion d’un système de retraite solidaire sont plus que jamais d’actualité. Alors que des manifestations se multiplient dans de nombreux pays européens, que des indignés se lèvent exigeant démocratie et justice sociale, nous voulons contribuer en France à œuvrer pour que les citoyens imposent un vrai débat démocratique sur ces enjeux de société.
Le risque d’un « sous-contrat de travail », permettant aux entreprises d’embaucher à moindre coût (Groupe groupe CRC-SPG)
Monsieur le ministre, il est très audacieux d’avancer que cette proposition de loi permet d’offrir un avenir aux jeunes et de faire reculer le chômage, car, malheureusement, ce ne sera pas le cas.
Cette proposition de loi, à défaut d’avoir les effets très positifs que vous semblez en escompter, permettra-t-elle, à tout le moins, d’améliorer la situation de l’apprentissage de l’alternance ? Ce n’est pas évident non plus ! Et je tiens à bien préciser que nous ne sommes opposés ni à l’apprentissage ni à l’alternance.
M. André Reichardt. C’est bien !
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. Nous persisterons donc à voter contre ce texte, car il laisse de nombreux problèmes non résolus, quand il ne contribue pas à en aggraver d’autres.
L’apprentissage et les contrats de professionnalisation ne sont, à notre sens, pas suffisamment encadrés pour permettre aux jeunes d’acquérir des compétences professionnelles dans des conditions matérielles et des conditions de travail décentes. Il existe d’ailleurs, de ce point de vue, de grandes inégalités : la situation varie d’un endroit, d’un secteur ou d’une profession à l’autre. Quoi qu’il en soit, la question des conditions réelles d’acquisition des compétences par l’apprentissage devrait être regardée de plus près.
Quant à l’insertion professionnelle des apprentis, elle n’est pas aussi idyllique que l’on veut bien nous le faire croire ; c’est du reste la raison pour laquelle vous parlez d’assurer un avenir aux jeunes ! Plus d’un tiers des apprentis ne trouvent pas d’emploi à l’issue de leur formation.
Mme Sylvie Demarescaux. Donc, deux tiers en trouvent !
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. De plus, les ruptures de contrat concernent chaque année environ un quart des apprentis, et jusqu’à 37 % dans certains secteurs, comme l’hôtellerie et la restauration ! Le passage dans l’emploi est donc bref, et la sortie en est rapide.
En outre, le taux de réussite des apprentis aux examens professionnels est inférieur, de 5 points en CAP et de 6,5 points en BTS, à celui des élèves scolarisés.
Surtout, nous ne souhaitons pas que, sous prétexte de lutte contre le chômage et d’amélioration de l’insertion professionnelle, l’alternance devienne un « sous-contrat de travail », permettant aux entreprises d’embaucher à moindre coût. Or cette proposition de loi contribuera justement à perpétuer de telles pratiques.
Alors que les dispositions du texte sont censées rendre l’apprentissage attractif, il n’en est rien concernant la rémunération des apprentis, qui reste au même taux, c’est-à-dire entre 25 % et 78 % du SMIC.
En revanche, le projet de loi de finances rectificative pour 2011 a entériné des dispositions qui figuraient initialement dans la présente proposition de loi et dont bénéficient directement les entreprises. Quand il s’agit de donner des avantages aux entreprises, vous êtes toujours aux avant-postes !
En l’occurrence, je pense à l’exonération de charges pendant un an prévue pour toute nouvelle embauche en alternance dans les entreprises de moins de 250 salariés, ainsi qu’au relèvement de 3 % à 4 % du taux de salariés devant être embauchés en apprentissage dans les entreprises de plus de 250 salariés et à l’instauration dans ces dernières d’un système de bonus-malus. En outre, l’impact du malus est amoindri puisque en seront exonérées les entreprises s’engageant à augmenter leur nombre d’apprentis de 10 % d’ici à l’an prochain.
En la matière, les promesses n’engagent que ceux qui les font ! S’il est certain que les entreprises bénéficieront d’exonérations, il n’est absolument pas sûr qu’elles embaucheront 10 % d’apprentis de plus l’année prochaine.
Quant aux articles de la proposition de loi non repris dans le projet de loi de finances rectificative, ils répondent à la même logique : satisfaire les besoins des entreprises.
L’un de ces articles crée ainsi la possibilité de signer un contrat d’apprentissage saisonnier avec deux employeurs différents, ce qui développe la flexibilité de la main-d’œuvre, en fonction des besoins des entreprises, mais au détriment de la protection des travailleurs. (M. Alain Gournac s’exclame.)
Mme Sylvie Demarescaux. C’est faux !
Mme Nicole Borvo Cohen-Seat. Cela aura pour conséquence de créer un nouveau vivier de main-d’œuvre à bas coût dans un secteur par définition déjà précaire et d’accroître les difficultés pour les apprentis et leurs familles. Rien ne garantit pourtant que la complémentarité de ces contrats sera assurée pour l’obtention du ou des diplômes préparés, tant les emplois dits « saisonniers » sont divers.
Un autre article du texte crée la possibilité d’effectuer un contrat d’apprentissage dans les entreprises d’intérim. Là encore, si l’opportunité pour l’entreprise est évidente, elle l’est beaucoup moins pour l’apprenti, qui doit être engagé dans une mission longue et formatrice de un à trois ans, ce qui ne correspond nullement à la vocation de l’intérim.
La proposition de loi prévoit également la possibilité de renouveler une fois un contrat de professionnalisation à durée déterminée, alors que ce dernier peut déjà durer douze mois, et jusqu’à vingt-quatre mois dans certains cas. Où est l’amélioration ? Cela revient à créer des contrats précaires pouvant durer jusqu’à quarante-huit mois, en dehors de la législation du travail concernant les CDD ; autrement dit, on aura des CDD sans les garanties qui y sont liées ! C’est ce que font d’ailleurs souvent les entreprises qui prolongent les contrats d’apprentissage.
Nous sommes également opposés à la possibilité d’effectuer un contrat de professionnalisation chez un simple particulier employant un salarié pour ses besoins personnels : services à la personne, travaux du bâtiment, etc. En effet, le manque d’encadrement et de contrôle sur ce type d’emplois en fait la voie royale vers tous les abus.
Avec de tels emplois, vous en conviendrez, des conditions comme le nombre d’heures de travail par semaine ou l’objectif de formation risquent fort de ne pas être remplies. Le particulier, qui n’est employeur que ponctuellement et à hauteur de ses besoins, ne saurait contribuer à la formation. Qui peut se persuader du contraire ?
L’objectif de cette mesure est clair : favoriser les particuliers employeurs, avec des embauches à moindre coût, en faisant se succéder les apprentis.
Autre élément participant de cette logique qui tend à faire du contrat d’alternance un contrat de travail ordinaire : le fait qu’une préparation opérationnelle à l’emploi, ou POE, puisse déboucher sur l’embauche en contrat d’apprentissage. Nous y sommes opposés. En effet, la POE a pour objectif de permettre à une personne au chômage d’accéder à une formation lui permettant d’accéder ensuite à une offre de poste précise transmise à Pôle emploi. Elle doit donc déboucher sur un véritable contrat de travail répondant aux besoins de l’entreprise, et non sur de l’apprentissage.
Ce dernier ne doit pas être considéré comme un contrat de travail banalisé et, surtout, ne doit pas représenter pour l’entreprise une alternative à une embauche réelle, certes plus coûteuse, mais constituant la seule solution envisageable au regard de la lutte contre le chômage et contre la précarité des salariés.
Enfin, last but not least, cette proposition de loi crée des « sections apprentissage » permettant de faire des stages en centres de formation d’apprentis dès la troisième et abaisse parallèlement à 14 ans l’âge minimum pour souscrire un contrat d’apprentissage, au mépris de l’obligation scolaire jusqu’à 16 ans et de l’interdiction du travail des enfants.
Quant aux dispositions sur les groupements d’employeurs, elles instaurent une déréglementation totale au profit des entreprises, en permettant l’adhésion d’un employeur à deux groupements et en élargissant cette possibilité à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, ainsi qu’aux collectivités territoriales. Les salariés sont donc considérés comme des variables d’ajustement pour les entreprises – mais on reconnaît bien là votre façon de voir les choses ! –, qui peuvent les mettre à la disposition des autres employeurs du groupement.
Mais ces salariés sont ainsi placés dans une situation de grande précarité puisque aucune obligation d’embauche en CDI n’est prévue et que le salarié mis à disposition, contrairement à l’intérimaire, ne perçoit précisément pas de prime de précarité. Une fois de plus, on rogne en modifiant le cadre juridique !
Quant à l’ouverture du groupement d’employeurs aux collectivités, elle permet, à l’évidence, de généraliser l’externalisation des emplois, au détriment des emplois publics, que vous vous êtes par ailleurs donné pour tâche de supprimer dans le cadre de la RGPP.
Enfin, les dispositions concernant les stages et le contrat de sécurisation professionnelle, sont, malgré leur titre alléchant, largement insuffisantes.
La situation des stagiaires n’est nullement améliorée. Ainsi, il n’y a pas trace, dans ce texte, de revalorisation de la gratification accordée aux apprentis ni de l’ouverture de droits à cotisation pour la retraite ou le chômage.
Le contrat de sécurisation professionnelle, quant à lui, n’est en réalité qu’un aménagement du licenciement économique. Il ne permet pas de prévenir ou d’éviter un licenciement : il ne fait qu’offrir un parcours d’accompagnement pour une reconversion. Il n’apporte aucune garantie d’emploi ultérieur. Parler de sécurisation professionnelle est donc largement exagéré !
Pour toutes ces raisons, nous voteront contre cette proposition de loi.
Les industriels locaux se mettent à délocaliser… au Vietnam notamment…
Le fait est étonnant mais il est bien là : dans moins de 5 ans, les coûts de production chinois auront rattrapé ceux de l’OCDE…Ce, du fait d’une inflation jugulée au prix d’une politique monétaire plus restrictive, qui freine le crédit et de salaires en forte hausse.
Dans ce contexte, les industriels chinois cherchent désormais à délocaliser leur production vers des pays à faible coût salarial.
En particulier le Vietnam… Travailleurs chinois, ce n’est que le début !
Malgré la hausse des coûts de production qui grignote les étroites marges bénéficiaires des entreprises hongkongaises, les pôles d’activité chinois restent toutefois les plus compétitifs d’Asie. Telle est la conclusion de deux études publiées le 3 juin 2010 par le Hong Kong Trade Development Council (HKTDC)[1].
Intitulée « Mounting Price Pressure on China Exports », la première étude analyse la progression des coûts de production en Chine, tandis que la seconde : « The Competitive Supply Chain: China v Arising Asia » établit une comparaison entre la compétitivité des producteurs chinois et celle des fournisseurs d’autres pays asiatiques.
La production face à ses défis
Commentant les conclusions de ces deux rapports, Madame Pansy Yau, économiste au HKTDC, souligne que les producteurs hongkongais basés en Chine continentale font actuellement face à l’augmentation des salaires, à la progression rapide du coût des matières premières et de l’énergie, à l’inflation et à une pression croissante sur le cours du yuan.
« Tous ces facteurs grignotent leurs marges, déjà étroites. Il n’en reste pas moins que la part des exportations de produits chinois dans le commerce international ne cesse de croître : de 4,7 % en 2000 à 12,7 % en 2008. Ces chiffres prouvent que la compétitivité de la production chinoise n’est pas uniquement une affaire de prix. »
Et Madame Yau de préciser également que malgré l’intérêt croissant des acheteurs pour des produits fabriqués dans des pays asiatiques émergents où le coût de la main d’œuvre est moindre (Vietnam, Inde, Bangladesh, Indonésie et Cambodge), cette tendance ne menace toutefois pas réellement les exportations chinoises.
« Des zones de concentration industrielle bien implantées, la compétence et la qualification élevées de la main d’œuvre et ses infrastructures permettent au pays de compenser le désavantage de la hausse des coûts ».
Hausse des coûts d’exploitation
L’étude menée par le HKTDC révèle que plus de la moitié des industriels hongkongais opérant dans la région du Delta de la rivière des perles ont dû faire face à une pénurie de main d’œuvre au cours du premier semestre 2010 en raison d’une hausse des commandes destinées à l’exportation. Pour retenir les ouvriers qualifiés, les salaires proposés dans cette région ont été revus à la hausse d’environ 17 % au cours des six derniers mois ; soit une augmentation de 4 à 6 % des coûts de production.
Autre sujet crucial : la hausse des prix de l’essence et du gasoil survenue en avril 2010 à raison de 4,1 et 4,5 % respectivement ; soit une augmentation de 28,7 et 29,5% depuis fin 2008.
Autre indicateur essentiel, l’indice chinois des prix à la production (I.P.P.), qui affichait en décembre 2009 une tendance baissière, s’inscrit de nouveau à la hausse et a même augmenté de 6,8 % en avril 2010. Enfin, l’indice des prix de produits de base « Economist Commodity-Price Index » indique que les prix des métaux étaient, fin avril, en hausse de plus de 120 % par rapport aux niveaux plancher atteints fin février 2009. Les prix des alliages d’aluminium, du coton et de la pâte à papier ont également augmenté.
Part locale et pression sur le yuan
L’étude du HKTDC constate également une augmentation de la part locale -- à savoir que la part de coûts de production réglés en yuan par les entreprises hongkongaises produisant sur le continent chinois -- est passée d’une moyenne de 30 % il y a quelques années à 48,9 %. L’appréciation de la monnaie chinoise leur pose un problème majeur.
D’après Mme Yau, alors que le marché mise pour l’année prochaine sur une valorisation progressive du cours du yuan de l’ordre de 3 % à 5 %, l’augmentation de la part locale implique qu’une réévaluation de 5 % par rapport au dollar américain se traduirait par une hausse de 2,5 % des coûts de production.
Transfert de coûts et compétitivité pérenne
Après un fléchissement tout au long de l’année 2009, l’indice des prix à l’exportation du continent chinois a renoué avec la croissance en mars 2010. Le recul des prix à l’importation de produits en provenance des États-Unis a également subi un brusque coup de frein au cours des derniers mois.
Malgré tout, la contribution des exportations de produits fabriquées en Chine au commerce international ne cesse d’augmenter, passant de 4,7 % en 2000 à 12,7 % en 2008. Ceci prouve que la compétitivité de la Chine continentale en tant que centre de production n’est pas uniquement une question de coût.
Cette compétitivité est également mise en lumière par la deuxième étude du HKTDC : « The Competitive Supply Chain: China v Arising Asia » qui se livre à une comparaison entre les fournisseurs chinois et ceux du reste de l’Asie, tout en étudiant dans quelle mesure les pays producteurs émergents assurent une complémentarité par rapport au continent chinois en termes de production de biens à fort coefficient de main d’œuvre et à quel degré l’Asie est en voie de devenir un réseau de producteurs.
Les pôles de production asiatiques
Il ressort de l’étude que la hausse des coûts de production sur le continent chinois a poussé les acheteurs étrangers à repenser leur stratégie et à envisager leurs achats de biens à fort coefficient de main d’œuvre auprès de fournisseurs asiatiques bénéficiant de coûts salariaux moindres. Ainsi, le Vietnam exporte essentiellement des vêtements, meubles et chaussures vers les États-Unis. En 2009, ces catégories représentaient d’ailleurs 63 % de toutes les importations américaines en provenance du Vietnam tandis que plus de 90 % des importations américaines en provenance du Cambodge et du Bangladesh portaient sur des vêtements.
Mais même si l’on constate une progression des exportations de certains pays producteurs asiatiques, leur part de marché à l’échelle internationale reste, en valeur relative, encore très loin derrière celle de la Chine continentale. À titre d’exemple, les exportations du Vietnam vers les États-Unis et l’Union européenne ont certes progressé de respectivement 18,8 % et 9,3 % entre 2006 et 2009 mais leur part sur ces mêmes marchés ne représentent que 0,9 %.
La hausse des coûts de production en Chine a également incité les producteurs à restructurer leur organisation de manière à pouvoir tirer parti des tarifs de main d’œuvre relativement bas pratiqués dans les régions intérieures du continent ainsi que dans d’autres pays asiatiques ; notamment pour la fabrication de produits de masse et d’articles à bas prix. La fabrication de produits à plus forte valeur ajoutée et de plus haute complexité reste toutefois dans la région du Delta de la rivière des perles.
Au-delà du facteur prix
Monsieur Billy Wong, également économiste au HKTDC, fait valoir que la compétitivité de la Chine reste solide en dépit de la hausse de ses coûts de production, en ce sens que la production moyenne par travailleur y est nettement plus élevée qu’au Vietnam, au Bangladesh ou au Cambodge. Et de préciser que « les producteurs chinois bénéficient de pôles d’activité industrielle bien développés offrant un accès facile à l’approvisionnement en amont ainsi que d’infrastructures essentielles de transport et d’expérimentation. Tous ces éléments ne sont pas uniquement des moteurs d’efficacité mais raccourcissent également les délais de livraison. »
Et Monsieur Wong d’ajouter que l’appareil productif chinois travaille également en coopération avec d’autres pôles asiatiques émergents bénéficiant de faibles coûts de main d’œuvre afin de former un vaste réseau de production voué à desservir les marchés étrangers.
Pérennité de la compétitivité
Dans le cadre de l’étude, le HKTDC avait demandé à des producteurs de noter la compétitivité (les principaux critères étant les coûts de main d’œuvre et d’approvisionnement) de plusieurs pôles d’activité industrielle. Au classement final, les cinq régions dominantes étaient toutes sur le continent chinois. Le Delta de la rivière des perles et le Delta du fleuve Yangtze occupaient les premières marches du podium, suivis des zones de la province du Guangdong situées en dehors du Delta de la rivière des perles ainsi que des provinces intérieures à la périphérie du Guangdong et enfin du Golfe de Bohai. Parmi les entreprises envisageant l’établissement de nouvelles usines dans les trois prochaines années, 46 % plébiscitaient le Delta de la rivière des perles contre 6,2 % qui déclarèrent envisager une implantation au Vietnam.
Même si la production de biens à fort coefficient de main d’œuvre et de produits à demande élastique est susceptible d’être délocalisée vers d’autres pays asiatiques, aucune économie n’a la carrure nécessaire pour se substituer à la Chine dans un avenir proche conclut le rapport. Pour ce qui est de la fabrication de biens à valeur ajoutée et de produits sophistiqués, les avantages du continent chinois en termes de qualité, de productivité et de R&D lui permettront de conforter sa place dans la chaîne mondiale de l’offre.
Voici une initiative importante de combinaison de forces multiples pour empêcher l’inscription dans la Constitution Française de l’obligation de soumission du budget national et plus particulièrement des budgets sociaux à la validation de la Commission Européenne.
La C.G.T. Finance s’est associée à cette initiative. Pourquoi pas la FILPAC et LA CGT toute entière ???
La recherche de perspectives alternatives au libéralisme appelle à la convergence de toute les forces politiques, sociales et simplement citoyennes !
Ou bien comme en 2005 pour le référendum sur la constitution européenne, faudra t il s’attendre à de longs atermoiements pour que la CGT se positionne.
L’indépendance syndicale n’a rien à craindre de contribution lucide et volontaire à une cause commune qui ne pourra être menée à bien de façon dispersée.
Aujourd’hui en Europe le syndicalisme a lui seul n’est pas en mesure d’assumer seul un tel combat. Et encore faudrait il qu’il soit plus que majoritairement, sur la même longueur d’onde !
Il serait dangereux de se laisser aller à un excès de confiance en pensant que dans les conditions actuelles Le Congrès (réunion des députés et sénateurs) qui pourrait être réunit pour l’affaire à la rentrée, rejettera facilement la proposition sarkosienne. On a tous en mémoire l’attitude des élus sociaux libéraux sur le traité de Lisbonne …
Il me semble et même si la tenue du Viième congrès de la Filpac va occuper naturellement le débat des syndiqués et des syndicats, cette question de la constitutionnalisation de la soumission aux marchés ne saurait attendre.
Bien fraternellement,
Un comité de liaison sur la politique de l’Union Européenne
Contrer la constitutionnalisation du libéralisme économique
Un comité de liaison sur la politique de l’Union Européenne et notamment la question des dettes et des spéculations sur les marchés financiers, a récemment vu le jour.
C’est en soit un fait remarquable puisque ce cadre unitaire n’existait plus depuis trop longtemps en France sur les questions européennes. Associant élus, syndicats, associations et organisations politiques, il a aussi la particularité d’unir des types d’organisations qui n’ont pas toujours cette habitude de travailler ensemble : ATTAC, CGT-Finances, FASE, Fondation Copernic, GU, Les Alternatifs, Marches européennes, MPEP, NPA, PCF, PCOF, PG, Union syndicale Solidaires
Ce comité de liaison vient de publier un texte intitulé « Non à la soumission aux marchés financiers Les peuples ne doivent pas payer leur crise ! » Il se conclue notamment par un appel à une large mobilisation contre le projet de loi constitutionnelle sur l’équilibre des finances publiques, dite « règle d’or », que Sarkozy voudrait faire adopter.
Ce texte est maintenant public et il circule (voir PJ). Nous avons maintenant tous la responsabilité de le faire connaître très largement.
Ce travail sur les questions européennes à vocation à perdurer au-delà du seul combat contre la règle d’or. Il a aussi vocation à s’élargir à toutes les organisations et aux citoyens indignés. Les dettes en Europe et la spéculation invitent à une riposte politique à la hauteur de cette situation et du rapport de force nécessaire pour contrer cette proposition.
C’est pourquoi de nouvelles réunions du comité sont programmées les 6 septembre et 4 octobre. Nous insistons pour obtenir des réponses de la part du PS, d’EELV et de la CFDT, qui n’ont pas donné suite à nos sollicitations à ce jour.
A l’origine de ce rassemblement, les 3 députés FASE qui, dans une lettre adressée début juin à toutes les organisations et aux députés du groupe GDR, rendue publique dans la presse, ont souhaité alerter l’opinion publique sur les manœuvres du gouvernement visant à constitutionaliser la rigueur budgétaire à travers cette règle d’or.
Ci-dessous, un résumé pour tenter de saisir d’où vient cette « règle d’or », plus exactement ce projet visant à inscrire la rigueur budgétaire dans la constitution.
1)La partie commence en 2010 à Bruxelles.
Les Etats membres de l’UE approuvent en 2010 le « semestre européen ». Il s’agit d’une procédure qui a pris effet en 2011 et qui consiste à renforcer la surveillance des budgets nationaux. Ainsi, avant même que le budget ne soit discuté dans son Parlement national, chaque Etat membre devra dorénavant le présenter à la Commission et au Conseil qui émettront commentaires et propositions.
Toujours en 2010 la Commission propose un paquet de 6 propositions législatives pour une nouvelle gouvernance économique européenne. Il s’agit de mécanismes qui encadrent très strictement les budgets nationaux et mettent en place des procédures de surveillance de ces budgets et des sanctions financières pour les mauvais élèves. Ce paquet gouvernance a été approuvé par le Parlement européen en juin 2011.
Parallèlement, le Conseil approuve en mars le Pacte pour l’Euro Plus dans lequel les Etats s’engagent à présenter chaque année des mesures concrètes pour tendre vers les objectifs énoncés dans le pacte. Ce pacte met l’accent sur la compétitivité des Etats et des entreprises, ce qui entraine une pression inacceptable sur les salaires et la protection sociale.En effet, les variables d’ajustement sont clairement précisées : les salaires seront très surveillés avec un CUM (coût unitaire de la main d’œuvre) qui sera l’objet de toutes les attentions puisque « les augmentations des salaires pourraient provoquer une érosion de la compétitivité ». Les salaires dans la fonction publique devront aussi être comprimés. Autre variable d’ajustement : les « charges » des entreprises : impôts, cotisations… Les Etats devront aussi « ouvrir davantage les secteurs protégés ». Et en matière d’emploi, le seul principe acté est d’aller vers plus de flexibilité sur le marché du travail. Enfin, c’est la protection sociale (retraite, santé) qui est aussi définie comme un frein à la compétitivité. Le pacte préconise ainsi de poursuivre partout l’allongement du temps de travail et le report des départs en retraite.
Ce pacte Euro Plus vient clairement renforcer les contraintes déjà épouvantables du Pacte de Stabilité et de Croissance.
Par conséquent, il s’agit de faire supporter un effort immense sur les salariés afin, non pas de promouvoir l’intérêt général mais protéger les intérêts des financiers et des actionnaires. Exactement les recettes qui ont provoqué leur crise.
2)« la règle d’or »
Dans l’optique de cette nouvelle gouvernance économique, le gouvernement français, comme le font les autres gouvernements européens, propose une loi constitutionnelle relative à l’équilibre des finances publiques autrement nommée « règle d’or ». Voici ce qui est écrit dans l’exposé des motifs du projet de loi (j’ai moi-même surligné certains passages) :
« Dans le cadre proposé par le groupe de travail de Michel Camdessus, le Gouvernement propose d’inscrire dans notre Constitution trois séries de dispositions de nature à modifier de manière radicale la gouvernance de nos finances publiques.
Il s’agit, tout d’abord, de créer un instrument juridique nouveau, les « lois-cadres d’équilibre des finances publiques » dont les dispositions auront pour objectif, à un horizon pluriannuel défini, d’assurer l’équilibre des comptes des administrations publiques. A cette fin, ces lois-cadres pluriannuelles s’imposeront, dans certaines de leurs dispositions, aux textes financiers ordinaires annuels (lois de finances et lois de financement de la sécurité sociale).
Ces dispositions, combinées à des prévisions d’évolution des comptes des autres secteurs des administrations publiques ainsi qu’à des hypothèses économiques soumises au principe de sincérité, permettront de voter une date de retour à l’équilibre des finances publiques et, en cohérence, d’établir l’effort à réaliser sur une période fixe d’au moins trois ans, effort qui s’imposera aux lois de finances et lois de financement de la sécurité sociale. Sur le long terme, cette approche permettra un rééquilibrage durable de nos comptes publics, un déficit temporaire devant en effet être accompagné de la définition des voies et moyens d’un retour à l’équilibre.
Il s’agit ensuite d’assurer juridiquement le monopole des lois de finances et des lois de financement de la sécurité sociale pour régir le domaine de la fiscalité et celui des recettes de la sécurité sociale.
Enfin, il est proposé d’inscrire dans la Constitution le principe d’une transmission systématique à l’Assemblée nationale et au Sénat des programmes de stabilité, avant qu’ils soient adressés à la Commission européenne dans le cadre du volet préventif du Pacte de stabilité et de croissance. »
En clair, avec le Semestre européen, le Paquet pour une nouvelle gouvernance économique et le Pacte pour l’Euro Plus, il s’agit de constitutionnaliser la rigueur budgétaire donc de soustraire du débat politique les orientations économiques du pays : ce sera le libéralisme ou rien du tout.
C’est écrit noir sur blanc (passages surlignés : « ces nouvelles lois cadres s’imposeront aux lois de finances ») : tout est dit.
Début juillet, les 2 chambres, Assemblée et Sénat, ont réussi à s’accorder sur le même projet de loi. C’est la première étape indispensable pour une modification de la constitution. Pour qu’il soit adopté, un projet de loi constitutionnelle doit ensuite être approuvé en Congrès, c’est à dire par les 2 chambres réunies. Et il doit être approuvé par au moins les 3/5ème des parlementaires présents. Pour atteindre les 3/5, le gouvernement doit compter sur des votes de parlementaires socialistes ou sur l’absence de quelques-uns puisque la droite est majoritaire au Sénat et à l’Assemblée mais n’atteint pas à elle seule les 3/5ème de l’ensemble des Parlementaires.
3) Des suites à prévoir
De nouvelles réunions du comité sont programmées les 6 septembre et 4 octobre. Il a en effet vocation à s’élargir à toutes les organisations et aux citoyens indignés.
Les dettes en Europe et la spéculation invitent à une riposte politique à la hauteur de cette situation.
Cela appelle un effort de diffusion par tous les collectifs de ces informations au sujet de cette initiative.
A la CAF de Nancy, on est viré pour « insuffisance professionnelle », à moins d’abattre du dossier. Une employée raconte
Dorothée aime son job de technicienne conseil à la Caisse d’allocations familiales (CAF) de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Tous les jours, elle contrôle et gère les droits d’allocataires. Ce n’était pas une vocation, certes, mais au fil des années passées là-bas, elle a appris à aimer. D’ailleurs, elle me le répète plusieurs fois, pour ne pas que j’oublie de le mentionner. Plus que tout, elle ne veut pas que son témoignage soit un règlement de comptes. Dorothée veut seulement que les gens sachent. C’est tout.
A la CAF de Nancy, quatre salariés sont actuellement en procédure de licenciement pour « insuffisance professionnelle ». Jeudi 7 juillet, Dorothée s’est mise en grève 55 minutes, comme la moitié de ses collègues. Par solidarité, mais aussi pour protester contre une politique du chiffre qu’elle estime inhumaine. Quand elle me contacte la première fois pour publier son témoignage, elle est plutôt directe :
« Moi aussi, je suis incompétente. »
Ce mardi matin, l’accueil de la CAF était fermé. Ils ne sont plus 150 grévistes comme le 7 juillet mais le mouvement devrait se poursuivre, au moins jusqu’à la décision finale. Pour Dorothée, gréviste ou pas, tout le monde se sent concerné, parce que c’est quotidiennement que la hiérarchie laisse planer la menace d’une rétrogradation ou d’un licenciement, pour « insuffisance professionnelle ».
Des accusations sans fondement pour Philippe Debié, directeur adjoint de la CAF de Nancy. Joint par Rue 89, il reconnaît certes un souci de productivité de plus en plus important, mais rejette l’idée d’un harcèlement quotidien :
« Nous avons un principe : lorsqu’un employé a passé sa période de probation, on ne le licencie pas, même s’il a de grosses difficultés. Avant, nous étions plus indulgents. Mais avec les réductions de personnel qui nous sont imposées, on a haussé notre niveau d’exigence. »
« Rappeler des objectifs, ce n’est pas du harcèlement »
Dorothée doit traiter jusqu’à 35 dossiers par jour, ce qu’elle juge comme une incitation à bâcler son travail. Là, elle en est à 27 dans ses bons jours. Trop loin des objectifs fixés, mais suffisamment proche de l’incompétence pour laquelle ses quatre collègues techniciens conseil – qui en sont à une vingtaine en moyenne – risquent d’être évincés.
Chaque matin, en arrivant au bureau, elle a peur que ses responsables finissent par la démasquer en se penchant sur ses résultats. Elle s’estime chanceuse d’échapper encore à « l’audit humain », fait d’entretiens et de rappels à l’ordre quotidiens, si violents, si humiliants. Là encore, Philippe Debié ne comprend pas :
« Rappeler des objectifs à son personnel, ce n’est pas du harcèlement. »
On s’y bat pour les dossiers les plus simples, les plus rapides
Mes premiers échanges avec Dorothée se font par e-mail. C’est un ami à elle qui prend d’abord contact avec nous, seul moyen qu’il a trouvé pour la convaincre de témoigner. Il a peur pour elle, et pour cette CAF, qu’il estime tout près d’un scénario similaire à celui de France Télécom.
Trois jours plus tard, elle prend le relais, sous le pseudonyme de Dorothée. Elle accepte de parler de pression, de harcèlement et des idées reçues aussi. Non, un technicien conseil n’est pas fonctionnaire. Il a un CDI, et peut « aussi sauter ». En fait, il travaille pour le service public, mais au sein d’une structure privée. Et non, leur travail n’est pas si simple.
A cause de la culture du chiffre, les employés se battent entre eux pour les dossiers les plus simples et les plus rapides. Pour rester dans la course, ne pas se laisser distancer. Tant pis pour les allocataires aux cas plus problématiques, et l’esprit d’équipe. Ici, c’est du chacun pour soi déplore-t-elle. Chaque employé s’isole et finit par voir son collègue comme un concurrent, un ennemi.
« A moyen terme, c’est une mesure rentable pour tout le monde »
« Rien ne va plus », disent les plus anciens du service. Les employés les plus âgés craquent, jusqu’à pleurer parfois. Ils n’arrivent plus à supporter les cadences et les changements incessants de « process ». Le bruit court que les objectifs seront revus à la hausse tandis que beaucoup réclament plus d’effectifs pour satisfaire les allocataires. Philippe Debié tempère :
« On nous impose des réductions d’effectifs. Un employé sur deux n’est pas remplacé. La direction ne peut pas faire autrement. »
Dorothée ne sait pas trop. Il y a tellement de rumeurs. Mais comment faire quand la plupart des techniciens conseil ne réalisent pas les objectifs ? En plus, si quatre d’entre eux partent, il faudra les remplacer. En septembre, dit la direction :
« A court terme, oui, il y aura plus de travail pour les autres. Mais s’ils ne sont pas performants, ils pénalisent déjà leur service. Donc à moyen terme, c’est une mesure nécessaire et rentable pour tout le monde. »
La jeune femme appréhende le stress. Qui les formera ? Qui les encadrera ? Quand Dorothée a fait sa formation il y a quelques années, ils étaient à peine une dizaine d’apprentis. Aujourd’hui, ils sont en moyenne une trentaine.
Les allocataires aussi pètent les plombs
Les allocataires sont les premières victimes. Il y a ceux qui prennent leur mal en patience, et d’autres qui pètent les plombs. Il arrive que des écrans d’ordinateurs volent à travers la pièce, ou que des mécontents menacent de revenir plus tard, à la fermeture.
La CAF peut déposer plainte. Mais le mal est fait, avec l’impression pour la jeune femme que son métier a perdu toute son essence. Le ras-le-bol, des deux côtés.
L’« insuffisance professionnelle », motif fourre-tout pour licencier ?
Dorothée assure que deux des quatre salariés en procédure de licenciement partiront, quoi qu’il arrive. Et jure que la direction ment quand elle dit qu’au bout d’un an de formation et de six mois de stage probatoire ensuite, elle n’a pas décelé leur « insuffisance professionnelle ». Pourquoi attendre la fin de leur stage pour leur signifier qu’ils ne font pas l’affaire ?
Philippe Debié considère au contraire que la procédure est normale :
« Nous n’avons plus droit à l’erreur. Nous avons renouvelé leur période probatoire de trois mois, ce qui est en soi un signal. »
« De toute manière, au bout de ces six mois, la plupart n’atteignent pas les objectifs fixés », assure Dorothée. Elle le sait car elle est aussi est passée par là. L’apprenti technicien conseil est sur le terrain. Il traite des dossiers, comme les autres. Moins certes, mais il est productif. Alors, comme elle l’entend ici et là par des collègues, il se pourrait que l’« insuffisance professionnelle » soit en réalité le motif fourre-tout qui permette de licencier.
Vendredi 15 juillet, Dorothée reprend contact avec moi. Pas de grève aujourd’hui. Mais un collègue d’une autre unité lui dit entre deux portes que pour l’un des quatre employés en procédure de licenciement, c’est un clash avec la direction qui serait à l’origine de sa situation. La pomme de discorde : les primes.
Des primes au copinage ?
L’attribution des primes se fait par des points de compétence. Chaque service a à sa tête un responsable d’unité, et un quota de points qui déterminent le montant des primes annuelles pour l’équipe. Dans la majeure partie des cas, Dorothée souligne que la répartition se fait au copinage avec le chef, de telle sorte que les mêmes touchent toujours des primes quand les autres se sont résignés.
Les plus frustrés emmagasinent les preuves pour prouver toute l’injustice de la démarche. « Ils n’ont tout simplement pas réalisé leurs objectifs », avance la direction, relayée par Philippe Debié :
« Avant l’octroi de primes, il y a une fiche qui motive l’attribution par le responsable avec des critères bien précis validés par la direction. C’est tout simplement inconcevable. Mais je peux comprendre que sous le coup de la déception, certains employés réagissent comme ça, et disent ce genre de choses. »
Dorothée n’en touche pas. A son rire, je comprends qu’elle s’est résignée. Elle fait 39 heures par semaine, pour un peu plus du Smic, sur 14 mois. Les objectifs et l’exigence ne la dérangent pas. Le salaire non plus d’ailleurs. Et quand son ami lui dit de chercher ailleurs, elle est réticente. Elle aime bien son job. Le plus paradoxal est qu’elle assure que la majorité de ses collègues sont motivés. Chaque jour, ils ont l’espoir que les choses changent.
Tout en haut, la direction reste inflexible. Même durant la grève, où elle aurait qualifié les doléances de son personnel de « fantasmes ». Dorothée n’en veut pas à ses supérieurs personnellement. C’est le système qu’elle dénonce. La direction, elle, ne fait qu’appliquer.
Photo : le plus grand classeur du monde, Burlington, Vermont (Etats-Unis), mars 2000 (redjar/Flickr/CC).
Joseph Niemiec, secrétaire général adjoint de la CES
« Sarkozy s’est aligné sur les positions de Merkel »
Dans une interview à l’Humanité, le secrétaire général adjoint de la Confédération européenne des syndicats dénonce les dangers de l’austérité.
Entretien réalisé par Clotilde Mathieu
Quelle est votre réaction face à ce nouvel épisode de la crise européenne ?
Joseph Niemiec. Cet épisode n’a rien de surprenant, ni même d’étonnant. Dès le début de la crise, nous savions que, même si les gouvernements ont calmé un peu la situation en aidant le secteur financier, la crise allait se poursuivre. L’austérité comme solution à la pression des marchés, ce n’est pas seulement mauvais pour les gens, c’est mauvais pour l’économie. C’est même le mécanisme qui est à l’origine de la crise aujourd’hui et qui risque de nous faire replonger dans une nouvelle crise.
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, lors de leur rencontre, ont annoncé de nouvelles mesures pour calmer les marchés, et notamment de voir dans chaque pays l’instauration d’une « règle d’or ». Cette réponse vous paraît-elle appropriée ?
Joseph Niemiec. Nicolas Sarkozy s’est finalement aligné sur la vision d’Angela Merkel, avec deux approches contracycliques. Le refus de la solidarité avec le rejet des euro-obligations et l’austérité à tout prix avec la « règle d’or ». Il y a des pays où cette règle existe dans la Constitution et cela n’a pas changé le problème. Ce n’est pas une solution à la crise. C’est pourquoi depuis le début nous avons réagi de manière très ferme en organisant des euromanifs contre l’austérité. La priorité est de trouver des moyens aux états pour investir dans la création d’emplois, dans la formation, pour défendre l’industrie européenne, à un coût acceptable pour la population, sans pénaliser ceux qui sont dans la difficulté.
La création d’euro-obligations fait partie de vos principales propositions vers une sortie de crise. Pourquoi ?Joseph Niemiec. Les états ont besoin de financer leur fonctionnement essentiel : leurs dépenses de santé, d’éducation, de transports. Lorsqu’un pays se retrouve comme la Grèce à payer des intérêts d’emprunt de plus de 10 %, cela devient totalement insoutenable. Dans cette situation très fragile, il faut une mesure de solidarité européenne qui permette aux pays de se financer quelles que soient leurs réalités économiques. Grâce à cette facilité, les pays pourront financer et développer l’investissement pour aller vers une croissance durable, à condition que cette mesure en appelle d’autres.
Lesquelles ?Joseph Niemiec. Il y a besoin de trouver d’autres sources de financement pour soutenir la relance et défendre le modèle social européen. La taxation sur les transactions financières est l’une d’entre elles. Cette taxe a deux avantages. D’un côté, elle permet de dégager de nouvelles ressources pour financer l’investissement. De l’autre, elle freine la spéculation. Un autre chantier serait celui de l’évasion fiscale en luttant contre les paradis fiscaux. Il y a un véritable travail à enclencher afin d’organiser à l’échelle de l’Union européenne une harmonisation fiscale. La régulation du secteur financier et des agences de notation est un des points sur lesquels l’Europe doit déboucher. Même si tout le monde en voit l’utilité aujourd’hui, de grosses difficultés à trouver des instruments adéquats et à les mettre en œuvre persistent.
Quel est le sentiment des salariés face à cette crise et aux réponses apportées ?Joseph Niemiec. Il y a avant tout un sentiment d’injustice. Alors qu’ils n’étaient pas à l’origine de la crise, ce sont les salariés qui, au travers des pertes d’emplois, des baisses de salaires, des craintes quant à l’avenir de leur pension, en paient les frais. Malgré ce qu’on a voulu nous faire croire, c’est bel et bien le secteur financier, la spéculation et le manque de régulation qui nous ont entraînés dans la crise et à gonfler les déficits publics.
Plutôt que d’être résignés, je vois une opposition très ferme des salariés, et pas uniquement en Grèce. Dans d’autres pays, la mobilisation sociale est importante. En Europe centrale, il y a eu une série de mobilisations qui ne s’est toujours pas arrêtée. En Roumanie, en Hongrie, en Slovaquie, les salariés ont manifesté contre les mesures d’austérité mais aussi contre les attaques du système social avec, par exemple, le système de négociation collective. Il y a une opposition parce que les travailleurs pourraient nous reprocher de rester trop timides au moment où il faut exprimer clairement ces opinions pour éviter le pire. L’organisation d’une nouvelle euromanifestation, cette fois-ci à Wroclaw, en Pologne, le 17 septembre, à l’occasion de la rencontre des ministres des Finances européens, va dans ce sens.
Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA prennent acte de la démarche du gouvernement : annonces du Premier Ministre et rencontres bilatérales en suivant, avec les organisations syndicales d’ici le 30 août.
Elles décident de reporter la rencontre intersyndicale initialement prévue ce jour(24/08/11) à 17h00, au jeudi 1er septembre à 18h00 au siège de la CGT pour envisager les suites à donner visant, comme elles l’ont décidé le 18 août, à préciser leurs analyses et leurs objectifs, à débattre avec les salariés des solutions à apporter et à organiser avec eux l’action pour faire pression sur le Gouvernement et le Patronat.
Le papetier souhaite ainsi se restructurer pour repartir de l’avant
Confrontées à des conditions de marché particulièrement difficiles, les Papeteries les Chatelles, un producteur français de papiers basé dans les Vosges, à Raon l’Etape, ont déposé le bilan et disposent désormais de 6 mois pour se réorganiser et repartir de l’avant.
Créées en 1871 et employant 93 collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 29 millions d’euros, les Papeteries les Chatelles comptent sur de nouvelles gammes de papiers et des produits innovants afin de passer ce cap difficile.
Egalement sur l’amélioration de leur productivité par la mise en oeuvre de nouveaux équipements industriels en cours d’installation.
Société familiale, les Papeteries les Chatelles disposent d’une capacité de production annuelle de 50 000 tonnes de papier impression écriture, qu’il s’agisse de papiers bureautique, de papiers d’imprimerie que de papiers beaux Arts.
Le Cofepac (Comité Français de l’Emballage Papier-Carton) a publié les résultats de sa dernière étude semestrielle.
L’accélération de l’économie mondiale s’est poursuivie durant les premiers mois de 2011 conduisant à une révision à la hausse des prévisions de la croissance mondiale à environ 4,5%. Cependant, cette reprise économique est restée inégale : très vigoureuse dans la plus grande partie des pays émergents (notamment en Chine où la production industrielle continue de croître sur un rythme supérieur à 10%), d’un bon niveau dans les principaux pays avancés, mais avec de très fortes disparités et des interrogations sur la durabilité dans certains pays, États Unis notamment.
La zone euro, quant à elle, a affiché au 1er trimestre 2011 une relative bonne santé (+0,6% t/t), en nette accélération par rapport au dernier trimestre 2010 (+0,3%). L’Allemagne a joué un rôle de locomotive (+1,5% t/t) et partage avec la France (+0,9% t/t) la surprise d’une croissance bien plus soutenue qu’anticipée. Ce n’est pas le cas de l’Italie où les résultats du 1er trimestre confirment la stagnation du PIB (+0,1% t/t) ni de l’Espagne qui affiche un modeste +0,3% (t/t).
En France, l’activité a progressé, soutenue par une hausse de la production manufacturière (+5,3% t/t), des investissements et de la croissance de la consommation des ménages un peu meilleure qu’attendue au premier trimestre (+0,3% t/t après +0,3% fin 2010). Toutefois, le second trimestre semble avoir marqué une stabilisation du fait d’une production industrielle en pallier, d’un commerce extérieur défavorable – du fait d’une glissade du dollar face à l’Euro depuis janvier – et, surtout, d’un affaiblissement de la consommation domestique.
Sur fond d’environnement mondial volatile au plan politique, les prix de l’énergie ont nettement cru depuis le début d’année et restent sous pression, essentiellement du fait d’un problème d’offre. Les autres matières de base ont vu elles aussi leurs prix orientés à la hausse et notamment celles de l’industrie papetière sur cette première moitié d’année.
Ainsi le prix de la pâte NBSK en euros (indice Foex) plafonne à des niveaux élevés, tandis que l’indice de prix des papiers et cartons récupérés (source relevé de prix Revipap) a connu une forte hausse pour atteindre un pic en mai.
Au niveau de la production française de papiers & cartons d’emballage, les industriels n’ont pas pu tirer bénéfice de ce climat positif du fait de la fermeture définitive d’un site mais aussi d’incidents sérieux et la reconstruction de machines qui ont limité leur production ; laquelle devrait décroître de près de 1% au global sur six mois, avec une stabilité des exportations (+0,5%). Cependant, des différences sensibles sont relevées selon les sortes de papiers et cartons.
En revanche, s’agissant de la transformation et la fabrication d’emballages papier-carton, l’activité a été parfaitement corrélée aux évolutions économiques positives de la période : forte sur le premier trimestre, un peu plus modérée sur le second. Sur six mois, la demande française d’emballages papier-carton devrait osciller entre +4% pour le carton ondulé et le cartonnage pliant et +7% pour le secteur des sacs et autres emballages souples.
Le tout dans un contexte haussier persistant du coût des intrants, menaçant l’équilibre économique de l’ensemble des acteurs de la filière.
DES PERSPECTIVES FAVORABLES POUR LA SECONDE PARTIE DE 2011
Les récentes prévisions économiques indiquent que l’activité économique devrait rester, d’ici la fin 2011, sur une tendance positive, même si elle pourrait connaître une relative stabilisation dans certains pays. Les économies restent toutefois exposées à des risques financiers et géopolitiques à l’exemple des tensions sur les marchés de l’énergie nées des troubles au Moyen Orient. En Europe, après un second trimestre plus « mou », les pays du Nord et la France devraient continuer de s’inscrire dans une tendance favorable, à l’inverse des pays du sud ou des iles britanniques soumis à de fortes tensions économiques et sociales.
Dans ce contexte macro-économique plutôt favorable, l’industrie française des matériaux d’emballage papier-carton et de la transformation et fabrication d’emballages, devrait voir son volume d’activité rester sur un trend positif dans les prochains mois.
Concernant le prix des matières de base et d’autres intrants (pâte, PCR, énergie, transports, produits chimiques), il est probable que ceux ci restent sous tension dans les prochains mois, sans exclure d’éventuels ajustements. D’ici la fin d’année, la vigilance reste de mise en matière de coûts et de prix.
Le groupe américain affiche d’excellents résultats financiers.
L’exercice 2011 s’annonce sous d’excellents augures pour le groupe papetier américain International Paper, comme semblent le démontrer ses comptes trimestriels publiés en milieu de semaine dernière.
Le groupe dirigé par John Faraci annonce ainsi une croissance de son chiffre d’affaires de 8.6% à 6.65 milliards de dollars, légèrement au dessus des attentes, pour un bénéfice net plus que doublé de 224 millions.
Pour la direction du groupe papetier qui n’annonce aucune prévision pour l’année 2011, cette situation est principalement dûe au fait que la société serait la seule du secteur à disposer d’une réelle couverture internationale, mais aussi au fait qu’elle disposerait d’une gamme particulièrement large.
Si toutes les activités du groupe américain s’affichent en croissance, il n’en est pas de même en terme de résultat opérationnel.
Celui des papiers d’imprimerie s’envole ainsi littéralement (+500% à 243 millions), porté par les hausses tarifaires, tout comme celui des emballages industriels qui affiche une croissance confortable de 40% à 269 millions. Dans le domaine de la distribution cependant, il se réduit à peau de chagrin (4 millions), quand les emballages pour la grande consommation affichent une perte de 33 millions.
Dans ce contexte porteur, International Paper vient d’annoncer son développement aux Indes, avec l’acquisition de 75% du capital de l’un des tous premiers groupes papetiers indiens, la société Andhra Pradesh Paper Mills Limited (APPM).
APPM dispose d’une capacité de production de 250 000 tonnes de papier non couché au travers de deux usines à papier, qui emploient 2500 salariés.
La direction opérationnelle d’APPM continuera à être assurée par les anciens propriétaires de la société, en l’occurence la famille Bangur, International Paper créant une filiale, International Paper India afin de gérer cette participation.
C’est un rapport officiel, demandé par François Fillon, de l’Inspection générale des finances qui le dit. Une dizaine d’analyste ont passé au crible les niches fiscales, et il est sans appel.
Le rapport de 6.000 pages de l’Inspection générale des finances que s’est procuré Le Figaro, dit que sur les 470 niches fiscales et les 68 niches sociales qu’il y a en France, 19% sont totalement inutiles. Ce qui représente 11,7 milliards de manque à gagner annuel. Et 47% d’entre elles sont jugées peu efficaces, soit 28 milliards d’euros de recettes en moins par an.
L’une des principales niche mise en cause est l’abattement de 10 % sur le montant des pensions et des retraites pour le calcul de l’impôt sur le revenu. Une mesure qui coûte 4,3 milliards d’euros à l’Etat chaque année, et qui ne serait plus adapté. On peut citer aussi les niches sur l’outre-mer (4,7 milliards de coût) ou la loi Scellier. A noter que le rapport reste prudent quant à la TVA à 5,5 % sur la restauration et dit qu’il faudrait vérifier la qualité des emplois créés avant de se prononcer.
Globalement, ce sont les niches dont le seul intérêt est de faire plaisir à des lobbys, ou celles qui datent trop (la niche sur les indemnités de stage date de 1958) qui sont pointées du doigt. Quant aux plus efficaces, leur suppression ferait perdre en 10 ans 1,1 point de PIB et 145000 emplois.
«Pour nous, la note, ce n’est pas un Triple A, c’est un Triple Zéro». Bernard Thibault, qui faisait ce vendredi sa rentrée devant la presse, a livré en ces termes l’évaluation faite par la CGT de la politique gouvernementale face à la crise.
Pour le secrétaire général de la première centrale syndicale française, qui doit être reçu lundi après midi par François Fillon, le paquet de mesures de «rigueur» annoncé mercredi «s’inscrit dans la droite ligne des réformes précédentes», telles celle des retraites ou la Révision générale des politiques publiques. Il rejoint les plans adoptés ailleurs en Europe, une Europe «plongée dans la pire des situations depuis plusieurs décennies avec plus de 23 millions de chômeurs», et où «la seule réponse des dirigeants repose sur l’adoption de mesures d’austérité, la pression sur les salaires, la réduction des services publics, de la sécurité sociale, des pensions, un durcissement des conditions de travail et de vie».
«Il ne peut y avoir de consensus sur de telles bases», a tranché le leader de la CGT, évoquant les mesures Fillon, qu’il s’agisse d’une taxation des plus riches relevant «uniquement de la symbolique politique», du maintien du dogme de la suppression d’emplois dans la fonction publique, de l’accès aux mutuelles santé rendu plus onéreux… «Il peut y avoir «front commun» pour s’attaquer aux marchés financiers, ajoute-t-il, mais certainement pas pour leur obéir et faire passer la pilule auprès des salariés». Quant à la «règle d’or» de l’équilibre budgétaire que Nicolas Sarkozy voudrait voir inscrite dans la Constitution, ce n’est rien d’autre qu’une «supercherie qui se transformerait en règle de plomb pour amplifier les réformes antisociales». Au demeurant, pour la CGT, qui récuse ainsi l’analyse de fond de la situation faite par le gouvernement, la crise ne trouve pas son origine dans un «dérapage des dépenses publiques», mais dans «l’effondrement des recettes». Il y aurait d’ailleurs, si on le voulait, «beaucoup de ressources supplémentaires à collecter» pour l’Etat, fait valoir Bernard Thibault. Une réforme «en profondeur» de la fiscalité, sur le revenu comme sur les sociétés, fait partie de la dizaine d’ «exigences» portées par le syndicat en cette rentrée, et qui devraient être «autant d’axes de campagne dans les entreprises, les professions, les territoires» (voir encadré).
Car, pour la CGT, la mobilisation des salariés est, bel et bien, d’ores et déjà à l’ordre du jour. «Le monde ne s’arrête pas de tourner parce qu’il y a des élections présidentielles dans 9 mois», «la situation appelle une intervention forte des salariés» a noté le leader du syndicat. Avant d’indiquer que, «à l’unanimité», les responsables des fédérations professionnelles et des unions départementales, réunies jeudi en assemblée générale, se sont prononcés «pour que l’intersyndicale s’oriente sur l’organisation d’une journée de mobilisation interprofessionnelle au début octobre avec l’organisation de manifestations et la mise en débat de grèves décidées dans les entreprises avec les salariés». L’intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires) doit se réunir le 1er septembre. Bernard Thibault estime qu’il y a «de fortes probabilités» pour que cette réunion débouche sur la décision d’une action commune. Il y a des «contacts réguliers», «les avis progressent», a-t-il noté.
Les 10 exigences pour la rentrée
1. «Conditionner toute aide publique au respect de critères portant sur l’emploi, les politiques salariales des entreprises et donner des moyens d’intervention aux salariés sur le bienfondé et l’usage de ces aides».
2. «Supprimer les exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires».
3. «Agir sur les salaires dans le privé et dans le public. Nous revendiquons l’iouverture immédiate des négociations annuelles obligatoires par anticipation au titre de 2012».
4. «Développer les politiques publiques et notamment donner les moyens indispensables aux politiques d’éducation, de santé, de recherche.»
5. «Stopper les suppressions d’emplois, voire créer de nouveaux postes dans la fonction publique et les services publics».
6. «Contraindre les entreprises à examiner sérieusement toutes les alternatives aux licenciements en élargissant les pouvoirs d’intervention des salariés et de leurs représentants dans leur entreprise, leur groupe, voir leur filière d’activité».
7. «Réformer la fiscalité en profondeur. Améliorer la progressivité de l’impôt sur le revenu, créer de nouvelles tranches pour les hauts revenus. Augmenter l’Isf. Supprimer les niches fiscales inutiles. Taxer et/ou soumettre à cotisation tous les revenus sans distinction (…). Transformer l’impôt sur les sociétés. Il pourrait augmenter pour les entreprises qui utilisent leurs bénéfices pour capitaliser ou verser de gros dividendes et baisser pour les entreprises qui embauchent, augmentent les salaires, investissent dans l’outil de travail, la recherche, la préservation de l’environnement…»
8. «Créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédits à taux réduits pour favoriser l’investissement productif».
9. «Au plan européen et international, taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux».
10. «Mettre en place un fonds européen de solidarité sociale et de développement économique».
Depuis le 10 juillet la papeterie de Turkheim a un nouveau propriétaire, qui espère faire redémarrer l’activité en novembre. Restent à régler rapidement deux problèmes : l’acquisition de l’outil de production, et le prix d’achat de la matière première.
De bonnes nouvelles sont tombées cet été pour l’usine de papier à Alizay dans l’Eure menacée de fermeture à la fin septembre. Six repreneurs potentiels se sont déclarés. On parle de plusieurs grands groupes industriels mondiaux dont les noms sont tenus secrets
Six candidats repreneurs pour M-Real à Alizay
Social. La direction de la papeterie M-Real d’Alizay dans l’Eure le confirme, il y a bien six repreneurs potentiels pour le site. « Des industriels et des financiers qui ont montré leur intérêt après une visite de l’usine », précise un porte-parole de la direction de cette filiale du papetier finlandais M-Real.
Le site normand est aujourd’hui spécialisé avec quelque 330 salariés dans la fabrication 300 000 tonnes de papier en ramettes et en bobines après la fermeture de l’usine de pâte à papier du site, d’une capacité de 250 000 tonnes, en juillet 2010.
Les dossiers des candidats devront être déposés durant la première semaine de septembre, avant lecture des offres par la direction, puis soumission aux représentants du personnel.
Le choix du repreneur sera fait fin septembre au plus tard, cette date étant l’échéance retenue par le groupe papetier, lors de l’annonce de la mise en vente du site le 4 mai dernier, pour fermer l’usine s’il ne trouvait pas de repreneur.
cliquez Tract pdf de la FILPAC CGT Chapelle Darblay Grand Couronne
Avec la fermeture de ces deux sites, le papetier finlandais supprime emplois en Allemagne et en Finlande
Le leader mondial du papier pour magazines a également annoncé une réduction de ses capacités de production sur le site allemand d’Ettringen (Bavière, sud) ainsi que son intention de vendre son usine française de Stracel près de Strasbourg, dans les 12 mois à venir Ces mesures sont la conséquence directe du rachat le 2 août par UPM de son compatriote Myllykoski, une transaction de 900 millions d’euros qui lui a permis d’acquérir sept usines à papier supplémentaires en Finlande, en Allemagne et aux Etats-Unis, d’une capacité totale proche de trois millions de tonnes par an.
Ces fermetures et réductions de capacités annoncées mercredi aboutiront à une baisse de production de 1,2 million de tonnes de papier, ce qui est « significatif lorsque l’on considère que 15,5 millions de tonnes de papier ont été produites l’an dernier en Europe », a souligné l’analyste de la banque Evli, Markku Järvinen. « Avec ces mesures, nous entendons répondre au défi de la surproduction dans le secteur du papier magazine (…) et assurer une utilisation efficace de nos installations », a précisé le directeur exécutif d’UPM, Jussi Pesonen.
M. Pesonen a précisé que ces décisions ne suffiraient pas à elles seules « à résoudre » les problèmes de surcapacité du groupe, mais l’analyste Järvinen estime que ces réductions de production apporteront un soutien au prix du papier. UPM-Kymmene a annoncé début août une hausse de 75% de son bénéfice net au deuxième trimestre par rapport à la même période de 2010.
Dans un communiqué , UPM annonce une réduction de ses capacités de production de papier en Europe de 1,3 million de tonnes. Ce plan prévoit la fermeture définitive d’usines en Finlande, Allemagne et la cession de l’usine Stracel à Strasbourg.
Selon le communiqué, «La mise en œuvre du plan conduirait à une réduction d’environ 1 170 salariés en Europe. Sur la base de ce plan, UPM enregistrera au troisième trimestre 2011 une dépréciation des actifs d’environ 70 millions d’euros et provisionnera un montant d’environ 200 millions d’euros pour les coûts de restructuration. L’impact net en trésorerie des plans de restructuration sera d’environ 170 millions d’euros.»
A Strasbourg, l’usine Stracel emploie 260 personnes. Les dirigeants de UPM envisagent purement et simplement la vente ou tout autre forme de sortie de l’activité de UPM Paper Business Group. La procédure de vente devrait démarrer cet automne et être bouclée dans les douze mois à venir.
L’usine existe depuis 1936 et fait partie du groupe UPM depuis 1988. Elle produit du papier magazine couché et du papier journal spécial. Sa capacité annuelle est de 280 000 tonnes.
Le ministre des Collectivités territoriales et président du Conseil régional d’Alsace, Philippe Richert (UMP), a jugé « malvenue » mercredi dans un communiqué l’annonce de de la mise en vente de l’usine Stracel de Strasbourg par son propriétaire, le papetier finlandais UPM.
Faisant « part de son étonnement », M. Richert explique que des contacts étaient « établis depuis plusieurs mois avec les responsables du site à propos d’un projet de production à Strasbourg de biocarburants », projet pour lequel l’usine a obtenu le soutien des collectivités locales et de l’Etat dans le cadre d’un appel d’offres européen.
« L’annonce de ce jour, sans plus d’information préalable, est d’autant plus malvenue », souligne le ministre.
Leader mondial du papier pour magazines, UPM-Kymmene a annoncé mercredi la fermeture de deux sites de production, en Allemagne et en Finlande, et son intention de vendre dans les douze mois son usine de Strasbourg, dans un contexte de « surproduction dans le secteur du papier magazine ».
Les salariés de l’usine, qui emploie 260 personnes, ont débrayé pour manifester leur inquiétude.
Le président du Conseil général, Guy-Dominique Kennel, a aussi fait part dans un communiqué de sa « surprise », au regard notamment des « récents investissements » réalisés. Il a rappelé les « efforts financiers très importants » consentis par les collectivités locales « pour pérenniser cette implantation industrielle et la moderniser ».
UPM a estimé avoir de « bonnes chances » de retrouver un repreneur pour l’usine alsacienne, précisant vouloir trouver « en priorité » un acheteur dans une activité autre que le papier magazine. Une reconversion possible du site serait le papier demballage, a dit Hans Sohlström, lun des vice-présidents et porte-parole d’UPM, lors dun point de presse téléphonique.
Les atouts de la « localisation centrale en Europe » et de la modernité des installations ont permis à Strasbourg déchapper à une fermeture pure et simple, a-t-il poursuivi.
« Le repreneur, on ny croit pas trop. Convertir lusine à une autre fabrication suppose un investissement majeur. Mais le groupe +UPM+ entrouvre une porte, alors nous nallons pas la fermer », a commenté Yves Bernauer, délégué FO du site (syndicat majoritaire).
Les collectivités ont assuré les salariés de leur soutien et de leur vigilance.
Une réunion « sera très prochainement organisée entre les responsables des collectivités locales concernées et les dirigeants d’UPM-Stracel afin de préciser les conditions de (la) cession », ont annoncé la ville et la communauté urbaine de Strasbourg dans un communiqué mercredi soir.
La direction du groupe UPM a annoncé vouloir vendre le site bas-rhinois qui emploie 260 salariés en raison de sa surcapacité dans le papier magazine.
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« Il n’y aura aucune conséquence sociale à notre projet de cession du site Stracel de Strasbourg », lance d’emblée Hans Sohlström, vice-président exécutif d’UMP qui a passé quatre ans à Strasbourg, au début des années 1990, comme responsable du marketing de Stracel.
Il détaillait hier, à l’issue du comité d’entreprise, les raisons qui poussent le groupe finlandais UPM à entreprendre une large restructuration européenne touchant cinq sites et impactant 1 170 salariés : « Notre surcapacité dans le papier d’impression et de publication est de 4 millions de tonnes en Europe. Nous prévoyons de diminuer nos capacités de 1,3 million de tonnes, dont 110 000 tonnes dans le papier journal en Allemagne et 1,2 million dans le papier magazine », dont Strasbourg est un des acteurs.
La restructuration vise à restaurer la rentabilité de la société qui emploie 24 500 salariés au total dans ses trois activités qui génèrent un chiffre d’affaires de 10 milliards d’euros, à savoir le papier, l’énergie et la pâte à papier. Une pâte que fabriquait l’autre unité de production Stracel de Strasbourg et qui a été fermée il y a une douzaine d’années.
Bio-raffinerie en projet
« Les coûts de fabrication ont augmenté ces dernières années de 30 à 40 %, tandis que les prix de vente chutaient de 20 % », explique le dirigeant. Cet effet de ciseau oblige le groupe à tailler dans ses structures de production les moins performantes.
« L’usine de Strasbourg fabrique 280 000 tonnes de papier magazine couché et du papier journal spécial avec des équipements modernes », estime cependant le vice-président exécutif.
« Nous nous laissons un an, à partir du mois d’octobre, pour trouver un repreneur qui ne devra pas poursuivre dans l’activité magazine, sinon ce serait suicidaire », explique-il. Si à terme aucune solution n’est trouvée, UPM envisagera alors d’autres solutions dont la reconversion du site construit en 1936, mais en dehors des activités d’UPM Paper, insiste-t-il. D’ici là la production se poursuivra normalement, assure la direction
Hans Sohlström a aussi expliqué que le projet de construire une bio-raffinerie à Strasbourg était toujours d’actualité : « Elle peut fonctionner à côté de l’usine et peut aussi servir à sécher du papier ou fournir du chauffage urbain avec l’énergie produite, sans que nous soyons les propriétaires de l’usine de papier », explique-t-il. Cette unité produirait 110 000 de tonnes de biocarburant de deuxième génération. L’investissement projeté est de 400 millions d’euros avec 60 salariés en emplois directs et un millier indirects en comptant les fournisseurs et la logistique, calcule-t-il.
Le gouvernement a annoncé le 24 août des mesures censées réduire « le déficit de la France ». Les organisations syndicales CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires en dénoncent le caractère injuste et inéquitable. La facture est principalement supportée par les salariés et les consommateurs. Le gouvernement ne remet pas en cause les niches fiscales dont on sait qu’elles n’ont aucune efficacité économique et sociale. La contribution des plus hauts revenus reste symbolique et n’est pas de nature à réduire les inégalités.
Pour relancer la croissance, en respectant les impératifs de développement durable, réduire les inégalités et maîtriser les déficits, une politique visant une autre répartition des richesses et favorisant le développement économique et social est incontournable.
Cela suppose des réformes structurelles importantes comme une réforme globale de la fiscalité intégrant une plus grande progressivité, une politique industrielle coordonnée au niveau européen, des services publics de qualité.
Cela appelle aussi des mesures urgentes :
• Abandonner la taxation des complémentaires santé ; supprimer les exonérations et la défiscalisation des heures supplémentaires ; conditionner toute aide publique à son efficacité sociale et économique, aux politiques sociales dans les entreprises.
• Mettre en œuvre la taxe sur les transactions financières.
• Faire de l’emploi, en particulier celui des jeunes, une priorité. Stopper les suppressions d’emplois dans la Fonction publique.
• Soutenir le pouvoir d’achat notamment des plus bas revenus et réouvrir les négociations salariales dans les entreprises et la Fonction publique pour réduire les inégalités notamment entre les femmes et les hommes.
Les organisations syndicales estiment indispensable l’intervention des salariés pour peser sur le gouvernement, le patronat, les débats parlementaires en cours et à venir.
Elles décident d’une journée nationale d’action interprofessionnelle le mardi 11 octobre 2011. Partout, le débat sur le contexte, les enjeux et les modalités (manifestations, rassemblements, arrêts de travail, etc.) est nécessaire pour construire cette journée. Les organisations se retrouveront le 15 septembre 2011.
Des questions essentielles se nouent en ce moment. Sous prétexte de réduire le déficit budgétaire creusé par nos gouvernant au bénéfice des Banquiers et des entreprises du CAC 40 (qui viennent d’afficher une hausse de leurs profits de 7% pour les 10 derniers mois, soit 47 milliards d’euros !) le gouvernement s’apprête à prendre des mesures qui vont principalement toucher les plus modestes.
L’une d’entre elle des plus injuste, voire absurde et inique consisterait à taxer à nouveau les complémentaires santé. Les mutuelles, les vraies; pas celles qui s’affublent du titre comme M.M.A par exemple. Cette taxe ne pourra qu’être répercutée sur les adhérents des mutuelles. Dans notre cas cela représentera une hausse de 150 à 200 euros de nos cotisations à l’année et alors que dans le même temps le gouvernement impose à la Sécurité Sociale la poursuite des déremboursements tous azimuts.
Depuis l’an dernier les mêmes traitements que nous avions mon épouse et moi même nous obligent à sortir de notre poche prés de 400 euros, alors qu’ils étaient entièrement couverts auparavant entre la Sécu et la Mutuelle.
Et encore d’autres que nous connaissent des situations encore pire, y compris par exemple celle de devoir fréquemment payer des dépassements et autres dessous de table aux praticiens plus préoccupés d’arrondir leur pécule que des intérêts de leurs patients.
Résultat de toute ce gâchis, beaucoup de gens et notamment ceux dont les conditions sont de plus en plus précaires et les retraités sont des plus concernés, réduisent leurs soins.
Ma mutuelle (AUDIENS Mutuelle de la Presse et du Livre) a pris l’initiative intéressante de solliciter ses adhérents à réagir auprès de leurs parlementaires afin qu’ils ne votent pas cette mesure.
Je vous fait partager cette initiative et vous encourage très fortement à l’imiter.
La bataille pour le droit à la santé s’est toujours faite au corps défendant des possédants.
C’est le Conseil National de la Résistance qui leur imposa à la Libération la Sécurité Sociale. Aujourd’hui profitant d’une inversion du rapport des forces politiques gouvernants et possédants entendent bien bazarder ces acquis qui leur ont toujours été insupportables.
CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires ont décidé d’une mobilisation interprofessionnelle nationale, selon des modalités à débattre.
Déjouant certains pronostics pessimistes, cinq syndicats sont parvenus à s’entendre pour appeler à une riposte commune contre la politique d’austérité. Réunis jeudi – en l’absence de FO, qui persiste dans son cavalier seul, de la CGC et de la CFTC, qui invoquent la « concertation » avec le gouvernement –, la CGT, la CFDT, la FSU, l’Unsa et Solidaires ont décidé d’une « journée nationale d’action interprofessionnelle », mardi 11 octobre. Décision prise au terme de cinq heures de discussions, les organisations divergeant sur le choix des formes d’action. La CFDT, en particulier, juge, que la grève n’est « absolument pas une bonne voie ». Les cinq syndicats ont donc résolu de mettre en débat, en préalable, avec les salariés la question des « modalités (manifestations, rassemblements, arrêts de travail, etc) », avant de trancher lors d’une nouvelle réunion le 15 septembre.
En tout état de cause, la CGT a bien l’intention de « tout faire pour que » la mobilisation « soit de haut niveau », a déclaré Bernard Thibault vendredi. Ce ne doit pas être « une journée de témoignage », estime aussi Bernadette Groison, de la FSU. Même tonalité chez Annick Coupé, de Solidaires, pour qui il s’agit de « mettre massivement du monde dans la rue » afin d’imposer un « changement de cap ». L’intersyndicale dénonce en effet « le caractère injuste et inéquitable » du plan d’austérité Fillon, et plaide à la fois pour des « réformes structurelles » (« réforme globale de la fiscalité », « services publics de qualité »), et des « mesures urgentes ». Elle réclame ainsi l’abandon de la taxation des complémentaires santé, la fin des exonérations et de la défiscalisation des heures supplémentaires, l’arrêt des suppressions d’emplois dans la fonction publique, ainsi que la mise en œuvre de la taxe sur les transactions financières. Elle revendique aussi des mesures de soutien au pouvoir d’achat et demande la réouverture des négociations salariales dans le privé et le public.
1 Revaloriser les salaires, les pensions et les minima sociaux Dans le privé, ouverture des négociations annuelles obligatoires par anticipation sur 2012 ; dans le public rouvrir la négociation salariale ; porter le Smic à 1 700 euros brut par mois ; résorber les inégalités de traitement entre les femmes et les hommes.
1 salarié sur 2 gagne moins de 1 500 euros par mois ; l’écart salarial demeure de 25 % entre les hommes et les femmes ; 8,2 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté avec moins de 954 euros par mois et la moitié avec moins de 773 euros ; les salaires ont eu la plus faible progression les dix dernières années ; pour la première fois depuis 1945, la masse des salaires versés en 2009 dans le privé a été inférieure à celle de 2008.
2 Contrôler les aides publiques aux entreprises Respect des critères de création d’emplois ; conditionner aux politiques salariales ; donner des moyens d’intervention aux représentants des salariés sur le bien fondé et l’usage de ces aides.
Montant des exonérations fiscales et sociales et autres aides publiques aux entreprises : 170 milliards d’euros = 9 millions de Smic annuels (cotisations sociales comprises).
3 Contraindre les entreprises à des alternatives aux licenciements Majorer les cotisations chômage employeur sur les emplois précaires ; élargir l’assiette des cotisations et contributions sociales aux primes, stock-options, intéressement. (1,3 milliard d’euros de recettes) ; élargir les pouvoirs d’intervention des salariés et de leurs représentants dans leur entreprise, leur groupe, voire leur filière d’activité ; reconnaitre la pénibilité des métiers ouvrant droit à un départ anticipé en retraite.
Le système d’indemnisation du chômage ne bénéficie qu’à moins d’un chômeur sur deux. Le chômage des plus de 50 ans touche 810 000 personnes, soit 300 000 de plus qu’en 2008. Mesure spécifique pour les chômeurs en fin de droits, condamnés au RSA après une carrière complète du fait de la réforme des retraites.
4 Suppression des exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires Privilégier les créations d’emplois et l’augmentation des salaires.
186 millions d’heures supplémentaires au 2e trimestre 2011. équivaut à 400 000 emplois en rythme annuel. 3 milliards d’euros de perte de recettes pour la Sécurité sociale.
5 Stopper les suppressions d’emplois Orienter les investissements dans le développement industriel, la recherche et la préservation de l’environnement et créer les emplois nécessaires. Stopper la suppression d’un fonctionnaire sur deux et créer de nouveaux postes dans la fonction publique et les services publics, outils de cohésion sociale et d’efficacité économique et sociale.
6 Développer les politiques publiques et les moyens des services publics Education, santé, recherche, infrastructures…
7 Réformer la fiscalité en profondeur Accroître la progressivité de l’impôt sur le revenu et créer de nouvelles tranches pour les hauts revenus, augmenter l’impôt sur la fortune (ISF), supprimer les niches fiscales inutiles selon leur impact économique et social, soumettre à cotisation tous les revenus sans distinction, alléger les impôts indirects (TVA) qui pèsent proportionnellement plus sur les plus modestes, réformer l’impôt sur les sociétés en pénalisant le versement de dividendes et la spéculation pour favoriser l’investissement, l’emploi et les salaires, revoir la fiscalité locale afin de réduire les impôts et taxes sur les ménages à revenu modeste, réformer le financement de la protection sociale.
8 Créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédits à taux réduits pour : Financer l’investissement productif : l’emploi, la formation, la recherche, les équipements.
En Europe et dans le monde.
9 Taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux.
10 Mettre en place un fond européen de solidarité sociale et de développement économique : Création par les états d’un fond, avec le concours de la Banque Centrale Européenne (BCE) pour financer le développement social et économique et réduire les inégalités.
Les états ont su créer un fonds de 750 milliards d’euros pour sauver les financiers
mobilisation du 11 octobre
Faire confiance au gouvernement et au Medef ou se mobiliser ?
Chômage, pouvoir d’achat, logement, santé nécessitent des réponses immédiates.
Sur la taxation des complémentaires santé, la CGT partage la proposition des associations mutualistes de construire ensemble la mobilisation du 11 octobre pour exiger le retrait de cette mesure.
La CGT propose de traduire avec les salariés ces dix exigences en revendications justes, précises, portées par tous, dans chaque entreprise, pour obtenir des résultats concrets.
C’est dans les entreprises que les syndicats, unitairement, doivent débattre et décider avec les salariés des revendications et la CGT pose le principe de la grève pour en définir les modalités avec les salariés eux-mêmes.
La CGT propose d’agir, ensemble, de l’entreprise au national et au niveau européen.
Dans le même temps, il y a nécessité de se mobiliser unitairement, tous ensemble, sur les enjeux communs à tous les salariés.
Le seul risque que l’on prend en se mobilisant ensemble, de l’entreprise à l’international, c’est éventuellement d’être entendu !
L’austérité en marche : taxe sur les mutuelles santé et taxe sur les allocations familiales
Taxation des complémentaires santé:
Suite au projet gouvernemental d’alourdir la taxation des complémentaires santé dans le cadre du plan antidéficit du gouvernement, la Mutualité française a lancé, le 4 septembre, une campagne de communication dans la presse quotidienne nationale et régionale afin d’interpeller députés et sénateurs pour les convaincre de ne pas voter cette mesure qui sera débattue au Parlement à partir du 6 septembre.
« Par cette campagne, la Mutualité française veut montrer à nos concitoyens comme à l’ensemble des parlementaires que le gouvernement fait un choix dangereux pour l’accès aux soins des Français, en particulier les plus modestes d’entre eux, les pénalisant à travers leurs mutuelles », a-t-elle expliqué, le 5 septembre.
De son côté, l’Union nationale des mutuelles d’entreprise (UNME) a dénoncé, dans une lettre adressée le 2 septembre au Premier ministre, François Fillon, « un impôt déguisé des plus injustes ». « Une fois de plus, cette taxe frappe très directement et indifféremment toutes les personnes qui cotisent pour bénéficier d’une complémentaire santé, quel que soit le niveau de leurs ressources. Pour beaucoup d’entre elles, il est déjà très difficile d’accéder à une couverture complémentaire santé digne de ce nom ».
L’UNME indique par ailleurs qu’« il semblerait bien plus judicieux de lancer une réflexion collective sur la généralisation des contrats responsables et solidaires et l’évolution de leur contenu en favorisant la prise en charge de prestations pertinentes, de qualité, dans un cadre plus solidaire ».
Fiscalisation des allocations familiales :
la ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot, en charge de la politique familiale, a exprimé « une très grande réserve » sur l’idée d’imposer fiscalement les allocations familiales en échange d’un versement dès le premier enfant ou de les mettre sous conditions de ressources, piste lancée par Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture chargé des propositions de l’UMP pour la présidentielle. « Il ne faut pas mélanger politique familiale et politique sociale », a-t-elle expliqué. Or, selon elle, « les allocations familiales restent le seul élément de la politique familiale », car elles ne sont ni soumises à conditions de ressources ni imposables (avec l’AFP).
Compte rendu des C.E. extraordinaires du 6 et 7 septembre 2011
Suite à l’absence de DRH (le départ de notre DRH nous ayant été confirmé), nous avions demandé à rencontrer celle du groupe Europac, Me Maria Manuel Coelho, lors de sa prochaine venue à Rouen.
De ce fait, un C.E. extraordinaire a été réuni le 6 septembre en sa présence avec un ordre du jour bien précis.
Suite à la carence des ressources humaines sur le site, plusieurs dossiers importants sont restés en attente (réunions de DP mensuelles, mise en place du Comité de Groupe, GPEC avec l’analyse de la pyramide des âges et les conséquences pour l’entreprise des deux ans à venir), la mutuelle, l’accord sur la pénibilité, l’accord sur l’égalité hommes/femmes, etc…)
Les réponses qui nous ont été apportées : la stratégie d’Europac évolue en matière des ressources humaines puisqu’ils sont à la recherche d’un ou d’une RRH (Responsable des Ressources Humaines) uniquement pour la papeterie qui pourrait arriver en octobre. Nous avons insisté sur le fait que les changements successifs de dirigeants déstabilisaient l’entreprise, les salariés et leurs représentants. Il faut à chaque fois recommencer un travail d’explication qui ne fait que retarder les dossiers alors que beaucoup de temps a déjà été perdu, notamment sur le renouvellement du personnel au vu du vieillissement de la population de l’entreprise.
Aujourd’hui, nous ne pouvons qu’attendre le nouvel interlocuteur ou interlocutrice pour connaitre véritablement les objectifs de la direction qui pour l’instant, persiste dans le « flou orchestré ». Le 2ème C.E. Extraordinaire du 7 septembre 2011, s’est déroulé en présence de M. Enrique Isidro Rincon, accompagné de M. José Montolïu Fayas . Celui ci souhaitait nous rencontrer pour faire le point depuis la reprise de 2008. Il a précisé qu’Europac avait respecté ses engagements en matière d’investissements (la presse à sabot), bientôt une nouvelle bobineuse, la remise en propreté de l’usine. 120 millions d’euros ont été dépensés pour le rachat et la modernisation de Rouen. La transformation de la machine a été une réussite et il a tenu à féliciter l’ensemble du personnel pour son implication, mais nous avons eu droit au couplet économique rituel : c’est la crise, nous devons être compétitifs. Le cout de revient à la tonne est plus élevé que nos concurrents et il nous faut réduire nos coûts fixes de 40 euros la tonne.
Pour cela, le levier proposé s’est la diminution de la masse salariale, par le biais du changement des conditions pour les futurs nouveaux arrivants. A moins que nous ayons des idées et des pistes pour la réduction de ces coûts. Et bien oui, à la Filpac CGT, nous en avons ! « Le décor est planté ».
Les salariés d’EPR ne sont en aucun cas responsables de la crise ! Nous n’avons aucun moyen d’agir sur le prix des matières premières, le prix de vente du papier, les contrats sur l’énergie avec Néo Electra arrivent à expiration en 2015 (bon moyen pour renégocier les couts), les couts des stockages extérieurs sont énormes, entre 4 et 10 euros par tonne (à la date d’aujourd’hui + de 20 000 tonnes). L’historique de l’entreprise fait qu’aujourd’hui elle a ses particularités, il faut en tenir compte, les choses évolueront en fonction des départs des plus anciens.
Les gains sur la consommation vapeur, l’énergie, sur la montée en puissance de la machine et l’augmentation du nombre de tonnes produites doivent permettre à l’entreprise de dégager des bénéfices. Nous ne pourrons accepter que systématiquement ce soit sur les salariés que les économies doivent être réalisées.
L’apport d’investissement nécessitera obligatoirement des discussions sur l’organisation future que souhaite mettre en place la direction, en accord avec les salariés et leurs représentants. Pour l ‘instant beaucoup de rumeurs, rien ne filtre … autant pour la maintenance que pour la production ainsi que la logistique.
Il est hors de question pour nous, de revoir à la baisse les salaires de nos enfants, voir de nos petits enfants, cela serait un comble … Ne comptez pas sur les élus CGT … Nous avons conseilléàla direction de jouer la transparence et la concertation pour éviter tout dérapage d’un climat social déjà bien terni par l’environnement extérieur.La solidarité inter-générationnelle est la meilleure façon de résister, l’individualismene sert qu’au recul.
Le Parlement frappe les mutualistes au porte-monnaie
En dépit des protestations, notamment syndicales et mutualistes, l’alourdissement de la taxation des complémentaires santé, mutuelles ou assureurs privés, a été adopté définitivement jeudi par le parlement après un ultime vote du Sénat. Le matin même, le ministre de la Santé Xavier Bertrand a tenté de faire croire que la santé financière des mutuelles leur permettait de ne pas répercuter cette hausse.
« Dans un modèle économique extrêmement simple où les mutuelles fonctionnent avec une seule source de réserves, à savoir les cotisations, et une seule source de dépenses, qui est leurs prestations, comment peuvent-elles payer 13,27% de taxes sans que celles-ci se répercutent sur les cotisations ? », s’est interrogé le président de la Mutualité française Etienne Caniard assurant qu’Il n’y a « pas de réserves secrètes » dans les caisses des mutuelles. Il assure que « les marges ont déjà diminué, ce qui n’est pas étonnant puisque les mutuelles ont tout fait les années précédentes pour ne pas répercuter en totalité les nouvelles taxations », a argumenté Etienne Caniard. « Aujourd’hui, on a atteint un point de non-retour : nous sommes dans une situation où il n’y a plus aucune marge et où une taxation qui vient s’ajouter va évidemment être répercutée »
Hausse de la taxe sur les contrats d’assurance maladie au 1er octobre
Le taux de la taxe sur les conventions d’assurance (TSCA) applicable aux contrats d’assurance maladie dits « solidaires et responsables », actuellement fixé à 3,5 %, sera porté à 7 %.
Comme l’ont plusieurs fois rappelé les ministres concernés, plus de 90 % des complémentaires santé étant aujourd’hui « solidaires et responsables », autant taxer franchement tout le monde, et prendre dans la poche des assurés sociaux quelques millions pour combler les manques à gagner ds spéculateurs.
L’incitation fiscale, qui représenterait un coût annuel de 1,1 milliard d’€, n’apparaît plus justifiée s’efface donc au profit d’une taxe contre tous les adhérents à une Mutuelle santé complémentaire.
Pour empêcher un peu plus les assurés d’avoir accès aux soins, cette hausse conduira les souscripteurs de contrat à opter pour les formules les moins chères, celles dont les prestations sont réduites.
Par ailleurs, pour maintenir l’incitation en faveur des contrats « solidaires et responsables », le taux de TSCA applicable aux autres contrats d’assurance maladie ne sera pas maintenu à 7 %, ce taux spécial aux contrats d’assurance maladie étant supprimé. Ceci entraînera l’application du taux applicable aux contrats d’assurance à défaut de taux spécialement prévu, soit 9 %.
Ces dispositions entreront en vigueur à compter du 1er octobre 2011.
Le gouvernement a beau s’en défendre, la nouvelle taxe sur les mutuelles va obliger ces dernières à augmenter leurs cotisations et, de fait, elle va inéluctablement réduire l’accès aux soins des classes populaires et moyennes.
« Injuste », « pénalisante », « inefficace », « incohérente »… la nouvelle taxe sur les complémentaires santé soulève un tollé de la part des mutuelles, mais aussi des partis de gauche, des syndicats et des associations de patients. Adoptée mercredi soir par 130 voix pour et 84 contre, cette mesure phare du plan de rigueur Fillon prévoit de faire passer de 3,5 % à 7 %, le taux de la taxe spéciale sur les « contrats solidaires et responsables », qui représentent désormais la quasi-totalité des contrats proposés par les complémentaires santé. Elle est censée rapporter à l’État 100 millions en 2011, puis 1,1 milliard par an. Dans l’hémicycle, le ministre de l’Économie, François Baroin, a déclaré n’avoir « pas d’états d’âme, ni d’interrogations sur le principe » de cette taxation accrue sur « une niche ». Quant à Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, il « l’assume » sans complexe, appelant les mutuelles à ne pas répercuter ce surcoût.
Les mutuelles taxées à 13,27 %
Car, c’est bien le problème : les mutuelles n’auront d’autre choix que d’augmenter leur tarif. « Quand le gouvernement dit que les mutuelles peuvent “ne pas répercuter la hausse de la taxe sur les conventions d’assurance”, c’est juridiquement et comptablement faux ! » s’emporte Étienne Caniard, président de la Mutualité française, qui fédère la quasi-totalité des mutuelles. Ces dernières « vivent des cotisations des adhérents, ce sont leurs recettes uniques. Avec cette nouvelle mesure, elles seront désormais taxées à 13,27 %. Quand l’une d’elle perçoit 100 euros de cotisation, elle devra verser d’emblée 13,27 euros à l’État. La taxe sera donc forcément répercutée sur les contrats. On sait bien que ce sont les Français les plus défavorisés qui seront les premiers touchés ».
« Par effet domino, cette taxe risque d’empêcher de nombreux salariés et retraités modestes d’adhérer à une mutuelle, ou les conduira à recourir à une protection minimale », craint Christian Saout, président du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss), rappelant que 5 millions de Français n’ont pas de couverture complémentaire santé. Autre conséquence, et pas des moindres : le renoncement aux soins, qui atteint déjà les 17 %. « Ce qui va aggraver les comptes de la Sécu », analyse le militant. En effet, cette nouvelle taxe tombe au moment où « l’assurance maladie, en difficulté, transfère de plus en plus de dépenses de santé vers les complémentaires », ne manque pas de rappeler la CGT.
« 200 millions de taxation envisagées sur les plus hauts revenus d’un côté, et 1,1 milliard d’euros de taxation qui seront intégralement répercutés sur les ménages, est-ce cela votre conception de l’équité fiscale ? » ont martelé les uns après les autres les députés de gauche, toutes sensibilités confondues. Pour la sénatrice communiste Brigitte Gonthier-Maurin, cette mesure « incarne la politique de rigueur que nos concitoyens auront à supporter. Non en raison de la crise (…) mais bel et bien à cause de ces choix quant à la manière d’y remédier ». De son côté, le député PS Pierre-Alain Muet a ironisé sur l’attitude d’un gouvernement qui demande à l’Inspection générale des finances un rapport sur les niches fiscales et sociales sans tenir compte de ses préconisations. L’IGF avait estimé que l’exonération dont bénéficiaient jusqu’à 2010 les mutuelles sur les contrats d’assurance maladie « solidaires et responsables » méritait d’être conservée !
La mesure est d’ailleurs contestée jusqu’au sein même de l’UMP. Alain Fouché, sénateur de la Vienne, l’a qualifiée de « frein à l’accès aux soins », estimant qu’on ne peut« pas toujours mettre à contribution les ménages modestes ».
Les cliniques taclent le public
La branche médecine, chirurgie et obstétrique de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP-MCO) a annoncé hier avoir porté plainte à Bruxelles contre l’État français pour atteinte à la libre concurrence, dénonçant « un financement discriminatoire » par rapport à l’hôpital public. Dans un communiqué, la Fédération hospitalière de France (FHF) a répliqué, en contestant ces attaques de « mauvaise foi », qui démontrent une fois de plus la « méconnaissance totale des contraintes du service public hospitalier ». La fédération rappelle que les hôpitaux publics soignent « tous les patients, même ceux dont les pathologies ne sont pas rentables », contrairement aux cliniques privées.
Alors que l’avenir de l’usine papetière M-real Alizay (27) est encore incertain, avec une possible reprise annoncée fin septembre, le groupe finlandais vient d’annoncer avoir définitivement bouclé la cession d’un autre de ses sites, l’usine autrichienne de pâte à papierM-real Hallein GmbH au groupe Schweighofer.
Cette cession avait été annoncée courant juin.
Cette cession devrait faire chuter le chiffre d’affaires de M-real de 75 millions d’euros… et améliorer sa rentabilité de 5 !
Afin de restaurer la rentabilité et la compétitivité de son activité papier magazine et papier journal, UPM a décidé de réduire de 20 % sa capacité de production de ces sortes, soit de 1,2 million de tonnes de papier magazine et 110 000 tonnes de papier journal. Le plan prévoit la fermeture d’ici la fin de l’année de ses usines Myllykoski à Kouvola en Finlande, d’lbbruck en Allemagne ainsi que par l’arrêt de la machine 3 de l’usine d’Ettringen également en Allemagne. Parallèlement l’usine de Stracel, située près de Strasbourg, va être vendue dans un délai de 12 mois. Ce plan va permettre d’ajuster la capacité de production aux besoins du marché, explique le papetier.
Le papetier vient de recruter Alexandre Riesser aux fonctions de directeur marketing et commercial, en charge des activités de pâte et papier. Fort de plus de vingt ans d’expérience dans l’industrie papetière en Europe, Alexandre Riesser a tenu successivement des responsabilités commerciales au sein de M-Real Zanders puis de M-Real PSM et enfin plus récemment chez Steinbeis Papier. Parallèlement Vertaris vient d’acquérir une unité de séchage de pâte composée d’une ligne d’essorage, de systèmes «flashdry» et d’une unité de mise en balle. Cette acquisition va lui permettre de commercialiser la pâte Vertafibre®, issue de son unité de désencrage. Doté d’une capacité de production de 200 000 tonnes, Vertaris se positionne ainsi comme un futur producteur incontournable de la pâte marchande 100% recyclée. Plusieurs acteurs de la filière ont d’ores et déjà fait part de leur intention de se fournir en pâte, inscrivant ainsi leurs produits dans l’économie verte et dans la logique de la consommation raisonnée.
La Cour des comptes minimise l’impact des pertes de recettes liées au chômage.
La publication du rapport annuel de la Cour des comptes a été l’occasion, hier, d’une présentation dramatique de la situation des comptes de la Sécurité sociale. Avec un total de 29,8 milliards d’euros, le déficit a atteint en 2010 un niveau « historique », triplant de volume en deux ans. Simultanément, l’endettement de la Sécu a continué de gonfler, pour atteindre un total de 136,2 milliards. Un déficit et une dette qualifiés d’« anomalie » par le président de la Cour, Didier Migaud, jugeant la « pérennité de notre système de protection sociale » remise en cause. Nous serions atteints d’une « dépendance à la dette », « devenue en réalité le poison de la Sécurité sociale », et dont il n’y aurait rien de plus urgent que de « se désintoxiquer ». Et la Cour des comptes de recommander de « revenir à l’équilibre selon un calendrier rapproché », en préconisant avant tout d’« intensifier la maîtrise des dépenses sociales, notamment d’assurance maladie ». Le rapport cible les dépenses de médicaments, l’hôpital – en particulier les CHU –, les modalités de prise en charge des soins à 100 %…
Bien qu’estampillé du label d’une institution indépendante, le diagnostic prête à controverse. Didier Migaud met l’accent sur le « caractère structurel » du déficit, le qualifiant de « spécificité française » (en clair, la Sécu serait trop – ou mal – dépensière). « Moins de la moitié de celui du régime général » est imputable à la crise économique, selon la Cour, qui, même si elle rappelle que des marges de manœuvre peuvent être dégagées en agissant sur les « niches sociales » , minimise, de fait, la question clé des recettes. La Sécu est en déficit « à peu près chaque année depuis trente ans », pointe Didier Migaud. Soit… depuis l’entrée du pays dans le chômage de masse – rappelons que la création de 100 000 emplois représente environ 1,5 milliard d’euros de rentrées chaque année pour la Sécu. Soit, aussi, depuis que les salaires (dont la part socialisée des cotisations), pressurés, ont vu leur part dans la valeur ajoutée reculer de 10 points.
La mobilisation pour d’autres choix est une nécessité
CGT, CFDT, FSU, Solidaires, Unsa appellent le 11 octobre 2011 à une journée nationale d’action interprofessionnelle, pour une autre répartition des richesses créées.Lire le communiqué commun
Il faut en finir avec la dictature des marchés financiers et les choix politiques d’austérité qui en découlent donnant encore et toujours plus de gages aux marchés financiers et aux agences de notations.
En Europe, plongée dans la pire des situations avec 23 millions de chômeurs, particulièrement les jeunes, l’unique réponse des dirigeants politiques est l’austérité : pression sur les salaires, réduction des services publics, de la protection sociale, des pensions, durcissement des conditions de travail et de vie.
Face aux plans d’austérité, la règle d’or pour les salariés, c’est la mobilisation dans toute l’Europe : Pologne : euro manifestation le 17 septembre ; Italie : appel à une grève générale le 6 septembre par la CGIL contre la casse du Code du travail ; Espagne : journée de mobilisation à l’appel des CCOO ; Portugal le 1er octobre. Des mobilisations sont à l’ordre du jour en Roumanie, Hongrie, Slovaquie, Grèce, Belgique, Grande-Bretagne.
En France, le plan Fillon pour réduire le déficit de la France est injuste, inéquitable et inacceptable et pénaliserait une fois de plus les salariés, contrairement aux annonces médiatiques du gouvernement sur la contribution des plus fortunés.
Mesures Fillon
Hauts revenus
Salariés et Retraités
Alors que, d’après les Comptes de la Nation, le pouvoir d’achat des ménages baisse entre 2007 et 2010, les dividendes versés aux actionnaires explosent et les cadeaux faits aux plus riches et aux entreprises continuent.
C’est à partir de ce diagnostic que les cinq organisations syndicales CGT, CFDT, FSU, UNSA et Solidaires ont décidé de faire du 11 octobre une journée nationale d’action interprofessionnelle unitaire.
La CGT pose la nécessité de la mobilisation sous les modalités à décider ensemble (rassemblements, manifestations, grèves) pour des mesures immédiates et s’inscrivant dans un processus d’action porteur d’alternatives aux choix actuels.
Dans un rapport commandé par Nicolas Sarkozy, l’ex-ministre Daubresse propose que les bénéficiaires effectuent une journée de travail d’intérêt général par semaine, payée au smic. Il suggère aussi de fusionner le RSA et la prime pour l’emploi. Quatre mois après cette proposition controversée de faire travailler gratuitement les allocataires du RSA : irritation à Gauche et méfiance des associations.
L’ancien ministre des Solidarités Marc-Philippe Daubresse propose d’expérimenter d’abord 10.000 contrats aidés, payés au smic horaire, que les allocataires seraient contraints d’accepter, sous peine de sanctions.
L’objectif serait d’en signer à terme 150.000, pour un coût de 420 millions d’euros pour l’Etat, tandis que le bénéficiaire verrait ses revenus croître de 130 euros par mois.
Un rapport qui permet de déminer la polémique lancée au printemps par certains députés de la majorité et le ministre Laurent Wauquiez, qui avait déclenché une levée de boucliers en proposant de faire travailler gratuitement les allocataires.
Davantage de contrats aidés permettrait aussi de réduire mécaniquement le nombre de demandeurs d’emploi sans activité.
Créer des petits contrats pour remettre le pied à l’étrier de certains allocataires, pourquoi pas ?, répond Martin Hirsch, qui mis sur pied le RSA en 2009, et les associations d’insertion. « De deux choses l’une, écrit M. Hirsch sur son blog: soit ces contrats courts viennent se substituer à des contrats plus longs, dans une enveloppe budgétaire fermée et l’on aura reculé ».
« Soit ces formules viennent compléter l’offre d’insertion et l’on aidera certaines personnes à retrouver leur place dans le monde du travail », poursuit-il, en appelant à « être vigilant ».
Pour Matthieu Angotti, directeur général de la Fédération des associations d’insertion (Fnars), « il y a du positif car on revient dans le cadre du droit du travail », contrairement à la proposition de faire travailler gratuitement. En revanche, regrette-t-il, « on est toujours dans une logique de sanctions et d’obligation ».
Actuellement, les contrats aidés proposés aux allocataires du RSA sont de 20 heures et ces derniers sont déjà obligés de les accepter, sous peine de voir leur prestation réduite, voire supprimée, comme le rappelle M. Hirsch.
Mais, de fait, assez peu de contrats de 20 heures leur sont proposés et les sanctions sont peu ou pas appliquées, expliquent à la fois MM. Angotti et Daubresse.
Monsieur Daubresse propose de « clarifier » et « renforcer » les sanctions pour qu’elles soient davantage appliquées et « plus dissuasives ».
Pour M. Angotti, ces contrats pourraient bien être « l’arbre qui cache la forêt ». Sans programmes de formation et véritable accompagnement des bénéficiaires vers un emploi pérenne, « il y a un gros risque de maintenir les allocataires dans un état précaire », craint-il.
L’Uniopss (associations sociales) n’est pas non plus contre un assouplissement de la durée des contrats aidés, mais se dit toujours opposée à l’idée de sanctions, explique Bruno Grouès, chargé de l’exclusion.
Il se demande aussi comment vont être désignés les allocataires-cibles ou si les emplois proposés seront de « bonne qualité », utiles au parcours d’insertion.
Bernard Thibault compare le projet de contrats aidés à du « travail déguisé »
Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a estimé mardi que la proposition de contrats aidés rémunérés pour les allocataires du Revenu de solidarité active (RSA) constituait une forme de « travail déguisé ».
« S’il doit y avoir de l’activité, du travail, on l’appelle comme on veut, cela doit être rémunéré comme du travail et non pas servir à se réfugier derrière un paravent de solidarité. Cela ne peut pas être du travail déguisé », a réagit M. Thibault, interrogé par l’AFP en marge d’un déplacement à l’aéroport d’Orly où il rencontrait des représentants syndicaux locaux et des salariés d’entreprises de la plate-forme aéroportuaire. Et de poursuivre « On ne peut pas prétendre enjoliver ou accompagner une mesure sociale (…) en la conditionnant à quelque contrainte que ce soit ».
« J’ai l’impression que dans la majorité, ça tourne en rond pour trouver des formules qui visent toutes d’une manière ou d’une autre à présenter ceux qui sont bénéficiaires d’une allocation de solidarité, qui sont enfoncés dans la misère, comme étant des profiteurs de la situation », a ajouté M. Thibault, préconisant plutôt « des actions sur l’emploi et le chômage ».
Pour le député socialiste Christophe Siruge, la proposition « porte en elle le défaussement du chômage sur les chômeurs », avec comme idée que ces derniers sont « installés confortablement dans un chômage volontaire ».
Réunie hier pour exprimer les motifs de la grève du 27 septembre, la FCPE a lancé un appel pour que les enfants de chômeurs cessent d’être rejetés à l’entrée des cantines.
«Il est temps que ça s’arrête, il faut cesser d’accepter les refus abusifs de fréquentation des cantines scolaires », a enfin déclaré, hier, Jean-Jacques Hazan, président de la Fédération des conseils de parents d’élèves. La FCPE, qui accueillait les autres représentants du collectif L’Éducation est notre avenir pour annoncer les revendications de la journée de mobilisation unitaire prévue le 27 septembre, a en effet profité de l’événement pour lancer, en marge, un appel national. Le but est d’inviter les parlementaires à voter une « loi sur le droit à la restauration scolaire » afin que cessent les discriminations.
Cet appel survient quatre mois après la décision du maire UMP de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) de restreindre l’accès des enfants de chômeurs aux cantines de sa ville. Après enquête, l’Humanité avait, pour sa part, dénoncé, le 2 septembre, le caractère courant de cette pratique, dénombrant – de manière non exhaustive – plus de 70 communes appliquant ce type de sélection. « On a alerté la totalité de nos conseils départementaux et on va les accompagner dans d’éventuelles démarches », a poursuivi Jean-Jacques Hazan, rappelant qu’ils pouvaient s’appuyer sur une jurisprudence probante. Celle-ci stipule en effet que la restauration scolaire, dès lors qu’elle existe, doit être accessible à tous.
« Préalablement, on a saisi le ministère de l’Intérieur pour que les préfets exercent leur contrôle de légalité sur les décisions municipales » concernant les écoles primaires, puis « demandé au ministre de l’Éducation nationale qu’il veille à ce que, dans le secondaire, la règle soit le droit de fréquentation à la restauration scolaire », a encore ajouté le président de la FCPE, sans toutefois évoquer la frilosité manifeste de Luc Chatel à se positionner clairement sur ce sujet. La sénatrice communiste Brigitte Gonthier-Maurin, elle, a été plus prompte à réagir, promettant de se saisir de l’affaire pour déposer une proposition de loi.
La gauche a vivement dénoncé les préconisations de Daubresse. À la Droite sociale, club politique de Laurent Wauquiez, qui se félicite d’une mesure visant « à combattre le piège de l’assistanat », Christian Favier, président PCF du conseil général du Val-de-Marne, a aussitôt réagi : « Non, les personnes qui bénéficient du RSA ne sont ni des fraudeurs, ni des assistés. Ce sont les victimes des politiques injustes menées ces dernières années, qui détruisent l’emploi, le pouvoir d’achat et les solidarités. Incapable d’infléchir l’évolution du chômage, le parti du pouvoir préfère s’en prendre aux plus pauvres plutôt que d’instaurer une réelle politique de l’emploi. » Pour le député PS Christophe Sirugue, cette manœuvre constitue « un défaussement du chômage sur les chômeurs ». Et en citant le cas des Anglais qui « ont renoncé à ces dispositifs de travail obligatoire » car « cela leur coûtait trop cher », le socialiste se demande où le gouvernement compte trouver du travail pour ces 150 000 contrats futurs.
Au lendemain de l’appel de cinq syndicats à une journée d’action nationale le 11 octobre (lire le communiqué), contre les mesures d’austérité du plan Fillon, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, revient, dans une interview donnée à la Nouvelle Vie Ouvrière, sur les causes réelles des déficits et de la crise et les réponses à faire partager dans la mobilisation (Lire l’interview)
Une interview de Bernard Thibault à la Nouvelle Vie Ouvrière
Au lendemain de l’appel de cinq syndicats à une journée d’action nationale le 11 octobre contre les mesures d’austérité du plan Fillon, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, revient sur les causes réelles des déficits et de la crise et les réponses à faire partager dans la mobilisation.
NVO : Le gouvernement avait annoncé un plan très rigoureux, or il semble qu’il soit moins douloureux que prévu, Jean Claude Mailly dit que cela aurait pu être pire, c’est le sentiment de la Cgt ? Bernard Thibault : Je ne partage pas du tout cette appréciation… (lire la suite)
NVO : L’une des mesures de ce plan, la taxation des hauts revenus, rejoint pourtant les propositions de la CGT… B. T. : C’est un rideau de fumée, pour faire oublier le caractère injuste… (lire la suite)
NVO : Pourtant il faut bien réduire la dette publique ? B. T. : Il est évident qu’on ne peut pas se satisfaire de budgets structurellement déficitaires… (lire la suite)
NVO : L’ensemble des pays européens connaissent les mêmes difficultés et les mêmes réponses de leurs gouvernements. Peut-il y avoir convergence en Europe ? B. T. : On voudrait nous faire croire que l’on ne peut rien faire d’autre… (lire la suite)
NVO : Peut-on favoriser la relance par la consommation uniquement en France, qui profiterait essentiellement aux produits importés aux dépens de notre balance commerciale ? B. T. : Je note avec intérêt qu’il n’y pas qu’en France que la mobilisation est d’actualité… (lire la suite)
NVO : De nombreux économistes s’alarment justement des risques de récession que l’austérité ferait courir aux pays. Mais comment peser sur les choix gouvernementaux ? B. T. : Les faits nous donnent raison. On nous a d’abord dit qu’il s’agissait d’une crise… (lire la suite)
NVO :Il faut se mobiliser, mais il y a un an à peine des millions de salariés se sont mobilisés contre la réforme des retraites et la réforme est quand même passée, quelles chances ont-ils de se faire mieux entendre ? B. T. : N’oublions pas qu’au début de la campagne sur les retraites, 60% des français partageaient… (lire la suite)
NVO : Les salariés pourraient être tentés d’attendre l’échéance présidentielle pour manifester leur mécontentement et leurs revendications par le vote ? B. T. : Nous n’avons pas les mêmes préoccupations de calendrier que les partis politiques… (lire la suite)
NVO : La Cgt a élaboré dix axes de propositions face à la crise. Les partis politiques, qui élaborent en ce moment leur programme, tiennent-ils compte de la situation sociale et des propositions syndicales ? B. T. : Le moment venu nous examinerons en détail ce que les uns et les autres proposent… (lire la suite)
NVO : Quel est le plan de travail des organisations de la Cgt en cette rentrée ? B. T. : Je remarque que la CGT est déjà à l’offensive, beaucoup d’assemblées de militants se tiennent… (lire la suite)
NVO : Bernard Thibault, comment va la Cgt ? B. T. : La CGT va plutôt bien, nos organisations font état d’une syndicalisation… (lire la suite)
NVO : L’unité syndicale s’est finalement réalisée à la surprise de nombre de commentateurs… B. T. : Dès le mois de juin, l’ensemble des organisations de la CGT considéraient qu’il fallait très rapidement… (lire la suite)
NVO : Le gouvernement avait annoncé un plan très rigoureux, or il semble qu’il soit moins douloureux que prévu, Jean Claude Mailly dit que cela aurait pu être pire, c’est le sentiment de la Cgt ? Bernard Thibault : Je ne partage pas du tout cette appréciation. C’est comme si, ayant perdu un doigt, vous vous réjouissez de ne pas avoir perdu le bras. Si la Cgt alerte avec force les salariés en cette rentrée, ce n’est pas par volonté de cultiver le pessimisme ambiant mais parce que la situation est très sérieuse. Le conseil des ministres réuni fin août -ce qui n’est pas banal- s’est tenu sous le sceau de l’austérité, dans le droit fil des décisions prises ces derniers mois et du Pacte Euro plus, que nous avions rejeté avec l’ensemble du mouvement syndical européen. Au nom de la lutte contre les déficits les mesures décidées accroissent les inégalités. Notre désaccord avec le gouvernement porte en premier lieu sur le diagnostic de la situation. Nous sommes dans une économie de plus en plus financière, déconnectée de la production réelle de richesses. L’origine des crises à répétition est liée à une dévalorisation de la rémunération du travail au profit d’une survalorisation de celle du capital, et les choix gouvernementaux accélèrent cette spirale. Et comme ces mesures ne vont rien résoudre on peut s’attendre à d’autres mesures de même nature. Tout cela pour répondre aux injonctions des agences de notation et des financiers qui exigent de l’Etat des coupes sombres dans les budgets publics et les dépenses sociales. C’est inacceptable.
NVO : L’une des mesures de ce plan, la taxation des hauts revenus, rejoint pourtant les propositions de la CGT… B. T. : C’est un rideau de fumée, pour faire oublier le caractère injuste de ses mesures fiscales. Le « gouvernement des riches », ce n’est pas une image usurpée. C’est ce gouvernement qui a adouci le régime fiscal applicable aux plus fortunés ; il a renoncé au bouclier fiscal mais en réformant l’ISF il leur a fait cadeau de 2 milliards d’euros, au moment où Laurent Wauquiez s’en prenait aux bénéficiaires du RSA ! A l’approche de l’élection présidentielle, le Président a donc demandé au gouvernement une taxation symbolique et ponctuelle dont la recette est évaluée à 200 millions d’euros. Mais parallèlement, le gouvernement annonce une taxe sur les mutuelles : l’augmentation -- de 2 à 4 % -- représenterait une ponction d’1,2 milliard d’euros sur le pouvoir d’achat des salariés ; il modifie l’assiette à partir de laquelle sera prélevée la CSG, elle sera calculée sur 98% du salaire au lieu de 97% actuellement : cette mesure représente 800 millions euros, faisant à elle seule contribuer quatre fois plus les salariés que les plus fortunés. Le caractère inéquitable de ces mesures est flagrant, de même que les taxes sur les boissons sucrées et le tabac. De fait, pour que l’Etat ait plus de recettes il faudrait que les gens consomment plus de boissons sucrées et de tabac alors que c’est nuisible à la santé. Le gouvernement accroît les impôts injustes et refuse d’envisager une véritable réforme fiscale qui tiendrait compte des revenus réels du travail et surtout du capital et du patrimoine.
NVO : Pourtant il faut bien réduire la dette publique ? B. T. : Il est évident qu’on ne peut pas se satisfaire de budgets structurellement déficitaires. S’agissant de l’Etat, tout dépend des raisons pour lesquelles il s’endette. Si c’est pour continuer à donner de l’argent à des entreprises sans discernement sur son utilisation, ce n’est pas acceptable. Et concernant les recettes nous constatons que si les revenus du travail sont une fois de plus sollicités, ceux du capital sont épargnés. En 2010, les dividendes versés aux actionnaires des entreprises non financières s’élèvent à 210 milliards d’euros, c’est plus que la masse des investissements et l’équivalent d’un tiers de la totalité des salaires versés dans ces mêmes entreprises. En réalité le déficit n’est pas dû aux dépenses excessives de l’Etat mais au déficit de recettes provoqué par les exonérations sur les revenus du capital d’une part et a la faiblesse de la consommation provoquée par le chômage et les bas salaires d’autre part. Il est inadmissible qu’on rende responsables de cette situation les salariés et les besoins qu’ils expriment et auxquels l’Etat doit répondre.
NVO : L’ensemble des pays européens connaissent les mêmes difficultés et les mêmes réponses de leurs gouvernements. Peut-il y avoir convergence en Europe ? B. T. : On voudrait nous faire croire que l’on ne peut rien faire d’autre sur le plan national ou que tout dépend de solutions mondiales donc inaccessibles. Or, il faut des changements à tous les niveaux : dans les entreprises, les branches, les pays, en Europe et à l’échelle mondiale Nos économies sont basées sur la mise en concurrence des salariés à l’échelle internationale et l’Europe n’échappe pas à la règle du moins disant social. Avec comme conséquence le travail non déclaré. Le Bureau International du Travail a tiré la sonnette d’alarme sur ce type de développement, qui conduirait dans dix ans la grande majorité des salariés dans un monde sans code du travail et sans protection sociale. A l’extrême, le plus compétitif sera celui qui rémunérera le moins le travail, pour rémunérer toujours plus les capitaux investis. Il n’y a pas d’horizon viable pour une telle mécanique financière. L’ensemble du mouvement européen syndical se mobilise et nous avons un rendez vous immédiat pour une euro manifestation le 17 septembre en Pologne, au moment où les ministres des finances européens se réunissent à nouveau et risquent d’alourdir la facture pour les salariés.
NVO : Peut-on favoriser la relance par la consommation uniquement en France, qui profiterait essentiellement aux produits importés aux dépens de notre balance commerciale ? B. T. : Je note avec intérêt qu’il n’y pas qu’en France que la mobilisation est d’actualité. Nos amis italiens se mobilisent, face aux réductions des dépenses publiques et à une attaque en règle contre le code du travail. Le patronat italien comme le patronat français exige plus de souplesse, nommée flex-sécurité, dans les procédures de recrutement et de licenciement, répétant que « la liberté de licencier aujourd’hui fera les emplois de demain ». En Roumanie, où le code du travail date de 1993, on dit aux salariés qu’il est trop rigide, que la protection sociale fait obstacle à la recherche d’une plus grande rentabilité des capitaux. En Espagne où, comme en France, le gouvernement veut imposer la fameuse « règle d’or » dans la Constitution, les deux confédérations syndicales et d’autres organisations organisent une réaction forte. C’est aussi le cas au Portugal, en Belgique, en Grande-Bretagne… Contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, les salariés et les syndicalistes français sont loin d’être isolés et sont au diapason de leurs camarades en Europe pour empêcher gouvernements et patronats de nous entrainer dans une phase de récession.
NVO : De nombreux économistes s’alarment justement des risques de récession que l’austérité ferait courir aux pays. Mais comment peser sur les choix gouvernementaux ? B. T. : Les faits nous donnent raison. On nous a d’abord dit qu’il s’agissait d’une crise financière due à des banquiers imprudents, aux traders, à une absence de régulation. Alors qu’il s’agit d’une crise produite par la dévalorisation de rémunération du travail, au profit de celle du capital. Une financiarisation de l’économie capitaliste de plus en plus déconnectée de la création de richesses. Ce n’est plus la création de richesses qui génère du bénéfice, ce sont les phénomènes spéculatifs qui se développent parfois sur de simples rumeurs. Aujourd’hui des financiers s’enrichissent sur la dette de la Grèce. Les Etats ont prêté de l’argent aux banques à des taux inférieurs aux taux que ces mêmes banques imposent à la Grèce. Ce sont des agences de notation financières qui font les ordres du jour des conseils des ministres ! La rigueur ou l’austérité cela veut dire moins de salariés au travail et de moindres salaires. La consommation diminuera et personne ne peut penser que l’économie vivra de la seule spéculation. On risque d’entrer dans un cycle économique dévastateur aux conséquences sociales considérables. L’intérêt du plus grand nombre doit au contraire l’emporter sur les intérêts d’un cercle de plus en plus réduit de spéculateurs. C’est un des fondamentaux de la démocratie. Acteur syndical, nous avons à créer les conditions de l’intervention des salariés, en sachant que tout le monde sera touché quel que soit son statut. Oui, les individus peuvent avoir prise sur les décisions à condition de ne pas déléguer ces décisions mais d’être acteurs, comme citoyen et comme salarié, sur ce qui se décide dans l’entreprise comme dans le pays.
NVO :Il faut se mobiliser, mais il y a un an à peine des millions de salariés se sont mobilisés contre la réforme des retraites et la réforme est quand même passée, quelles chances ont-ils de se faire mieux entendre ? B. T. : N’oublions pas qu’au début de la campagne sur les retraites, 60% des français partageaient l’idée du gouvernement et du patronat selon laquelle dès lors qu’on vit plus longtemps on doit travailler plus longtemps. Le président Sarkozy répétait à l’envie que les Français comprendraient sa réforme. Notre campagne a fait connaître un autre diagnostic et d’autres solutions. La loi a certes été adoptée par la majorité à l’Assemblée et au Sénat mais elle a finalement été condamnée par 70% de la population. Cela pèsera très lourd dans le bilan du président de la République… Les chiffres du chômage aujourd’hui confirment ce que nous disions : faire travailler plus longtemps les salariés alors que le taux de chômage des plus de 50 ans et des jeunes atteint des sommets est inefficace autant qu’injuste. Or, c’est le même discours sur le déficit qu’on nous sert aujourd’hui. Nous sommes légitimes pour proposer une autre logique, rappeler qu’il y a d’autres recettes à dégager, des dépenses non prioritaires à toucher, avant de s’en prendre aux dépenses sociales qui bénéficient à l’ensemble de la population. On ne peut en rester au constat de la nocivité des mesures sur laquelle les salariés nous rejoindront. Il faut que le débat avec les salariés mécontents porte sur les réponses à apporter, car la résignation et le sentiment d’impuissance peuvent en effet gagner les esprits. Si on ne bouge pas, les choses ne s’amélioreront pas, elles s’aggraveront. Ne pas manifester sa colère légitime, c’est prendre le risque d’une aggravation de la situation alors qu’en nous mobilisant le plus largement possible, nous prenons seulement le risque de nous faire entendre.
NVO : Les salariés pourraient être tentés d’attendre l’échéance présidentielle pour manifester leur mécontentement et leurs revendications par le vote ? B. T. : Nous n’avons pas les mêmes préoccupations de calendrier que les partis politiques. La mission syndicale c’est la défense au quotidien des intérêts des salariés et en toute circonstance. Les derniers chiffres de l’INSEE mettent en évidence la formidable progression du nombre de nos concitoyens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. S’entendre dire que les dépenses sociales sont une des causes du déficit public, c’est inacceptable. La moitié des salariés en France gagnent moins de 1 500 euros mensuels. Notre responsabilité syndicale c’est bien de les défendre pied à pied en exigeant un autre partage des richesses et sans attendre. Nous n’ignorons évidemment pas l’échéance présidentielle. Mais les suppressions d’emplois, les coupes sombres dans les budgets publics, les dépenses sociales, la mise à mal des droits des salariés, c’est en ce moment dans les entreprises et à l’échelle du pays et c’est maintenant que nous devons agir. On ne peut ignorer les pressions permanentes du Medef qui demande de faire des économies sur l’hôpital public. Un comble ! La capacité des salariés à réagir interpellera les partis politiques pour ces échéances. Le mouvement revendicatif doit les inciter à être clairs dans leurs programmes.
NVO : La Cgt a élaboré dix axes de propositions face à la crise. Les partis politiques, qui élaborent en ce moment leur programme, tiennent-ils compte de la situation sociale et des propositions syndicales ? B. T. : Le moment venu nous examinerons en détail ce que les uns et les autres proposent. Toutes les candidatures ne sont pas encore formalisées. Je remarque que ce que dit et fait la CGT n’est pas absent du débat politique. C’est le cas de notre revendication de sécurité sociale professionnelle. Nous avons vu aussi au moment de la mobilisation pour les retraites un large soutien de l’ensemble des partis de gauche, la revendication du maintien du droit à la retraite à 60 ans a été reprise et j’espère bien qu’elle sera confirmée dans le programme des partis qui s’y sont engagés. Si notre vocation, comme syndicat, n’est pas de présenter un programme du gouvernement, nous avons cependant formulé dix exigences à long terme, car il y a d’autres mesures envisageables que celles du gouvernement. Ne sous-estimons pas notre capacité d’influence en tant qu’organisation de salariés sur le raisonnement des responsables politiques…
NVO : Quel est le plan de travail des organisations de la Cgt en cette rentrée ? B. T. : Je remarque que la CGT est déjà à l’offensive, beaucoup d’assemblées de militants se tiennent au retour des vacances afin d’apprécier ce qui s’est passé cet été, ce qui se passe dans son entreprise, dans le pays et au-delà. Il nous faut maintenant déployer notre activité pour rencontrer largement les salariés et les associer à cette mobilisation, en définissant avec eux les contenus et les modalités de leur engagement dans la journée d’action du 11 octobre. Nous devons aussi contribuer à la réussite de l’action pour la défense des moyens de l’Education nationale, le 27 septembre, et être bien présents dans les manifestations des retraités le 6 octobre.
NVO : Bernard Thibault, comment va la Cgt ? B. T. : La CGT va plutôt bien, nos organisations font état d’une syndicalisation à la CGT plus importante que d’habitude. Dans un contexte pourtant difficile, où des entreprises disparaissent, la précarité s’étend et isole les salariés. Or, il y a un afflux de forces nouvelles, notamment de jeunes et une progression de nos forces dans le secteur privé. Si nous faisons les efforts nécessaires, les jeunes peuvent se retrouver dans nos organisations et y prendre des responsabilités. N’hésitons pas à interpeller les salariés pour qu’ils créent eux-mêmes leur propre syndicat. Et disons leur la vérité : il y a aujourd’hui trop de salariés qui n’ont pas de syndicat dans les entreprises face au séisme qui menace sur le plan économique et social. Personne ne peut se sentir à l’abri et le syndicat ne peut produire de résultat qu’à proportion du nombre de salariés qui s’engagent dans son action. Nous ne sommes pas une institution, notre efficacité dépend du degré d’engagement des salariés. Nous devons les en convaincre et les inviter largement à s’organiser dans la CGT.
NVO : L’unité syndicale s’est finalement réalisée à la surprise de nombre de commentateurs… B. T. : Dès le mois de juin, l’ensemble des organisations de la CGT considéraient qu’il fallait très rapidement être à l’offensive en recréant les conditions d’une mobilisation interprofessionnelle des salariés. Les mesures Fillon ont renforcé l’urgence d’une mobilisation unitaire. Apres quelques hésitations de nos partenaires syndicaux il y a maintenant un engagement unitaire, CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, pour faire du mardi 11 octobre une journée de mobilisation des salariés qui se traduira, nous l’espérons, par l’organisation de manifestations et des décisions d’arrêts de travail décidés avec les salariés dans leur entreprise. Les salariés vont enfin pouvoir se faire entendre. La Cgt va y consacrer toutes ses forces.
Entretien réalisé par Pascal Santoni, rédacteur en chef.
Pour la confédération générale du travail (CGT), l’Europe a toléré trop d’atteintes au droit social.
Après sa conférence de presse de rentrée, Bernard Thibault était reçu par l’Association des journalistes de l’information sociale le 7 septembre, l’occasion de faire le point sur l’Europe et la situation grecque.
L’Europe est en crise « sur sa finalité » estime le secrétaire général de la CGT. « Certains s’orienteraient même vers un nouveau traité européen » confie-t-il. Ce qu’est venu confirmer depuis un communiqué : « la CGT milite pour une révision des Traités européens pour assurer la primauté du droit social sur celui du Marché et soustraire les services publics des règles de la concurrence ».
L’esprit qui anime la CGT se veut constructif. « L’Europe doit être un espace où le progrès social est encore une réalité » dit Bernard Thibault. Il faut pour cela « redonner une place au travail rémunéré dans l’économie ». Là encore, le communiqué développe sur la répartition des richesses au sein de l’Union européenne.
En trente ans, la part du PIB consacré au salaire et à la protection sociale a reculé de 9,3 % ce qui représente, pour la seule année 2008, un manque à gagner de 1 100 milliards d’euros pour les salariés européens.
Rien qu’en France les dividendes versés aux actionnaires des entreprises non financières s’élèvent à 210 milliards d’euros en 2010, soit un tiers de la masse salariale de ces sociétés, et davantage que leurs investissements.
« Intenable » selon le leader de la CGT, qui avait développé ce point dans une interview pour Libération fin août. Il précise lors de cette conférence de presse que la cure d’austérité décidée cet été aura un « impact colossal sur l’emploi et le social », notamment sur le service public, où les élections des représentants syndicaux se dérouleront en octobre.
Paradoxalement, le service public français est « privatisé, alors que le secteur privé n’a jamais été autant aidé ». D’après les calculs de l’organisation syndicale : la somme des aides accordées aux entreprises (exonération, aide, accompagnement) font grimper l’addition à 70 milliards par an. « C’est une nationalisation des emplois privés ».
Autre problème, le travail au noir s’étend en Europe. En France, il atteint désormais 4% du PIB, soit 260 milliards de cotisations sociales perdues. En Italie : 16%, en Espagne 25%, et en Grèce 40%.
En Grèce, la situation est « inextricable, dit-il. Du point de vue social, avec la baisse des salaires et des pensions. Du point de vue de la démocratie même ». Les modalités du plan de « redressement » sont rediscutées tous les mois.
« Comment croire que rester dans cette même logique a du sens ? S’interroge le leader de la CGT, avec pessimisme. Comment croire qu’un pays peut rembourser 16% d’intérêt sur sa dette ? Les institutions financières se font du gras sur la situation grecque. On est dans un cycle suicidaire ».
Les acteurs historiques que sont les mutuelles ont vu émerger de nouveaux concurrents, sociétés d’assurances et bancassureurs, qui grignotent petit à petit leur part de marché.
Les compagnies d’assurances sont parties à la conquête du marché de la complémentaire santé, qui couvre les frais de santé non remboursés par la Sécurité sociale. Les mutuelles pèsent encore 57 % de ce marché, tandis que les institutions de prévoyance, à but non lucratif, en détiennent 17,6 % et les sociétés d’assurances, 26 %. Mais, dans un marché en pleine croissance (+ 65 % entre 2001 et 2009), ce sont les assureurs qui progressent le plus, « au détriment des mutuelles et, dans une moindre mesure, des institutions de prévoyance », note le fonds de financement de la CMU-C dans son rapport de 2010. Les assurances ont vu le total de leurs prélèvements croître de 101 % entre 2001 et 2008, contre 55 % et 57 % pour les mutuelles et les institutions de prévoyance.
« L’harmonisation fiscale des contrats entre mutuelles et sociétés d’assurances en 2003 nous a permis de regagner des parts de marché », explique Alain Rouché, directeur santé à la Fédération française des sociétés d’assurances (Ffsa). Mais la montée en puissance des bancassureurs, ces banques qui se sont mises à proposer des produits d’assurance, y est aussi pour beaucoup. Leurs atouts ? Un réseau d’agences, des offres diversifiées et, surtout, elles connaissent les projets financiers de leurs clients. « Les sociétés d’assurances ont une clientèle moins captive que celle des mutuelles, ce qui les pousse à davantage d’innovation », analyse Alain Rouché.
Enfin, les assurances, comme les institutions de prévoyance, proposent plus souvent des contrats collectifs que les mutuelles. Ce qui n’est pas sans conséquences : « À niveau de garanties équivalent, la cotisation moyenne d’un contrat collectif est inférieure de 10 euros à celle d’un contrat individuel », indique le rapport de 2010 du ministère de la Santé sur la situation financière des organismes complémentaires. Plus chères et moins réactives, les mutuelles ? Pas vraiment. « Les assureurs couvrent une population moins risquée, plus jeune, alors que les mutuelles ont des adhérents plus âgés, mais aussi plus nombreux, et ça se reflète dans les cotisations », décrypte Christine Meyer-Meuret, conseillère à la direction générale de la Mutualité française. « Pour les mutuelles, il s’agit de couvrir le risque santé ; pour les assureurs, de rentabiliser cette activité. Ces derniers s’orientent vers la segmentation des risques. “Dis-moi quel est ton risque, je te dirai comment t’assurer et, in fine, combien tu vas payer.” On sort complètement de la solidarité et de la mutualisation entre adhérents. On n’est plus dans la protection sociale, mais dans le business. »
L’enseigne de hard discount Ed a été condamnée mercredi par le conseil des prud’hommes de Créteil à verser 40.000 euros de dommages et intérêts à chacun des trois salariés licenciés pour avoir refusé de travailler le dimanche.
UFC-Que choisir s’inquiète d’un risque de démutualisation des seniors, dont le budget complémentaire santé est 2,5 fois plus élevé que celui de la population générale et risque de s’alourdir encore dans les années à venir, selon une étude de l’association publiée mercredi.
L’industrie Enjeux et propositions de développement en Europe
La France est-elle condamnée à la désindustrialisation ? Coopération ou concurrence dans l’UE ? Samedi, au Forum social, Jean-Louis Beffa, ex-PDG de Saint-Gobain, et Mohammed Oussedik, de la CGT, ont confronté leurs visions. Débat animé par Michel Scheidt, journaliste à la Nouvelle Vie ouvrière (NVO).
Fillon annonce pour demain la mise à mort de la retraite solidaire (67 ans) pour mieux frapper dès maintenant les arrêts maladie !
- vendredi 23 septembre 2011;publication filpac cgt ; 7 jours 7jours1651.pdf
Fillon souhaite un départ à la retraite à 67 ans
Le Premier ministre souhaite plus de « convergence » franco-allemande. D’un point de vue fiscal, on le savait, mais au niveau des retraites aussi. Et l’âge de départ à la retraite outre-Rhin passe à 67 ans en 2030…
C’est un souhait exprimé. Non une promesse de réforme. En tout cas pour l’instant : « la récente réforme des retraites est un élément de la convergence sociale et le gouvernement n’envisage pas d’aller au-delà dans les prochains mois. » On tente de rassurer rapidement, car ce jeudi à Matignon, François Fillon, évoquant la « convergence » fiscale entre les deux pays, s’est livrer à un plaidoyer pour un rapprochement des durées de travail et de l’âge de départ en retraite entre les deux pays. « Il faudra aller vers un temps de travail commun, il faudra aller vers un âge de retraite commun, il faudra aller vers une convergence progressive de l’organisation économique et sociale de nos deux pays » a-t-il déclaré.
Un discours un peu hors contexte, lors de la remise du prix de l’audace créatrice à Matignon. L’argument invoqué est une fois encore : la compétitivité française.
André Chassaigne s’est rendu hier, en compagnie de la députée européenne Marie-Christine Vergiat sur le site de Fralib à Gémenos. Le député communiste du Puy-de-Dôme copréside le comité de soutien et de lutte des salariés de l’usine de thé Éléphant. Une réunion de travail était programmée pour « réfléchir aux moyens d’élargir notre influence et faire pression sur Unilever », explique Gérard Cazorla, délégué CGT et secrétaire du CE. Les Fralib étaient ce week-end à la Fête de l’Huma, où près de mille personnes ont adhéré au comité. « Nous y avons été accueillis avec beaucoup d’enthousiasme », souligne Gérard Cazorla.
Ce n’est pas une blague de mauvais goût. Les dirigeants de l’Union européenne, ceux-là mêmes qui ont renfloué les caisses des banques au prix de milliards d’euros, se préparent à réduire de 75 % le programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD) ! En d’autres termes, le budget des aides alimentaires qui contribuait à soutenir les associations de solidarité dans leur mission auprès des populations plongées dans la plus grande pauvreté serait quasiment anéanti en 2012. La réunion des ministres de l’Agriculture des vingt-sept États membres, réunie hier à Bruxelles, a abouti, faute d’accord, à cette incroyable et révoltante menace. Six États, emmenés par l’Allemagne d’Angela Merkel, ont refusé que soient poursuivis les achats alimentaires dans le cadre de la politique agricole commune pour constituer les stocks de nourriture. Dans un même mouvement, on sanctionne les agriculteurs et on prive de nourriture des millions d’êtres humains… Ainsi se déroule la chronique d’une Europe étouffée par le libéralisme, et qui renonce ouvertement aux principes qu’elle proclame.
Les pauvres sont décidément trop nombreux, pense-t-on sans doute dans les services de M. Barroso, dans les bureaux de la Cour européenne de justice, qui avait rendu un avis en ce sens, ainsi que dans les chancelleries à Berlin, Copenhague, La Haye, Stockholm et Prague, pour que l’Union continue à les aider à survivre en fréquentant les Restos du cœur. Et qu’importe que le traité de Lisbonne affirme dès son article 3 que « l’Union européenne combat l’exclusion sociale et les discriminations, et promeut la justice et la protection sociales », le caractère de classe de l’orientation de la politique européenne apparaît ici dans toute sa cruauté. « Indignez-vous ! » L’appel de Stéphane Hessel trouve chaque jour ou presque de nouvelles raisons de se révolter.
L’Europe compte quelque 80 millions d’hommes et de femmes contraints de vivre en dessous du seuil de pauvreté. Tous sont victimes de la loi de la concurrence libre et non faussée, de l’économie dominée par les marchés financiers, du recul dans tous les États membres de l’UE de l’État social. La France dans ces domaines ne fait pas exception, bien au contraire avec ses quelque 8 millions de personnes aux revenus inférieurs à 880 euros mensuels.
Mais la solidarité est une valeur européenne qui ne s’applique pas aux 18 millions de pauvres aidés par le PEAD dans 19 pays de l’Union. Sans rire, la Cour et la Commission renvoient la balle aux budgets nationaux des États membres concernés… Mais de quels pays parle-t-on ? De la Grèce, que les dirigeants européens et le FMI saignent à blanc, du Portugal, de l’Italie ? Si le blocage n’a pas été surmonté hier, un autre Conseil des ministres européens tentera de trouver un compromis le mois prochain. C’est un encouragement à poursuivre la pression sur le gouvernement. Les associations qui ont sonné le tocsin au cours d’une conférence de presse lundi ne sont pas pour rien dans l’expression du désaccord de la France avec un coup d’arrêt de l’aide alimentaire aux plus démunis. Mais face aux affameurs, seule une large mobilisation dans notre pays et dans toute l’Europe pourra faire prévaloir la solidarité européenne, si éloignée des calculs égoïstes de Bruxelles
Le caractère de classe de la politique européenne apparaît ici dans toute sa cruauté.
Non content d’avoir imposé une réforme injuste et inefficace en 2010 qui produit déjà des dégâts, notamment en termes de chômage, le Premier ministre, indique qu’il faudrait maintenant s’aligner sur l’Allemagne en ce qui concerne l’âge de départ à la retraite. Dans ce pays, celui-ci passera progressivement à 67 ans en 2029.
Cette fuite en avant ne règlerait pourtant rien, bien au contraire. Ainsi, alors que dans la plupart des pays européens, des dispositions similaires ont déjà été prises, remettant en cause les droits à retraite, on voit bien avec l’actualité du moment, que cela n’empêche en rien d’aller droit au mur du point de vue économique, mais qu’en revanche, c’est désastreux pour le monde du travail.
Plutôt que de se plier aux exigences des marchés financiers et de leurs agences de notation, il faut mettre en œuvre une véritable politique de l’emploi et se donner les moyens d’une relance durable par le pouvoir d’achat, une amélioration de la protection sociale et le développement des services publics.
S’agissant des retraites, ce qui doit être engagé en France, c’est également une réforme d’ampleur des financements qui prenne en compte l’augmentation de la productivité du travail, laquelle profite de plus en plus aux actionnaires et de moins en moins à ceux qui produisent les richesses.
Pour ce qui est de l’alignement sur l’Allemagne, il témoigne avec force que l’argument démographique n’a été en 2010 qu’un prétexte, tant les situations de l’Allemagne et de la France sont de ce point de vue différentes. L’Allemagne est dans une situation critique en matière de vieillissement du fait d’un taux de natalité extrêmement bas lié en particulier au sort peu enviable des femmes qui sont sommées de choisir entre enfants ou travail. A l’inverse, le taux de natalité en France est un des plus élevé d’Europe.
Rappelons enfin, que si l’Allemagne a décidé en 2007 de porter d’ici à 2029 l’âge de la retraite à 67 ans, cela ne signifie en rien que sa situation est satisfaisante. Ainsi, au moment du passage à la retraite (qui peut intervenir dans certaines conditions dès 63, voire 60 ans), 17 % seulement des salariés sont réellement en emploi.
Autant d’élément qui confortent la nécessité d’agir nombreuses et nombreux le 11 octobre prochain.
Un PLFSS : exclusivement dédié à la baisse des déficits
(Projet de Loi de Financement de la Protection Sociale)
vendredi 23 septembre 2011
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2012 présenté à la Commission des comptes de la Sécurité sociale est au service d’un seul objectif : la réduction du déficit, avec en ligne de mire la limitation des déficits publics à 3% du PIB en 2013.
Le Gouvernement persiste et signe sur la taxation des mutuelles, le type même de l’exonération inutile, selon la ministre du Budget et des comptes publics Valérie Pécresse, qui persiste à affirmer que rien n’oblige les mutuelles à augmenter leurs tarifs.
La CGT réaffirme son opposition à la taxation des mutuelles. En revanche, elle demande une mis à plat de l’ensemble des niches sociales, qui constituent pour nombre d’entre elles uniquement un effet d’aubaine.
L’exonération des heures supplémentaires au titre de la loi TEPA est l’exemple même des niches qui constituent une aberration économique, alors que la France compte près de 9,5% de chômeurs. La CGT revendique sa suppression.
Côté assurance maladie, le PLFSS prévoit comme les années précédentes un ONDAM particulièrement contraint. Il comporte des mesures classiques comme les déremboursements de médicaments.
En revanche, l’action tendant à une baisse des prix des médicaments va dans le bon sens.
La CGT a pris note avec intérêt des récentes analyses de la Cour des Comptes sur la question de la fixation des prix des médicaments. Elle nous conforte dans notre revendication d’une plus grande transparence des prix d’introduction de ces derniers, et d’une gouvernance nouvelle qui devrait associer les représentants des assurés sociaux.
La réforme du mode de calcul des indemnités journalières consistant à les calculer sur la base de 60% du salaire net au lieu de 50% du salaire brut est scandaleuse. Elle induira une baisse du taux de remplacement de 30 € par mois en moyenne. Cette mesure sera concentrée sur les salariés des TPE dans lesquelles n’existe pas d’accord de mensualisation, lequel prévoit une compensation de la perte de salaire par l’entreprise au-delà de 8 jours d’arrêt.
Le gouvernement se félicite des effets de la réforme des retraites de 2010, qui explique largement d’après lui l’amélioration des comptes.
Il ne dit rien des effets négatifs de cette réforme qui conduit à dégradation des retraites des catégories les plus fragiles, notamment des salarié(e)s aux carrières hachées et notamment les femmes.
Par ailleurs, nous persistons à contester l’appréciation du Gouvernement selon laquelle les comptes de la CNAV seraient équilibrés en 2018.
Les errements de l’Autorité de la concurrence (SNJ CGT)
L’Autorité de la concurrence vient de prendre une décision rare, en infligeant une sanction sévère à Canal+. La fameuse Autorité aurait constaté, cinq ans après avoir donné l’autorisation de fusion entre CanalSat et TPS, des « manquements à dix engagements » (sur les 59 pris par la direction de la chaine cryptée).
Le SNJ-CGT remarque que la réaction de l’Autorité de la concurrence est bien tardive et qu’elle est prise au moment où le duel avec TF1 de Martin Bouygues, l’ami de Nicolas Sarkozy, fait rage !
Mais, on remarquera surtout que, pour l’Autorité de la concurrence, il y a deux poids et deux mesures.
Le SNJ-CGT estime qu’elle a été moins regardante dans le cas du rachat du groupe de l’Est Républicain par le Crédit Mutuel, déjà propriétaire de nombreux quotidiens régionaux.
Le Crédit Mutuel était déjà propriétaire, après rachat du groupe Socpresse à Dassault, de six titres de presse quotidienne régionale (L’Alsace-Le Pays, Le Républicain Lorrain, Le Progrès, Le Dauphiné Libéré, le Journal de la Saône-et-Loire et le Bien Public), des titres de presse hebdomadaire locale généraliste (La Tribune, Le Journal de Tain Tournon, La Gazette du Morvan, L’Indépendant du Louhannais, L’Indépendant, La Maurienne, Grecitylocalnews et Avicitylocalnews), de titres de presse spécialisée à vocation locale (En Alsace, Massif des Vosges, Pays Comtois, Chasse en Alsace, Documents AP et Eco Plus 21) ;un titre de presse gratuite d’information (Lyon Plus), de titres de presse gratuite d’annonces généralistes (PAM, PAC, Hebdo Gab, HebdoPAM Morteau Maîche, 57-54 Mag+) ;de titres de presse gratuite d’annonces immobilières (L’Offre Habitat 68, L’Offre Habitat 67, L’Offre Habitat 88 et Immocity), des titres de presse spécialisée à vocation nationale (Le Journal des enfants ; Ski Chrono et Alpes Loisirs) et d’une régie publicitaire de presse pour des titres tiers (Alsace Publicité).
En prenant le contrôle total du groupe de l’Est Républicain, il a ajouté quatre titres de presse quotidienne régionale à son patrimoine (l’Est Républicain, Vosges Matin, Le Journal de la Haute Marne et les Dernières Nouvelles d’Alsace), trois titres de presse spécialisée à vocation locale (Les affiches Moniteur, 7-à-NNM (7 à Naundorf, Neuhof, Meneau), Saisons d’Alsace, trois titres de presse gratuite d’annonces (City Strass, Top Est 55, Vosges Hebdo), une chaine de télévision locale (Alsace 20) et la production de programmes d’informations locales pour des chaînes télévisées nationales (TF1, TPS, LCI).
Le Crédit Mutuel est également propriétaire du Républicain lorrain, ce qui lui permet de se présenter ainsi sur son site : « De la Moselle au Rhône et du Rhin à la Durance, de la Belgique à l ‘Allemagne, la Suisse et l ‘Italie, le Groupe Crédit Mutuel est le premier groupe de presse quotidienne régionale de France. Avec chaque jour près de 1,1 million
d’exemplaires vendus sur 23 départements, 101 éditions et une audience de près de 3,5 millions de lecteurs ».
L’Autorité de la concurrence s’est contentée de quelques engagements peu contraignants, réduits à la zone Alsace – Territoire de Belfort, alors même qu’une banque, dans le contexte troublé de crise financière, contrôle l’information quotidienne sur près d’un quart des départements.
Les organisations syndicales, dont le SNJ-CGT, reçues par l’Autorité de la concurrence avaient attiré son attention sur le manque de pluralisme dans ces 23 départements et sur la position dominante de la banque sur le marché publicitaire. Le Crédit Mutuel a déjà avancé ses pions et imposé son système informatique, sans que la protection des sources d’information soit assurée.
Quand la crédibilité de l’Autorité de la concurrence est aussi flagrante, il reste au gouvernement à prendre des mesures pour permettre un véritable pluralisme et la totale transparence des opérations touchant les médias.
L’Autorité de la concurrence menace Canal+ de « revenir à l’état antérieur à cette opération » ; le SNJ-CGT exige qu’une telle décision s’applique dès maintenant à l’opération menée par le Crédit Mutuel, qui présente un danger beaucoup plus grand pour le pluralisme que l’opération de fusion CanalSat – TPS.
Devant, dans la rue, les équipes syndicales étaient présentes au rendez-vous : Europac, UPM Chapelle-Darblay, SCA Le Theil, M Real, UPM Stracel, UPM Docelles, Arjo Wiggins Wizernes, etc. accompagnées de Paris Normandie, Info’Com CGT et SIP CGT (à l’appel du comité intersyndical du Livre parisien).
M Real ne tient qu’à un fil : la décision du groupe en Finlande a été de convoquer les délégués à Helsinki le 29 septembre.
UPM ne tient qu’à un fil : plus de 1000 emplois sont menacés par des décisions d’un état major qui écrase les postes de travail et les capacités de production comme d’autres écrasent des fourmis.
La Copacel, un simple lobby ?
Une délégation fédérale a été bien reçue : M Real,UPM Chapelle et Stracel, Arjo Wiggins. Il s’agissait d’obtenir du syndicat patronal, affilié au Medef, une intervention pour la sauvegarde immédiate de l’emploi tant àM Real (il y a urgence) qu’à UPM.
Une intervention des patrons était demandée également sur la défense de la filière professionnelle, sur son avenir. Il ne suffit pas aux yeux de la Filpac CGT que les patrons du Papier et de l’Imprimerie se groupent dans un collectif, « Culture Papier », il faut joindre le geste industriel à la parole publicitaire.
Avec politesse sur la forme, mais fermeté sur le fond, le président d’Unipas et le directeur général de la Copacel ont affirmé à plusieurs reprises n’avoir aucun pouvoir, sinon celui de « facilitateur ». Ne cherchez pas dans le dictionnaire, ce mot n’existe pas.
Ce que veut dire la Copacel ?
-« Nous n’avons que le pouvoir de défendre des dossiers techniques auprès du pouvoir. »
-« Nous ne sommes qu’un lobby, une coalition d’experts techniques pour représenter des intérêts. »
Alors, qui a le pouvoir ? Arrêtez de jouer à cache-cache, messieurs les patrons !
Les délégations syndicales rencontrent les élus des départements, des régions, les préfets, les services des ministères, les ministres : mais personne a le pouvoir d’arrêter le massacre des emplois et de la filière professionnelle ?
Il y aurait donc un droit absolu d’un état major de groupe international de jouer à saute-mouton par-dessus la représentation élue par le suffrage universel, par-dessus les pouvoirs publics, et avec la complicité des patrons locaux, de faire ce qu’il veut ?
Devant ce jeu de cache-cache qui n’amuse personne, la Filpac CGT propose :
-D’organiser un mouvement national dans toute la filière professionnelle pour que personne ne reste sur le carreau, pour bâtir une véritable solidarité des ouvriers, employés et cadres contre les destructions d’emploi. Le 29 septembre n’est qu’un début.
-D’affirmer une volonté face à la démission nationale des patrons de la Copacel, face au pouvoir exorbitant des états-majors des groupes, celle d’un droit de préemption de la collectivité industrielle en cas de fermeture.
Si un patron veut partir, qu’il s’en aille, mais qu’il laisse les clés de l’usine, et ses droits sur les terrains à la filière papetière. Les compétences des salariés liés à la volonté des pouvoirs publics permettront de récupérer les usines et leurs productions de les faire vivre !
Ils ne veulent plus conduire le camion ? Qu’ils descendent, rentrent par le train ou l’avion, mais qu’ils nous restituent et les clés du camion et le contenu de ce qu’il transporte !
Voilà notre réponse à leur démission : plus de mobilisation, plus de solidarité, plus d’action tous ensemble !
Courrier de Bernard Thibault à l’attention de la CGTP-IN
Cher Camarade et Ami,
Au nom de la CGT, je tiens à exprimer notre solidarité avec les manifestations que vous organisez demain, dans ton pays, « contre l’appauvrissement et les injustices ».
Le nouveau gouvernement a pris des décisions politiques qui ne font qu’aggraver la situation pour des millions de travailleurs portugais et leurs familles. Partout en Europe, la situation se dégrade. La seule issue à la crise que préconisent les dirigeants européens reste rigueur et austérité, engendrant plus de récession, d’inégalité, de précarité et de chômage. Nous soutenons votre combat pour l’emploi, les salaires, les retraites et les droits sociaux.
Avec d’autres organisations syndicales françaises, nous organisons, le 11 octobre, une journée nationale interprofessionnelle de mobilisation, afin que les salariés puissent s’exprimer sur les mesures que propose le gouvernement, peser sur les décisions politiques à venir, refuser la dictature des marchés financiers et l’austérité et exiger l’augmentation des salaires.
Meilleurs vœux de réussite pour cette journée de mobilisation.
Bernard Thibault rencontrait hier à Montpellier les salariés en vue des mobilisations d’octobre :
le 11 par la grève et dans la rue contre l’austérité et le 20 pour les élections dans la fonction publique.
«Je visite deux ou trois départements par semaine », confie Bernard Thibault, qui a passé, hier, la journée à Montpellier à l’invitation de l’UD CGT de l’Hérault. Les élections professionnelles dans la fonction publique et la journée de mobilisation interprofessionnelle du 11 octobre étaient dans sa ligne de mire. Il a donc rencontré les personnels de France Télécom, des finances, des chercheurs et du CHU pour prendre le pouls social et convaincre. Au centre des finances, une cinquantaine de sympathisants engagent le dialogue : « Ce gouvernement nous parle sans cesse de dépenses publiques mais nous, nous préférons parler de recettes », explique une syndicaliste qui dit n’avoir « plus les moyens de faire rentrer les recettes fiscales ». Un collègue enchaîne : « On nous demande de faire un travail dégradé et de maquiller les statistiques, on nous donne même des cours pour ça ! » Bernard Thibault, qui compte sur cette expertise de terrain pour livrer ensuite son argumentation au niveau confédéral, leur répond : « Nous avons des choses à dire sur comment l’argent public doit être utilisé », pointant là les trop nombreuses exonérations de cotisations. « Et l’un des grands maquillages a été la situation de la Grèce, dit-il, on en voit les résultats. »
Avant de s’entretenir avec le personnel du CHU, il a visité deux laboratoires de recherche à l’université des sciences de Montpellier (UM2). À l’entrée du restaurant universitaire, les militants ont monté un barnum pour sensibiliser les personnels à l’élection professionnelle mais aussi pour les appeler à se mobiliser le 11 octobre. Hervé Landas, secrétaire général CGT de l’UM2, constate : « La précarité est importante, certains services fonctionnent même à 100 % avec des contractuels ! » « Ce que je constate, c’est qu’il y a beaucoup de souffrance au travail, et c’est là qu’il faut qu’on amène nos arguments », explique Bernard Thibault, rappelant que, cette année pour la première fois, les contractuels vont prendre part au vote. « Il est aberrant de tirer sur la corde de ceux qui travaillent », poursuit-il en dénonçant l’augmentation des travailleurs pauvres, le chômage de masse et les heures supplémentaires « où nous donnons de l’argent public équivalant à 400 000 emplois sur une année ». Le secrétaire général de la CGT en reste alors aux fondamentaux pour décrire la situation : « La France a cette caractéristique de faire travailler les 30-50 ans. L’âge moyen pour avoir un CDI est de 27 ans et il y avait 300 000 chômeurs de plus de 50 ans en 2008. » À quoi il ajoute que le plan d’austérité du gouvernement « va amplifier la crise dans le domaine social ». Même s’il déplore le manque d’unité syndicale pour la journée du 11 octobre, il tient à rappeler que la CGT est unitaire par essence : « C’est dans ses gènes ! » martèle-t-il. la recette de la CGT est qu’« il n’y a pas de fatalité à cette souffrance. La seule solution est d’engager le rapport de forces » ! « Il faut qu’on fasse bouger ça tous ensemble ! » conclut-il en évoquant les mobilisations qui se multiplient aux quatre coins de l’Europe.
Des élections hors-normes
Les élections professionnelles du 20 octobre prochain dans la fonction publique sont qualifiées d’« hors-normes » par Bernard Thibault. Avec le nouveau mode de scrutin, plus de deux millions de personnes sont appelées aux urnes, dont de nombreux contractuels qui peuvent désormais participer. « Ce scrutin important sera une boussole sociale pour la suite », assure-t-il, avant de rappeler que « le vote CGT est le signal syndical le plus clair qui soit ».
L’industrie papetière perçoit les premiers signes d’un ralentissement économique (source : Les Echos)
Le niveau élevé des stocks, la baisse de la consommation et la mise en service de nouvelles capacités de production ont fait redescendre les prix de la pâte sous les 1.000 dollars la tonne.
Laurence BOLLACK, Les Echos
Papier-toilette : Georgia-Pacific innove pour se maintenir en tête Les analystes de JP Morgan sont formels : « le marché du papier est classiquement le premier à montrer la tendance en cas de retournement de conjoncture à la baisse. C’est bien ce qui se produit aujourd’hui ». Après la forte reprise qui a suivi la crise de 2008-2009, l’industrie papetière commence à sentir le ralentissement en cours.
La demande s’affaiblit en Europe et aux Etats-Unis, les prix baissent, et des investissements sont remis en cause. Compte tenu du coup de froid sur l’économie chinoise, le fabricant de carton Nine Dragons vient ainsi de retarder la mise en service de six machines. Quant aux actions des groupes papetiers, elles ont été parmi les plus pénalisées en Bourse ces derniers mois.
Les cours de la pâte à papier, eux, redescendent de leurs sommets. Après avoir culminé en juin à 1.050 dollars la tonne pour la pâte de qualité NBSK (Northern bleached softwood kraft) qui sert de référence, les prix sont retombés ce mois-ci à quelque 950 dollars la tonne. A cela plusieurs raisons : tout d’abord la hausse des stocks, aujourd’hui à un niveau très élevé. « Chez les producteurs de pâte de feuillus, les stocks atteignent quarante-huit jours, contre un niveau standard d’environ trente jours. Pour les faire baisser, les industriels consentent des rabais et les prix s’érodent mécaniquement », explique Paul-Antoine Lacour, délégué de la Fédération des pâtes à papier.
A ce phénomène s’ajoute une baisse de la consommation liée aux difficultés des acteurs économiques, qui pèsent en effet sur les volumes de publicités et les échanges interentreprises, donc sur la demande de papier.
Autre élément de nature à faire reculer les cours de la pâte : la mise en service de nouvelles capacités, notamment dans les pays émergents. La Chine vient ainsi de se doter d’une nouvelle usine de grande taille, avec l’entrée en production d’une unité de 700.000 tonnes exploitée par Shandong Chenming dans le Guangdong. De nouveaux projets sont attendus en Asie et en Amérique latine, où la forêt, grâce à l’eucalyptus, croît rapidement.
Une baisse limitée Au final, la baisse reste néanmoins limitée. « Il existe une détente sur les prix en dollars. Mais le billet vert s’est raffermi par rapport à l’euro, monnaie dans laquelle nous payons notre pâte. Pour nous, la baisse des prix n’est donc pas significative », témoigne Thierry Lot, directeur général opérationnel de Georgia-Pacific, un gros consommateur de cette matière première.
La dépréciation des monnaies locales aide aussi les producteurs : la baisse du réal favorise par exemple les exportations du brésilien Fibria, premier producteur de pâte dans le monde. « Les prix de la pâte ont décliné cette année, un phénomène que la faiblesse de la monnaie aide à compenser », confirme Pedro Galdi, responsable de la stratégie du courtier brésilien, SLW Corretora.
Hélio Corbeil : la CGT porte un projet pour sauver l’entreprise !
Depuis lundi, l’avenir du groupe CirclePrinters France ne tient plus qu’à un fil ; A la demande du Tribunal de Meaux, les repreneurs ne disposent plus que de sept jours pour revoir leur copie.
Ce même jour, au Tribunal, les administrateurs annonçaient que les repreneurs ne pourraient pas rentrer en possession des terrains comme point d’appui financier pour assurer l’avenir de la reprise dans le cadre de la liquidation, sauf à débourser plus de 8 millions d’euros.
Comment, dans ces conditions, assurer le développement industriel, talon d’Achille des entreprises depuis leurs acquisitions successives par les groupes financiers Quebecor puis CirclePrinters ?
Aujourd’hui, seul l’appât du gain, au travers des terrains, intéresse tant les repreneurs que CirclePrinters.
L’emploi et le développement industriel sont sacrifiés sur l’autel de la spéculation …
A l’opposé de ce qui apparaît comme un dépeçage et un arrangement entre les dirigeants de CirclePrinters, les administrateurs et les repreneurs, la CGT dénonce se qui se révèle être de la connivence qui détruira des centaines d’emplois, mettant à mal une industrie dans un bassin d’emploi déjà durement touché.
Aujourd’hui encore, les salariés et leurs représentants sont mis devant le fait accompli des décisions des administrateurs qui, à aucun, moment ne tiennent compte de l’avis des salariés et des organisations syndicales. Leur seul objectif est d’éponger les dettes de CirclePrinters …
Une rumeur circule sur une opération qui, si elle devait se confirmer, s’apparenterait à un délit d’initié. Un des repreneurs, le groupe SEGO, serait en passe d’être racheté par la holding HHBV. Cette même holding qui, aujourd’hui, est propriétaire de CirclePrinters France … Etrange non ?
La CGT d’Hélio Corbeil, quant à elle, travaille et se bat depuis plus de dix ans pour assurer l’avenir de l’emploi par le biais du maintien de l’entreprise sur le bassin corbeillois !
Paradoxalement, l’imprimerie Helio Corbeil, dont les résultats sont les meilleurs du groupe CirclePrinters France, se retrouve être la seule pour laquelle aucun avenir n’est envisagé.
Y aurait-il une relation avec sa localisation en centre ville, et le fait que ses terrains réveillent certains appétits ?
Les salariés et la CGT n’attendront pas l’annonce du 6 octobre. La CGT souhaite faire une proposition de reprise d’Hélio Corbeil par ses salariés au travers d’une SCOP. L’entreprise, débarrassée de sa sangsue financière, CirclePrinters, et implantée à Corbeil depuis deux cents ans, a plus que jamais une place et un rôle à jouer dans l’impression de la presse magazine.
Les enjeux environnementaux de distribution militent pour faire de Corbeil un exemple industriel. Les éditeurs, aussi bien la Socpresse qu’Hachette, nous ont assuré de leur soutien en maintenant la charge de travail sur le site. Il est indispensable, dès aujourd’hui, qu’ils s’engagent plus avant !
La CGT demande au Tribunal de clarifier le possible rachat de la SEGO par HHBV.
A ce jour, seuls les enjeux de l’emploi sur la Seine-&-Marne préoccupent les administrateurs, sous pression des hommes politiques locaux. C’est pourquoi, la CGT demande à ce que le Tribunal de Meaux renvoie l’affaire de l’imprimerie Hélio Corbeil devant le Tribunal de Commerce d’Evry qui pourrait permettre aux salariés de présenter une proposition de reprise de leur entreprise.
L’appui des principaux éditeurs et clients, par la garantie de la charge de travail ainsi qu’une trésorerie positive, devrait permettre de donner le temps nécessaire aux salariés, accompagnés par la CGT, d’étudier la faisabilité de leur projet qui garantirait le maintien de l’emploi, loin des ambitions de spéculations immobilières.
Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2012
La ministre du budget, des comptes publics et de la réforme de l’État, porte-parole du Gouvernement, a présenté avec le ministre du travail, de l’emploi et de la santé et la ministre des solidarités et de la cohésion sociale, le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2012.
Ce projet de loi porte la marque du redressement des finances publiques et plus spécifiquement des comptes sociaux : le déficit du régime général, après avoir été de 23,9 milliards d’euros en 2010 et 18,2 milliards d’euros en 2011, sera de 13,9 milliards d’euros en 2012.
Le projet de loi s’inscrit dans la continuité de l’effort de maîtrise des dépenses que le Gouvernement a engagé depuis quatre ans. Cet effort sera poursuivi, grâce notamment à la montée en charge des effets de la réforme des retraites et à la maîtrise des dépenses d’assurance maladie : l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam), qui était de 2,9 % en 2011, sera de 2,8 % en 2012.
Le texte comporte certaines mesures du plan de redressement des finances publiques annoncé par le Premier ministre le 24 août 2011 et qui obéit à trois principes : la poursuite de la stratégie de réduction des niches sociales et fiscales, des prélèvements ciblés renforçant l’équité du système fiscal et social, et des taxes sur les comportements à risque, qui contribuent aussi à la maîtrise des dépenses.
Au total, les recettes issues de ce plan se traduiront par un peu plus de 6 milliards d’euros supplémentaires pour la sécurité sociale, dont la moitié ont déjà été votés dans la loi de finances rectificative de septembre 2011, avec l’augmentation des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine, la réforme des abattements sur les plus-values immobilières et la suppression du taux réduit de la taxe sur les contrats d’assurance maladie responsables.
Le PLFSS comporte des mesures représentant environ 2,3 milliards d’euros de recettes nouvelles, résultant de la suppression ou la réduction de niches sociales (hausse du forfait social, harmonisation de la contribution sociale de solidarité des sociétés dans les banques, intégration des heures supplémentaires dans le calcul des allègements généraux de charges sur les bas salaires, réduction de l’abattement de 3 % pour frais professionnels sur l’assiette de la CSG, assujettissement à la CSG du complément de libre choix d’activité) et sur la révision du barème de certaines taxes (droits sur les alcools et taxe sur les véhicules de société). Le PLFSS comporte également une hausse des taxes acquittées par l’industrie pharmaceutique afin de financer certaines des mesures annoncées par le Gouvernement pour améliorer la sécurité sanitaire.
Par ailleurs, la sécurité sociale bénéficiera de la taxe sur les boissons contenant des sucres ajoutés, qui se trouve dans le projet de loi de finances pour 2012, ainsi que de la hausse des prix du tabac et d’une mesure réglementaire d’harmonisation des taux et assiette de cotisations dans les industries électriques et gazières.
S’agissant des dépenses, l’objectif de limiter la progression de l’Ondam à 2,8 % nécessitera de réaliser 2,2 milliards d’euros d’économies, qui reposeront essentiellement sur le renforcement de l’efficience du système de soins, mais aussi sur une économie liée à l’harmonisation du mode de calcul des indemnités journalières versées par la sécurité sociale. Pour la cinquième année consécutive, l’objectif de dépenses permettra d’assurer un taux de progression à parité entre les soins de ville (2,7 %) et les établissements de santé (2,7 %). Par ailleurs, les moyens consacrés aux personnes âgées et aux personnes handicapées poursuivront un rythme de progression soutenu, à 4,2 %, en hausse par rapport à 2011 (3,8 %), ce qui permettra de financer un plan d’aide à l’investissement de 50 millions d’euros dans les établissements et services médico-sociaux.
Le PLFSS prévoit par ailleurs l’amélioration des aides en faveur de la garde d’enfants des familles monoparentales et des parents handicapés.
L’effort continu de maîtrise des dépenses et l’apport de recettes supplémentaires permettront de réduire de 10 Md€, soit 40 %, le déficit du régime général et de diviser par deux le déficit de l’assurance-maladie entre 2010 et 2012.
Déclaration commune CFE-CGC, CFDT, CFTC, CGT, Force Ouvrière, FSU, UNSA et la Mutualité Française
Les organisations syndicales de salariés, CFE-CGC, CFDT, CFTC, CGT, Force Ouvrière, FSU, UNSA et la Mutualité Française appellent solennellement le gouvernement et le Parlement à renoncer au doublement de la taxe sur les contrats santé solidaires et responsables et à tout impôt sur la santé.
Cette taxation entraînera inéluctablement une augmentation du coût des contrats santé et aggravera donc les inégalités d’accès aux soins.
Elle intervient dans un contexte de crise sociale profonde au moment où près d’un Français sur trois déclare renoncer à des soins pour des raisons financières.
Elle est décidée alors que le taux de remboursement par la Sécurité Sociale des soins de ville pour la très grande majorité des assurés sociaux est tombé à 55%, ce qui est inacceptable, et que bénéficier d’une couverture complémentaire est devenu indispensable.
Les organisations syndicales de salariés CFE-CGC, CFDT, CFTC, CGT, Force Ouvrière, FSU, UNSA et la Mutualité Française, en demandant au gouvernement et au Parlement de renoncer à affaiblir une nouvelle fois la protection sociale des Français, rappellent leur attachement à une Sécurité Sociale de haut niveau et une couverture complémentaire solidaire accessible à tous.
Le Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2012 propose, sous couvert « d’harmonisation des références au salaire », de passer, pour le calcul des indemnités journalières, du salaire brut au salaire net. Le montant du revenu de remplacement, qui est déjà bas, diminue encore scandaleusement pour des personnes fragilisées par la maladie, le tout accompagné d’un renforcement du contrôle des arrêts maladie.
Le gouvernement se fait antenne relais du patronat pour qui : « les salariés s’arrêtent par plaisir et les médecins rédigent des arrêts de complaisances », alors que l’organisation et les situations de travail sont très souvent la cause de pathologies (TMS, dépressions, cancers) et que les syndicats sont souvent empêchés dans leur action pour l’amélioration des conditions de vie au travail.
Un salarié sur trois, ceux des petites entreprises n’ayant pas d’accord de branche, ceux ceux ayant peu d’ancienneté et qui ne perçoivent que les indemnités journalières de la Sécurité Sociale verront directement leur salaire amputé.
Seuls deux tiers des salariés bénéficient d’une complémentaire en prévoyance qui prend en charge un complément de salaire en cas d’arrêt maladie. Un système particulièrement inégalitaire car le montant, la durée des versements varient en fonction des différents accords de branches, de groupes ou d’entreprises. Pour la plupart, ces accords spécifient qu’en cas de baisse de remboursement de la Sécurité sociale, la différence reste à charge des salariés et qu’une augmentation des remboursements devra être négociée.
Au final, pour tous les salariés, cela veut dire soit augmentation des cotisations payées, soit une baisse du montant de l’indemnisation, ce qui est intolérable pour la CGT.
Une nouvelle fois, ce sont les salariés qui paient les effets de la crise, en voyant se réduire leur protection sociale.
Baisse des indemnités journalières, taxation sur les complémentaires santé, des motifs complémentaires pour s’inscrire dans l’action du 11 octobre 2011.
Selon un sondage Harris Interactive, les salariés du public, à 70 %, et du privé, à 67 %, soutiennent les mobilisations du 11 octobre « pour une autre répartition des richesses ».
Le monde du travail est-il, comme on le laisse entendre beaucoup trop, plongé dans la morosité ? Commandé par la CGT, un sondage répond à la question. « Plusieurs syndicats appellent les salariés à se mobiliser en cette rentrée par des grèves et/ou des manifestations “pour un autre partage des richesses”. Quelle est votre attitude à l’égard de ces appels ? », a demandé l’institut Harris Interactive à un panel représentatif de la population française. La réponse est éloquente : 62 % des Français, 69 % des salariés disent soutenir ces appels syndicaux. On atteint pratiquement le même niveau de soutien que pour le mouvement contre la « réforme » des retraites de l’an passé. Dans un contexte où les médias ne parlent pour ainsi dire pas de cette mobilisation et où l’unité syndicale n’est guère au beau fixe.
« Alors que plus d’un Français sur six soutient cette mobilisation, il n’y a pas de clivages en termes générationnels ou de catégorie sociale. Les catégories populaires et les catégories supérieures sont quasiment au même niveau de soutien », note Jean-Daniel Lévy, directeur du département politique de l’institut. « Et il n’y a pas d’affrontement entre le public et le privé », relève-t-il. Si en effet les salariés du public sont un peu plus nombreux, 70 %, à soutenir la mobilisation du 11 octobre, les salariés du privé la soutiennent à 67 %.
« Sur le terrain, c’est bien ce qu’on ressent », assure Nadine Prigent du bureau confédéral de la CGT. « On avait dit dès avant l’été que la rentrée devait être à la mobilisation. La CGT a poussé dans ce sens et nous sommes confortés », se félicite-t-elle. Les dirigeants de la centrale de Montreuil, Bernard Thibault en tête, font ces jours-ci le tour des régions pour préparer sur le terrain la journée du 11 octobre et les élections du 20 dans la fonction publique. « Un très fort sentiment d’injustice s’exprime, témoigne Nadine Prigent. On ne peut pas continuer à demander toujours aux mêmes tous les efforts. »
De fait, alors que la crise fait peser sur le monde du travail bien des coups et beaucoup d’incertitude, le climat social redevient très conflictuel, avec des luttes contre les licenciements, mais aussi sur les conditions de travail et les salaires. « Le travail ne va pas bien, constate la responsable syndicale. Certes, les échéances électorales de 2012 sont le rendez-vous des attentes du changement, mais le social doit occuper sa place. »
« De nombreuses interrogations se posent sur l’égalité, les processus de solidarité. Les Français sont plutôt favorables aux objectifs de la mobilisation : une autre répartition des richesses », explique Jean-Daniel Lévy. Il estime que « dans la période, les organisations syndicales apparaissent comme relativement légitimes pour adresser des messages et des signaux d’alerte, porter des solutions. Quand le syndicat prend la parole, il est entendu ».
Entre un sondage qui marque un soutien populaire et la réussite d’une mobilisation, il y a certes un monde. Mais les organisations syndicales y verront un signe d’encouragement. Et peut-être aussi un avertissement. « Il ne faut pas être en dessous des attentes », prévient Nadine Prigent.
Sympathie toutes catégories
C’est pratiquement toutes générations confondues que les Français soutiennent les mobilisations syndicales. 66 % des 25 à 34 ans et 68 % des 35 à 49 ans y sont favorables ; pour les 18 à 24 ans, un peu moins (58 %) et seuls les plus de 65 ans y sont opposés. Les ouvriers (72 %) sont les plus favorables aux mobilisations syndicales. On soutient majoritairement les mobilisations quelle que soit la taille de son entreprise : de 57 % pour les entreprises de moins de 10 salariés à 77 % pour celles de plus de 500 salariés. Le clivage est surtout politique : à gauche on soutient à 82 % (91 % pour le Front de gauche) tandis qu’à droite et à l’extrême droite, on ne soutient qu’à 38 %. Les partisans de l’UMP resteront à la maison : seuls 23 % sont d’accord avec les mobilisations.
Trois blessées graves lors d’un rassemblement de salariés
Il nous faut des explications !
Trois salariées ont été blessées lors de la manifestation à Lyon des personnels du secteur sanitaire et social non lucratif. Deux d’entre elles le sont gravement. Le pronostic vital de la responsable du syndicat CGT de la Clinique de la Mutualité de Saint Etienne est engagé.
Comment ne pas être profondément indignés par l’attitude des forces de l’ordre qui ont pris la décision de gazer les manifestants ?… Ce gazage, confirmé par le communiqué de la préfecture serait à l’origine du mouvement de foule qui aurait provoqué la rupture d’une grille au sol, entraînant la chute des trois salariées.
Rien ne justifiait un tel déploiement policier ! Pacifiquement, les manifestants majoritairement des personnels de soins -- protestaient contre la décision unilatérale de leur employeur, la FEHAP* de dénoncer leur convention collective de 1951 : ils demandent uniquement que leurs revendications, après l’échec de plusieurs mois de négociations, soient enfin prises en compte !
La CGT demande au Ministère de l’Intérieur des explications : qui a donné l’ordre de gazer ? Pourquoi une telle violence ?
Nous appelons également les employeurs relevant de la convention collective Du 31.10.1951 à plus de respect envers leurs salariés et les représentants syndicaux, et à revenir sur leurs décisions en ré-ouvrant des négociations.
La CGT et la Fédération de la Santé et de l’action sociale tiennent à témoigner leur soutien aux trois salariées concernées, à leur famille, à leurs collègues de travail, à leurs camarades syndicalistes.
Montreuil, le 6 octobre 2011
(*) Fédération des Etablissements Hospitaliers d’Aide à la Personne
Lors d’une manifestation, hier, à Lyon, la charge des CRS contre les manifestants a provoqué un mouvement de foule, causant la chute de trois manifestantes. Deux sont gravement blessées.
ils étaient près de 1500, salariés du secteur sanitaire et social, à défiler à la Cité internationale de Lyon, à l’occasion du 36e congrès de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne (FEHAP), quand les CRS ont chargé, gaz lacrymogènes en main.
Pour échapper aux gaz, trois manifestantes, employées de la Mutualité Française Loire se sont éloignées du cortège et ont fait une chute de trois mètres en passant au travers d’une grille d’aération. Deux, dans un état grave, ont été hospitalisées. « Le climat de répression des mobilisations sociales qui se développe doit cesser. Sans cela, ce sont le droit syndical et la liberté de manifestation qui sont menacées dans notre pays », a réagi Jean-Luc Mélenchon, déclarant en outre qu’il « désapprouve totalement l’usage ainsi fait de la force publique contre une manifestation syndicale » et « demande que la justice soit immédiatement saisie pour enquêter sur ce drame ».
De son côté, la préfecture nie tout lien de cause à effet. Jean-François Carenco, préfet de la région Rhône-Alpes, s’est contenté d’estimer que le lieu de l’accident étant « très éloigné du lieu de la manifestation (…) les blessures occasionnées aux personnes ne sont donc pas directement liées à une charge des forces de l’ordre » !
La CGT de son côté explique que « rien ne justifiait un tel déploiement policier ! Pacifiquement, les manifestants majoritairement des personnels de soins -- protestaient contre la décision unilatérale de leur employeur, la FEHAP* de dénoncer leur convention collective de 1951 : ils demandent uniquement que leurs revendications, après l’échec de plusieurs mois de négociations, soient enfin prises en compte ! »
Retraités surendettés : « Une réalité, pas une surprise »
Jacques Lefèvre, secrétaire de l’Union des syndicats de retraités CGT du Nord.
« La CGT Nord revendique 4 000 adhérents et il n’est plus rare que nous soyons confrontés à des situations d’endettement et même de surendettement. Un phénomène particulièrement lié à la question des soins. En effet, il est devenu commun d’orienter directement les personnes vers des hôpitaux privés qui pratiquent des dépassements d’honoraires, obligeant des patients âgés à recourir à l’emprunt. L’emprunt aux banques leur étant souvent refusé, il s’agit davantage de solliciter des proches. Quand elles ne sont pas directement orientées vers le privé mais qu’il faut six mois pour obtenir un rendez-vous dans les hôpitaux publics, c’est cette fois sous la pression du temps qu’elles y sont contraintes. Mais cette situation n’est pas surprenante dans le contexte d’un territoire comme le Nord-Pas-de-Calais, lanterne rouge des montants de retraite en France. D’après les chiffres 2010 de la caisse de retraite Nord-Picardie (Carsat), la moyenne des droits directs perçus avant prélèvements sociaux et sans la part des complémentaires s’élève à 731 euros par mois pour les hommes et à 568 euros pour les femmes. Les générations des années 1940 ont, certes, depuis longtemps intégré le fait de se priver. Pas de vacances, des vêtements que l’on fait durer longtemps… Alors, on continue naturellement à se priver quand il faut venir en aide aux enfants ou petits-enfants aux prises avec la précarité et le chômage. La solidarité familiale fonctionne donc encore bien et dans les deux sens, mais qu’en sera-t-il demain quand on sait, par exemple, que partie en retraite il y a dix ans une femme dispose en moyenne d’une pension brute de 773 euros, tandis que celle qui part en retraite aujourd’hui, particulièrement touchée par la réforme, ne perçoit en moyenne que 553 euros ! »
Le très patronal journal « Les Échos » faisait ce gros titre en première page, mercredi 28 septembre : « Valérie Pécresse : un budget pour convaincre les marchés ». Diantre ! On croyait jusque là que les pouvoirs faisaient au moins semblant de gérer le pays peu ou prou pour l’intérêt général ! Mais quel élan de sincérité pour le journal au service de ces mêmes marchés financiers !
Et de fait, dans un entretien accordé à ce quotidien, la ministre du budget se vante du budget d’austérité gouvernemental. Austérité pour les citoyens. Pas pour les riches. Sous couvert de réduction de la dette, c’est bien la guerre déclarée aux investissements sociaux. Qu’on se le dise ! « Ajouté aux efforts de maîtrise sur les dépenses de retraite et d’assurance-maladie, cela conduit à une baisse de la part des dépenses publiques dans le PIB de 56,6% en 2010 […] puis à 55,8% en 2012 » précise Madame la ministre. Puis, affûtant son argumentaire, elle dit ceci : « Le plan du 24 août complète notre stratégie menée avec opiniâtreté depuis 2007 d’économies sur les dépenses : suppression de 150 000 postes de fonctionnaires en cinq ans, 11 milliards d’économies en matière d’assurance-maladie depuis 2008, réduction d’un tiers du déficit des hôpitaux, gel des dotations de l’Etat aux collectivités territoriales, baisse de 10% des dépenses d’intervention et de fonctionnement des ministères sur trois ans ». Voilà qui est d’une limpide clarté. Sous couvert de la lutte contre la dette et les déficits, c’est aux dépenses publiques et sociales que s’attaque le pouvoir sarkozyste depuis bientôt cinq ans. Voilà pourquoi on ferme notre école, notre maternité, notre tribunal, notre gendarmerie.
Se vanter d’avoir supprimé 150 000 postes d’agents publics en cinq ans revient exactement à dire que, dans la République de Sarkoland, on doit accepter d’être moins bien soigné, moins bien transporté, être moins en sécurité et surtout être moins bien éduqué. Car contrairement aux serreurs de vis des porte-monnaie des petites gens, il faudrait considérer l’école non pas comme un coût à supporter, mais comme un investissement pour l’avenir. Des responsables d’Etat qui se vantent de réduire les crédits pour l’école, et de supprimer des classes et des postes d’enseignants sont des sabreurs d’avenir pour le pays. Et le pouvoir veut aller encore plus loin puisqu’il veut réduire, sans doute après les élections législatives et présidentielles si par malheur il était réélu, les crédits pour la sécurité sociale et les collectivités locales. Et le premier ministre a récemment déclaré qu’il envisageait de porter l’âge de la retraite à 67 ans.
Il y a dans ce budget une disposition déjà votée qui est parfaitement scandaleuse et contre laquelle il faut se lever avec encore plus d’énergie : il s’agit de la taxe sur les complémentaires santé, qui va passer de 3,5 à 7%. Il s’agit d’un nouvel impôt santé après bien d’autres, comme le forfait hospitalier, la CSG, le déremboursement de plus en plus de médicaments indispensables. Alors que le taux de remboursement des soins par la sécurité sociale a été considérablement réduit, le pouvoir va pénaliser celles et ceux qui pouvaient mieux se couvrir grâce aux mutuelles. C’est une ponction de plus d’un milliard sur les assurés sociaux et les mutualistes qui est engagée, alors qu’un cadeau fiscal de deux milliards d’euros vient d’être fait aux plus fortunés avec la diminution de l’impôt sur les grandes fortunes.
Voilà qui illustre le caractère de classe et de caste de ce pouvoir ultra-droitier. Les grands électeurs ruraux, par delà leur opinion, l’ont rejeté à l’occasion des élections sénatoriales. Il faudra que le peuple dans sa majorité le fasse lors des prochaines élections législatives et présidentielles dans quelques mois. Sans attendre, la mobilisation doit se développer, notamment pour faire annuler cette taxe sur les mutuelles.
Une mobilisation pour d’autres choix est une nécessité !
Ville : ROUEN Lieu : Place Cauchoise
Heure : 10h30
Organisation : CGT, CFDT, FSU, Solidaires, UNSA, UNL et UNEF
Ville : DIEPPE Lieu : Sous-Préfecture
Heure : 10h30
Organisation : CGT, CFDT, FSU, SOLIDAIRES, UNSA, UNL, UNEF
Ville : LE HAVRE Lieu : Rassemblement Parking du Casino
Heure : 10h00
Organisation : CGT, CFDT, FSU, Solidaires, UNSA, UNL, UNEF
Il faut en finir avec la dictature des marchés financiers et les choix politiques d’austérité qui en découlent donnant encore et toujours plus de gages aux marchés financiers et aux agences de notations.
En Europe, plongée dans la pire des situations avec 23 millions de chômeurs, particulièrement les jeunes, l’unique réponse des dirigeants politiques est l’austérité : pression sur les salaires, réduction des services publics, de la protection sociale, des pensions, durcissement des conditions de travail et de vie.
Le plan Fillon pour réduire le déficit de la France est injuste, inéquitable et inacceptable et pénaliserait une fois de plus les salariés, contrairement aux annonces médiatiques du gouvernement sur la contribution des plus fortunés.
Mesures Fillon
Hauts revenus
Salariés et Retraités
Alors que, d’après les Comptes de la Nation, le pouvoir d’achat des ménages baisse entre 2007 et 2010, les dividendes versés aux actionnaires explosent et les cadeaux faits aux plus riches et aux entreprises continuent.
La CGT pose la nécessité de la mobilisation sous les modalités à décider ensemble (rassemblements, manifestations, grèves) pour des mesures immédiates et s’inscrivant dans un processus d’action porteur d’alternatives aux choix actuels.
Après le succès des mobilisations dans l’éducation publique et privée et celle des retraités, la mobilisation interprofessionnelle a fortement exprimé les attentes sociales des salariés et l’exigence d’une autre répartition des richesses.
Des milliers de salariés, de jeunes, de retraités et de privés d’emploi ont défilé, dans près de 200 manifestations partout en France. La CGT recense, à cette heure, 270 000 manifestants sur 150 rassemblements. Cette mobilisation s’est traduite par de très nombreux arrêts de travail dans les entreprises et les services. Elle est d’autant plus importante qu’elle est le fruit d’un engagement militant peu relayé par les médias.
Que ce soit en France ou en Europe, les politiques de bas salaires, de suppression et de précarisation de l’emploi, la réduction de la protection sociale, des services publics et des droits des salariés sont bien les raisons de la crise. Elles découlent des choix politiques opérés pour donner des gages aux marchés financiers et aux agences de notation avec des conséquences dramatiques pour les salariés. Le plan Fillon est une réponse inefficace et socialement injuste puisque les salariés et les retraités devront débourser quinze fois plus que les plus riches. 3 milliards d’euros pour le travail contre 200 millions pour le capital !
Il y a urgence à mettre en œuvre des politiques économiques et sociales, alternatives. La CGT a bien l’intention de poursuivre sa démarche offensive et unitaire en toute circonstance, comme elle l’a toujours fait, y compris, en période pré électorale.
Chaque avancée gagnée par les salariés inversera la répartition des richesses créées et représentera des milliards d’euros au niveau national et européen. Cela permettra de transformer réellement et durablement le travail, d’augmenter le pouvoir d’achat, de garantir une protection sociale de qualité et de développer des services publics en capacité de répondre aux besoins sociaux.
Sortir de la crise passe par l’augmentation des salaires et pensions, par des créations d’emplois dans le public et le privé, et par le développement de notre outil industriel de plus en plus menacé.
La CGT sera à l’initiative, pour continuer d’agir avec les salariés sur chaque lieu de travail, pour une véritable alternative à la crise et gagner du progrès social pour tous.
Bernard Thibault : « l’austérité, il y en a marre »
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, qui participait mardi à la manifestation interprofessionnelle à Marseille, a appelé à la fin de l’austérité parce qu’ »il y en marre », et demandé au gouvernement de « changer d’optique ».
« Loin de nous sortir de la crise économique, cette austérité salariale, cette précarité sociale vont nous enfermer dans la récession et tout le monde va y perdre », a estimé le syndicaliste, en tête du cortège marseillais, qui a rassemblé 30 000 personnes selon les organisateurs. « Prenons d’autres mesures: il est possible par exemple de faire beaucoup d’économies sur l’argent public donné aujourd’hui sur les entreprises sans que les résultats sur l’emploi ou les salaires ne s’en trouvent modifiés« , a-t-il ajouté.
Il a expliqué avoir choisi Marseille -- parmi les 200 manifestations prévues mardi au niveau national -- parce qu’il s’agit d’une ville « combative, où les enjeux sont tout à fait symboliques, qu’il s’agisse du niveau de précarité ou de la bataille pour la sauvegarde des outils industriels dans notre pays ». Citant les employés en lutte de Fralib (groupe Unilever), qui occupent toujours leur usine à Gémenos, ou ceux de la raffinerie LyondellBasell, à Berre L’Etang (Bouches-du-Rhône), qui viennent d’obtenir un sursis du groupe pétrochimique américain, le secrétaire général de la CGT a rappelé qu’en France, « un salarié sur deux a moins de 1.500 euros pour vivre« . « Il y a urgence sociale dès maintenant. Les fermetures d’usine, c’est en ce moment qu’elles nous menacent, la baisse du pouvoir d’achat, c’est aujourd’hui qu’elle se produit », a-t-il martelé.
Interrogé sur les échéances électorales à venir, le syndicaliste a souligné que « six mois, c’est long pour le quotidien des salariés qui, pour beaucoup d’entre eux, n’ont pas de quoi finir le mois ou n’ont pas de travail ». Détaillant les propositions de la CGT pour remettre de l’argent dans les caisses, Bernard Thibault a rappelé que la fraude fiscale était « évaluée aujourd’hui entre 45 et 50 milliards d’euros par an« . Pourquoi ne pas « renforcer les effectifs pour le contrôle fiscal, notamment pour l’impôt que doivent payer les sociétés », a-t-il proposé. « Remettre en cause les aides fiscales, les aides publiques, les exonérations de cotisations qui sont versées aux entreprises, 186 millions d’heures supplémentaires effectuées par les salariés qui donnent lieu à des aides financières de la part de l’Etat, voilà une source d’économies ! ». « Revoir la fiscalité pour les plus fortunés, voilà une source de recettes fiscales supplémentaires« , a-t-il conclu.
Dans ce département, considéré comme le plus médicalisé de France, les salariés des fédérations mutualistes étaient représentés en nombre mardi. Ils ont ainsi dit refuser « de payer une nouvelle fois les conséquences de la crise ». Outre Fralib, l’autre symbole des luttes dans les Bouches-du-Rhône était également représentée par les salariés de la raffinerie Lyondellbasell, qui viennent de faire repousser la fermeture de leur site de Berre. On notait aussi la présence de syndicalistes du groupe sidérurgique ArcelorMittal défilant sous une banderole « Arcelor Minable, No1 mondial de misère ».
Suite aux différents communiqués de presse sur la situation du groupe GHM et du Pôle Normand en particulier, les élus du SILPAC-CGT ont mesuré l’importance de ces déclarations, ils ont pris leurs responsabilités et ont demandé à rencontrer la direction de la SNPEI afin d
’obtenir des informations complémentaires précises sur ces dires avant toute communication aux salariés.
Lors de cette rencontre, la direction a démenti l’état de « faillite » du Pôle Normand et nous a confirmé la tenue de discussions sur un rapprochement de plusieurs titres de GHM avec les titres du groupe Rossel en précisant toutefois que le Pôle Normand n’est pas concerné pour l’instant et qu’il sera rattaché à ce nouveau groupe dès son retour à l’équilibre … Ce qui a été confirmé par GHM dans une note interne à destination de tous les salariés.
On sait ce que le retour à léquilibre impose, nous ne sommes pas dupes!
D’ores et déjà, nous avons rappelé à la direction notre attachement au respect des accords signés, mais aussi au respect des institutions représentatives, ainsi que notre attachement au développement.
GHM et sa stratégie de communication n’est pas en faillite…
Seul « le Pôle Normand » était à vendre. Cela a encore été confirmé par Dominique BERNARD lors de la réunion du comité de groupe du 16 septembre 2011.
Alors qu’une autre réunion du comité de groupe est programmée pour le 21 octobre 2011, c’est par voie de presse que nous apprenons la stratégie de rapprochement avec le groupe Rossel.
Nous, élus CGT, prenons acte de cette méthode de management qui nous conforte donc dans la mission que nous avons confiée au cabinet Sécafi : d’une part pour le déclenchement d’un droit d’alerte sur le développement et d’autre part sur la mission d’analyse des risques psycho-sociaux dans l’entreprise.
Responsables, nous sommes prêts à discuter avec d’éventuels repreneurs, Groupe Rossel par exemple si celui-ci croit, comme nous, au développement du Pôle Normand.
Les élus CGT ne s’interdiront rien, avec vous, nous aussi nous serons trés attentifs à ce dossier, de l’Elysée à Bercy, du Ministère de la culture à celui de l’emploi! Aux élus locaux, aux colléctivités locales, ainsi qu’auprès de nos lecteurs.
Syndicat des travailleurs du Livre
de Paris Normandie
Groupe Hersant Média et Rossel
confirment être entrés en négociations exclusives pour rapprocher leurs activités de presse régionale dans le Nord, l’Est et le Sud-Est et créer ainsi un leader de la PQR en France -- communiqué officiel
Le Groupe Hersant Media (GHM) et le Groupe Rossel confirment aujourd’hui être entrés en négociations exclusives en vue de rapprocher les activités dans la presse régionale de leurs pôles Champagne-Ardenne-Picardie (CAP) et Provence, Alpes-Maritimes, Corse (PACA), d’une part, « Nord -- Pas de Calais -- Picardie », d’autre part.
Avec près de 900 000 exemplaires vendus quotidiennement, plus de 500 millions de chiffres d’affaires annuel et 800 journalistes, le nouvel ensemble deviendrait l’un des 3 leaders nationaux de la PQR en France.
La mise en commun des savoir faire et moyens des deux groupes permettrait d’accélérer l’adaptation des titres au nouvel environnement des médias, et notamment le développement de leurs services numériques tout en améliorant leurs conditions d’exploitation.
Le rapprochement se traduirait par la création d’une société holding détenue à parité par GHM et par le groupe Rossel à laquelle serait apportée tout ou partie des actifs des sociétés concernées. La gouvernance serait assurée paritairement par un conseil de surveillance et un directoire, dont la présidence serait dévolue respectivement à un représentant de GHM et un représentant du groupe Rossel.
Les décisions importantes seraient soumises préalablement à leur adoption à un comité stratégique paritaire.
La conclusion d’un accord définitif est subordonnée à la finalisation des diverses études en cours sur les modalités et effets du rapprochement, aux « due diligence » réciproques, ainsi qu’à un certain nombre de conditions suspensives dont l’accord des banques créancières sur la renégociation de la dette du groupe GHM, l’autorisation des autorités de la concurrence, la signature d’un pacte d’actionnaires et les procédures auprès des conseils d’administration des sociétés et des instances représentatives du personnel.
Les pôles Presse Gratuite d’Annonces (Comareg et Hebdoprint) et Outre-mer de presse régionale, qui ne sont pas concernés par ce projet, resteraient détenus et contrôlés à 100% par GHM.
Groupe Hersant Media est le leader des médias de proximité. Le Groupe Rossel est le premier groupe de presse francophone en Belgique.
Feu Robert Hersant a toujours traîné une réputation sulfureuse derrière lui. Le fondateur du groupe de presse a commencé sa carrière Au pilori, une feuille antisémite et collaborationniste, héritant d’une condamnation à dix ans d’indignité nationale après la Seconde Guerre mondiale [1]. Baptisé « Herr Sant », par le Canard enchaîné, Robert Hersant avait l’habitude de répéter, chaque fois qu’il mettait la main sur un nouveau journal : « Le premier jour, je demande aux journalistes l’autorisation d’aller pisser. Le lendemain, je pisse sans leur autorisation. Ensuite, je pisse sur les journalistes. » Et des publications, Philippe Hersant en a acquis beaucoup. Son plus jeune fils, Philippe, qui lui a succédé à son décès en 1996, possède encore 27 titres.
De Nice-Matin à Libération-Champagne en passant par Paris-Normandie, France-Antilles ou la Provence, le Groupe Hersant Média (GHM) règne sur un empire qui emploie plus de 7 000 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires tournant autour du milliard d’euros. GHM possède également des journaux gratuits, des radios et des télévisions locales.
Seulement voilà, le groupe se porte très mal, « La situation est tellement mauvaise que la direction des journaux ne nous communique plus aucun chiffre. Mais nous savons que Philippe Hersant cherche à vendre plusieurs titres, y compris des publications
Philippe Hersant est aussi l’heureux propriétaire, à 100%, d’Éditions Suisses Holding (ESH), qui possède les quotidiens la Côte (canton de Vaud), l’Express, l’Impartial (canton de Neuchâtel) et maintenant une partie du Nouvelliste (canton du Valais). Bien qu’ESH n’ait rien à voir avec GHM, Hersant junior a tout de même été interrogé, lors du comité du Groupe Hersant Média, le 13 juillet 2010, par les représentants des salariés sur les conditions de rachat du Nouvelliste. Selon le papivore franco-suisse, « il a été réalisé au moyen d’un relais bancaire ».
Contrairement à son père, élu plusieurs fois député, Philippe Hersant est d’une extraordinaire discrétion. Il ne donne jamais d’interviews, fait la chasse aux rares photos de lui. Signe particulier : il ne répond pas aux courriers qui lui sont adressés. « Robert Hersant avait beaucoup de défauts, mais il aimait la presse malgré tout. Son fils, en revanche, ne s’intéresse qu’à une seule chose : le fric », se souvient un ancien journaliste de Nord-Éclair. Philippe Hersant est installé depuis 2003 dans le hameau de Cara, sur la petite commune de Presinge, dans le canton de Genève, en Suisse. Trois bâtiments au milieu des vignes et des grands arbres rachetés 8,6 millions d’euros.
Hier les pompiers ont lutté contre un feu qui s’était déclaré dans les faux plafonds d’une cartonnerie.
25 pompiers sont intervenus hier, dans l’après-midi, sur la cartonnerie SA Europac, à la Rochette.
Il fallait mettre fin à un feu courant dans les faux plafonds. Les pompiers ont déployé de gros moyens, dont des caméras thermiques pour localiser les « sources chaudes « sur ce site extrêmement sensible.
Le sinistre a été éteint par « dégarnissage » ( démontage complet de la structure du faux plafond) aux alentours de 18h.
Le papetier Vertaris (38) en redressement judiciaire
La société bénéficie d’une période d’observation de 6 mois
Coup dur pour la société Vertaris, le spécialiste du papier recyclé de qualité.La société dirigée par François Vessière a en effet été placée en redressement judiciaire le 4 octobre dernier.
Confronté à une augmentation du coûts de ses matières premières, les vieux papiers, particulièrement demandés en Asie, demande qui pousse les collecteurs à préférer l’export, le papetier français basé à Voreppe (38) dispose désormais d’une période d’observation de 6 mois pour se réorganiser.
Ce alors que la société dispose de l’un des outils industriels les plus modernes dans sa spécialité, sachant que Voreppe est le seule usine papetière française intégrant le traitement puis la valorisation de la fibre recyclée à partir de papiers « post consommation ».
La CGT attaque auprès du Conseil d’Etat la liste des métiers ouverte aux migrants (communiqué)
Le 11 août dernier, les Ministres de l’Intérieur et du Travail publiaient un arrêté listant 14 métiers accessibles « sans opposition de la situation de l’emploi » aux salariés étrangers issus de pays tiers à l’Union européenne.
Cette liste a été décidée sans aucune concertation avec les partenaires sociaux. Lors de l’élaboration des précédents textes en octobre 2007, une concertation avait au moins été organisée.
Cette liste hétéroclite, dressée de manière totalement arbitraire, ne correspond même pas aux métiers réellement en situation de pénurie de main d’œuvre dans les différents bassins d’emploi.
Conjuguée à la circulaire du 31 mai 2011, elle conduit dans les faits à empêcher l’accès au marché du travail des étudiants étrangers diplômés qui le souhaitent et la poursuite du travail des salariés migrants en voie de régularisation.
Par sa délibération du 10 octobre 2011, le Bureau confédéral de la CGT a donc décidé d’attaquer l’arrêté du 11 août 2011 devant le Conseil d’Etat.
Elles se prénomment Corine, Peggy, Marie-Anne, Agnès, Valérie (elles sont deux), ce sont les caissières du magasin Dia/Ed d’Albertville. Depuis deux ans, chaque dimanche, elles sont venues faire grève devant leur magasin, soutenues par la CGT et par un collectif pour faire respecter « le volontariat » des salariés concernant le travail dominical.
Elles viennent de remporter une belle victoire. Entre-temps les prud’hommes ont rendu plusieurs décisions en faveur de ce principe dans d’autres régions, ce qui a sûrement facilité le déblocage de la situation. Pour la fédération CGT du Commerce et des Services, la pugnacité de cette lutte démontre que la loi Mallié du 10 août 2009 est injuste et qu’elle fait fi du choix des salariés. Elle génère une injustice qui se traduit par des inégalités de traitement entre une même communauté de salariés, d’une même enseigne, d’une même localité. En effet, dans les zones touristiques, aucune contrepartie n’est accordée et le volontariat impossible ! En revanche, dans les PUCE (Périmètre d’Usage de Consommation Exceptionnel), les salariés peuvent bénéficier d’un repos compensateur, du volontariat et d’une majoration salariale.
Cette loi a également ouvert l’appétit patronal pour davantage de dérogation. C’est le cas du magasin d’Albertville. La loi l’a incité à ouvrir le dimanche jusqu’à 13 heures alors qu’auparavant il était fermé ! Et ce sans avoir à se soucier du volontariat des salariés ! Gageons que cette victoire servira d’exemple et donnera envie aux salariés de faire respecter leur « volontariat » à ne pas travailler le dimanche.
Le « plein droit » au repos dominical dans le Commerce, cela se respecte et cela se gagne. Le large débat public que la loi Mallié avait suscité n’est pas terminé. Il s’est transformé en lutte syndicale.
Commémoration des martyrs de Châteaubriant et de tous les martyrs de la réssistance
le 22 octobre 2011 à 11h00
Se Souvenir et être Vigilants Pour ne pas revivre le passé
Rue guy Moquet à sotteville les rouen, commémoration, dépot de gerbe.
Guy Môcquet :
Guy Môquet, né le 26 avril 1924 à Paris, mort le 22 octobre 1941 à l’age de 17 ans, à Châteaubriant (Loire-Inférieure), est un militant communiste, célèbre pour avoir été le plus jeune des quarante-huit otages fusillés le 22 octobre 1941 à Châteaubriant, Nantes et Paris en représailles après la mort de Karl Hotz.
Son nom, plus particulièrement associé à celui des vingt-sept fusillés du camp de Châteaubriant, est passé dans l’histoire comme un des symboles de la Résistance française.
Fusillés de Châteaubriant -- 22 octobre 1941
AUFFRET Jules, 39 ans
BARTHELEMY Henri, 58 ans
BARTOLI Titus, 58 ans
BASTARD Maximilien, 21 ans
BOURHIS Marc, 44 ans
DAVID Emile, 19 ans
DELAVACQUERIE Charles, 19 ans
GARDETTE Maurice, 49 ans
GRANDEL Jean, 50 ans
GRANET Désiré, 37 ans
GUEGUIN Pierre, 45 ans
HOUYNK KUONG, 29 ans
KERIVEL Eugène, 50 ans
LAFORGE Raymond, 43 ans
LALET Claude, 21 ans
LEFEVRE Edmond, 38 ans
LE PANSE Julien, 34 ans
MICHELS Charles, 38 ans
MOQUET Guy, 17 ans
PESQUE Antoine, 55 ans
POULMARC’H Jean, 31 ans
POURCHASSE Henri, 34 ans
RENNELLE Victor, 53 ans
TELLIER Raymond, 44 ans
TENINE Maurice, 34 ans
TIMBAUD Pierre, 31 ans
VERCRUYSSE Jules, 48 ans
Fusillés de Nantes -- 22 octobre 1941
ALLANO Maurice 21 ans
BIRIEN Paul 50 ans
BLOT Joseph 50 ans
BLOUIN Auguste 57 ans
CARREL René 20 ans
CREUSE Frédéric 20 ans
DABAT Michel 20 ans
FOURNY Alexandre 43 ans
GIL Joseph 19 ans
GLOU Jean-Pierre 19 ans
GROLLEAU Jean 21 ans
GRASSINEAU Robert 34 ans
JOST Léon 57 ans
IGNASIAC Léon 22 ans
LE MOAL André 17 ans
PLATIAU Jean 20 ans
Fusillés du Mont Valérien -- 22 octobre 1941
CALDECOTT Robert 35 ans
HEVIN Marcel 35 ans
LABROUSSE Philippe 32 ans
RIBOURDOUILLE André
SAUNIER Victor
les fusillés de Souges du 24 octobre 1941
ALLO Roger 35ans
AMANIEU Pierre 46ans
AUDRAN René 19ans
BALLOUX René 37ans
BALSAA Honoré 43ans
BELLOC Julien 54ans
BLANC Jean 20ans
BONNARDEL Jean 38ans
BONNEL Henri 21ans
BOUCAULD Jean 26ans
BRET Robert 35ans
BRUNET Jean 58ans
CANTELAUBE Jean 31ans
CHARLIONNET Alfred 56ans
DELATTRE Marcel 31ans
DELOR Jean 30ans
DELRIEU Henri 30ans
DESBATS François 44ans
DUPIN Emile 21ans
DURAND Louis 54ans
ELLIAS Louis 58ans
GAYRAL Armand 36ans
GERARD René 53ans
GIRARD Jean 32ans
GIRARD Pierre 20ans
GRANET Lucien 41ans
GUICHARD Louis 54ans
JULIEN René 21ans
LABROUSSE Pierre 32ans
LAGOUTTE Edmond 19ans
LAPELLETERIE André 30ans
LAVAL Alban 58ans
LEBORGNE Roger 19ans
LEJARD Roger 30ans
LEREIN Pierre 21ans
MALSANG Robert 35ans
MASSIAS Gabriel 39ans
MAUMEY Camille 34ans
MERY Richard 55ans
METTE Aristide 35ans
MICHEL Jean
MONDAUT Jean 57ans
Dr. NANCEL PENARD Raymond 35ans
PUYOOU Jean 46ans
RAUFASTE Jean 25ans
REYRAUD Gaston 54ans
ROCHEMONT Gustave 37ans
ROUCHEREAU René 33ans
TRABIS Michel 51ans
VILAIN Pierre 35ans
WATTIEZ Alfred
Dimanche 23 octobre
Cérémonie du 70ème anniversaire des Fusillés de Châteaubriant, à 14h00 à la carrière des Fusillés en présence notamment de Bernard Thibault qui prononcera un hommage au nom de la CGT.
Le groupe papetier finlandais M-Real a annoncé mardi qu’il engageait le processus de fermeture de son usine d’Alizay, dans l’Eure, après l’échec des négociations avec deux candidats à la reprise, le thaïlandais Double A et le français Fin’active. « Le PDG du groupe, Mikko Helander, a annoncé lors d’une réunion téléphonique avec les élus du personnel que les négociations n’avaient pas abouti avec Double A et Fin’active et qu’il engageait le processus de fermeture de l’usine », a indiqué Jean-Yves Lemahieu, délégué syndical CGT. Selon lui, le PDG s’est dit toutefois prêt à participer à « une médiation » avec les candidats à la reprise qui pourrait se tenir vendredi, sous l’égide du ministre de l’agriculture Bruno Le Maire, par ailleurs élu UMP de l’Eure. « Mais le PDG nous a dit que le processus de fermeture était lancé, médiation ou pas », a ajouté Jean-Yves Lemahieu.
A l’issue de la réunion téléphonique, les élus ont réuni le personnel, qui a décidé de cesser le travail et de bloquer l’usine avec des balles de papier, selon ce syndicaliste. Le groupe finlandais avait mis en vente début mai cette usine qui emploie 330 salariés, dans le cadre d’un vaste plan de restructuration européen qui vise à transformer M-Real, qui fabrique différentes sortes de papiers et de la pâte, en « une société dédiée au carton d’emballage ».
MANQUE DE GARANTIES
Selon M-Real, « 80 acheteurs potentiels » ont été contactés et « 5 candidats ont finalement déposé une offre. Au cours des dernières semaines, des négociations approfondies se sont poursuivies avec deux candidats. Malheureusement, ni l’un ni l’autre n’ont pu apporter les garanties suffisantes pour assurer la pérennité, même à court terme, du site d’Alizay et l’avenir des salariés concernés ». Les deux derniers encore en lice étaient Double A et Fin’active. Le premier est un fabricant de ramettes de papier, comme l’usine d’Alizay, tandis que le second, qui s’est associé pour cette opération avec trois partenaires, est un fonds d’investissements basé à Paris et spécialisé dans la restructuration d’entreprises en difficulté.
Selon Jean-Yves Lemahieu, les négociations ont achoppé avec Double A sur les sommes que réclamait le Thaïlandais comme aide au redémarrage de l’usine. M-Real était en effet disposé à perdre de l’argent dans cette vente, une opération moins coûteuse pour lui qu’une fermeture, qui induit l’obligation d’un plan social et d’une dépollution du site. L’annonce de l’ouverture du processus de fermeture a provoqué de vives réactions, tant à droite qu’à gauche. Bruno Le Maire s’est dit « convaincu du potentiel du site d’Alizay et mobilisé depuis plus d’un an pour son avenir » en plaidant pour « le maintien des emplois et des activités économiques ». De son côté, le président PS du conseil général de l’Eure, Jean-Louis Destans, a mis en garde contre « une issue défavorable » qui serait « inacceptable au regard du potentiel économique et du savoir-faire que représente ce site, mais aussi du point de vue de la morale et de la simple éthique industrielle ».
Ministre de l’agriculture et de la pêche, conseiller régional UMP de Haute-Normandie, Bruno Le Maire ne veut pas croire à la fermeture de la société M-Real à Alizay (Eure) et la perte de 330 emplois dans un département déjà sévèrement touché par la crise économique.
Dans un communiqué adressé ce mardi 18 octobre aux médias, celui qui prépare le programme de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle 2012 pense qu’il est encore temps de trouver un repreneur à ce site dont ne veut plus la direction finlandaise de M-Real : » La direction de M’Real a annoncé son intention de fermer le site d’Alizay. Le maintien des emplois et des activités économiques est une priorité absolue pour Bruno LE MAIRE, conseiller régional de Haute-Normandie, comme pour l’ensemble des élus de la région. Convaincu du potentiel du site d’Alizay et mobilisé depuis plus d’un an pour son avenir, Bruno LE MAIRE a décidé de réunir dans les jours qui viennent le président directeur général de M’Real et les repreneurs éventuels désignés par M’Real pour dégager une solution. » Ce ne sera pas la première fois que Bruno Le Maire rencontre la direction de M-Real et jusqu’à présent cela n’a pas débouché sur une solution de reprise.
Une papeterie ferme : pendant la campagne, la destruction continue
Le mois dernier, notre reporter Chloé Le Prince rendait visite aux ouvriers de la papeterie industrielle M-real d’Alizay, dans l’Eure, dans le cadre de son blog « Carte d’électeurs ». Jeudi, les ouvriers de cette usine ont contacté Rue89 avec ce message brutal : « Cette usine va fermer. »
Dans un communiqué, les membres de l’Intersyndicale annoncent :
« Le groupe M-real vient d’annoncer la fermeture de la papeterie d’Alizay. Malgré les offres de deux repreneurs (Fin’active et Double A), la direction finlandaise préfère supprimer 330 emplois plutôt que de voir l’outil de travail repris par un éventuel concurrent. 190 sous-traitants sont également directement concernés. Si rien n’est fait, l’usine ferme au plus tôt dans un mois. »
« Devra-t-on laisser ce site industriel mourir ?
Refaisant l’historique de cette usine, créée en 1954, de ses luttes et de ses déboires, les syndicalistes posent la question :
“Devra-t-on laisser ce site industriel mourir ? Le maintien de l’activité industrielle est-il réellement une priorité gouvernementale ? ”
Une fermeture d’usine qui intervient en pleine campagne électorale attire l’attention d’une manière particulière. Lors de sa visite, le mois dernier, notre journaliste soulignait déjà :
»Deux plans de sauvegarde de l’emploi en 2006 et 2010, un emploi sur deux supprimés dans l’usine qui n’en compte plus que 330, et maintenant le propriétaire finlandais qui cherche à céder le site, sans qu’on puisse assurer que le repreneur ne liquidera pas comme chez Molex.
Et pourtant, les ouvriers semblent épargner les représentants de l’Etat : « la préfète », réputée proche de la majorité présidentielle ou même le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, ex-député de l’Eure et interlocuteur régulier des salariés depuis que le groupe finlandais propriétaire de l’usine a décidé de vendre. »
La tentation du FN
Mais surtout, Chloé Le Prince donnait largement la parole aux ouvriers de cette usine. Et certains, par désespoir devant la désindustrialisation inexorable de leur région, lorgnent, ou disent lorgner, du côté du FN pour exprimer leur révolte. Elle récontait :
« [...] Jacky fut délégué CFDT. Politiquement, Jacky est proche du PS, pour qui il lui est même arrivé de faire campagne dans le passé. Il a voté blanc au second tour de 2002 tant ça lui semblait “ scandaleux ” de voter Chirac quand on se dit à gauche. L’an prochain, pourtant, il votera sans doute Marine Le Pen.
En tout cas au premier tour. Parce qu’il est démuni pour “ faire entendre le ras-le-bol ”. Et aussi parce que le FN est paré d’une virginité :
“ De droite comme de gauche, il va falloir qu’un homme politique m’explique un jour où est passé notre argent. Si nos pays sont au bord de la faillite, c’est de leur faute à eux, la droite ou la gauche. ”
Pourtant, Jacky se dit encore “ haut et fort ”, socialiste : “ Même si ce sera dur, j’irai au bout de mon choix. Il faut qu’ils comprennent. ”
Impossible d’évaluer combien d’ouvriers chez M-Real pourraient voter FN l’an prochain. La plupart se disent de gauche. Un technicien qui s’est installé juste à côté fait partie des 10,9% d’électeurs qui ont voté Le Pen à la dernière présidentielle. A peine plus que la moyenne nationale ».
Difficile de ne pas repenser à cet échange en recevant ce communiqué de l’Intersyndicale de M-Real. Pendant les discours politiques, la destruction continue.
Selon son étude annuelle sur l’emploi des jeunes, l’Organisation internationale du travail (OIT) lance une sévère mise en garde contre « le traumatisme » de toute une génération de jeunes, confrontés à un chômage toujours élevé, et à du travail précaire dans les pays développés ainsi qu’à une multiplication du nombre de travailleurs pauvres dans les pays en développement.
Dans son étude, intitulé Les tendances mondiales de l’emploi des jeunes : édition 2011, l’OIT stigmatise « l’infortune de la génération qui arrive sur le marché du travail en cette période de grande récession« . Outre le chômage et la précarité, les jeunes peuvent aussi être contraints à accepter des rémunérations moins élevées. Le rapport note que « cette frustration collective chez les jeunes a été l’un des moteurs des mouvements de protestation qui ont eu lieu à travers le monde cette année, car il devient de plus en plus difficile pour les jeunes de trouver autre chose qu’un travail à temps partiel ou un emploi temporaire ».
Le rapport ajoute qu’au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, par exemple, au cours des vingt dernières années, près d’un jeune sur quatre s’est retrouvé au chômage malgré les progrès accomplis en matière d’éducation.
Selon le rapport, le nombre absolu de jeunes chômeurs a légèrement diminué à 75,1 millions à la fin 2010, contre 75,8 millions fin 2009. Ce nombre correspond à un taux de chômage de 12,7%. Selon l’OIT, ce taux devrait baisser en 2011 pour atteindre 12,6% (74,6 millions de chômeurs). Le rapport relève cependant que la diminution du nombre de jeunes chômeurs s’explique aussi par le fait qu’ils se retirent du marché du travail, et renoncent à chercher un emploi.
Selon Jose Manuel Sakazar-Xirinachs, directeur exécutif du secteur de l’emploi de l’OIT, « ces nouvelles statistiques reflètent la frustration et la colère que ressentent des millions de jeunes dans le monde« . Ainsi, entre 2008 et 2009, le chômage des jeunes dans le monde a explosé, avec 4,5 millions de jeunes chômeurs supplémentaires. Durant la période d’avant-crise (1997-2007), la hausse moyenne par an était de 100.000 nouveaux jeunes chômeurs.
Le nombre de jeunes travaillant à temps partiel, faute de mieux, a aussi beaucoup augmenté, notamment en Irlande et en Espagne. A la fin 2010, un jeune sur deux ayant du travail occupait un emploi à temps partiel au Canada, au Danemark, aux Pays-Bas et en Norvège.
Le décès accidentel d’un employé, mardi, met l’entreprise en émoi. La production a été stoppée sur la zone où il travaillait.
Des machines stoppées et des salariés sous le coup de l’émotion. Suite à la chute mortelle d’un employé de 50 ans aux Papeteries de Condat, au Lardin, mardi (lire « Sud Ouest » d’hier), c’est à la fois le temps du deuil et des questions. Hier, la production de la zone sur laquelle l’homme travaillait au moment du drame était à l’arrêt pour les besoins de l’enquête confiée à la gendarmerie.
Dans le même temps, le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) a tenu une réunion lors de laquelle « une minute de silence a été respectée », précise l’attachée de presse de la direction. Il en est ressorti la décision de mener une enquête interne. À cet effet, une réunion de travail est prévue aujourd’hui, à laquelle participeront les responsables de la sécurité, de la fabrication et de l’équipement, les membres du CHSCT ainsi que le représentant des services techniques.
« On se pose des questions » À midi hier, l’ambiance à la sortie de l’équipe du matin des Papeteries était morose. Même pour ceux qui ne connaissaient pas Marc Michel, le défunt, la matinée a été « tendue », disent-ils. « On se pose des questions, on se demande ce qui est arrivé », témoignent certains.
Quant à ses anciens collègues de la coucheuse 5 (la chaîne sur laquelle Marc Michel travaillait), la plupart, trop choqués, ne veulent pas parler. Quelques-uns laissent échapper quelques mots, mais sans trop évoquer l’homme qu’ils ont connu : « Il travaillait depuis douze ans sur cette machine… »
Aux Papeteries de Condat, ce qui domine chez les salariés, c’est l’incompréhension : « Entre la passerelle où il était et la presse, il y a moins de 20 cm, comment a-t-il pu tomber ? », s’interroge-t-on.
Cellule de soutien La direction a mis en place une cellule de soutien dans l’entreprise, en particulier pour les salariés de la coucheuse 5 : « L’infirmière du travail est aussi passée nous voir, confient certains. Les responsables nous ont parlé, ils nous ont encouragés à rester groupés. »
Au passage, quelques-uns signalent toutefois que l’accident est survenu sur une chaîne qui accusait, depuis septembre, six jours de chômage technique par mois. « Même avec des compensations, il y a des pertes de salaire et on n’a pas les primes de dimanche », commente un employé. Quel rapport avec l’accident de Marc Michel ? A priori aucun, si ce n’est d’affecter le moral de l’équipe. Était-ce le cas de Marc Michel ? L’enquête le déterminera peut-être.
Un dramatique accident du travail mardi vers 13 heures aux Papeteries de Condat…. Un ouvrier de 50 ans résidant à Badefols d’Ans a chuté d’environ 5 mètres alors qu’il était en train de nettoyer une presse depuis une passerelle, puis il a été happé par le cylindre de la machine. Ce salarié expérimenté qui travaillait au Lardin depuis plus de vingt ans a heurté violemment une poutre en béton. Il souffrait de douleurs vives aux côtes et il était encore conscient lorsque les secours sont arrivés. Souffrant d’une hémorragie interne, il est décédé alors que son évacuation par hélicoptère se préparait. Une autopsie est réalisée ce mercredi à Bordeaux et une enquête a été ouverte.
« Marc Michel était père d’un enfant. Impliqué dans la vie associative, il avait assuré la présidence du club d’auto-cross local. « Des accidents mortels, il y en a eu dans l’histoire des Papeteries de Condat. C’est une industrie lourde, une industrie à risques », rappelle Guy Bretout. Ce qui n’empêche pas le délégué syndical et ses collègues d’être « choqués » par la nouvelle et de témoigner dans la foulée d’un climat social « tendu » au sein des Papeteries, dû en partie aux cadences de roulement toujours plus resserrées. » (Sud-ouest)
Une réunion extraordinaire a eu lieu ce mercredi à 11 heures aux papeteries, un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail. « La machine est arrêtée pour l’enquête. 80 salariés de cette ligne de production se retrouve au chômage technique le temps de l’enquête » souligne France Bleu Périgord. « Cette ligne 6 est au centre d’une réorganisation. On est en train de supprimer une équipe. Est-ce que toutes ces modifications n’ont elles pas eu un impact psychologique sur les salariés ? On est en droit de s’interroger… » souligne un délégué syndical qui participait à la réunion CHSCT
Opération « péage gratuit » des salariés de M-Real sur l’A13 dans l’Eure
Le 20/10/2011 à 08:48
Des salariés de la papeterie M-Real d’Alizay (Eure) ont organisé jeudi matin une opération « péage gratuit », sur l’autoroute A13 (Paris-Normandie), aux barrières d’Heudebouville (Eure), pour protester contre la fermeture de leur usine, a-t-on appris de source syndicale.Au nombre de 200, ces salariés ont laissé passer les voitures et ont distribué des tracts et des ramettes de papier, la fabrication de leur usine, selon Jean-Yves Lemahieu, délégué CGT. Commencée vers 08H00, cette action devait se terminer vers le milieu de la matinée.Le groupe papetier finlandais M-Real a annoncé mardi qu’il engageait le processus de fermeture de cette usine, qui emploie 330 salariés, après l’échec des négociations avec deux candidats à la reprise, le groupe thaïlandais Double A et le français Fin’active. Les salariés ont aussitôt cessé le travail et bloquent depuis le site à l’appel de l’intersyndicale CGT-CFE/CGC.
Une médiation doit toutefois être organisée prochainement entre les différentes parties sous l’égide du ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, par ailleurs élu UMP de l’Eure. Prévue initialement vendredi, cette réunion a été repoussée à lundi, selon Jean-Yves Lemahieu.
Le groupe finlandais avait mis en vente début mai cette usine en difficultés dans le cadre d’un vaste plan de restructuration européen, qui vise à transformer M-Real, fabricant de différentes sortes de papiers et de pâte à papier, en « une société dédiée au carton d’emballage ».
Le 20/10/2011 à 08:48
Des salariés de la papeterie M-Real d’Alizay (Eure) ont organisé jeudi matin une opération « péage gratuit », sur l’autoroute A13 (Paris-Normandie), aux barrières d’Heudebouville (Eure), pour protester contre la fermeture de leur usine, a-t-on appris de source syndicale.
Au nombre de 200, ces salariés ont laissé passer les voitures et ont distribué des tracts et des ramettes de papier, la fabrication de leur usine, selon Jean-Yves Lemahieu, délégué CGT. Commencée vers 08H00, cette action devait se terminer vers le milieu de la matinée.
Le groupe papetier finlandais M-Real a annoncé mardi qu’il engageait le processus de fermeture de cette usine, qui emploie 330 salariés, après l’échec des négociations avec deux candidats à la reprise, le groupe thaïlandais Double A et le français Fin’active. Les salariés ont aussitôt cessé le travail et bloquent depuis le site à l’appel de l’intersyndicale CGT-CFE/CGC.
Une médiation doit toutefois être organisée prochainement entre les différentes parties sous l’égide du ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, par ailleurs élu UMP de l’Eure. Prévue initialement vendredi, cette réunion a été repoussée à lundi, selon Jean-Yves Lemahieu.
Le groupe finlandais avait mis en vente début mai cette usine en difficultés dans le cadre d’un vaste plan de restructuration européen, qui vise à transformer M-Real, fabricant de différentes sortes de papiers et de pâte à papier, en « une société dédiée au carton d’emballage ».
Environ 200 salariés de la papeterie d’Alizay (Eure) du groupe finlandais M-Real ont manifestent ce lundi à proximité du ministère de l’Agriculture à Paris où Bruno Lemaire reçoit le dirigeant du groupe qui a décide fermer cette papeterie et de licencier ses 330 salariés.
« En comptant les sous-traitants, la fermeture de l’usine laisserait près de 600 personnes sur le carreau », a déploré Thierry Philippot, secrétaire du comité d’entreprise et délégué CGT, ajoutant que l’usine avait déjà subi deux plans sociaux en 2006 et 2010.
Dès le mois de mai, la direction menaçait de fermer le site si aucun repreneur n’était trouvé d’ici à octobre. Le prétexte est habituel : augmentation des coûts de production qui ne permettent pas «d’améliorer la rentabilité des usines». Une stratégie que réfutent les syndicats CGT et CFE-CGC. Pour eux, la direction finlandaise préfère supprimer 330 emplois plutôt que de voir l’outil de travail repris par un éventuel concurrent. Car deux repreneurs (un français et un thaïlandais) sont prêts à accepter les garanties imposées par M-Real – à savoir, préserver les emplois pendant au moins vingt-quatre mois et maintenir l’activité du site.
Depuis l’annonce de la fermeture du site, l’usine M-Real d’Alizay est bloquée par les salariés. Les mêmes qui sont venus à Paris à bord de cinq cars pour protester contre cette injustice, accompagnés d’une délégation d’élus. Les manifestants, bloqués par la police aux abords du ministère, ont recouvert la chaussée de feuilles A4 et ont distribué des ramettes de papier aux automobilistes arrêtés aux feux.
Mise à jour : Au terme de la réunion avec Bruno Lemaire, le groupe papetier finlandais M-Real confirme ce lundi après midi, son intention de fermer sa papeterie d’Alizay (Eure), qui compte 330 salariés, après l’échec de négociation avec des candidats à la reprise.
Les salariés de la Papeterie veulent la faire vivre
Ils s’approprient l’outil de travail et font tourner l’usine !
Des machines et des procédés industriels performants, à Alizay, il y en a !
Des clients, il y en a aussi !
Et du savoir-faire professionnel, les salariés d’Alizay en ont à revendre.
Alors, comment accepter que l’usine qu’ils font vivre chaque jour soit condamnée à mort ?
Comment accepter que le même patron fasse tout pour empêcher la reprise de l’usine par des candidats qui se sont manifestés ?
Le patron de M Real agit, au mépris de toute légalité, pour faire capoter toute vente ou toute cession à un repreneur. C’est de l’acharnement et du mépris à l’égard des salariés qui se sont acharnés, eux, à faire vivre et prospérer l’entreprise.
Ce sont bien les salariés d’Alizay qui ont créé les richesses et la valeur de l’usine grâce à l’utilisation de leurs capacités professionnelles.
Voilà pourquoi ils ont décidé de montrer à tous leur capacité à produire du papier pour l’impression écriture, malgré le sabotage organisé par la direction du groupe M Real.
Les salariés d’Alizay, par leur travail, ont fait de cette usine l’une des plus performantes d’Europe. Ce sont eux qui ont obtenu ce résultat, il n’est pas question de s’en laisser exproprier sous prétexte de stratégie financière de la multinationale finlandaise M Real !
Les salariés d’Alizay, avec leurs organisations syndicales (CGT et CGC) ont décidé de « faire tourner l’usine » et de mettre en route la production de papier le samedi 29 octobre !
Vous êtes tous conviés à cette opération porte ouverte à Alizay, qui signifie :
Non,le patron de M Real n’a pas le droit de la condamner à mort
Oui, l’usine peut vivre
Oui, repreneurs et clients sont les bienvenus.
Le syndicat FILPAC CGT Chapelle Darblay appelle tous les salariés (es)à se rendre ce samedi à la journée portes ouvertes à Pont de l’Arche, de 9 h à 17 h, afin d’apporter votre soutien, votre solidarité, aux collègues et leur famille en lutte pour leur avenir.
Ils ont besoin de vous,de nous tous.
Rendez-vous le samedi 29 octobre à la journée porte ouverte de la Papeterie de M Real Alizay,Clos Pré ZI -- 27460 Alizay.
Les deux entreprises sont concernées par des plans sociaux.
Ce matin aux abords de Rouen, les salariés de Petroplus de Grand-Couronne et de M’Real à Alizay, ont manifesté et distribuer des tracts aux automobilistes. Leur objectif: exprimer le « ras-le-bol des ouvriers face à la désindustrialisation de la France ». On rappelle que l’usine papetière doit fermer. 330 personnes y travaillent.travaillent.
Et à Petroplus, une réorganisation de l’activité pourrait conduire à la suppression de 120 emplois.
Manifestation de salariés de Petroplus et M-Real aux entrées de Rouen
ROUEN -- Plusieurs centaines de salariés d’entreprises en difficulté de Haute-Normandie, comme M-Real et Petroplus, ont manifesté mercredi matin sur les axes routiers conduisant à Rouen pour protester contre la désindustrialisation de la France, selon une source syndicale.
Ces salariés ont bloqué à partir de 07H00 deux rond-points, au sud de l’agglomération, provoquant d’importantes difficultés de circulation et obligeant la police à mettre en place des déviations. Le mouvement organisé par l’Union départementale CGT de Seine-Maritime devait se terminer vers 10H00.
Plusieurs entreprises étaient représentées, en particulier la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne en Seine-Maritime où 120 emplois sur 550 doivent être supprimés et la papeterie M-Real d’Alizay dans l’Eure qui emploie 330 salariés et dont la fermeture a été confirmée lundi.
Nous voulons ainsi montrer au gouvernement et aux patrons le ras-le-bol des ouvriers face à la désindustrialisation de la France, a expliqué Jean-Yves Lemahieu, délégué syndical CGT chez M-Real.
Le fonctionnement chaotique de l’Europe, son déficit démocratique et la crise sociale à venir : les leçons à retenir du sommet de Bruxelles.
La dramaturgie européenne a été respectée : comme à chaque crise, nuit blanche, tensions de couloir, conférences de presse au petit matin… Et un accord final conforme en tous points à ce qui était attendu depuis plusieurs jours, au moins dans le volet qui concerne la dette grecque, les banques, le Fonds européen de stabilité financière.
Quelques leçons à retenir de cet exercice qui, au-delà de l’objectif réussi de « rassurer les marchés », comme le veut la doxa du moment, n’aura pas sorti l’Europe de ses contradictions. Des leçons en forme de non-dits.
1
Fonctionnement chaotique
Le mode de fonctionnement de l’Europe souffre de deux maux qui se sont manifestés de manière criante ces derniers jours :
le premier est le choc des ego, avec l’indigne sourire arrogant de Nicolas Sarkozy vis-à-vis de Silvio Berlusconi, entraînant dans son dérapage indécent Angela Merkel. Au moment où la zone euro tente d’afficher sa solidarité, cette pitrerie de conférence de presse alimente cette « Europe des clichés » qui a la vie dure ;
le deuxième est la faillite des institutions européennes. Qui a entendu parler de la Commission européenne pendant cette crise ? A quoi sert Herman Van Rompuy devenu l’an dernier, par la force du plus petit dénominateur commun, le « président de l’Europe » ?
L’absence de « gouvernement économique » est apparue, comme on pouvait le supposer depuis des années mais jamais autant qu’aujourd’hui, comme une erreur potentiellement fatale de la construction monétaire européenne.
Le sommet de Bruxelles n’a pas généré d’avancée significative sur cette voie, pas d’ouverture fédératrice, c’est sa principale lacune, même si elle est cachée par les avancées plus immédiates sur la dette grecque ou le fonds de solidarité.
La question pourra-t-elle être éludée beaucoup plus longtemps, si la zone euro veut retrouver sa cohérence ?
2
Déficit démocratique
Le grand paradoxe de la dramaturgie de ces dernières 24 heures, est que le déblocage de la situation est venu… du Bundestag. C’est en effet le vote du parlement allemand mercredi après-midi, autorisant Angela Merkel à négocier une extension du Fonds européen de stabilité financière, qui a permis le succès de la nuit à Bruxelles.
Paradoxe car on aurait imagine que c’est l’europarlement, élu au suffrage universel direct par les 450 millions d’Européens, qui joue ce rôle de garant démocratique du deal sur la dette grecque et sur la solidarité financière européenne.
Ça en dit long sur le fait que, malgré les avancées, l’europarlement reste un pôle négligeable de pouvoir en Europe, dont la légitimité reste si fragile qu’on en oublie même qu’il existe quand les enjeux deviennent vitaux. C’est plus que regrettable, c’est affligeant.
Ça en dit long, également, sur le poids de l’Allemagne dans toute solution pour sauver l’euro et traiter la crise de la dette. A garder en mémoire chaque fois que Nicolas Sarkozy emploie le pronom personnel « je » pour expliquer qu’il a sauvé l’Europe.
Dans l’Europe d’aujourd’hui, sans l’Allemagne, pas d’accord, mais l’Allemagne seule ne peut pas sauver l’Europe. On en revient à ce qui fait la mayonnaise européenne de toujours : une machine à générer des compromis entre Etats membres. Ça fonctionne, mais avec un déficit démocratique qui est devenu insupportable.
3
La crise sociale est devant nous
Le troisième non-dit de l’accord de Bruxelles, c’est qu’il va falloir faire avaler la potion amère de l’austérité aux peuples d’Europe. Les Grecs sont déjà en train de l’avaler – et de se révolter –, les Italiens viennent de découvrir que leur chef de gouvernement peut promettre en quelques heures dans une lettre écrite à la va-vite que la retraite en Italie va passer à … 67 ans !
Et les Français, ce jeudi matin, auront plus à cœur de savoir à quelle sauce de TVA ils vont être mangés, que de se réjouir d’apprendre qu’on a réduit la dette grecque et renforcé le FESF.
Ce sera l’enjeu des prochains mois en France. En choisissant François Hollande comme candidat, le PS a désigné le candidat le plus compatible avec les objectifs européens qui ont été décidés cette nuit. En particulier, son engagement d’atteindre le zéro déficit à la fin de son mandat tranchait avec le refus de Martine Aubry de prendre un tel engagement.
La vraie différence sera-t-elle dès lors dans le traitement social de cet effort colossal qui sera demandé à l’économie française et aux Français ?
Nicolas Sarkozy s’est taillé une émission sur mesure, ce jeudi soir, pour convaincre les Français qu’il est le sauveur de l’Europe, et qu’il ne faudra pas changer de capitaine au milieu de la tempête, surtout pour confier le navire à un capitaine qui n’a jamais barré.
Il aura plus de mal à convaincre qu’il a le sort des catégories les plus menacées par la crise à cœur, après quatre années passées avec l’habit qui lui colle désormais à la peau de « Président des riches ». Difficile de nier qu’une partie du déficit actuel repose dans les « cadeaux » fiscaux qui ont été faits, à pure perte, aux plus aisés.
Dans une France moins « indignée » que d’autres pays, au moins en apparence, il ne faudrait pas grand chose pour que la purge sociale se transforme en explosion de colère. Surtout si le candidat qui incarnera la gauche au deuxième tour n’arrive pas à convaincre qu’il est porteur d’un programme radicalement différent.
Le sommet de Bruxelles, plus encore que la primaire socialiste, lance véritablement le coup d’envoi de la campagne électorale française. Premier acte, ce jeudi soir, dans une mise en scène 100% élyséenne.
Bernard Thibault : « la France entre dans une phase de récession »
Le secrétaire général de la CGT, a estimé jeudi, en commentant la nette hausse du chômage enregistrée en septembre, que la France entrait « dans une phase de récession ».
Après trois mois de hausse (mai-juin-juillet) et une stabilisation en août, le nombre des demandeurs d’emploi sans activité a progressé en septembre de 0,9% à 2,780 millions de personnes, le plus haut niveau depuis 12 ans. « On entre dans une phase de récession, c’est tout à fait clair« , a assuré le secrétaire général de la CGT, ajoutant que la montée du chômage n’était « vraiment pas une surprise ». « Tous les indicateurs sur le chômage démentent les déclarations politiques« , a affirmé Bernard Thibault, citant notamment le chômage des jeunes et des seniors.
En septembre par rapport à août, les plus de 50 ans sans activité en quête d’emploi ont été plus nombreux (+2,1%), de même que les jeunes de moins de 25 ans (+0,6%).
La France doit revoir sa prévision de croissance économique pour 2012 qui est encore aujourd’hui de 1,75% mais pourrait être révisée autour de 1%, dans le sillage de l’Allemagne.
Écoles, hôpitaux, hébergement d’urgence… Retraites, chômage, culture, environnement… Nous vivons tous au quotidien l’austérité budgétaire et le pire est à venir. « Nous vivons au-dessus de nos moyens », telle est la rengaine que l’on nous ressasse dans les grands médias. Maintenant « il faut rembourser la dette », nous répète-t-on matin et soir. « On n’a pas le choix, il faut rassurer les marchés financiers, sauver la bonne réputation, le triple A de la France. »
Nous refusons ces discours culpabilisateurs. Nous ne voulons pas assister en spectateurs à la remise en cause de tout ce qui rendait encore vivables nos sociétés, en France et en Europe. Avons-nous trop dépensé pour l’école et la santé, ou bien les cadeaux fiscaux et sociaux depuis vingt ans ont-ils asséché les budgets ? Cette dette a-t-elle été tout entière contractée dans l’intérêt général, ou bien peut-elle être considérée en partie comme illégitime ? Qui détient ses titres et profite de l’austérité ? Pourquoi les États sont-ils obligés de s’endetter auprès des marchés financiers et des banques, alors que celles-ci peuvent emprunter directement et pour moins cher à la Banque centrale européenne ?
Nous refusons que ces questions soient évacuées ou traitées dans notre dos par les experts officiels sous influence des lobbies économiques et financiers. Nous voulons y répondre nous-mêmes dans le cadre d’un vaste débat démocratique qui décidera de notre avenir commun.
En fin de compte, ne sommes-nous plus que des jouets entre les mains des actionnaires, des spéculateurs et des créanciers, ou bien encore des citoyens, capables de délibérer ensemble de notre avenir ?
Nous nous mobilisons dans nos villes, nos quartiers, nos villages, nos lieux de travail, en lançant un vaste audit citoyen de la dette publique. Nous créons au plan national et local des collectifs pour un audit citoyen, avec nos syndicats et associations, avec des experts indépendants, avec nos collègues, nos voisins et concitoyens. Nous allons prendre en main nos affaires, pour que revive la démocratie.
29 octobre : portes ouvertes à Alizay, gros succès populaire ! Intervention de Marc Peyrade, secrétaire général de la Filpac CGT, à Alizay.
Qui oserait dire que la résignation l’emporte quand on vient au rendez-vous de la détermination des salariés d’Alizay qui aujourd’hui ont organisé avec leur syndicat cette opération ?
Qui spécule sur la démoralisation et la résignation ? Pas nous. Sûrement la direction de M Real et le gouvernement. Nous, nous sommes confiants dans notre capacité d’initiative et notre mobilisation contre l’injustice qui nous est faite.
Par votre action vous faites éclater au grand jour la question majeure qui se pose à chaque fois que la direction d’un grand groupe décide de fermer ou de délocaliser une entreprise : quel est le recours légal pour les salariés qui sont les premières victimes de cette décision ?
Comme aujourd’hui ce recours légal n’existe pas, du coup une autre question se pose : qui est propriétaire légitime de l’outil de travail ?
En faisant aujourd’hui redémarrer la production par votre seule volonté et grâce à votre savoir-faire, vous faites acte de candidature à la reprise de l’entreprise.
La portée de votre action dépasse largement le périmètre des murs de l’usine d’Alizay, elle a valeur d’exemple pour tous les travailleurs confrontés à l’injustice des destructions d’emplois et des fermetures d’usines.
Quoi de plus fort, quand tout le monde se défile, que les salariés d’Alizay, eux qui produisent les richesses, qui ont permis que le site d’Alizay soit à ce niveau de technicité et de productivité, démontrent que cette usine peut et doit vivre.
La Filpac CGT et ses syndicats se battent pour obtenir la reconnaissance d’un droit de préemption des salariés sur leur outil de travail. Un droit prioritaire au droit des affaires. C’est pour cela qu’elle organise la solidarité autour de votre initiative.
C’est pourquoi je tiens à saluer la présence des syndicats Filpac, de Paris Normandie, d’UPM Chapelle d’Arblay, d’ArjoWiggins, etc.
Notre présence va bien au-delà solidarité formelle. Tout le monde est immédiatement concerné par le sort d’Alizay.
Dans la filière papetière comme dans la presse ou imprimerie nos syndicats assument actuellement des conflits majeurs sur le même sujet : les dégâts de la mondialisation libérale.
GPV, Arjo, Condat, Ontex, UPM Stracel, UPM Docelles, Stora Enzo, sont frappés. Si tous ces conflits surviennent en même temps ce n’est pas un hasard, c’est le résultat d’une politique.
Celle qu’a défendue Nicolas Sarkozy avant-hier soir : sauver les banques et les banquiers plutôt que l’emploi et l’industrie.
Et que l’on ne viennent pas nous dire que ceux qui détiennent le pouvoir n’ont pas de moyens d’interventions. Quand il s’est agit de sauver de la faillite Dexia, la banque franco-belge des collectivités locales, des dizaines de milliards n’ont-ils pas été trouvé en quelques heures. Et il n’y aurait aucun moyen de contraindre le groupe Finlandais M Real de passer la main à un repreneur.
Si le groupe finlandais n’en veut plus, de quel droit pratiquerait-il la politique de la terre brûlée ? Qu’il laisse le camion, les clés du camion et son chargement et qu’il rentre par ces propres moyens, sans oublier de rembourser les aides publiques dont il a bénéficié.
Dans cette affaire, le Ministre du gouvernement Français Bruno Lemaire a toute latitude pour intervenir séance tenante : c’est une question de volonté politique. Il porte la responsabilité de l’avenir du site et de ses salariés.
C’est cette exigence qui nous réunit aujourd’hui, syndicalistes, élus, associations, partis politiques, car nous avons la certitude que tout est encore possible si cette volonté politique s’exerce sans délai.
Et nous sommes capables ensemble de faire en sorte que ce Ministre n’est pas d’autre choix.
Alizay vivra avec tous ses emplois.
pour la Filpac CGT, Marc Peyrade, secrétaire général
L’Organisation internationale du travail met en garde contre le découragement de la jeunesse
L’Organisation internationale du travail (OIT) met en garde, dans un rapport rendu public le 19 octobre, contre le « traumatisme » de toute une génération de jeunes travailleurs confrontés à un chômage constamment élevé, à l’inactivité et à la précarité dans les pays développés, ainsi qu’à une multiplication du nombre de travailleurs pauvres dans les pays en développement.
Et de souligner que « cette frustration collective chez les jeunes a été l’un des moteurs des mouvements de protestation » des « indignés ». Le nombre absolu de jeunes chômeurs a légèrement diminué au niveau mondial après le pic atteint en 2009. Il est en effet passé de 75,8 à 75,1 millions de 2009 à 2010.
L’OIT prévoit que ce chiffre devrait légèrement diminuer en passant à 74,6 millions en 2011, faisant passer en un an de 12,7 à 12,6 % le taux de chômage des jeunes de 15 à 24 ans. Mais l’OIT attribue ce déclin au fait que de plus en plus de jeunes découragés se retirent du marché du travail. Au-delà de ses effets sur l’emploi, l’organisation considère que la grande récession pourrait avoir des conséquences à long terme, sous forme de rémunérations plus faibles à l’avenir et de défiance à l’encontre du système économique et politique.
Une partie de la jeunesse navigue entre inactivité et précarité…
Les problèmes d’inactivité et de précarité des jeunes sont surtout présents dans les pays développés. Le chômage de longue durée y est de loin plus élevé chez les jeunes que dans le reste de la population active. Les jeunes qui quittent le marché du travail y sont nombreux. Le rapport retient le cas de l’Irlande ou le taux de chômage des jeunes est passé de 9 % en 2007 à 27,5 % en 2010 et où beaucoup « se dissimulent » dans le système éducatif ou attendent chez eux que la conjoncture s’améliore. Sur 56 pays (économies développées, UE et Asie du sud), 2,6 millions de jeunes auraient ainsi été découragés de rechercher un emploi.
Les jeunes qui ne se retirent pas du marché du travail acceptent souvent n’importe quel travail. Ainsi, l’emploi à temps partiel des jeunes a augmenté dans la plupart des économies développées de 2007 à 2010, à part notamment en Allemagne. Cette forme d’emploi est largement involontaire et en 2009 le taux de sous-emploi est plus élevé chez les jeunes que chez les autres travailleurs dans presque toute l’Europe.
… quand l’autre est enfermée dans la pauvreté
À l’échelle mondiale, on dénombre beaucoup plus de jeunes qui sont englués dans leur condition de travailleur pauvre que de jeunes sans travail ou à la recherche d’un emploi.
En particulier, les économies à bas revenus « sont prises dans le cercle vicieux de la pauvreté au travail », note l’OIT. Les gens y ont été élevés dans un environnement où la demande globale est faible et la création d’emplois minimum dans le secteur formel et peu de jeunes peuvent se permettre d’entreprendre une recherche d’emploi de longue durée. Dans les régions les plus pauvres, le taux d’emploi des jeunes relativement bon pourrait laisser penser que la jeunesse s’en sort bien, mais signifie seulement que ces jeunes n’ont pas d’autres choix que de travailler.
De plus, encore aujourd’hui, la majorité de la jeunesse mondiale vit dans les pays en voie de développement, où les jeunes ont très peu de chance de trouver un emploi. Au Moyen-Orient et en Afrique du nord, par exemple, au cours des 20 dernières années, près d’un jeune sur quatre s’est retrouvé au chômage malgré les progrès accomplis en matière d’éducation.
Les pistes d’action proposées
Pour l’OIT les États doivent mettre en œuvre une stratégie intégrée de croissance et de création d’emplois axée sur les jeunes. Si les gouvernements doivent poursuivre leurs actions sur le marché du travail, l’OIT estime que davantage d’emplois seront créés en levant les obstacles à la reprise économique. Le système financier doit être remis en État et les banques doivent être restructurées et recapitalisées afin notamment de relancer le crédit aux PME.
En outre, le rapport lie amélioration de la compétitivité des entreprises et qualité du travail. Ces objectifs pourraient être atteints en augmentant le nombre d’emploi dans les secteurs productifs et en assurant la qualité des emplois des jeunes travailleurs précaires, tout spécialement dans l’économie informelle. Ces mesures et un renforcement du droit du travail permettraient de réduire la segmentation du marché du travail par type de contrats et aideraient les jeunes à trouver un emploi décent.
Pour l’OIT les États doivent aussi investir dans l’enseignement et la formation pour améliorer leur pertinence sur le marché du travail. Par ailleurs les services de l’emploi doivent être en mesure de proposer des services à tous les jeunes tout en ciblant les plus défavorisés.
En 2009, notre collectif de statisticiens et de chercheurs démontrait comment le gouvernement Sarkozy n’hésitait pas à tordre la statistique pour justifier son action sur différents thèmes (pouvoir d’achat, délinquance, immigration, chômage, pauvreté). Nous alertions notamment sur la possible divergence, à terme, entre l’indicateur adopté par le gouvernement pour suivre l’objectif de baisse d’un tiers de la pauvreté sur cinq ans (le taux de pauvreté « ancré dans le temps ») et l’indicateur communément retenu (le taux de pauvreté relative), en France par l’Insee et l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, ainsi qu’au niveau européen (Eurostat). En période de relative croissance économique, l’indicateur gouvernemental baisse en effet mécaniquement – comme on pouvait déjà à l’époque le constater sur le passé – ce qui n’est pas nécessairement le cas de l’indicateur de pauvreté relative utilisé internationalement.
Trois ans après la publication de cette alerte à l’escroquerie statistique, la diffusion du rapport 2011 du gouvernement sur « Le suivi de la baisse d’un tiers de la pauvreté en cinq ans » confirme cette crainte. Roselyne Bachelot n’hésite pas en effet à s’appuyer sur l’indicateur biaisé de pauvreté ancrée dans le temps, qui est passé de 13,1 % en 2006 à 11,8 % en 2009 pour se féliciter de l’action menée par le gouvernement pour lutter contre la pauvreté. Ce qui est en contradiction flagrante avec le constat dressé par l’Insee qui souligne, au contraire, dans ses récentes publications, une hausse significative (de 13,1 % en 2006 à 13,5 % en 2009). Avec cette approche biaisée, le gouvernement fait sortir de la pauvreté plus d’un million de pauvres, pas moins !
Roselyne Bachelot n’hésite pas non plus à mélanger les deux indicateurs pour soutenir que la France aurait fait mieux que l’Allemagne, qui a enregistré une hausse de la pauvreté (13 % en 2005 contre 15,5 % en 2010 selon elle ). La ministre des Solidarités sait pertinemment qu’en comparant ces deux pays elle utilise pour la France l’indicateur contesté du taux de pauvreté ancré dans le temps et pour l’Allemagne celui du taux de pauvreté relative. La manœuvre est (trop) grossière pour passer inaperçue. Elle ne manquera pas cependant de semer une certaine confusion dans l’opinion publique. En choisissant de placer en position « centrale » cet indicateur biaisé pour le suivi de la pauvreté, Martin Hirsch ne pouvait ignorer ce risque. C’est à l’évidence un mauvais coup pour la démocratie. La lutte contre la pauvreté est une question trop sérieuse pour qu’on la réduise à une bataille de chiffres. Elle exige un débat de fond sur des questions essentielles (l’accès à l’emploi, au logement, à la santé, à l’éducation,) que la polémique lancée par le gouvernement tente d’esquiver.
Au-delà de ces pitoyables manipulations dont l’objectif est de légitimer la politique du président Sarkozy, qu’en est-il de l’objectif de réduction de la pauvreté en France et en Europe ? Dans les deux cas, il est clair que les deux cibles ne pourront être atteintes, quel que soit l’indicateur retenu. En période de relative prospérité économique, l’indicateur de pauvreté ancré dans le temps baisse mécaniquement, mais ce n’est plus le cas en période de crise et de retournement économique. Les cures d’austérité que les gouvernements français et européens tentent d’imposer à leurs populations ne peuvent qu’accentuer les risques de récession et aggraver la situation des populations les plus vulnérables. Ces manipulations statistiques confirment que le gouvernement n’hésite pas à utiliser toutes les ficelles, aussi grosses soient-elles, pour tenter de convaincre une opinion publique qui, à quelques mois des élections, ne peut que constater les désastres des politiques menées.
Par lorraine data, pseudonyme collectif de statisticiens et chercheurs.
Sarkozy roi de l’austérité, suite -- Vers une hausse des prix par une augmentation de l’impôt le plus injuste, la TVA ! La sécurité sociale va encore être passée à tabac !
Selon le Journal du Dimanche (Lagardère), François Fillon et ses ministres de l’Économie François Baroin et du Budget Valérie Pécresse, se sont retrouvés à l’Élysée autour de Nicolas Sarkozy vendredi. Au programme, un deuxième plan de rigueur. La veille au soir, le chef de l’État avait donné le ton. Il va falloir trouver « 6 à 8 milliards d’euros » d’économies après l’abaissement à 1 % de l’objectif de croissance pour 2012. Et donc tailler dans les dépenses et trouver des recettes sans tarder.
Matignon s’est engagé à annoncer des mesures entre le 5 et le 10 novembre dans la foulée du G20 de Cannes qui s’achève vendredi prochain. Elles seront intégrées au budget 2012, en cours de discussion à l’Assemblée nationale, et présentées en deuxième lecture vers la mi-décembre. Mise sous surveillance par l’agence de notation Moody’s, la France a jusque début janvier pour démontrer qu’elle peut maîtriser son déficit et protéger son sacro-saint AAA.
Une surtaxe pour les entreprises
Discutée depuis plusieurs semaines, la mesure est quasiment arrêtée. Le gouvernement devrait relever de 33% à 36% le taux d’imposition sur les grandes sociétés, dont le chiffre d’affaires dépasse 150 millions d’euros. Il veut surfer sur une mesure « populaire » et profiter de la bonne santé des entreprises françaises. Cet effort rapporterait un peu plus d’un milliard d’euros. Seule difficulté, une surtaxe creuserait l’écart avec l’Allemagne au lieu d’aller dans le sens d’une plus grande convergence.
Augmentations ciblées de la TVA
C’est LE sujet chaud. Nicolas Sarkozy l’a dit : il n’y aura pas de hausse généralisée de la TVA, tout en prônant une harmonisation avec l’Allemagne. À Matignon, on s’oriente toutefois vers l’instauration d’un taux intermédiaire ciblant certains produits et services soumis à la TVA réduite de 5,5%.
Le chef de l’État y est réticent tant la mesure est symbolique et impopulaire. Quels secteurs seraient visés ? Les travaux dans les logements pour les particuliers, la restauration et les services à domicile. Les deux premières mesures permettraient de récupérer 1,5 milliard d’euros avec une TVA à 7% et 3 milliards d’euros si elle était portée à 9%.
Les professionnels du bâtiment se sont déjà déclarés hostiles à une hausse ciblée. Et le Synhorcat, représentant les hôteliers et restaurateurs, demande une réflexion d’ensemble sur la fiscalité. La question du taux, elle, n’est pas encore tranchée. L’Allemagne pratique un taux intermédiaire de 7%. Enfin, si elle est décidée, il faudra le feu vert de Bruxelles pour l’introduire.
Un frein aux dépenses de la Sécurité sociale
La décision a de grandes chances d’aboutir. Lors de son allocution télévisée, Nicolas Sarkozy a pointé du doigt le financement de la Sécurité sociale. Le budget 2012 prévoit une augmentation de 2,8% des dépenses de l’assurance-maladie. L’objectif serait de la maintenir à 2,5% pour gagner 500 millions d’euros. Le gouvernement souhaite aussi retrouver des marges de manœuvre en agissant sur les fraudes à la Sécurité sociale qui coûtent à l’État plus de 500 millions d’euros par an.
Encore un effort des collectivités locales
Elles devraient être mises à contribution mais le sujet est sensible et contraint. Un amendement a déjà été voté la semaine passée pour puiser dans leurs budgets 200 millions d’euros dans le cadre des mesures annoncées fin août par François Fillon. À terme, les transferts au profit des collectivités locales seront dans le viseur de Bercy. Mais le gouvernement ne souhaite pas se mettre à dos les élus locaux pendant la présidentielle. Comme pour la Sécu, l’idée serait de stabiliser ou du moins de limiter l’augmentation des dépenses, actuellement de 4% par an, soit environ 4 milliards d’euros.
Baisser le train de vie de l’État
Après la Sécu, c’est l’autre grand gisement d’économies sur les dépenses. Plusieurs pistes existent. D’abord, les budgets ministériels sont en sursis et notamment celui de la culture. Le député UMP Hervé Mariton propose de toucher à la « réserve de précaution » de 5 milliards d’euros qui permet d’absorber les chocs et les incertitudes dans les prévisions budgétaires.
Autre option : la baisse des dotations aux organismes et entreprises publiques. Gilles Carrez a en tête l’audiovisuel public comme France Télévisions où 30 à 40 millions d’euros d’économies sont possibles. Les budgets de l’Assemblée nationale et du Sénat pourraient eux aussi être bridés pour donner l’exemple.
Nicolas Sarkozy a décrété leur mort, mais un peu vite ! Selon le CCFD-Terre solidaire, l’évasion fiscale des multinationales vers la Suisse, Monaco et autres îles Caïmans se chiffre à 125 milliards d’euros. Le G20, lui, regarde ailleurs…
C’est en toute légalité que le groupe Unilever, propriétaire de l’usine Fralib à Gémenos (Bouches-du-Rhône) occupée par des salariés opposés à sa fermeture, a fait en sorte qu’une soixantaine de millions d’euros échappent chaque année au fisc français. Pourtant, fin 2009, la France s’est bardée d’une série de lois censées lutter contre l’évasion fiscale des entreprises implantées sur son territoire vers des paradis fiscaux. Or, en septembre de la même année, à la veille du sommet du G20 à Pittsburgh, Nicolas Sarkozy décrétait : « Les paradis fiscaux et le secret bancaire c’est fini ! » De fait, la liste française de ces « trous noirs de la finance internationale » ne comporte plus, en 2011, qu’une quinzaine de contrées exotiques, pour la plupart des îles perdues au milieu du Pacifique. En conséquence de quoi, pour le ministère français du Budget, aucun des États de l’Union européenne n’est un paradis fiscal. Pas plus d’ailleurs que les pays qui ont signé avec la France un traité d’échange de renseignements. Parmi ces derniers, la Suisse où, près de Zurich, Unilever a implanté sa filiale USCC, un centre de profits, reléguant son usine de production d’infusions Lipton et Éléphant au rang de simple façonnier. D’où son bras d’honneur au fisc français.
Pour être juste avec l’incivique Fralib-Unilever, il faut souligner, avec le CCFD-Terre solidaire qui en a fait le recensement en décembre 2010, que 4 359 filiales de dix des onze plus grands groupes français (1) échappent eux aussi à cette nouvelle loi pour la raison précédemment évoquée. Loi qui veut, entre autres, que les bénéfices des filiales implantées dans des paradis fiscaux ne soient plus reversés aux maisons mères en franchise d’impôts mais désormais taxés à 50 %. Une seule entreprise, l’an dernier, a été épinglée par le ministère du Budget, une filiale de France Télécom installée en République dominicaine.
41 pays « propices au blanchiment d’argent »
Globalement, l’évasion fiscale des multinationales dans les opaques blanchisseries du Luxembourg, du Guatemala ou des Philippines représenterait chaque année 125 milliards d’euros, soit quatre fois le montant estimé nécessaire pour éradiquer la faim dans le monde. Sans compter, bien sûr, le manque à gagner pour certains pays où les plans d’austérité pleuvent sur les peuples. À cette fuite des impôts dans les pays dits riches s’ajoute l’argent du crime organisé et de la corruption qui échappe, lui, en grande partie aux peuples des pays du Sud et dont le montant est estimé par le CCFD-Terre solidaire à quelque 800 milliards d’euros. Des sommes colossales recyclées dans l’un des 41 pays qui, selon le Groupe d’action financière intergouvernemental (Gafi), « restent propices au blanchiment d’argent » ou sur l’un des 54 territoires recensés par le Tax Justice Network (réseau d’ONG et de chercheurs internationaux) qui « cultivent un fort degré d’opacité ». Parmi ceux-ci, sur le Vieux Continent, on trouve Andorre, l’Autriche, Gibraltar, Jersey, le Lichtenstein, le Luxembourg, Monaco, San Marin et la Suisse.
Les altermondialistes veulent y croire
Cette problématique des paradis fiscaux et de la corruption qui, à l’instar de la taxe Tobin autrefois, paraît a priori marginalisée, sera-t-elle abordée à Cannes par la présidence française ? Les altermondialistes qui manifesteront à la frontière franco-monégasque veulent le croire, brandissant la loi américaine de juillet 2010 (Dodd Franck Act) qui oblige les entreprises minières et pétrolières cotées en Bourse à déclarer les sommes versées aux gouvernements autorisant leurs activités d’extraction. Pour cette première mise en place du reporting pays par pays (2), il aura fallu dix années de lutte aux États-Unis sur le thème : « Multinationales, publiez ce que vous payez ! »
(1) Peugeot, Carrefour, Saint Gobain, France Télécom, Société générale, Crédit agricole, BNP Paribas, EDF, GDF Suez, Axa, les données sur Total étant « non disponibles ».
(2) Il s’agit, comme le demandent les altermondialistes, d’obliger les multinationales à publier dans leurs rapports d’activité toute information permettant de savoir si l’impôt payé correspond bien à l’activité dans chaque pays où est implantée une filiale.
à Nice à 15 heures contre le g20 Altermondialistes, Indignés, militants associatifs, politiques et syndicaux : ils seront, selon le collectif local contre le G20 de Cannes, plusieurs milliers à manifester ce mardi à partir de 15 heures dans les quartiers populaires de l’est de Nice. Malgré le rétablissement des contrôles à la frontière, on attend nombre d’Italiens qui, avec la population niçoise, sont invités le soir même à un grand concert (Lo Mago dou Casteu, HK et les Saltimbanks…) sur l’esplanade des anciens abattoirs municipaux. Lire : Anti-G20 : ça commence aujourd’hui
CGT finances «Les États multiplient les vœux pieux»
Membre de la direction de la CGT finances, Michel Fontaine voit dans la défiscalisation des riches et des grandes entreprises une des sources qui alimentent les paradis fiscaux.
Les paradis fiscaux ont-ils disparu ?
Michel Fontaine. Déjà, si on parle des paradis fiscaux aujourd’hui, c’est grâce aux organisations de salariés au niveau international, mais aussi, il faut le dire, aux ONG : je pense à Transparence International, Oxfam, CCFD-Terre humaine, qui tentent d’analyser les circuits des paradis fiscaux… Pendant ce temps-là, les États font beaucoup d’annonces et multiplient les vœux pieux : on a vu les paradis fiscaux figurer sur des listes noire, grise ou blanche, mais cela ressemble à une galéjade… Aujourd’hui, les derniers rapports attestent que les paradis fiscaux prolifèrent, notamment en Europe, et les États défendent farouchement leur pré carré. C’est le cas de la Grande-Bretagne avec la City, ou de la France avec Monaco et Andorre…
Combien font perdre ces paradis fiscaux aux budgets des États ?
Michel Fontaine. Les chiffrages sont complexes parce que, par définition, on n’a pas accès aux sources. La Commission européenne évoque une estimation de l’ordre de 3 % du PIB au niveau européen, soit des centaines de milliards d’euros. Il ne s’agit là que de la fraude, mais il faut voir que la France est, d’une certaine manière, devenue un paradis fiscal…
Qu’entendez-vous par là ?
Michel Fontaine. Il y a une partie légale dans ces affaires : depuis des années, on a défiscalisé les grandes fortunes et les multinationales. Pour l’impôt sur le revenu, on parle de 37 milliards d’euros couverts par des niches fiscales. Et autant pour les entreprises ! Cela a dégagé des capitaux considérables qui se sont dirigés vers les paradis fiscaux afin d’occulter la source de revenus et l’identité des détenteurs réels des actifs. C’est une des raisons pour lesquelles nous défendons une refiscalisation des riches et des grandes entreprises.
Le blanchiment était presque suspect à Monaco
La principauté s’est extirpée de la « liste grise » des paradis fiscaux, mais les altermondialistes ne se montrent guère convaincus.
Un mafieux napolitain était récemment traduit devant le tribunal de Monaco pour suspicion de blanchiment d’argent. Il s’était fait repérer par le Siccfin (l’équivalent du Tracfin français) après avoir déposé, dans l’un des 71 établissements de la principauté, ses petites économies, soit 600 000 euros en liquide. Dur, dur de perdre les vieilles habitudes ! Tout comme il a été dur pour le prince Albert II de voir son pays confetti, où quelque 5 000 « entreprises » ont trouvé à se caser, être couché, en clôture du G20 de Londres, le 2 avril 2009, sur la liste grise des territoires non coopératifs en matière fiscale.
C’est alors que le ministre monégasque des Finances, Franck Biancheri, s’est mis à beaucoup voyager. Il lui fallait, selon le principal critère de blanchiment de l’OCDE, trouver au moins douze pays qui accepteraient de signer une convention « d’échange d’informations ». Ce qui fut fait en un été, notamment avec Andorre, les Bahamas, le Qatar et Saint-Kitts, et envisagé avec les États-Unis mais aussi le Groenland et les îles Féroé. C’est ainsi que, le 20 novembre suivant, au sommet du G20 de Pittsburg, Monaco se défaisait de cette tache grise. Depuis, Franck Biancheri a pris soin de rassurer les 32 000 résidants de la principauté en précisant que les accords de transparence, conclus finalement avec 24 États dont 13 membres de l’OCDE, « ne concernaient que des demandes concrètes et fondées, seulement au cas par cas, ce qui n’autorise pas la pêche générale aux informations ».
Coorganisatrice de la manif à Cap-d’Ail, le 3 novembre, l’association Attac a beau jeu de souligner « l’insuffisance évidente des conventions bilatérales » en faisant remarquer que, parmi les « partenaires » de Monaco, figurent plusieurs paradis fiscaux. Ce qui rend le blanchiment opéré plutôt suspect. À noter en outre que la « place financière » que serait devenu le paradis fiscal a enregistré l’an dernier une légère hausse de ses dépôts bancaires. Vieilles habitudes, toujours !
Loin de s’avouer vaincus, élus et salariés de la papeterie M-Real ont organisé, samedi, une journée portes ouvertes de l’entreprise et fait la proposition d’exproprier les propriétaires finlandais du site, au titre de l’utilité publique.
Correspondant particulier. Rien d’un baroud d’honneur que cette nouvelle journée de mobilisation samedi sur le site de la papeterie, installée à Alizay (Eure), et menacée de fermeture par son propriétaire finlandais, alors même que deux repreneurs se sont manifestés ces dernières semaines (lire notre édition du lundi 24 octobre 2011).
Au programme : porte ouverte à la population, venue en masse, et aux élus de la région. Certains, les élus socialistes et ceux du Nouveau Centre, découvraient les enjeux de la fermeture de ce site, ainsi que la mobilisation des salariés et des élus communistes des environs depuis 2006, date du premier plan social de l’entreprise. Face à l’immense gâchis que constituerait la fermeture d’un tel site qui a bénéficié d’argent public ces dernières années pour se moderniser, le président socialiste du département de l’Eure, Jean-Louis Destans, a fustigé « un scandale social et économique de la part d’une entreprise qui fait des profits ». L’élu socialiste a appelé à l’unité de toute la gauche pour faire triompher les salariés en faisant « reporter la décision de la fermeture et même en la faisant interdire ».
Une prise de position que Gaëtan Levitre, maire PCF d’Alizay et conseiller général, a saisie immédiatement en appelant la gauche à « passer à la vitesse supérieure ». « Le temps des motions et des communiqués de presse est révolu », lance-t-il.
Faute de législation permettant de réquisitionner l’entreprise, le maire d’Alizay s’est dit prêt, avec l’appui, notamment financier, des collectivités territoriales de la région (toutes à gauche) et de l’État, à faire jouer son « droit d’exproprier M-Real au titre de l’utilité publique ». Les élus socialistes, interpellés sur cette action forte, se sont dits, par la voix du président du département de l’Eure, « pas hostiles à l’idée d’expropriation. À situation exceptionnelle, il doit y avoir une réponse exceptionnelle », a affirmé ce dernier. Un engagement fort donc à soutenir cette proposition communiste. « Mais il faut que les autres collectivités s’engagent aussi financièrement », s’est-il empressé d’ajouter.
Quant à Bruno Lemaire, ministre de l’Agriculture et élu UMP de l’Eure, il s’est contenté de constater que « la détérioration de l’environnement économique, les difficultés croissantes de l’industrie du papier en Europe ainsi que le contenu même de la proposition de reprise » rendent « impossible » le redressement de cette usine. Il a dit déplorer « profondément » cette décision et que le groupe n’ait pas entendu « les efforts déployés par les syndicats et les élus, dans un esprit unanime, pour trouver une solution ».
expropriation d’utilité publique La procédure d’expropriation déroge au Code civil, qui prévoit « que nul ne peut être contraint de céder sa propriété, si ce n’est pour cause d’utilité publique et moyennant une juste et préalable indemnité ».L’expropriation ne peut donc être légale que si elle est effectuée pour des raisons d’utilité publique. Dans le cas de M-Real, le maire d’Alizay, Gaëtan Levitre, estime que l’utilité publique est avérée puisque près de 600 familles victimes de la fermeture du site tomberont dans la précarité.
Jeudi 3 novembre 2011, une délégation des élus du Comité d’entreprise de France Soir, du Syndicat général du Livre et de la Communication écrite (SGLCE) et du Syndicat national des Journalistes CGT (SNJ CGT) sera reçue au ministère de la Culture et de la Communication. Le SGLCE et le SNJ CGT regrettent que les syndicats Info.com et SIP n’aient pas éprouvé le besoin de s’unir à cette délégation.
Pour autant, d’ores et déjà, le SGLCE et le SNJ CGT proposent à ces syndicats une réunion commune pour mettre en place une véritable stratégie d’action dépassant les simples effets d’annonce médiatique, dans l’intérêt des salariés de France Soir, et de presse plus généralement.
La délégation qui se rendra demain au ministère de la Culture ne sera pas «l’agent commercial» de tel ou tel repreneur.
Elle demandera au ministre ou à son représentant, sur le principe fondamental que la presse d’information générale et d’opinion est un enjeu démocratique, qu’aucun homme, qu’aucune femme même fortuné (e), ne possède le droit de vie ou de mort sur cet intérêt public et que les pouvoirs publics assument leur responsabilité pour :
1. Intercéder auprès de l’actuel président de France Soir afin qu’il renonce à son projet suicidaire pour le titre et ses salariés : celui d’abandonner le journal au profit du tout-web.
2. Assurer son rôle de garant de la démocratie et, si Monsieur PUGATCHEV persistait dans son entreprise de démolition, prendre les mesures nécessaires pour favoriser la venue d’un repreneur porteur d’un projet de relance du titre populaire France Soir, en mariant support papier et informatique.
La délégation fera le point après la réunion au ministère.
Le mercredi 2 novembre 2011 à 15 heures, s’est tenu un Comité d’entreprise extraordinaire à la demande de la direction.
L’ordre du jour en était : la situation chez Europac Papeterie de Rouen
La situation actuelle du marché du PPO ainsi que le nombre grandissant du stock européen, font que la demande est inférieure à l’offre. Par conséquent, les fabricants dont Europac orientent leur stratégie sur la diminution des stocks afin de conserver un prix de vente acceptable.
Souhaitons que cette décision soit prise à l’initiative de la plus grande majorité, sinon l’effet serait plus ou moins caduc.
C’est pourquoi, au cours de cette réunion, il nous a été signifié par la direction de procéder à un arrêt conjoncture de l ‘entreprise pour une durée de 7 jours à compter du 15 novembre 2011 à 5 heures. Remise en route prévue le 22 novembre à 5 heures.
Cette stratégie doit permettre de diminuer nos stocks extérieurs (coût important) et d’éviter de les voir croitre.
Au cours de cet arrêt, l’organisation de l’entreprisene sera pas modifiée à part quelques exceptions (mécano papetier rejoignant le service maintenance pour les différents travaux mécaniques à effectuer) tout en suivant leur faction.
La direction souhaite qu’au cours de cet arrêt soit mis en place les formations papetières (DCS -- sécherie -- sécurité).
Le personnel papetier sera affecté au nettoyage, habillage et sera informé par l’encadrement de la situation actuelle de l’entreprise. Les congés pourront être pris sur la base du volontariat.
Nous avons posé de nombreuses questions sur cette nouvelle prise de position de la direction espagnole (stocks des matières premières, stocks des produits finis, état des commandes ainsi que l’état des travaux à réaliser pendant cet arrêt (cylindre 57, pulpeur sous presse).
Malgré les investissements réalisés, ceux à venir, la montée en puissance de la machine 5, la situation reste difficile et l’avenir peut paraitre incertain. Le contexte environnemental, le manque de croissance ainsi que le recul de la consommation n’incite pas à donner confiance. Nous ne voulons pas tomber dans la sinistrose.
Est ce que cet arrêt sera suffisant pour conforter un marché et les prix du papier ! Pour l’instant, personne ne peut l’affirmer. Serons-nous obligés dans l’avenir à recourir à cette même stratégie, nous n’en savons rien !
C’est pourquoi, le syndicat Filpac CGT reste des plus vigilants quant aux décisions d’ordre économique qui seront prises dans les prochaines semaines.
Nous avons déjà connu, pour les plus anciens dans l’entreprise, des recours aux arrêts conjonctures. Nous savons où cela a pu nous conduire.
Dans ce cadre bien précis, la Filpac CGT organisera dans le mois de décembre, des assemblées du personnel dans le cadre de l’information syndicale payée, afin que nous puissions analyser de quoi demain sera fait !
Nous devons avoir Tous Ensemble une réflexion approfondie, responsable et réfléchie sur lamarche et le devenir de notre entreprise et ceux qui la font vivre.
A l’issue de cette réunion, nous avons évoqué le fait que les salaires n’avaient pas été versés à la date prévue. Nous avons fait une intervention le matin même. L’erreur venant de la banque, les salariés sont informés qu’en cas de frais financiers subis à l’occasion de ce retard, ceux ci seront pris en compte par l’organisme bancaire de la société (en aviser le service du personnel).
Le premier ministre a annoncé lundi 7 novembre un nouveau plan de rigueur de 7 milliards d’euros dont l’essentiel va peser sur les salariés. A l’occasion d’un rapide point de presse en fin d’après-midi, le secrétaire général de la CGT a souhaité une réunion de l’intersyndicale « dans les meilleurs délais », pour « apprécier les ripostes les plus adéquates nécessaires » au plan de rigueur du gouvernement. Il a estimé « urgent que le mouvement syndical affirme sa fermeté et sa détermination ».
« Nouveau plan de rigueur, nouvelles mesures d’austérité, c’est plus d’injustice sociale et c’est surtout nous entraîner dans une récession économique à coup sûr », a commenté Bernard Thibault. Parmi les mesures phare du plan figurent notamment : une hausse du taux réduit de la TVA porté de 5,5% à 7%, à l’exclusion de l’alimentation, de l’énergie et des services destinés aux handicapés. Les taux réduits dans la restauration, (ramené de 19,6 à 5,5% le 1er juillet 2009) ainsi que celui portant sur les travaux de rénovation dans le bâtiment seront également portés à7%. L’application de la réforme des retraites qui relevait en 2010 à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite sera avancée de 2018 à 2017. Un gel de la revalorisation de la plupart des prestations sociales à 1% pour 2012, indexée non plus sur l’inflation mais sur la croissance attendu officiellement.
Bernard Thibault a dénoncé aussi l’absence de dialogue social : « j’ai eu un coup de téléphone à 11H54 de la part du ministre du Travail pour me préciser ce qu’allait être la nature des annonces du Premier ministre à partir de 12H00″. Selon lui, « cela marque tout simplement la conception qu’a le gouvernement actuel du dialogue social avec les représentants des salariés ».
Retraites : « le mépris à l’égard des partenaires sociaux » selon la Cnav
Le nouveau président de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), Gérard Rivière a déploré mardi « la méthode brutale et cavalière » du gouvernement qui a décidé d’accélérer l’application de la réforme des retraites, ajoutant qu’il n’avait été « ni consulté, ni informé » en amont.
« Ils n’ont sans doute pas mon numéro de téléphone portable », a ironisé, Gérard Rivière (FO), élu le 4 novembre dernier à la place de Danièle Karniewicz (CFE-CGC) à la présidence de la Cnav. Il a regretté « le mépris affiché à l’égard des partenaires sociaux et du conseil d’administration » de la Cnav, qui gère le régime général des retraites. Gérard Rivière a observé que la loi repoussant progressivement à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite aurait « un an demain ». Et on n’a même pas mis une année à remettre en question un calendrier de montée en charge », a-t-il regretté, en affirmant que c’était « la première fois ».
Le nouveau président de la Cnav a par ailleurs également jugé « parfaitement injuste d’avoir désindexé les prestations familiales« . « Lorsqu’on enlève 1 point ou 1,2 de revalorisation des prestations familiales, on est dans le dur de la consommation parce que les prestations familiales n’alimentent pas le livret A, que je sache, et encore moins l’assurance-vie », a estimé Gérard Rivière.
Il a indiqué que le conseil d’administration de la Cnav se réunirait le 17 novembre pour étudier le projet de loi rectificatif de financement de la sécu.
Selon le plan de rigueur présenté lundi par le gouvernement, le recul de l’âge de la retraite de 60 à 62 ans va arriver plus vite pour les salariés nés entre 1952 et 1955, qui devront rester au travail de un à quatre mois de plus que ce que prévoyait la réforme de novembre 2010.
Il se rêve Churchill ; il n’est que Gamelin, le général de la ligne Maginot et de la débâcle. En promettant au pays « l’un des budgets les plus rigoureux depuis 1945 », en évoquant l’image de la France humiliée et pillée, François Fillon s’accuse lui-même d’une dramatique régression. On comprend que les élus de droite savoyards auprès desquels il s’est épanché samedi lui aient fait cadeau d’une… cloche.
Une fois éteints les flonflons du G20 et dispersées les diatribes contre la finance, rien n’a changé pour les plus fortunés mais tout devrait empirer pour les autres. La droite campe sur sa défense des marchés financiers, quitte à laisser le pays submergé par le chômage, inondé par la pauvreté ou dévasté par les désindustrialisations spéculatives. Le président de la République s’est agité pour empêcher les Grecs de voter. Pour le reste, il fait sienne la formule que dénonçait le poète Baudelaire : « Je hais le mouvement qui bouscule les lignes. » Le budget que doit présenter aujourd’hui son premier ministre entend donc pressurer toujours plus les milieux populaires. L’injustice en est la loi. Premier exemple, la TVA qui frappera au même niveau le riche – pour qui elle sera goutte d’eau – et les pauvres qu’elle contraindra à des sacrifices sur leur consommation. Deuxième mesure avancée – résistera-t-elle au tollé syndical ? –, l’instauration d’une journée de travail obligatoire et non payée au profit du patronat et au détriment des salariés. Les troisième et quatrième axes font figure de rengaine, puisqu’il s’agit une nouvelle fois de réduire les dépenses sociales que dans les beaux quartiers on juge néfastes et inefficaces et de démanteler les services et la fonction publics, qui ont servi jusqu’alors de remparts face aux coups portés par la crise économique. Une saignée après l’autre qui épuise le pays et tous ses voisins européens.
Nicolas Sarkozy a beau passer deux fois en deux semaines sur toutes les grandes de chaînes de télévision, il ne convainc pas que moins égal plus. Notre sondage Ifop le confirme : en dépit d’une propagande intensive, une nette majorité des Français refuse que le pays se couche devant les injonctions des agences de notation, véritables porte-voix des marchés financiers. Ils refusent que les élus soient dessaisis de leur pouvoir de décision. Ce sentiment est massif à gauche (62 %) et certains responsables socialistes qui ne font que grimer l’austérité d’un peu de rose aux joues feraient bien d’y réfléchir. La faiblesse du président candidat – pas encore avoué… – est de n’avoir à proposer que l’austérité à perpétuité. Mais il peut encore tirer son épingle du jeu si l’opposition accepte l’impératif qu’il lui dicte.Nous devons entreprendre un débat à l’échelle nationale pour dessiner une politique alternative à laquelle les citoyens puissent apporter leur contribution. Sans ce nouveau cap, on voit bien de quoi demain sera fait et quelles aventures pourront s’en nourrir. Il devient d’intérêt national et de salut public que chacun s’intéresse à nouveau à la politique.
SOCIAL -- Un Comité d’établissement est programmé le 10 novembre, le dépôt de bilan attendu
Cessation de paiement pour les papeteries de Malaucène
Une entreprise contrôlée par des Américains qui dépose le bilan en laissant un site industriel pollué et l’argent public assumer les conséquences… ce n’est pas Métaleurop à Dunkerque, mais les papeteries de Malaucène, selon la CGT. Au cours d’une conférence de presse, Thierry Georges, accompagné de l’avocate des salariés M e Anne-France Breuillot, a annoncé une réunion du comité d’établissement le 10 novembre, pour constater la cessation de paiement. Selon le syndicat qui défend depuis le début les salariés, la suite sera le dépôt de bilan au tribunal de commerce.
C’est l’incertitude pour les salariés actuellement bénéficiaires du plan social. Les derniers salariés ignorent s’ils vont continuer à être payés. Ceux en formation se demandent s’ils pourront aller au bout. Des allocations temporaires, financées en partie par les pouvoirs publics, deviennent incertaines. Le financement des indemnités obtenues éventuellement aux prud’hommes restent en suspend, comme la charge de la dépollution, chiffrée à plusieurs millions d’euros.
« Tout ce qui pouvait rapporter a été vendu »
Pour M e Breuillot, Schweitzer-Mauduit a affirmé avoir « versé trente millions d’euros pour le plan social, on ne les trouve plus dans les comptes ». Elle précise qu’une partie des sommes dues peut être prise en charge par l’assurance garantie de salaires, financée par les cotisations chômages des entreprises. « Les petites et moyennes entreprises cotisent, et leurs cotisations servent aux grosses sociétés étrangères qui profitent du système », selon elle.
Pour Thierry Georges, délégué syndical, la situation est scandaleuse. « Tout ce qui pouvait rapporter a été vendu. Ce qui était fabriqué à Malaucène est maintenant fabriqué en Pologne, sur les machines déménagées. Le groupe fait 100 millions d’euros de bénéfice sur la seule usine du Mans, qui a été financée par les papeteries de Malaucène. Nous avons affaire à des patrons voyous qui font payer la collectivité ».
Pour M e Breuillot, « il faut absolument que le procureur, qui en a le pouvoir, demande au tribunal de commerce d’élargir la procédure aux autres usines, pour permettre de globaliser les dettes à l’ensemble du groupe Schweitzer-Mauduit. Une loi de 2008 interdit cette démarche aux salariés ».
Le papetier Stora Enso dans le rouge au troisième trimestre. Le groupe va encore réduire son personnel et ses capacités de production. (source : Caractère.fr)
mercredi 2 novembre 2011
Le groupe papetier finlandais Stora Enso a annoncé une lourde perte au troisième trimestre 2011 due à un élément exceptionnel attendu, tandis que des réductions de production et des licenciements temporaires sont prévus au trimestre prochain pour faire face à une baisse de la demande.
De juillet à septembre, Stora Enso a enregistré une perte nette de 49,9 millions d’euros en raison de la banqueroute du papetier américain NewPage Corporation, qui était en train de lui racheter ses activités en Amérique du Nord et qui lui a coûté 128 millions, selon le rapport financier trimestriel.
Sans cet élément exceptionnel, annoncé en septembre, le papetier aurait enregistré un bénéfice net de 78,3 millions, souligne le communiqué, qui rappelle que, sur la même période l’an passé, le groupe finlandais avait dégagé 194,3 millions de bénéfice.
Au trimestre écoulé, Stora Enso a enregistré un chiffre d’affaires en hausse de 4,4% sur un an à 2,7 milliards d’euros conforme aux attentes. « Nous avons terminé le troisième trimestre comme prévu. Nos secteurs d’activités ont eu les rendements attendus, mais pas nos entreprises associées, en particulier en raison de l’impact du change », souligne le directeur général Jouko Karvinen.
« Dès le début du quatrième trimestre, nos clients et nous mêmes allons réduire les stocks et nous allons donc encore intensifier les réductions de production », a-t-il ajouté, en précisant que « des licenciements temporaires sont prévus » et vont être négociés.
La banqueroute du papetier américain NewPage coûte cher à Stora Enso
C’est une douche froide qui a surpris les milieux financiers lors de la publication des comptes du 3ème trimestre du groupe papetier finlandais Stora Enso.
La société a en effet annoncé une perte nette de près de 50 millions d’euros, suite à la banqueroute du papetier américain NewPage Corporation, qui devait lui racheter pour 128 millions de dollars ses activités nord-américaines.
Sans ce résultat exceptionnel imprévu, Stora Enso aurait enregistré un résultat net de 78 millions d’euros, son résultat, un an plus tôt sur la même période, s’établissant à 193 millions.
En terme d’activité, le chiffre d’affaires trimestriel du groupe papetier s’est élevé à 2.7 milliards, en croissance de 4,4%.
Pour le 4ème trimestre, Stora Enso anticipant une baisse d’activité, a prévu de mettre en place de nouvelles mesures de réduction des coûts, qui passeront notamment par des licenciements temporaires.
Tout est bon pour essayer d’exonérer Nicolas Sarkozy de ses responsabilités dans la crise.
Emploi, chômage… Même en cherchant bien, aucun de ces deux mots ne figurait dans le plan présenté la semaine dernière par François Fillon. « Vais-je conserver mon poste de travail ? » « Quel avenir professionnel pour mes enfants ? » Ces questions participent de la préoccupation numéro 1 des Français. Mais alors qu’approche la dernière année du quinquennat présidentiel, tout l’art de ce gouvernement consiste à tenter de désorienter le citoyen, de faire oublier les promesses du candidat Nicolas Sarkozy en 2007 et l’état de la France cinq ans après. « Politique du résultat », lançait alors à tout propos le nouvel hôte de l’Élysée… Qu’on en juge : le chômage est officiellement passé de 7, 7 % à plus de 9 %. Actuellement, quelque 4,4 millions de travailleurs sont privés d’emploi et la part des chômeurs de longue durée s’est accrue de plus de 7 % en un an. Ayant débuté sur une mystification, le mandat de Nicolas Sarkozy s’achève sur un échec majeur : l’activité de la France s’est ralentie, le monde du travail s’est appauvri cependant que les cadeaux pharamineux accordés au petit monde des affaires ont aggravé la situation financière de la France.
Derrière la froideur des chiffres du chômage, dont il n’est un secret pour personne qu’ils seront une nouvelle fois mauvais pour le mois d’octobre, combien de vies brisées, d’êtres humains abîmés que les travailleurs de Pôle emploi, qui se sont mis en grève hier, ne parviennent plus à soutenir en raison des moyens largement insuffisants que leur accorde le gouvernement depuis la fusion entre l’ANPE et les Assedic.
La faute à la Grèce ! La faute à la dette ! Tout est bon pour essayer d’exonérer Nicolas Sarkozy de ses responsabilités dans la crise, au plan national bien sûr mais aussi au plan européen. Car la politique de l’Union est décidée par ceux-là mêmes qui accablent leur propre pays sous les plans d’austérité. On est frappé par la convergence des « éléments de langage », comme disent les communicants, entre les discours tenus en France et en Allemagne. François Fillon s’est vanté de présenter un programme d’austérité le plus sévère qui ait été conçu depuis la Libération. Hier, la chancelière allemande, Angela Merkel, a affirmé, devant le congrès de son parti, la CDU, réuni à Leipzig, que l’Europe vivrait « son heure la plus difficile depuis 1945 ». On voit poindre derrière cette surenchère historique une même volonté d’en finir avec ce qui reste de positif dans les modèles sociaux des deux côtés du Rhin. La réunion des ministres de l’Agriculture, hier à Bruxelles, est fort instructive à propos de la conception que les eurolibéraux ont de la solidarité. Après avoir fait blocage à la poursuite du programme d’aide alimentaire aux plus démunis (PEAD), qui concourt à l’action des associations de solidarité comme les Restos du cœur ou le Secours populaire, Berlin a finalement accepté une prolongation de deux années, à condition qu’il soit « très clair » qu’à partir du 1er janvier 2014, « il n’y aura pas de politique sociale à l’échelle européenne ».
En France, comme dans l’ensemble de l’Union, la soumission aux marchés financiers s’accompagne d’une campagne idéologique visant à contenir et à réfréner les envies d’un vrai changement. La course au triple A prime sur la création d’emplois et la croissance. Au nom de quoi, il n’y aurait pas motif à s’offusquer que la Grèce ait désormais un gouvernement où se côtoient des membres du Parti socialiste (Pasok) et des représentants de l’extrême droite… Dans un pays qui, il y a près de quarante ans, se libérait de la dictature des colonels.
Déclaration de Nicolas Sarkozy sur les fraudes sociales
Nicolas Sarkozy s’est placé aujourd’hui en défenseur de l’esprit de 1945 et des fondements de la République sociale. C’est un comble venant de celui qui, depuis son élection, n’a cessé d’attaquer, par des réformes successives et autoritaires, ce qui fondait le pacte social.
Il a mis systématiquement et méthodiquement à mal ce qu’il appelle la solidarité nationale.
Aujourd’hui, il prétend s’engager dans une campagne de lutte contre les fraudes en se focalisant sur 4 milliards d’euros « qui échapperaient » aux caisses. Alors qu’en réalité le « rapport d’information parlementaire sur les fraudes sociales » pointe lui, une fraude s’élevant à 20 milliards d’euros.
Ces 16 milliards manquant dans cette déclaration du jour relève des Entreprises (cotisations patronales et salariales non versées). Pourquoi ne les évoquent-ils pas ?
Sous couvert d’une cure d’austérité, ce sont les salariés, les privés d’emploi et les retraités à qui l’on demande toujours plus de sacrifices, en abaissant le niveau de protection sociale. Le Gouvernement s’apprête à ajouter un quatrième jour de carence aux arrêts maladie dans le secteur privé et d’en instituer un dans la Fonction publique, après avoir décidé d’une taxe sur les complémentaires et instauré depuis 2004 de nombreuses franchises, des déremboursements de médicaments et de soins.
Pour exemple, de plus en plus de gens renoncent à des soins, soit parce qu’ils sont insuffisamment couverts, soit parce que le système de santé est tellement désorganisé et dérégulé que les délais pour obtenir un rendez-vous et les dépassements d’honoraires sont dissuasifs. On constate que 24,3 % de ceux qui gagnent moins de 870 euros par mois renoncent 3 fois plus aux soins que ceux qui gagnent plus de 2 000 euros.
Si le Président de la République annonce la création d’un Haut conseil au financement de la Protection sociale, c’est pour aussitôt baliser sa feuille de route sur le coût très élevé du travail et préparer le terrain pour une mise en pièce de la sécurité sociale. Simultanément le MEDEF prône l’instauration de la TVA sociale et une hausse de la CSG en lieu et place des cotisations à la Sécurité sociale.
La CGT réserve sa position quant à sa participation à ce Haut conseil et confirme la nécessité d’élaborer une riposte unitaire aux offensives anti-sociales actuelles.
Tandis que le gouvernement instaure une journée de carence pour les fonctionnaires et une quatrième pour les salariés du privé, le président annonce une réforme du financement de la Sécu.
« La fraude, c’est la plus terrible et la plus insidieuse des trahisons de l’esprit de 1945. C’est la fraude qui mine le fondement même de la République sociale », rien de moins !
Candidat ou président ? Nicolas Sarkozy a en tout cas revêtu hier à Bordeaux le costume d’un « protecteur » du modèle social français, tout à la fois pour pourfendre les fraudeurs de la Sécu, assurer le SAV (service après-vente) de sa réforme des retraites qui aurait selon lui sauvé le système par répartition , et annoncer la mise en chantier d’une réforme du financement de la protection sociale.
L’habillage est très « idéologique », sur le modèle de la campagne de 2007, avec maintes références au programme du CNR, au général de Gaulle et « aux frères d’armes » de la Résistance. Le terrain sur lequel s’engage le candidat-président paraît, au regard de ces évocations, plutôt décalé et même déplacé. Car c’est celui de la droite dite « populaire » et de l’extrême droite : les pauvres, ces « assistés », et les fonctionnaires comme boucs émissaires. Un terrain labouré depuis des mois par l’UMP.
C’est bien au nom de la lutte contre la fraude que le ministre du Travail, Xavier Bertrand, proposait au même moment « l’instauration d’un quatrième jour de carence dans le secteur privé ». Une mesure, selon le ministre, qui représente une économie de 200 millions d’euros et « vise à responsabiliser davantage les assurés pour garantir un recours justifié aux arrêts de travail ».
Dans la foulée, Xavier Bertrand annonce, « par souci d’équité, l’institution d’un jour de carence dans les trois fonctions publiques ». Dans le même ordre d’idées, il affirme que « les actions de contrôle des arrêts de travail, de courte et de longue durée, vont se renforcer ».
« Il est inacceptable de désigner les salariés en arrêt maladie comme responsables des déficits de la Sécurité sociale ! » s’insurge la CFDT, qui fait remarquer que les indemnités journalières représentent 2,5 % du budget de la Sécu. Et rien n’est annoncé, ni par le président ni par ses ministres, pour lutter et pénaliser le travail non déclaré, responsable, selon les députés communistes, pour les deux tiers, des fraudes à la Sécurité sociale (voir ci-contre).
Les discours contre la fraude ne servent qu’à justifier les mesures d’austérité supplémentaires qui vont frapper les salariés, les retraités et les chômeurs. Et ce qui se prépare à travers l’annonce d’une réforme du financement de la protection sociale n’est que la casse du système français, dont Nicolas Sarkozy se prétend le protecteur.
Comme cela avait été le cas pour la réforme des retraites, il promet une concertation avec la création d’un conseil supérieur du financement de la protection sociale, mais ses choix semblent déjà faits. Il s’agit de peser sur « le coût du travail », qui aurait augmenté plus en France qu’en Allemagne. « Ne cherchez pas ailleurs les raisons des difficultés ! » a-t-il lancé. Et d’évoquer le recours à l’impôt pour abaisser les cotisations sociales.
Le matin même, Laurence Parisot avait devancé le président de la République en présentant, au nom du Medef, « un nouveau pacte fiscal et social pour la compétitivité de la France ».
C’est avec beaucoup d’émotion que je vous transmets cette triste nouvelle,
Marie Hélène son épouse a indiqué que ses obsèques auraient lieu mercredi 23 novembre .
UNE CÉRÉMONIE d’HOMMAGE EST ORGANISÉE À LAGNES (84800),
MERCREDI 23 NOVEMBRE A 15 HEURES
SALLE MUNICIPALE LAGRANGE ( à coté de la Mairie ) à LAGNES 84800.
Comment te dire notre tristesse de te voir partir… tu reste unique et incomparable. A toi Oswald on doit tout et la nécessité de ta présence existe à un degré que l’on est seul capable de mesurer. nos pensées vont a la famille en ce moment difficile.
Né le 6 août 1925 à Saint-Saturnin-lès-Avignon (Vaucluse) ; ouvrier papetier à l’usine de Galas dans le Vaucluse ; dirigeant du syndicalisme CGT du papier et du livre ; membre du comité central du Parti communiste français (1954-1974) ; membre du Conseil économique et social.
Le grand-père paternel d’OswaldCalvetti, militant socialiste italien, ayant été menacé par le fascisme, prit le chemin de l’exil, bientôt imité par ses cinq enfants. La famille travailla à Saint-Saturnin-lès-Avignon puis à la papeterie de Fontaine-de-Vaucluse. Fils d’un couple d’ouvriers papetiers, OswaldCalvetti connaissait l’italien. Son père comme sa mère (née Gaspari) étaient communistes. Titulaire du certificat d’études primaires, le jeune Calvetti fréquenta le lycée d’Isle-sur-Sorgue pendant un an et demi, puis, en raison de la guerre, se fit embaucher dans la papeterie où travaillaient ses parents.
Membre des Jeunesses communistes depuis 1944, OswaldCalvetti entra dans les FTP, groupe Jean Robert, et eut le grade de sergent dans les FFI. Il s’engagea « pour la durée de la guerre » et fut envoyé à Barcelonnette, où il combattit les Italiens, puis fut libéré en juillet 1945.
Redevenu ouvrier papetier, il assuma les fonctions de secrétaire de la section de l’Isle-sur-la-Sorgue de l’Association des Francs-tireurs et partisans français en 1945. Après la guerre, il fit son service militaire comme caporal secrétaire comptable.
Domicilié à Isle-sur-la-Sorgue, il travailla aux Papeteries Navarre, usine de Galas, où il fut très vite le principal responsable syndical CGT et le leader communiste. Secrétaire du syndicat CGT de Galas à partir de 1947, délégué du personnel, il fut, la même année, secrétaire adjoint du comité d’entreprise, puis secrétaire en 1948 et membre du comité central d’entreprise . Il devint le secrétaire du groupement intersyndical du trust Navarre qui groupait huit usines et quatorze mille ouvriers. Permanent à partir de 1950,
Membre de la cellule communiste de Galas à partir de juin 1945, trésorier en 1946-1947, il siégea au comité de section et au comité fédéral du Vaucluse dès 1948. Il avait suivi une école de section en 1947 puis une école centrale de quatre mois d’octobre 1954 à février 1955. Jugé « intelligent », « travailleur », « combatif », mais avec des connaissances théoriques relativement faibles, il fut orienté vers le travail de masse. Lui-même manifestait son intérêt pour les questions administratives et d’organisation.
Cependant l’importance de son action de terrain attira l’attention de la direction et il entra au comité central en 1954 comme suppléant, titularisé en 1956, il le quitta au XXe congrès en décembre 1972.
C’est sur le plan syndical qu’OswaldCalvetti laissa les traces les plus fortes. À son initiative se constitua une internationale du papier-carton, le Comité Hasting (du nom de la ville où elle fut créée), où prirent place en premier lieu les Anglais, mais aussi les Scandinaves, les Suédois, les Norvégiens, les Canadiens et les Japonais. Il en fut un temps président. Il contribua au rapprochement des travailleurs du livre et du papier carton jusqu’à la création en mars 1967 de l’Union des fédérations du livre et du papier-carton, premier pas vers une fusion organique. Celle-ci se réalisa en 1986. Ce n’était pas un mince succès, papetiers et ouvrières du livre étant très éloignés par leur formation comme par leurs traditions syndicales. Calvetti fut un des principaux dirigeants de la FILPAC.
Au plan confédéral, il s’occupa, auprès d’Henri Krasuki*, du secteur de la politique revendicative de 1969 à 1985 et suivit notamment la négociation de la retraite à soixante ans. Il restera un spécialiste des retraites et de retraites complémentaires : il présida ainsi l’AG2R. La CGT le délégua au Conseil économique et social de la CEE de 1969 à 1973 avec Livio Mascarello*, puis au Conseil économique et social français de 1973 à 1989.
Vice-président de l’UNEDIC de 1975 à 1984, il fut président de l’Union confédérale des retraités CGT de 1985 à 1992.
Il revint dans le Vaucluse en 1993, s’installa dans le village de Lagnes qui avait tant donné à la Résistance, et y anima l’ARAC et l’ANACR, tout en aidant l’Union locale CGT. La Légion d’honneur lui fut attribuée.
Oswald Calvetti Une figure de la bataille des retraites
Oswald Calvetti, militant communiste, ouvrier papetier devenu dirigeant de la CGT, spécialiste de la question des retraites, est décédé vendredi.
«Les travailleurs n’auront pas une retraite à soixante ans au rabais », proclamait Oswald Calvetti au printemps de 1983. Les négociations étaient alors très serrées entre syndicats, gouvernement, patronat. Le CNPF, l’ancêtre du Medef, manœuvrait, se battant pied à pied contre la mise en œuvre de l’une des promesses phares du candidat Mitterrand devenu président de la République.
Oswald Calvetti, en tant que secrétaire confédéral de la CGT, était pour le syndicat au premier plan de cette bataille emblématique. Il vient de décéder à quatre-vingt-six ans. Né en 1925 dans une famille de communistes italiens qui avait dû fuir le fascisme, il travaille, une fois le certificat d’études obtenu, dans la papeterie de Fontaine-de-Vaucluse où ses parents sont ouvriers. C’est alors qu’il adhère aux Jeunesses communistes et rejoint la Résistance dans les rangs des FTP. En 1945, il est de nouveau ouvrier papetier et assume très vite des responsabilités syndicales et politiques à la CGT et au PCF. En 1948, il est secrétaire du comité d’entreprise des Papeteries Navarre puis secrétaire du groupement intersyndical du groupe, qui compte huit usines et 14 000 ouvriers. Au cours des années qui suivent, il marque de son empreinte le syndicalisme de ce secteur, au plan national comme au plan international. C’est à son initiative que se constitue le comité Hastingn qui réunit dans une sorte d’internationale du papier-carton des syndicalistes anglais, suédois, norvégiens, canadiens, japonais. Et en 1967, en créant l’Union des fédérations du livre et du papier-carton, il lance les jalons de ce qui deviendra vingt ans plus tard la Fédération des travailleurs des industries du livre, du papier et de la communication CGT dont il devient l’un des principaux dirigeants.
Au niveau confédéral de la CGT, Oswald Calvetti participe aux côtés d’Henri Krasucki à la mise en place, de 1969 à 1985, du secteur de la politique revendicative de la CGT. Administrateur de l’Association générale de retraite par répartition en 1952, il devient un spécialiste du dossier des retraites. Il est délégué par la CGT au Conseil économique et social de la CEE de 1969 à 1973 puis siège, en France, au Conseil économique et social de 1973 à 1989. Et il devient vice-président de l’Unedic en 1975, avant d’être de 1985 à 1992 président de l’union confédérale des retraités CGT.
Oswald Calvetti a été membre du comité central du PCF de 1954 à 1972.
Ses obsèques ont lieu aujourd’hui à 14 h 30 à Lagnes dans le Vaucluse. Et un hommage public lui sera rendu dans la salle municipale de La Grange.
Très inspirée par les revendications du Medef, la droite veut permettre aux branches de déroger à la durée de travail hebdomadaire.
«Avec la crise, la sortie des 35 heures est inéluctable », promet Jean-François Copé, le secrétaire général du parti présidentiel dans un entretien paru hier matin dans la Voix du Nord. C’est un très vieux dada du Medef que l’UMP a décidé d’enfourcher pour faire moderne dans la campagne électorale : la négociation par branche du temps de travail. Depuis des lustres, Ernest-Antoine Seillière puis Laurence Parisot bataillent pour remplacer la durée légale – les 35 heures par semaine – par une durée conventionnelle dérogatoire selon les secteurs d’activité.
Du « Parisot » pur jus!
« Tout le monde ne chausse pas du 35 ! » clamait le patronat à la fin des années 1990. Pour le Medef d’hier et d’aujourd’hui, le temps de travail doit être fixé « par branche ou par entreprise ». D’après Nathalie Kosciusko-Morizet, mardi matin sur LCI, l’UMP proposera l’ouverture d’accords de branches dans les secteurs où les 35 heures « posent durablement des problèmes, en dépit des assouplissements que nous avons faits ». Il s’agirait, selon les sarkozystes, d’« inciter les employeurs et les employés à ouvrir des négociations sur le temps de travail, sans remettre en cause la durée légale du travail de 35 heures » et de le faire « dès 2012 » au niveau des branches « ou, à défaut, des entreprises », dans le secteur privé. Du Parisot pur jus !
Posture plus idéologique que jamais
Avec la présentation, mardi soir, de son programme économique et social pour 2012, la droite revient à la charge, dans une posture plus idéologique que jamais, puisque, au pouvoir depuis bientôt dix ans, elle a déjà passablement « aménagé » les textes et « expérimenté » des régimes dérogatoires sur les contingents d’heures supplémentaires conventionnels. La loi Bertrand d’août 2008, qui maintient encore la durée légale de 35 heures, donne quasiment toute latitude aux entreprises pour augmenter et organiser le temps de travail.
Projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2012 : Le Sénat refuse la rigueur (CGT)
En première lecture, le Sénat avait considérablement modifié le projet de loi de financement de la sécurité sociale voté à l’assemblée nationale, notamment en prévoyant l’ajout de 5 milliards d’euros de recettes et en supprimant les mesures socialement les plus injustes.
Le gouvernement, soutenu en cela par les députés UMP, ont fait le choix de supprimer toutes les avancées obtenues par le Sénat, préférant se priver de mesures de financement pérenne et reposant sur le principe d’une meilleure répartition des richesses au bénéfice de mesures insuffisantes. Mais surtout, ces mesures portent essentiellement sur les ménages et les salariés, à l’image du gel des prestations familiales, de l’accélération de la contre-réforme des retraites et de la hausse de la CSG.
Le Sénat, en adoptant une motion soumise à l’Assemblée Nationale, et rejetant de fait le PLFSS, a envoyé un signal fort au gouvernement, lui signifiant qu’il refusait les mesures de rigueur qu’il comporte.
Sans aucune illusion sur le prochain vote de l’Assemblée Nationale, La CGT se félicite toutefois de la décision de la majorité des sénatrices et sénateurs, qui renvoie aux députes de la majorité présidentielle, la responsabilité d’engager un plan de rigueur sociale pouvant conduire à terme à une véritable récession et pour le moins à la poursuite de la politique d’affaiblissement de la sécurité sociale, tournant ainsi le dos au programme national de la résistance.
La CGT affirme que d’autres choix sont possibles pour le financement de la Protection Sociale, et appelle les salariés à participer massivement aux manifestations et rassemblements interprofessionnels le 13 décembre 2011 organisés par l’intersyndicale CGT, CFDT, FSU, UNSA et Solidaires.
Interview de Bernard Thibault -- « Le président de la République dessine une mise en pièce de la Sécu ! »
jeudi 24 novembre 2011
Interview de Bernard Thibault
« La dette, un alibi facile pour justifier les régressions »
« Le président de la République dessine une mise en pièce de la Sécu », affirme le secrétaire général de la CGT. Il appelle les salariés à exercer leurs droits de citoyens et à être aussi les acteurs des mobilisations syndicales.
L’Humanité : L’intersyndicale vient de décider une campagne d’information du 1er au 15 décembre avec un temps fort de rassemblements le 13. Est-ce que ce n’est pas insuffisant au regard des mesures prises par le gouvernement ?
Bernard Thibault. Il est indispensable que les syndicats, les salariés apparaissent dans une démarche unie pour contester les mesures d’austérité décidées d’autorité par le gouvernement. Des pans entiers du contrat social sont aujourd’hui remis en cause de façon unilatérale.
C’est grave pour la démocratie. On constate qu’en Grèce ou en Italie, c’est sous la pression des agences de notation que se fait la désignation des chefs d’état. Il y a besoin d’une opération vérité. Non seulement ces mesures ne sont en aucun cas susceptibles de nous faire sortir de la crise, mais elles ne vont qu’amplifier les risques d’une récession.
Les ripostes syndicales s’organisent le 24 novembre au Portugal et en Bulgarie, le 30 novembre en Grande-Bretagne, le 2 décembre en Belgique
Peut-on lutter contre les agences de notation ?
Bernard Thibault. Ce n’est pas un phénomène naturel qui conduit les agences de notation à faire la pluie et le beau temps. Les chefs d’état l’ont organisé. Il y a une hypocrisie de la part de Nicolas Sarkozy qui tantôt dit pis que pendre de ces agences, annonce la fin du capitalisme financier et la disparition des paradis fiscaux dès 2009, pour aujourd’hui développer une argumentation opposée : il faudrait s’agenouiller devant ces agences qui seraient les révélateurs de la bonne santé de l’économie. En réalité, elles sont les révélateurs d’une économie spéculative au service des investisseurs internationaux et de leurs actionnaires.
Est-ce que les salariés sont prêts à se mobiliser ?
Bernard Thibault. Ils s’interrogent sur ce que l’on peut faire pour arrêter cette spirale insupportable. Il y a des échéances électorales qui peuvent laisser croire que tout va se trancher à cette occasion. Ce sera naturellement un moment important.
Mais compte tenu de ce à quoi nous sommes confrontés, il faut dire les choses clairement : quelles que soient les majorités politiques, la pression des agences de notation ne va pas disparaître ; l’exigence de rentabilité financière qui règne dans les entreprises, le chantage des marchés à la réduction des dépenses publiques qui minent le contrat social ne vont pas s’arrêter en mai 2012.
Les salariés doivent se mobiliser.
Le 13 décembre est conçu pour cela. Le président de la République dessine une mise en pièces de la Sécurité sociale. J’alerte sur la portée de l’offensive en cours pour changer les mécanismes de financement de la Sécurité sociale : ce fameux transfert des cotisations sur l’impôt revendiqué par le Medef et relayé par Nicolas Sarkozy est un anéantissement des principes de base de la Sécurité sociale. Notre pays a les moyens de s’extraire de la pression des marchés financiers. Nous préconisons la mise en place d’un pôle financier public dont une des vocations serait d’assurer les besoins des pays.
Vous critiquez les mesures d’austérité mais il faudra bien résoudre le problème de la dette.
Bernard Thibault. Désormais, la dette sert d’alibi facile pour justifier toutes les régressions. Le président de la République a prononcé début novembre, à Strasbourg, une phrase révélatrice de sa démarche : « La crise va créer beaucoup de souffrances mais ce peut être une opportunité pour notre pays de prendre des mesures qu’il n’aurait jamais acceptées. »
D’où cette volonté de noircir le tableau.
Si Nicolas Sarkozy veut chasser les principaux voleurs et fraudeurs de notre pays, la CGT sera à ses côtés et peut lui désigner quelques cibles. Déjà en 2006, l’UMP analysait que 10 à 12 % des entreprises étaient en infraction par rapport à leurs obligations vis-à-vis de la Sécurité sociale, que 5 à 7 % des salariés n’étaient pas déclarés par les entreprises.
Le travail dissimulé représente toujours entre 8 et 15 milliards d’euros de vol de la Sécu, la sous-déclaration des accidents du travail et maladies professionnelles 1 milliard. 80 % des fraudes sont l’œuvre d’établissements de santé et de certains professionnels, pas des assurés.
On supprime des postes de fonctionnaires chargés de faire reculer la fraude fiscale qui représente 45 à 50 milliards d’euros Au nom des déficits, on s’attaque au noyau dur du contrat social : la Sécurité sociale, les retraites, le temps de travail.
Vous parlez de « mise en pièces de la Sécurité sociale » à propos de la réforme annoncée de son financement. En quoi, selon vous, passer à un financement par l’impôt est-il si dangereux ?
Bernard Thibault. Il y aura une croissance des dépenses de santé dans notre pays, c’est inévitable. La consommation de soins et de biens médicaux est passée de 98 milliards en 1995 à 175 milliards en 2009.
L’augmentation de la population, l’espérance de vie qui augmente et les progrès qui permettent de soigner des pathologies qu’on ne pouvait pas soigner hier expliquent cette croissance.
L’un des enjeux majeurs, c’est de savoir si nous allons conforter un système collectif et solidaire pour prendre en charge ces besoins de santé au sein de la Sécu ou si la santé de chacun dépendra un peu plus de l’épaisseur de son portefeuille pour se payer son assurance.
La revendication du patronat de transférer une part des ressources de la Sécurité sociale vers l’impôt, tout comme l’annonce d’un haut conseil du financement de la protection sociale pour préparer l’instauration d’une TVA dite sociale ou anti-délocalisation, minerait le système solidaire.
Mais la France a-t-elle les moyens d’assurer cette protection sociale de haut niveau ?
Bernard Thibault. Si on rapporte l’augmentation des dépenses de santé au PIB, c’est-à-dire aux richesses créées dans le pays, cela représentait 10,4 % en 1995 et 11,7 % en 2009. Il y a un choix de société à faire mais on ne peut pas dire que la France n’a plus les moyens. Les cotisations sont une part du salaire, un salaire socialisé. Elles n’appartiennent pas au patronat.
Mais est-il interdit de penser qu’il y a des économies à faire sur les dépenses publiques ?
Bernard Thibault. On peut trouver de nouvelles ressources par des réformes fiscales et la création d’emplois pour permettre aux besoins sociaux d’être satisfaits. 172 milliards d’euros par an d’argent public distribués aux entreprises par l’état et les collectivités locales sans outils d’évaluation de leur pertinence. PSA, Montupet ont reçu des aides publiques et détruisent des emplois. Il y a des dépenses publiques à remettre en cause.
Les revendications patronales sont formulées au nom de la compétitivité vis-à-vis de l’Allemagne notamment
Bernard Thibault. Dans tous les pays, c’est toujours au nom de l’emploi qu’on justifie la mise en cause des droits des salariés, et pourtant le chômage et la précarité progressent partout. Depuis de longs mois la CGT se bat contre le sabotage de notre potentiel industriel.
La balance commerciale dans l’industrie pour 2010 était en déficit de 66 milliards d’euros alors qu’elle était en équilibre il y a une dizaine d’années. On est dans le rouge. En comparaison, celle de l’Allemagne est excédentaire de 154 milliards d’euros. L’Allemagne pratique des salaires supérieurs à la France et pour un temps de travail inférieur.
IG Metal vient de signer pour une augmentation de 3,8 % des salaires pour les métallurgistes ouest-allemands. Ce n’est donc pas le coût du travail qui est en cause. Le problème est d’abord l’absence de politique industrielle structurée pour inverser la tendance. C’est aussi le sous-investissement.
L’an dernier, les entreprises industrielles et de services (hors les banques et assurances) ont injecté 180 milliards d’euros en investissements. C’est inférieur à la somme des dividendes versés aux actionnaires, 210 milliards d’euros. Voilà le malaise.
Ce que vous proposez prend à contre-pied ce qui se fait en Europe. Est-ce crédible ?
Bernard Thibault. L’Europe est dans une impasse politique majeure. Elle est dans l’incapacité de dessiner un avenir mobilisateur du point de vue social du fait des choix actuels. Le marché européen devait produire un espace de progrès social.
Ce constat est révolu. Cela s’est accompagné d’une offensive sur les services publics au nom de la concurrence libre et non faussée érigée en dogme. Les syndicats en Europe ont d’ailleurs décidé d’une journée d’action le 30 novembre pour défendre les services publics. Il ne sera pas praticable de rester dans cette logique où le marché est l’unique fin et moyen de cette construction européenne. Si on est incapable de redonner une dimension sociale à l’Europe, seuls ceux qui prônent le repli nationaliste en maniant racisme et xénophobie se feront de plus en plus entendre. Les tensions seront immenses
Cela vous inquiète ?
Bernard Thibault. Oui. On a fait l’Europe pour vivre dans un continent fait d’harmonie et de solidarité, nous a-t-on dit. Ce n’est pas cela qui inspire les gouvernements et les institutions européennes. Quel écart entre l’affirmation d’une « union » européenne et le spectacle stupéfiant à l’occasion du G20 où deux chefs d’état dictent la conduite à tenir à d’autres chefs d’état !
L’Europe est un espace où on se livre à une guerre économique. Elle ne sera pas viable.
Il n’y a jamais eu autant de manifestations, de mouvements de grève dans tous les pays européens que ces derniers mois. Il y a un divorce de plus en plus important entre la représentation politique et les aspirations sociales.
Voir l’arrivée de l’extrême droite dans un gouvernement comme en Grèce au titre de l’union nationale, c’est une banalisation inquiétante.
l faut un réel débat sur les politiques à mener, qui impliquent les peuples, et pas seulement sur la couleur politique des majorités au pouvoir. Et ceux qui pensent résoudre cela en transférant plus de pouvoir à un échelon européen prennent le risque d’une implosion de l’Europe.
Est-ce que la proximité des élections du printemps prochain ne crée pas un climat d’attente chez les salariés, peu propice à l’action syndicale ?
Bernard Thibault. Ce serait une erreur de considérer que seule la consultation électorale va régler tous les problèmes. Regardons comment procèdent les employeurs : ils sont toujours très offensifs en période électorale pour faire en sorte que tous les candidats intègrent leurs revendications.
Si les salariés s’en remettaient aux candidats, quels qu’ils soient, dans une forte délégation de pouvoir, ils seraient très largement déçus. Les solutions à la crise dépendent de réformes structurelles qui appellent l’intervention des salariés. Elles ne seront pas obtenues sans rapport de forces.
Ce sont les agences de notation qui convoquent les conseils des ministres pour leur dicter des mesures d’austérité. Ce chantage ne va pas disparaître avec un changement de président de la République. Ce qui ne veut pas dire qu’il y aura dans les prochains mois une incitation de la CGT à conserver le même président !
Ces idées, vous voulez les mettre dans le débat électoral ?
Bernard Thibault. Oui, par la mobilisation. J’ai évoqué le 30 novembre à propos des services publics. Nous allons relayer l’appel intersyndical et appeler à la mobilisation et aux rassemblements du 13 décembre.
Nous relançons notre action sur le développement industriel avec des initiatives de nos régions au moment où il y a beaucoup de conflits avec des occupations d’entreprise pour empêcher les coups portés à notre potentiel industriel. Nous allons également tenir un grand meeting national le 31 janvier pour rappeler les revendications sur les retraites.
Des millions de salariés se sont mobilisés en 2010 pour la retraite à 60 ans, la reconnaissance de la pénibilité, le système par répartition et de nouvelles ressources pour le financer. Le combat continue.
Nous dialoguons avec les partis et les candidats qui voudront discuter avec nous, mais c’est surtout vers les salariés que nous allons nous tourner pour qu’ils exercent leurs droits de citoyens, en connaissant les analyses de la CGT, et qu’ils soient aussi acteurs dans un rapport de forces syndical pour défendre les revendications.
Que pensez-vous du climat dans le monde du travail ? Il semble pesant, il y a beaucoup de souffrances.
Bernard Thibault. Un climat très anxiogène est entretenu. On voudrait accréditer l’idée qu’il n’y a pas d’alternative à la précarité sociale, qu’il faut s’agenouiller devant des organismes qui n’ont rien de démocratique.
Cela questionne sur les mécanismes du vivre ensemble, de la démocratie. On ne sait plus où sont les centres de décision. Cela pèse sur le climat, il ne faut pas s’en désoler mais travailler à des alternatives, et la CGT est parmi les acteurs qui défendent des alternatives.
Les salariés ont tout à perdre à rester spectateurs. On ne leur a jamais rien accordé, c’est la logique du capitalisme. A chaque fois qu’il y a eu des progrès sociaux, en France et dans le monde, il a fallu les arracher par l’action syndicale.
Entretien réalisé par Olivier Mayer pour L’Humanité quotidienne du 24 novembre 2011
C’est un nouveau record : le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, à savoir ceux n’ayant exercé aucune activité au cours du mois, a augmenté de 34400 (+1,2%) en France métropolitaine le mois dernier pour s’établir à 2814900. Ce sont avant tout les contrats précaires et les plus de 50 ans qui en pâtissent.
A ces 34400 nouveaux chômeurs, il faut ajouter les personnes exerçant une activité réduite (catégories B et C), dont le nombre de demandeurs d’emploi signe une progression de 0,4%, soit 17.200 personnes de plus en un mois, pour atteindre 4.193.000. En rythme annuel, la hausse pour ces trois catégories confondues est de 5,2%. Avec les départements d’outre-mer, ce nombre s’établit à 4.459.400. La hausse est constante depuis le mois de mai dernier.
Depuis le début de cette année, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité a progressé de 91.500 et ceux ayant une activité réduite de 147.500.
Dans l’Humanité du mardi 29 novembre, retrouvez toutes nos analyses sur l’état de l’emploi en France, sur la croissance, mais aussi les idées des salariés d’Arkema et Fralib pour sauvegarder l’emploi industriel.
La CFDT analyse cette augmentation ainsi : « La hausse du chômage touche d’abord les salariés qui ont des contrats précaires » et « des secteurs qui avaient été épargnés en 2008 et 2009 -- services à la personne, banques, secteurs associatifs- sont désormais concernés ». Pour le syndicat, il est urgent d’agir. Dans son communiqué, Laurent Berger, secrétaire national de la CFDT chargé de l’emploi interpelle Xavier Bertrand, ministre du Travail : il faut « une réaction à la mesure de la situation: mise en place d’un plan de soutien à l’emploi, avec des dispositifs de chômage partiel, de formation et de cellule de reclassement, pour les salariés menacés, en particulier les plus précaires ». « Ces mesures pourraient être financées par les 4 milliards d’euros que rapporterait la fin de la défiscalisation des heures supplémentaires ».
La CFDT préconise aussi « un soutien spécifique à l’emploi des jeunes » et appelle le gouvernement à abonder par un « financement conséquent » les mesures prises au printemps dernier par les syndicats et le patronat qui ont « débloqué plus de 200 millions d’euros » en faveur de l’emploi des jeunes.
Pour Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière (LO) à la présidentielle le gouvernement est « un sinistre pompier pyromane » qui mène une politique d’austérité alors que le nombre de demandeurs d’emploi a encore augmenté en octobre. « Chaque semaine, des grandes entreprises annoncent de nouveaux plans de licenciement. Et face à la crise, le gouvernement n’en a eu que pour les capitalistes, sous forme de subventions, d’avantages fiscaux et de suppressions de charges. En revanche, les travailleurs n’ont eu droit qu’à l’austérité »
Le bureau de l’Unédic a validé ce lundi une nouvelle feuille de route pour ces trois prochaines années et nouveau dirigent pour Pôle emploi. Les nouvelles priorités : l’accompagnement des chômeurs dans la recherche d’emploi, la décentralisation et la baisse des coûts.
Le bureau de l’Unedic a validé le nouveau cahier des charges du service public de l’emploi, qui doit ensuite passer devant le conseil d’administration de Pôle emploi à la fin de la semaine. Dans un même temps, Jean Bassères, 51 ans, verra sa candidature à la tête de l’agence soumise à ce même CA. Il devrait ainsi remplacer à partir de janvier Christian Charpy, l’artisan de la fusion ANPE-Assedic, dont le mandat s’achève.
Trois nouveaux « objectifs » ont été redéfinis, par de superbes éléments de langage : à commencer par une « personnalisation de l’offre de services », avec un accompagnement selon les besoins, très divers d’un demandeur d’emploi à l’autre. Le deuxième maître-mot est décentralisation -- après la première phase de trois ans qui a demandé à l’inverse « un pilotage resserré » -- pour donner plus d’autonomie au service public de l’emploi. Le troisième est appelé « poursuite des efforts de rationalisation » et « l’optimisation des moyens » voulue avec la fusion de l’ANPE, qui accompagnait les chômeurs, et des Assedic, qui assuraient l’indemnisation.
Autrement dit : plus de pression, plus d’autonomie (« débrouillez-vous »), et encore moins de moyens. L’Etat continuera d’apporter 1,36 milliard d’euros au budget de Pôle emploi et l’Unedic de verser « 10% de l’assiette des contributions encaissées », comme les cotisations d’assurance chômage, soit plus de 3,024 milliards pour 2012, selon le texte de la convention. Ce ne sera pas suffisant, selon des prévisions révélées en septembre, le budget de Pôle emploi devait frôler 125 millions d’euros de pertes cette année, après plus de 185 millions en 2010. Le SNU (principal syndicat à Pôle emploi) rend l’Etat responsable de ce trou financier en raison de divers transferts de charges non financés et de choix « politiques ». Et la hausse constante du chômage ne devrait pas aider cette « optimisation des moyens » (lire là dessus : Pôle emploi au bord de l’explosion).
Pour les chômeurs, le délai de quatre mois entre l’entretien d’inscription et le contact suivant pourra être fortement raccourci pour les personnes les plus éloignées de l’emploi, qui se verront proposer un entretien mensuel. Par ailleurs, un bilan approfondi devra être fait au 9ème mois avec tous les demandeurs d’emploi pour « prévenir le chômage de longue durée ».
La décision du Conseil d’État de suspendre l’application du gel des tarifs du gaz de GDF Suez, à la suite d’une saisine en référé par des concurrents du géant gazier français, risque d’avoir pour conséquence une augmentation de la facture de près de 10 millions de ménages.
Alors que le ministre de l’Energie, Eric Besson, avait assuré la semaine dernière qu’il n’y aurait pas d’augmentation des prix du gaz d’ici les élections présidentielles, le juge des référés du Conseil d’État vient de prendre une décision contraire en demandant la suspension de l’application de l’arrêté du 29 septembre 2011 qui gèle les tarifs réglementés de vente de gaz pour les particuliers. Dans sa décision publiée lundi, la plus haute juridiction administrative relève notamment un « doute sérieux sur la légalité » de la décision du gouvernement, à qui elle donne un délai d’un mois pour se prononcer à nouveau sur les tarifs reglementés.
Les juges administratifs étaient saisis par des concurrents de GDF Suez, comme Poweo, Direct Energie ou Altergaz regroupés au sein de l’association Anode, qui contestent le gel des prix du gaz pour les particuliers décidé par le gouvernement. Selon Anode, l’arrêté n’a pas appliqué la formule de calcul du tarif qui aurait mécaniquement conduit à une augmentation des tarifs pour le consommateur. Dans un communiqué, le Conseil d’Etat leur donne raison, soulignant qu’un « gel durable des tarifs réglementés de GDF Suez est de nature à créer un phénomène de ciseau tarifaire selon lequel les coûts complets de ces opérateurs seraient supérieurs aux tarifs réglementés de GDF Suez ». Ce gel est surtout de nature à affecter leurs marges. De son côté, GDF Suez, qui estime son manque à gagner à 400 millions d’euros au deuxième semestre, a lui aussi attaqué l’arrêté de l’Etat devant le Conseil d’Etat.
Conséquence, ce sont près de 10 millions de Français qui pourraient voir ainsi leur facture de gaz augmenter en ce début d’hiver… En effet, selon la Commission de régulation de l’Energie (CRE), qui contrôle le calcul des prix de l’énergie, les prix auraient dû augmenter « de 8,8% à 10% ».
Ville : ROUEN
Lieu : Manifestation Cours Clemenceau Meeting à 12h00 devant la Préfecture
Heure : 10h30
Organisation : CGT, FSU, UNSA, FO
Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA, dénoncent fermement les plans d’austérité et de rigueur décidés et imposés par le gouvernement.
L’austérité en France et en Europe n’est pas la solution à la crise. Au contraire, elle risque d’entraîner la récession.
Le gouvernement décide de mesures dans le domaine social sans rencontrer ni entendre les organisations syndicales. Il fait porter les efforts sur les salariés, ce qui creuse les inégalités et plonge des milliers de familles dans les difficultés sociales
Après la taxe sur les complémentaires, les déremboursements, l’instauration de forfaits et franchises, les ponctions sur le budget de l’assurance maladie, la diminution des prestations sociales, le gouvernement s’en prend aux salariés malades, potentiellement « fraudeurs » et « responsables des déficits publics », en instaurant un jour de carence de plus dans le privé et un dans la Fonction publique et en tentant d’opposer les uns aux autres.
Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA décident d’agir ensemble pour s’opposer à ces mesures et obtenir d’autres solutions. Avec un appel commun, elles s’adresseront aux salariés pour interpeller le gouvernement, les élus et les responsables d’entreprises dans la période du 1er au 15 décembre. Dans ce cadre, le 13 décembre sera un temps fort de mobilisations interprofessionnelles, notamment avec des rassemblements.
Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA, se retrouveront rapidement après le 15 décembre, afin d’en tirer le bilan et d’envisager, ensemble, de nouvelles initiatives en janvier.
La Cgt appelle les salariés à se mobiliser dès le 13 décembre
Ville : ROUEN
Lieu : Manifestation Cours Clemenceau Meeting à 12h00 devant la Préfecture
Heure : 10h30. Manifestation Cours Clemenceau
Organisation : CGT, FSU, UNSA, FO
La Cgt appelle les salariés à se mobiliser dès le 13 décembre
Dans son discours prononcé à Toulon hier, Nicolas Sarkozy a annoncé un somment réunissant syndicats et employeurs sur l’emploi en janvier.
Le cadre dans lequel s’inscrit cette annonce est limpide. Il tente de sauver une construction financiaro-économique qui apparaît à bout de souffle. Sa dénonciation de la financiarisation ne s’accompagne d’aucune critique des stratégies des banques. Au contraire, il dédouane banquiers et assureurs, avoue son impuissance à modifier le rôle de la BCE.
La question d’un partage plus juste et plus efficace des richesses n’est pas posée. Le cœur du système est protégé. Les détenteurs de capitaux peuvent dormir tranquilles.
Loin de répondre à l’aspiration commune d’une Europe sociale défendue par les syndicats européens, Nicolas Sarkozy préconise plus de discipline budgétaire, c’est-à-dire plus d’austérité pour les peuples pendant que les marchés et la spéculation continuent de dicter leur loi.
Ainsi, après avoir brocardé une nouvelle fois les 35 heures et la retraite à 60 ans devant une salle acquise à sa cause, le président de la République a demandé à nouveau des « efforts » aux salariés. Le président de la République prône « la levée des tabous qui freinent la compétitivité des entreprises françaises ».
En fait, à l’image des autres gouvernements européens qui s’efforcent de laminer les droits et conventions collectives qui protègent les salariés, le président de la République entend convoquer les syndicats en janvier pour imposer une nouvelle phase de déréglementation sociale.
Ainsi, le MEDEF préconise un transfert de 80 milliards de cotisations sociales sur le contribuable et le consommateur. Le discours présidentiel marque un assentiment à ce nouvel allègement massif du « coût du travail » au profit des actionnaires.
Parallèlement, le MEDEF revendique « la fin de la durée légale du temps de travail ». L’affirmation du président de la République indiquant « il vaut mieux travailler plus que de gagner moins » sonne comme un accord avec les revendications patronales.
A l’évidence, en l’absence de mobilisation forte des salariés, ce sont les revendications patronales qui seront au menu des discussions.
Il faut agir. C’est pourquoi la CGT appelle ses organisations à renforcer la préparation unitaire de la journée d’action du 13 décembre pour que les salariés se fassent entendre des décideurs par des rassemblements et des manifestations.
De quel droit diminuent-ils les indémnités des arrêts maladie ? (CGT)
Voilà qu’hier 29 novembre, à la nuit tombante, l’UMP se serait mise d’accord avec elle-même pour diminuer les indemnités des arrêts maladie !
Une formation de circonstance, où seraient mêlés ministres, députés et conseillers présidentiels de différentes sensibilités du parti sarkozyste (du centre libéral à l’extrême droite… libérale), ont estimé que :
- les indemnités versées au titre d’arrêt maladie seront réduites au-delà de 1,8 SMIC, soit 2457 euros.
- Au-delà de 2457 euros (et non plus le plafond de la Sécu, 2946 euros), ce sera 250 euros de moins.
- Comment ? 1229 euros, soit 50% du salaire brut calculé sur 2457 euros, c’est moins que 1473 euros, soit 50% sur le plafond de la Sécu.
• Mais quelle est donc leur compétence ? De quelle légitimité disposent-ils pour s’en prendre au socle social ?
De quel droit ces gens-là se permettent-ils de porter atteinte au principe fondateur de la Sécurité sociale, l’égalité de traitement ? Qui les a fait rois, ces ministres UMP, ces députés UMP, ce président UMP, pour s’en prendre à la sécurité sociale ? Quel est donc l’argument justifiant le partage du salariat en deux ?
Pour 150 millions d’économie ? Mais 150 millions d’euros, c’est le salaire annuel de tous les PDG des principales banques et assurances ! C’est la moitié du prix de l’Airbus présidentiel, dans lequel Sarkozy s’est fait construire une baignoire !
• Flagrant délit d’entreprise de destruction massive
La Sécurité sociale est affaire de cotisations salariales et patronales. Mais la parti unique au pouvoir a décidé que « nous vivons au dessus de nos moyens », et donc que « nous n’avons plus les moyens de notre protection sociale ».
Depuis des semaines les experts en science libérale et leurs oracles nichés dans les rédactions des médias (Nicolas Baverez, Yves de Kerdrel, et autres affidés de l’Institut Montaigne et du Medef) nous répètent : La sécu, c’est fini, Mââme Michu, vous êtes trop malade, vous vous gavez de médicaments… Qui sait si vous ne fraudez pas… » Même Mme Michu est coupable.
• Le bulldozer libéral est en route, bien décidé au cœur de la crise d’éradiquer le système social du pays. Avant le printemps, s’il le faut.
- La réforme des retraites est avancée, donc alourdie
- La casse du principe égalitaire de l’arrêt maladie
- Le tout s’ajoutant aux déremboursements, franchises diverses
- Sur fond de surtaxation des mutuelles complémentaires santé
Le bilan pour le patronat, le gouvernement, et leurs amis de Neuilly n’est pas si mauvais.
En décidant, dans le PLFSS 2012, de baisser les indemnités journalières pour les salariés au-delà de 2 500 euros brut, le gouvernement attaque le principe de la couverture universelle.
Rectifié, considérablement amendé, sur le fond, par le Sénat, le projet de budget 2012 de la Sécurité sociale (PLFSS) a donc finalement été voté, mardi, sans gloire, par la seule majorité UMP de l’Assemblée nationale. À l’image de l’ensemble du bilan social du mandat de Sarkozy, ce PLFSS peut être gravé dans le marbre au titre de ses entorses aux principes fondamentaux de la protection sociale. Sous le prétexte de la dette, le gouvernement Fillon a osé remettre en cause le principe même de la couverture du salarié, en termes de garantie de revenus, face à l’aléa maladie. Après les déclarations odieuses du ministre Wauquiez estimant qu’il fallait faire sentir aux salariés ce qu’ils coûtent lorsqu’ils tombent malades, et après avoir renoncé à instaurer un quatrième jour de carence, le gouvernement et sa majorité ont décidé de diminuer le montant des indemnités journalières (IJ). En pratique, les IJ versées, à raison de 50 % du salaire comme le prévoit la loi depuis l’ordonnance de 1945 instituant la Sécu, ne le seraient plus que pour les salaires jusqu’à 1,8 smic, soit 2 500 euros brut. Au-delà de ce plafond, les salariés malades ne seront plus indemnisés. Pour la première fois, les indemnités maladie sont ainsi soumises à une condition de ressources. Avec cette mesure, les salariés malades seront privés de 150 millions d’euros d’indemnisation.
Cette nouvelle injustice a été vigoureusement condamnée par la gauche, les syndicats et nombre d’associations, dénonçant une « taxe supplémentaire » sur les malades. Le ministre du Travail, Xavier Bertrand, a tenté d’en minimiser la gravité en affirmant que les salariés touchés « sont dans les plus grandes entreprises », lesquelles bénéficient d’une convention collective ou d’un contrat de prévoyance qui complète le remboursement des arrêts maladie. Outre que cette couverture n’est pas systématique, ce transfert de responsabilité n’efface pas « l’atteinte au principe fondateur de la Sécu qui veut que chacun cotise selon ses moyens et reçoive selon ses besoins », souligne la Fnath (accidentés de la vie). Avec la taxe sur les mutuelles santé, la désindexation des allocations familiales, l’accélération de l’application de la réforme des retraites, entre autres, ce PLFSS est bien, comme l’a dénoncé le député PCF Roland Muzeau, « le témoin de l’entreprise de démantèlement de notre système de protection sociale ».
Le prix des errances du gouvernement
« Une fois encore, ce sont les salariés qui vont trinquer pour payer les errances de la politique économique du gouvernement », a déclaré le chef de file des députés communistes, Roland Muzeau, « très en colère » contre la baisse des indemnités journalières. Relevant la multitude « des dispositions qui tombent sur la tête des classes moyennes », il a rappelé qu’elles auraient pu être évitées si les propositions faites pour financer autrement la Sécu avaient été prises en considération : taxation des retraites chapeaux, des bonus, des stock-options, fin de la défiscalisation des heures supplémentaires…
S’il était imposé aux peuples, le pacte conçu par l’axe Berlin-Paris consacrerait l’Europe « austéritaire ».
« Et si le pire était derrière nous ? » Depuis l’accord conclu par le Conseil européen, vendredi à Bruxelles, quelques commentateurs de la médiacratie n’hésitent pas à prendre leurs désirs pour des réalités. Ainsi donc, à l’issue du seizième sommet « de la dernière chance » depuis le début de la crise, les Européens pourraient pousser un « ouf » de soulagement… La bonne blague ! Même Angela Merkel, à qui l’on prête l’hégémonie morale sinon technique de l’accord, ne le cache pas : « On ne réglera pas la crise en un seul sommet. » Une conviction bien pertinente. Car si le pacte intergouvernemental imposé par l’axe Berlin-Paris devait aboutir dans quelques semaines, avec son ultrarigueur budgétaire et un rôle de pare-feu accru confié au FMI, autant dire qu’il signerait une nouvelle victoire des marchés sur les peuples tout en consacrant l’Europe « austéritaire » qui nous conduit tout droit à la catastrophe. Vingt ans après la signature de Maastricht, le « traité » de Bruxelles graverait dans le marbre l’union économique. Pas n’importe laquelle : celle de la génuflexion devant les dictateurs de la finance !
L’enjeu est absolument majeur. Tandis que les puissants de ce monde œuvrent activement dans l’ombre pour reféodaliser les États-nations et anéantir définitivement ce qu’il reste des souverainetés populaires, l’OPA hostile des financiers sur les démocraties est d’autant plus insupportable que la Sainte-Alliance entre Merkel et Sarkozy contre les peuples ne vise précisément qu’à « rassurer les marchés », comme s’il s’agissait désormais de l’unique pierre philosophale de toute vision politique au XXIe siècle ! « Merkozy », ce couple infernal issu de l’ordo-libéralisme, mettra tout en œuvre pour passer outre l’anticonstitutionnalité de leurs propositions, en France comme en Allemagne. Leur ligne de conduite ? L’opacité. Leur stratégie ? Un 18 brumaire à l’échelle de l’UE. Leur but ? L’inégalité. Et leur principale victime ? L’Europe, dont le rêve se meurt. Soumis au diktat de l’internationale de la finance qui installe son propre personnel à la tête des gouvernements, bientôt les Européens eux-mêmes en détesteront jusqu’à l’idée. L’Europe risque de tout perdre, mais sachez-le. Nous n’avons pas à nous excuser d’avoir eu mille fois raisons depuis l’acte unique, comme nous avions aussi raison, en 2005, d’anticiper les conséquences dramatiques du traité constitutionnel, ripoliné en traité de Lisbonne. Et cette fois encore, nous n’avons pas tort d’affirmer avec force que les décisions prises vendredi à Bruxelles ne vont pas résoudre la crise : elles vont l’aggraver ! La négation de l’opposition capital-travail est une impasse tragique – les socialistes feraient bien d’y réfléchir – et l’austérité constitutionnalisée va plonger les peuples dans la misère, risquant de déboucher sur une crise sociale aux multiples scénarios. Récession économique se conjugue souvent avec régression démocratique…
Petit rappel pour l’histoire. En 1945, la France affichait une dette de 145 % de son PIB. Moins de trente ans plus tard, notre nation s’enorgueillissait d’en avoir remboursé le dernier franc. Cet effort sans précédent fut possible par une politique de croissance soutenue, par le lancement de grands programmes industriels et infrastructurels, par le rôle pivot et actif de la Banque de France, etc. Précisons que cette ambition ne se réalisa pas par la réduction des prestations sociales mais au contraire par leur généralisation, arrachée de hautes luttes ! Et l’on voudrait aujourd’hui nous faire avaler l’inflexibilité de la BCE, la poursuite de la libéralisation sauvage et des privatisations, voire l’inéluctabilité de notre déclin social ? Qu’on se le dise. Il n’en est pas question !
Face à l’austérité, les syndicats protestent et proposent (La Croix)
La CFDT, la CGT, la FSU, Solidaires et l’Unsa mobilisent aujourd’hui contre l’austérité. Les syndicats montent au créneau contre les mesures de rigueur, qu’ils jugent socialement préjudiciables et économiquement inefficaces. Ils tentent aussi, en ordre dispersé, d’élaborer des réponses à la crise.
Ce ne sera pas la foule des grands soirs. Pour protester « fermement contre les plans d’austérité », cinq organisations syndicales (CFDT, CGT, FSU, Solidaires, Unsa) se mobilisent aujourd’hui, via une campagne de tracts très discrète. La plupart du temps, ils se contenteront d’un rassemblement devant un lieu symbolique, comme l’Assemblée nationale à Paris ou la préfecture à Marseille. Soit une mobilisation un cran en dessous de l’action du 11 octobre dernier contre l’austérité, qui avait déjà peu fédéré.
La crise de la dette, qui a déjà valu deux plans d’austérité depuis l’été et pourrait obliger l’exécutif à de nouveaux ajustements, aurait-elle calmé les ardeurs des syndicats ? De fait, si le camp CGT-Solidaires-FSU a réussi à imposer le principe d’une journée d’action contre l’austérité, qu’il voudrait rééditer en janvier, le jour du sommet social sur l’emploi, cette mobilisation a été réduite à son expression minimale par la CFDT et l’Unsa. Et si la CFTC et la CFE-CGC se tiennent à l’écart de cet appel commun, qu’elles trouvent peu opportun, à l’inverse, Force ouvrière aurait préféré une grève générale de vingt-quatre heures.
Traditionnellement divisé entre les partisans de la construction d’un rapport de force et ceux qui pensent qu’on obtient plus en négociant, l’échiquier syndical français semble aujourd’hui figé dans la prudence. Pas facile, en effet, de mobiliser après l’échec de la très massive, mais finalement vaine, mobilisation contre la réforme des retraites, et avant une élection présidentielle qui pourrait changer les décideurs. Et pourtant, impossible de ne rien faire face à une crise qu’on pressent d’une ampleur inédite.
Du coup, les syndicats se sont entendus pour faire passer au moins un message qu’ils partagent tous. Il s’agit, a indiqué Bernard Thibault, le patron de la CGT, hier sur RMC, de « dire aux élus : non, vous faites fausse route », car « ces mesures antisociales non seulement ne vont pas résoudre la crise, mais elles vont amplifier les facteurs nous menant à une récession » .
S’ils ne minimisent plus la gravité de la crise de la dette, les syndicats estiment en effet que, pour en sortir, il ne suffit pas de faire des économies, qui ne permettront pas d’éliminer tous les déficits accumulés depuis des années.
Pour redresser le tir, pensent-ils, il faut relancer la croissance et, pour doper la croissance, il faut pratiquer une politique de relance, privilégiant l’investissement et la consommation pour faire redémarrer l’économie, et donc les rentrées fiscales et sociales.
Du coup, ils s’accordent à penser qu ’« il faut mettre fin à la défiscalisation des heures supplémentaires, défavorable à l’emploi, inégalitaire et coûteuse (4 milliards d’euros) », « faire contribuer les hauts revenus par la création d’une tranche supplémentaire », ou encore « conditionner les aides aux entreprises à leur politique sociale. »
Bernard Thibault (CGT) et François Chérèque (CFDT) viennent de cosigner avec six autres syndicalistes européens un texte où ils plaident pour une « gouvernance économique forte de la zone euro » .
Mais la convergence de propositions s’arrête là. Car les priorités divergent. À la CFDT, qui avait réclamé dès août un sommet social sur l’emploi, François Chérèque met le paquet sur le soutien à l’emploi, réclamant notamment une extension du chômage partiel. À Force ouvrière, on insiste sur le fait que « si la dette pèse aujourd’hui 85 % du PIB, c’est la résultante de choix fiscaux depuis vingt ans », résume le secrétaire confédéral Pascal Pavageau, qui réclame une remise à plat des niches fiscales « pour libérer les moyens de faire un plan de relance » .
À la CGT, explique la secrétaire confédérale Nadine Prigent, « nous avons mis la revalorisation salariale en tête de nos dix priorités car nous considérons que, même en période de crise, il faut rester ambitieux sur les salaires si on veut relancer la consommation. »
Ce soir, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC participeront à une table ronde avec trois organisations patronales (Medef, UPA, CGPME) sur le thème « Compétitivité : agir ensemble, quelles priorités » . Dans un diagnostic commun inédit, ces acteurs syndicaux et patronaux évoquent la nécessité de repenser la part de l’impôt et des cotisations sociales dans le financement de la protection sociale. Une idée qui déplaît à la CGT, pour qui « le travail doit rester au cœur du financement de la Sécu » .
Bref, si les propositions existent, c’est peu dire que le chemin pour aboutir à une plate-forme commune est encore long.
Les vraies raisons de la campagne contre les comités d’entreprise
mardi 13 décembre 2011
Administrateur de la CGT, Michel Doneddu répond à l’offensive contre les comités d’entreprise déclenchée après la publication du rapport de la Cour des comptes sur le CE de la RATP.
La publication d’un rapport de la Cour des comptes sur le comité d’entreprise de la RATP donne lieu à une violente campagne de presse donnant à croire que les comités d’entreprise (CE) disposeraient et gaspilleraient d’énormes masses d’argent, et qu’il s’agirait là, comme l’écrit le Figaro, d’une « manne financière mise à disposition des syndicats ». Quelle est votre réaction ?
Michel Doneddu : Je m’inscris en faux contre l’idée que les financements des CE seraient une manne donnée aux syndicats. Les CE ont deux budgets. L’un, correspondant à 0,2 % de la masse salariale, représente le budget de fonctionnement du CE, et lui permet d’assurer son rôle de contrôle économique de l’entreprise.
C’est avec ce budget que les élus du personnel peuvent notamment nommer des experts pour vérifier les comptes de l’entreprise, en cas de restructuration par exemple. Il y a depuis longtemps une campagne patronale visant à remettre en cause ce budget de fonctionnement, précisément pour porter atteinte à cette liberté des élus de faire appel à un expert.
L’autre budget des CE finance leurs activités sociales, et il est aussi stigmatisé…
Michel Doneddu : Certains voudraient que ces activités rentrent dans le marché. C’est le sens de la campagne du Figaro affirmant que des CE ont des budgets trop importants, et qu’il n’est pas normal que cela soit géré par des élus des salariés. Sous-entendu, mieux vaudrait que cela soit géré directement par les employeurs qui feraient appel à des sociétés de prestataires de services.
On abandonnerait alors toute notion de tourisme social, de droits aux colonies de vacances pour les enfants des salariés, etc. Rappelons que le financement des CE est un salaire socialisé qui n’est donc pas versé directement aux salariés, mais sous une forme collective. Il est tout de même normal que ce salaire socialisé soit géré par les représentants du personnel, et non par leur employeur.
La gestion des CE souffre-t-elle d’un manque de contrôle ? Pour éviter tout risque, faudrait-il, comme le réclame le PDG de la RATP, séparer budget de fonctionnement et budget social ?
Michel Doneddu : Mais il y a déjà un devoir de séparation des deux budgets ! À l’inverse, nous avons eu des propositions de droite, visant à fondre ces budgets, en espérant qu’ainsi soit limitée la mise en oeuvre des fonctions économiques du CE. Nous nous battons, à la CGT, pour maintenir ces deux budgets distincts. Pour les grands CE, nous nous prononçons en faveur de la mise en place d’un contrôle par un commissaire aux comptes.
C’est d’ailleurs en discussion en ce moment avec les pouvoirs publics. Nous ne revendiquons donc pas un contrôle par la direction de l’entreprise : c’est aux salariés, pas au patron, de manifester, au moment des élections du CE, des choix d’orientation, de reconnaissance de la qualité de la gestion ou pas. Il faut absolument garantir l’indépendance des élus vis-à-vis de l’employeur, sinon leur rôle de contrôle économique n’est plus possible.
La question du financement des syndicats est remise sur le tapis, en mettant en doute sa sincérité, sa légalité, en avançant des chiffres énormes (jusqu’à 4 milliards d’euros) d’argent qui tomberait de l’État dans la caisse des syndicats.
Michel Doneddu : C’est totalement fantaisiste. La CGT a publié, le 2 novembre, ses comptes certifiés par un commissaire aux comptes. Il en ressort que les cotisations représentent 73 % de l’ensemble des recettes, et les recettes externes, 27 %.
On a publié aussi le nombre de salariés employés à la confédération : sur 161 personnes, il y a 27 détachés de la fonction publique et de grandes entreprises publiques. Arrêtons de dire qu’il y a des milliers et des milliers de fonctionnaires qui font du syndicalisme et qui seraient mis à disposition par la fonction publique !
En revanche, on nous demande de siéger dans plus de 400 organismes, institutions, et nous n’avons aucun moyen pour faire ça. Tandis que la représentation du patronat dans ces instances, elle, se fait avec des salariés, des cadres ou dirigeants, payés par les entreprises et mis à disposition du Medef. Il y a une inégalité fondamentale dans le paritarisme, qui est passée complètement sous silence.
Un salarié sur deux sans comité d’entreprise
C’est une réalité jetée aux oubliettes par ceux qui se posent en défenseurs de la morale dans les comités d’entreprise : près d’un salarié sur deux (45 %) ne bénéficie pas du droit à un CE. Celui-ci est restreint, selon la loi, aux entreprises de plus de 50 salariés. « La question que nous posons, ce n’est pas de remettre en question les droits existants, en matière de budget d’activités sociales ou de fonctionnement, mais d’élargir le droit des CE à tous les salariés », souligne Michel Doneddu. Rien ne justifie que les travailleurs des PME de moins de 50 salariés ne bénéficient ni d’un droit de regard sur la marche de leur entreprise ni d’activités sociales. Lors de la réforme de la représentativité syndicale, en 2008, la CGT avait proposé la mise en place d’un « comité interentreprises », pour les PME et TPE, à l’échelle d’un site ou d’une branche, capable d’assurer une mutualisation des activités sociales et des fonctions économiques. Une proposition bloquée par la CGPME, relayée par les députés UMP.
Les CE sont régulièrement l’objet de campagnes mettant en cause leur gestion et discréditant leurs élus. Pourtant, ils doivent répondre, avec toujours moins de moyens, aux attentes et aux besoins d’un monde du travail dont le visage a changé. Ce climat de suspicion généralisée envers les CE est injuste et injustifié.
Plusieurs grands comités d’entreprise du secteur public et du secteur privé, notamment ceux gérés par des élus CGT, sont régulièrement la cible de campagnes mettant en cause leur gestion. Leurs besoins de financement, leurs choix, leurs interventions dans le débat public comme dans l’énergie et le transport ferroviaire, tout est prétexte à dénigrement des élus sur le thème de la malhonnêteté et de l’incompétence. Les contrôles légitimes auxquels ils sont soumis sont utilisés pour tenter de les discréditer. Les attaques récurrentes sur leur gestion et leur probité sont maintenant prétextes pour réformer en profondeur ces institutions créées il y a 65 ans par le Conseil national de la Résistance (CNR). La ficelle est un peu grosse. Comme dit l’adage, « quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage » ! D’où ce climat de suspicion généralisée. Au lieu de hurler avec la meute, mieux vaut, nous semble-t-il, valoriser un bilan dont ses artisans peuvent être fiers et regarder les raisons objectives des difficultés de bon nombre de CE et avancer des propositions constructives qui ne dénaturent pas la raison d’être de ces institutions plébiscitées par près 11 millions de salariés (un actif sur deux) auxquels s’ajoutent leurs familles.
Personne ne peut nier l’impact sur les CE d’un contexte économique plombé par une stratégie d’entreprise dont le seul cap est celui de la rentabilité et de la baisse des coûts. Une logique de la terre brûlée qui, à proportion des suppressions d’emplois, laisse exsangues leurs budgets.
Que ce soit pour leur fonctionnement (base légale de 0,2 % de la masse salariale) ou pour la gestion des activités sociales et culturelles (ASC).
Être élu aujourd’hui dans un CE, c’est un peu se retrouver dans la situation d’un VRP multicartes ou d’un robot ménager multifonctions… Il faut être à la fois, gestionnaire, juriste, économiste, expert comptable, assistante sociale, chef du personnel, GO de vacances, père Noël… et aussi, et surtout, syndicaliste avisé !
Des budgets plombés
Tous les élus le disent. Ils doivent déployer des trésors d’ingéniosité et un investissement de chaque instant pour faire face à la multiplicité et à la diversité de leurs missions. Il est injuste et vain de jeter l’opprobre sur les 32 000 CE et leurs dizaines de milliers d’élus (on compte en moyenne cinq élus titulaires et autant de suppléants par CE). Des élus qui font ce qu’ils peuvent avec les moyens dont ils disposent (chaque CE aurait un budget moyen annuel de 150 euros par salarié, soit 10 euros par mois…) pour répondre aux attentes et aux besoins des salariés qui subissent de plein fouet les conséquences de la crise et qui sollicitent davantage, non seulement les activités culturelles mais aussi les actions sociales des CE (logement, prêts, bons d’achats…).
Les situations sont forcément différentes selon la taille de l’entreprise, le niveau des salaires, la présence ou non d’un ou de syndicats, ou les choix des élus… Mais globalement, la tendance lourde est la même : ce qui contraint les budgets des CE, gros ou plus petits, c’est d’abord la réduction et/ou l’insuffisance des moyens dont ils disposent pour assurer leurs missions. Mais ce sont aussi les comportements et les velléités patronales visant à affaiblir le rôle et les prérogatives des institutions représentatives du personnel. Notamment sur la question des stratégies économiques. Des budgets forcément revus à la baisse du fait d’une logique de compétitivité entraînant des restructurations, des suppressions d’emplois, des bas salaires… C’est là qu’il faut chercher la source des difficultés des CE.
Exigence de démocratie sociale
Ceci expliquant cela, le Medef ne fait plus mystère de sa volonté de réforme. Le gouvernement a inscrit cette question dans son agenda social. Différents rapports « d’experts » (Attali, Virville, Barthélemy…) préconisent peu ou prou, la fusion de différentes IRP. C’est-à-dire, de nouvelles coupes sombres dans les compétences, les droits et les moyens, de nouveaux reculs pour l’expression et la défense des salariés. Les CE, notamment les plus grands d’entre eux, sont une pièce maîtresse du système social de notre pays. Ils ont marqué positivement le paysage social dans de nombreux domaines comme ceux de la prévoyance et de la santé, de la formation, du tourisme social, de la culture. Ils sont devenus aussi des outils efficaces aux mains des salariés pour intervenir sur les gestions des entreprises. Il y aurait au contraire beaucoup à faire pour conforter l’existence et l’avenir des comités d’entreprises. Les salariés et les syndicats le disent : le contexte exige plus de démocratie sociale, plus de droits et de moyens pour intervenir par exemple dans le domaine économique et développer leurs activités sociales et leurs actions solidaires pour l’ensemble des salariés travaillant pour l’entreprise donneuse d’ordres. Y compris en direction des salariés des petites et moyennes entreprises. Ces salariés représentent plus de la moitié du salariat et sont exclus de l’accès à des droits fondamentaux comme les vacances, la culture ou le sport. Plus de la moitié du monde du travail qui est privée également de moyens d’informations sur les questions économiques, sociales et professionnelles de leur branche et de leur entreprise. Ces salariés sont aussi dépourvus, la plupart du temps, de toute présence syndicale. Une discrimination inacceptable à laquelle il faut mettre un terme. C’est tout simplement une question de justice sociale.
Le débat est lancé
Cette année, les CE ont 65 ans (la loi modifiant les ordonnances de 1945 est adoptée définitivement le 16 mai 1946 par l’Assemblée nationale constituante). La NVO a décidé à cette occasion de porter, avec ce numéro exceptionnel, les propositions de la CGT pour que les CE, mais aussi les autres institutions représentatives des salariés, disposent d’autres droits pour améliorer la réponse aux besoins de tous les salariés. Ce faisant, le magazine de la CGT assume une mission naturelle, en lien avec les décisions du 49e congrès confédéral, la mise en place d’une commission confédérale « élus et mandatés » et la réflexion qu’elle génère pour toute la CGT. Ce journal est un outil destiné à donner aux élus et mandatés les éléments de réflexion et de compréhension pour un exercice de leurs mandats plus clair et plus efficace. Un numéro qui doit être une référence et un trait d’union entre le militant qui a accepté un mandat syndical et la CGT qui doit pouvoir l’accompagner tout au long de son parcours militant dans sa ou ses responsabilités.
Justement, en 2012, la CGT va organiser une rencontre nationale des élus et mandatés. Une étape essentielle pour tisser les liens nécessaires et rompre l’isolement dans lequel se trouvent trop souvent les élus et mandatés… Un moment privilégié pour redonner toute leur place aux centaines de milliers de femmes et d’hommes, militantes et militants de la CGT dans la démarche de leur organisation syndicale. Juste avant deux rendez-vous de 2012 et 2013 : les élections générales de représentativité dans les TPE et PME, et le 50e congrès confédéral.
Des milliers de manifestants dans la rue contre la super austérité
Plusieurs milliers de manifestants CGT, FSU, CFDT, Unsa et Solidaires ont quitté la place Saint-Augustin (siège de l’agence Moody’s) à Paris en direction du pont de la Concorde où ils devaient rejoindre le rassemblement intersyndical contre l’austérité.
« Non à l’austérité: une seule règle d’or, augmenter les salaires et développer l’emploi », affirmait la banderole en tête du cortège, auquel participait le candidat Front de gauche à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon. Nadine Prigent, secrétaire confédéral CGT, a estimé devant la presse qu’il existait « un climat revendicatif qui peut-être ne se voit pas, mais existe ». Sans faire de bilan de la journée d’action organisée dans tout le pays contre le plan d’austérité du gouvernement, elle a assuré qu’ »il y avait beaucoup de luttes locales sur les salaires et les suppressions d’emploi ». « Que les entreprises aillent bien ou pas, on continue les plans de suppressions d’emplois. La crise est un alibi », a-t-elle dénoncé.
Les principales déclarations des leaders syndicaux
Bernard Thibault (CGT): « Lundi 19 décembre, on fait le point sur la situation. Nous allons proposer que le prochain sommet convoqué par le président de la République soit une opportunité pour de nouveau organiser des mobilisations. Trop c’est trop, en France comme dans les autres pays européens. La mobilisation pourrait être plus importante, nous sommes les premiers à le reconnaître, mais je pense que nous sommes aussi dans une séquence où les salariés sont fatigués de protester et de ne pas être entendus. Beaucoup s’en remettent aux bulletins de vote au mois de mai. Ce n’est pas en abandonnant nos droits sociaux qu’on va trouver une solution à la crise. »
François Chérèque (CFDT): « Notre rôle d’organisation syndicale est d’être présent pour dire au gouvernement qu’il doit trouver d’autres moyens pour gérer les dépenses publiques. Les cinq organisations syndicales ont fait des propositions communes: il faut supprimer les allègements de fiscalité sur les heures supplémentaires, le bouclier fiscal, la niche Coppé. Il faut créer une nouvelle tranche d’impôts, il faut utiliser ces moyens pour soutenir les salariés et développer le chômage partiel et les contrats aidés ».
Bernadette Groison (FSU): On est là pour dire les plans d’austérité, ça suffit; ce ne peut pas être que les salariés qui paient les efforts à faire face à la crise. Les solutions portent sur la nécessité de trouver de nouvelles recettes: il faut oser parler fiscalité, il faut oser parler de l’impôt ».
Jean Grosset (Unsa): « L’essentiel était de faire une journée de diffusion d’information auprès de milliers de salariés, d’indiquer notre désaccord et de rester mobilisés ». Il a souhaité que l’intersyndicale définisse « des revendications communes » en vue du sommet social sur l’emploi voulu par le président Nicolas Sarkozy.
Les pistes du Conseil économique, social et environnemental pour restaurer la confiance.
Dégager l’économie de l’emprise des marchés financiers et « replacer la confiance au cœur du pacte républicain » est devenu une constante des rapports et des avis portés par le Conseil économique, social et environnemental. L’assemblée examine aujourd’hui en séance plénière son rapport annuel sur « l’État de la France ». En près de 200 pages, le Cese prend le contre-pied de la morosité ambiante, soutient que la France possède de nombreux atouts et se propose d’évoquer quelques « futurs souhaitables ». Partant du principe que la crise économique qui sévit depuis 2008 est « globale et systémique », qu’elle se double d’une « crise écologique », le Cese en appelle moins à colmater les brèches qu’à repenser un modèle de développement et de régulation. « Comme toute crise, ce contexte ouvre des opportunités », suggère l’avis.
Le rapport prend le contre-pied du scénario catastrophe que nous impose le gouvernement sur la dette publique. Comparées à l’ensemble du patrimoine de la France et des Français, estimé à 20 000 milliards d’euros, les dettes pèsent pour 4 000 milliards. La seule question qui vaille est donc de s’interroger « sur la répartition de ces moyens et sur leur utilisation pour préparer l’avenir », estime le Cese. « Il n’est plus possible de proposer un projet collectif pour la France sans donner l’assurance concrète que le fardeau sera supporté équitablement », suggère André-Jean Guérin, rapporteur du projet d’avis. Des services publics, une démographie dynamique, un territoire diversifié, un réseau d’infrastructures développé, des entreprises performantes, une activité culturelle reconnue ou encore « une longue tradition d’accueil de populations immigrées » sont autant d’atouts sur lesquels s’appuyer pour « rééquilibrer nos finances publiques sans sacrifier l’essentiel de l’action de l’État ».
Le sommet social de mercredi convoqué par Nicolas Sarkozy ne passera pas comme une lettre à la poste. Invité ce mardi au siège de campagne du Front de gauche, Bernard Thibault est tombé d’accord avec ses hôtes Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent pour prôner d’autres solutions à la crise que les remèdes d’austérité libérale que s’apprête à asséner le chef de l’Etat à l’issue de son sommet « anti-social » de mercredi
Le candidat du Front de gauche s’est dit « très ému et honoré » que la CGT « ait eu l’élégance de venir à notre siège de campagne », soulignant que cette rencontre avait pour intention de « démonter la comédie qu’a préparée le chef de l’Etat avec son soi-disant sommet social » qui va « tourner en eau de boudin ». Conclusion: ce sera « encore plus d’austérité », a-t-il dit, qualifiant Nicolas Sarkozy d’ »homme aux abois qui gesticule comme quelqu’un en train de se noyer ».
A ses côtés, Bernard Thibault a salué « l’honnêteté intellectuelle de Jean-Luc ». Il a rappelé « l’aspiration très répandue dans nos rangs à un changement de président de la République et à un changement de comportement des élus politiques à l’égard du fait syndical » au regard de la manière dont s’est préparé ce sommet qui s’annonce « anti-social ».
Thibault: « Mercredi, j’y vais à l’offensive »
Mais, mercredi à l’Elysée, « j’y vais à l’offensive », a assuré le responsable cégétiste, déplorant que le président « ne retienne que les revendications patronales ». « Ils ont justifié des plans de rigueur au motif de vouloir conserver les 3 A » et maintenant que la note a été dégradée, ils vont « nous expliquer qu’il va falloir » continuer, a-t-il dit, appelant à manifester mercredi. Le leader de la CGT a dénoncé l’ »attitude schizophrène du gouvernement » face au triple A, jugeant que « la conclusion est la même à chaque fois, plus d’austérité pour les salariés ». « S’il y a des économies à faire, je suggèrerai peut-être demain d’arrêter les subventions de l’Etat aux agences de notation! ».
D’accord pour le SMIC à 1700 euros
Le candidat à la présidentielle a noté plusieurs « convergences » avec le secrétaire général de la CGT, notamment sur le « danger » de « renversement de la hiérarchie des normes, qui mettrait non pas la loi ni la convention collective au-dessus de tout, mais l’accord individuel ou d’entreprise »: « Ce serait un renversement inouï dans lequel les salariés seraient broyés ».
Nous avons aussi une « perception commune du danger de récession que comporte la politique du gouvernement » qui se refuse à augmenter les salaires, nécessaire à la « relance de l’activité », a souligné M. Mélenchon, se félicitant d’avoir dans son programme des mesures « empruntées » à la CGT, comme le « salaire minimum à 1.700 euros ». Enfin, comme une pique à François Hollande, il a dit leur « accord absolu » sur le « retour de plein droit à la retraite à 60 ans ».
La CGT propose une mobilisation interprofessionnelle
Le Président de la République convoque le 18 janvier un sommet social sur l’emploi. Sans doute conscient des effets très négatifs des chiffres du chômage et de la précarité sur le comportement des électeurs, Nicolas Sarkozy redécouvre subitement les vertus du « dialogue social ».
Quelques semaines après avoir conclu avec Angela Merkel un accord européen accentuant l’austérité et la régression sociale pour tous les salariés en Europe, il est fort probable qu’une nouvelle offensive contre les droits sociaux soit à l’ordre du jour.
Les organisations patronales s’organisent en conséquence. Loin de tirer les vrais enseignements sur les origines de la crise, elles ambitionnent d’en tirer parti pour obtenir la remise en cause des principes fondamentaux du droit social. Ainsi gouvernement et patronat s’entendent pour viser : les bases du financement de la Sécurité sociale ; davantage de flexibilité dans les horaires de travail ; des mesures fiscales et financières pour alléger le « coût du travail » (suppression des prestations familiales, du versement transport à la charge des entreprises et exonérations des cotisations sur salaires jusqu’à 3 fois le Smic) ; une hausse de la CSG, de la TVA ; assouplissement de certaines règles en matière d’hygiène et de sécurité ; la baisse des salaires, en proposant des accords « maintien d’emploi si baisse de salaire ».
Pour la CGT ce serait donnant/perdant pour les salariés.
La CGT considère indispensable de poursuivre l’information et la mobilisation des salariés pour la satisfaction de leurs revendications, notamment sur les salaires et l’emploi.
Elle appelle l’ensemble des organisations de la CGT, ses militants, à prendre des initiatives et des dispositions pour faire du 18 janvier prochain, jour du sommet à l’Elysée, une journée de mobilisation interprofessionnelle.
1. Revaloriser les salaires, les pensions et les minima sociaux, faire respecter l’égalité salariale femmes/hommes.
2. Contrôler les aides publiques aux entreprises.
3. Contraindre les entreprises à des alternatives aux licenciements.
4. Supprimer des exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires.
5. Stopper les suppressions d’emplois.
6. Développer les politiques publiques et les moyens des services publics.
7. Réformer la fiscalité en profondeur.
8. Créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédits à taux réduits.
9. Taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux.
10. Mettre en place un fond européen de solidarité sociale et de développement économique.
La CGT propose une mobilisation interprofessionnelle
Le Président de la République convoque le 18 janvier un sommet social sur l’emploi. Sans doute conscient des effets très négatifs des chiffres du chômage et de la précarité sur le comportement des électeurs, Nicolas Sarkozy redécouvre subitement les vertus du « dialogue social ».
Quelques semaines après avoir conclu avec Angela Merkel un accord européen accentuant l’austérité et la régression sociale pour tous les salariés en Europe, il est fort probable qu’une nouvelle offensive contre les droits sociaux soit à l’ordre du jour.
Les organisations patronales s’organisent en conséquence. Loin de tirer les vrais enseignements sur les origines de la crise, elles ambitionnent d’en tirer parti pour obtenir la remise en cause des principes fondamentaux du droit social. Ainsi gouvernement et patronat s’entendent pour viser : les bases du financement de la Sécurité sociale ; davantage de flexibilité dans les horaires de travail ; des mesures fiscales et financières pour alléger le « coût du travail » (suppression des prestations familiales, du versement transport à la charge des entreprises et exonérations des cotisations sur salaires jusqu’à 3 fois le Smic) ; une hausse de la CSG, de la TVA ; assouplissement de certaines règles en matière d’hygiène et de sécurité ; la baisse des salaires, en proposant des accords « maintien d’emploi si baisse de salaire ».
Pour la CGT ce serait donnant/perdant pour les salariés.
La CGT considère indispensable de poursuivre l’information et la mobilisation des salariés pour la satisfaction de leurs revendications, notamment sur les salaires et l’emploi.
Elle appelle l’ensemble des organisations de la CGT, ses militants, à prendre des initiatives et des dispositions pour faire du 18 janvier prochain, jour du sommet à l’Elysée, une journée de mobilisation interprofessionnelle.
Face au chantage sur les droits sociaux, la CGT réaffirme ses dix exigences pour une autre répartition des richesses créées :
1. Revaloriser les salaires, les pensions et les minima sociaux, faire respecter l’égalité salariale femmes/hommes.
2. Contrôler les aides publiques aux entreprises.
3. Contraindre les entreprises à des alternatives aux licenciements.
4. Supprimer des exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires.
5. Stopper les suppressions d’emplois.
6. Développer les politiques publiques et les moyens des services publics.
7. Réformer la fiscalité en profondeur.
8. Créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédits à taux réduits.
9. Taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux.
10. Mettre en place un fond européen de solidarité sociale et de développement économique.
Cher(e)s collègues, Cher(e)s camarades, nous sommes heureux de vous accueillir sur le blog de La FILPAC CGT de EUROPAC papeterie de ROUEN (ex Chapelle Darblay Saint Etienne du Rouvray). Ce blog se veut un lien supplémentaire entre nous afin de partager au mieux un certain nombre d'informations, mais aussi un lien interactif de partage et d'échange. Vous pouvez ainsi laisser des commentaires sur chaque article présent sur ce blog. A bientôt.
Déclaration universelle des droits de l’homme – Article 19
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.
Article 35 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 24 juin 1793.
"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensables des devoirs."